29/06/2014

Le lynchage de Darius : chronique d’un effondrement moral

Un arrêt sur image s’impose , photo insoutenable,  personne sensible s’abstenir, que vous pouvez trouver sur internet sous google/images/  Darius Lynchage. La photo dont la France a honte et qu’elle tente de cacher à tout prix, voire  à coups de menace du Parquet ! Il est devenu nécessaire de regarder la barbarie dans les yeux, y faire face avec courage pour ne pas la laisser ramper et agir dans l’ombre.

 Un rassemblement a eu lieu vendredi 27 juin, à Pierrefitte devant la mairie,  pour y dénoncer le racisme d’Etat.  L’information circule si rapidement, on aimerait vite passer à autre chose, un nouveau scoop, un nouveau drame. Je vous propose de ralentir le rythme et de réfléchir à ce qui s’est passé avec le lynchage du jeune Darius, on ne peut pas passer là-dessus comme chat sur braise.  C’est l’effondrement moral qui se profile et augure des périodes les plus sombres, lorsque l’empathie n’est plus qu’une figure de style vide de tout sens. Il est difficile de trouver les mots pour décrire un acte d’une telle  barbarie, signe d’une déshumanisation et d’un pas qui a été franchi dans le racisme. Un pas autorisé par le gouvernement qui a laissé dire et faire depuis des années,  et ce pas-là de trop ne concerne plus uniquement les Rroms mais peut toucher n’importe lequel d’entre nous.  Quand on songe que l’AFP a tenté misérablement de justifier le fait que la victime a été en quelque sorte responsable de son lynchage,  pour stigmatiser davantage un jeune sorti d’une clinique psychiatrique et tenter de  justifier un acte injustifiable.  Pour preuve qu’il n’y a plus de frontières, ni de filtres.  La France se lâche  et lâche ses démons sans complexes.  Elle a refusé de reproduire ou laisser diffuser  les clichés du jeune agonisant, en menaçant  le Daily Telegraph qui la floutera après l'avoir publiée sous le titre "The picture that wil shock France" et exigeant qu'elle retire ce qui est devenu sans doute le symbole d'une France à la dérive. Certes,  l’horreur est insupportable à montrer, mais on n’hésite à la laisser faire et ensuite à la cacher. 

Aujourd’hui,  c’est un Rrom qu’on a laissé carboniser, agonisant dans un caddie, demain qui sera le suivant ? 

 

Le  Groupement Justice et Paix pour tous les Darius des quartiers a  exposé aussi sa position à la presse  que voici :

 

Vendredi 13 juin, Georghe C., dit Darius, 16 ans, Rrom, de nationalité roumaine, a été sauvagement battu et laissé agonisant dans un chariot en bordure du quartier ruiné de la « cité des poètes » à Pierrefitte en Seine-Saint-Denis. Cette agression indique que la classe politique a fait franchir à l’ensemble de la société française un seuil supplémentaire vers sa désintégration.

La société civile consciente et active attend de la classe politique un sursaut et une remise en question radicale de l’exercice de sa fonction.  Sans quoi, le mal dont est pris le corps social progressera encore par ses deux extrémités suivant un processus d’auto -alimentation: d’une part croissance de la peur et banalisation de la violence dans la population et d’autre part croissance de l’idéologie raciste/fasciste dans les élites politiques, économiques et culturelles.  C’est au progrès de cette idée que servirait une guerre raciale où s’abîmerait la population.

Le maire socialiste de Pierrefitte, premier responsable de l’abandon des hommes, des femmes et des enfants, sur le territoire, dont élu, il est en charge, sans mot aucun pour la victime et sa famille,  appuie dans ses déclarations à la presse les soupçons de larcin pesant sur le jeune homme. Il prive donc d’ores et déjà son corps mourant de l’état de victime, excluant, - en conscience,  - que justice puisse lui être rendu, délivrant ainsi un véritable permis de tuer, et augmentant la violence à tous les niveaux.

Depuis dix ans, le discours public procède à la déshumanisation d’hommes, de femmes, et d’enfants, étrangers résidants, dans une extrême précarité sur le territoire de France, et publiquement identifiés comme « Rom ».  S’il est un motif raciste à l’acte atroce dont Darius est la victime il est à chercher dans cette déshumanisation, initiée et entretenue par les élites, au plus haut niveau de l’Etat.

La persécution par les pouvoirs publics des bidonvilles où vivent quelques milliers de Rroms roumains et Bulgares, est en réalité l’aspect le plus spectaculaire de la violence politique faite aux habitants de tous les quartiers populaires, parmi lesquels les habitants abandonnés de la « cité des poètes », privés d’emplois, de logements décents, de droit à l’éducation et à la culture, et stigmatisés comme « immigrés »,  « musulmans », « sauvageons ».

Au-delà du traumatisme et de l’immense tristesse, de la douleur qui revient à sa famille, et auquel doit se joindre, dans le plus grand respect, le plus grand nombre, la justice doit être impérativement rendue ! Ce drame doit servir d’ultime alerte ! Si la violence politique infligée à tous les habitants des bidonvilles comme des quartiers ne cesse immédiatement en actes et en mots, il se pourrait bien que l’image interdite du corps martyrisé du jeune Darius, meurtri dans un caddie en zone urbaine sensible, préfigure l’état où sera dans un avenir prochain l’ensemble de la République  en péril.

10:33 | Tags : darius, pierreffitte, rroms, afp, exclusion, pauvreté, déshumanisation | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

12/06/2013

Commémoration par les jeunes Européens du Génocide des Tsiganes

Appel aux jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms à participer à la

Commémoration par les jeunes Européens du Génocide des Tsiganes

du 30 juillet au 4 Août 2013 à Cracovie, Pologne

 

images.jpegLa Voix des Rroms veut offrir à 20 jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms la chance departiciper du 30 juillet au 4 Août 2013, à la « Commémoration  du génocide des Tsiganes par les jeunes Européens » qui aura lieu à Cracovie en Pologne.

L’événement, organisé avec nos partenaires du réseau « ternYpe » (jeunesse en langue rromani), se donne pour but de sensibiliser les consciences des jeunes Européens, ainsi que de la société civile et des responsables politiques, au souvenir du Génocide des Tsiganes et à la montée actuelle de l’antitsiganisme au sein des sociétés européennes. Plus globalement le réseau ternYpe auquel s’associeLa voix des Rroms se fixe pour objectif de renforcer la capacité de mobilisation des jeunes Rroms, Gitans, Manouches et Sintés, afin qu’ils participent de plain pied à la construction d’un avenir en France et en Europe basé sur le dialogue, le respect, les droits de l’Homme et l’égalité des chances.

300 jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms de tous les pays d’Europe sont attendus du 30 juillet au 4 Août jours à Cracovie pour cette rencontre internationale, faite d’échanges, de partage d’expérience et de témoignages. Le 2 Août, journée du Souvenir du Génocide des Tsiganes, ils se rendront à Auschwitz pour une commémoration solennelle en présence du président du parlement Européen, Martin Schulz.

Tout particulièrement en France, où l’antitsiganisme se renforce chaque jour, il nous parait indispensable que les jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés se mobilisent, avec leurs concitoyens, pour sensibiliser l’ensemble de la société civile et la classe politique au souvenir du « Génocide des Tsiganes » et pour apprendre à combattre les formes anciennes et nouvelles de l’antitsiganisme.

C’est pourquoi nous invitons tous les jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms, âgés de 16 à 30 ans, filles et garçons, qui veulent participer à l’évènement et qui souhaitent plus largement se mobiliser pour la défense et la reconnaissance de leurs droits, à nous retourner, dans les plus brefs délais, le formulaire simplifié de candidature à télécharger ICI.

L’équipe de La Voix des Rroms

19:28 | Tags : auschwitz, tsiganes, 4 août 2013 cracovie, pologne, rrom, rroms | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

17/08/2012

Une grande débrouille pour une petite politique de « gribouille »

574456_433929533311847_1662508812_n.jpgLes expulsions des Rroms continuent « sans solutions alternatives » malgré les promesses de François Hollande lors de sa campagne présidentielle. Le fondateur du collectif Romeurope, Laurent El Ghozi,  ne mâche pas ses mots,  pour dénoncer cette « politque de gribouille » déjà mise en place par Nicolas Sarkozy .

On a vu les résultats de ce manque de vision.  Avec des milliers de reconduites à la frontières, une aide humanitaire, la création de villages d'insertion, des terrains évacués et toujours 15 à 20.000 Rroms sur le territoire, tout cela a coûté beaucoup d'argent sans aucun résultat sinon plus de misère et de discrimination.

Il faut traiter les Rroms, roumains et bulgares migrants, comme des citoyens européens à part entière : leur donner la possibilité comme aux Italiens, Belges, aux Espagnols de s'installer, de travailler, de s'intégrer en France. Engagé  depuis 20 ans sur ces questions, Laurent El Ghozi, confirme que chaque fois qu'ils ont pu trouver du travail, ils se sont intégrés, réussissaient à scolariser leurs enfants et à payer leurs impôts et cotisations sociales.

La politique menée depuis cinq ans fabrique les bidonvilles, la mendicité, l'exclusion et la stigmatisation. Il ne s'agit donc pas d'expulser les roms avec plus d'humanité, mais de permettre l'accès au travail à ceux qui le souhaitent et de favoriser l'intégration.

 

Opter pour de  vraies solutions. Les villages d'insertion ont coûté beaucoup.  Le bilan - en cours de réalisation - démontre en termes d'intégration de ces familles est quasi-nul, même après 5 ans, pour des coûts très élevés.

L'argument avancé par Manuel Valls selon lequel les solutions sont à trouver en Roumanie ou en Bulgarie est irrecevable et hypocrite car nous savons que ces deux pays n'ont ni les moyens, ni l'envie de traiter les Rroms comme des citoyens à part entière. La France n'a d'ailleurs pas de leçons à donner vu la manière dont elle traite ses propres "gens du voyage", pourtant citoyens français.

Il s'agit davantage  de trouver des solutions alternatives après les évacuations, et trouver l'alternative à la politique mise en place par Nicolas Sarkozy. Dont la première et la plus urgent serait de lever les mesures transitoires avec effet immédiat et permettre aux Roumains et Bulgares d'acccéder au marché du travail comme tout autre citoyen européen.

En attendant, chacun essaie de surivivre comme il peut, à l'aune de la  grande débrouille dans un pays où on pratique  la petite "politique de gribouille » et où on parle d'intégration sans vous offrir la chance de travailler.

 

Lire l'interview entière :  http://leplus.nouvelobs.com/contribution/610561-expulsion...

 

 

 

08:19 | Tags : rroms | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

03/09/2011

UN TRAMWAY NOMMÉ DÉRIVE

lesconvoisdec83f-3bed6.jpgMercredi dernier à 6h30 , un camp rrom a été évacué puis dirigé vers  une rame de la RATP afin d'évacuer des rroms illégalement installés en Seine Saint-Denis. Une manière de réguler le trafic, justifie très embarrassée la direction. Les forces de l'ordre auraient ensuite escorté la centaine de personnes évacuées jusqu'à la gare RER de Noisy-le-Sec.  On dénombrait autant de CRS et de policiers  que de rroms, 9 cars de CRS les suivront sur tout le trajet.  C'est bien sous contrainte que les Rroms ont effectué ces  3 heures de convoyage, séparant les familles qui se sont perdues ainsi, des enfants traumatisés et séparés de leurs parents qui  ne pouvaient monter que par groupe de 10 dans le tramway.

L'idée émana d'un cadre RATP en mal de promotion qui proposa la solution du  "convoi" estimant qu'elle permettait de ne pas engendrer de retard. Des employés de la compagnie ont été choqués par cette scène et qui rappelle que la gare de Bobigny a déjà été le théâtre de déportations durant la seconde guerre mondiale. La CGT a dénoncé ces "méthodes scandaleuses et inhumaines" invitant ses membres à refuser toute collaboration avec ce type de pratiques et qu'ils ne deviennent" pas les supplétifs des  sales besognes" . D'autres voix en colère  rappellent que la RATP n'a pas à faire le travail de la police.  Une triste affaire qui rappelle les plus sombres heures de l'histoire et qui prouve une fois de plus que le danger est toujours là , les monstres d'hier ont leurs héritiers assurément.

Ces scènes ont été assimilées aux trains transitant par Drancy vers les camps de la mort, la rafle du Vel d'Hiv, le triste rôle de la SNCF dans le convoyage des déportés  "Amalgames scandaleux" dénoncés par le Ministre de l'Intérieur Claude Guéant pour qui la déportation  dérangeait moins que l'amalgame. . Le vrai scandale réside surtout dans la multiplication des scènes qui permettent la comparaison peut-on répondre à cette géhenne de Guéant, réputé pour ses discours proches FN, ce sacré  vieux cheval qui murmure à l'oreille de Sarko des inepties. Et que ne ferait-on pas et que n'accepterait-on pas au nom de la politique sécuritaire ?

Fortes dénonciations de tous les organismes engagés contre le racisme.

"Cette traque inhumaine menée par l'Etat contre les plus précaires est inacceptable", écrit la LDH dans un communiqué.

SOS Racisme a dénoncé "les dérives anti-républicaines à répétition des plus hauts responsables de l'Etat et exige qu'une enquête soit menée sur les conditions de cette odieuse opération aux relents xénophobes".

Le MRAP a déploré que "la RATP renoue avec ces périodes honteuses où des agents de services publics, avec excès de zéle, se mettaient au service de l'ignoble" lors d'un épisode qui "illustre la dérive xénophobe et raciste qui gangrène la société".

 

Je m'indigne, tu t'indignes, il/elle  s'indigne, nous nous indignons, vous vous indignez, ils/elles s'indignent.

 

L'heure est à l'indignation !

Photo Agoravox . Une parodie du film "Les convois de la honte" signé Nicolas Sarkozy

 

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Concernant l'utilisation d'un tramway de la RATP pour expulser des Roms, la présidente du FN a estimé qu'il s'agissait là "d'une polémique stérile". "Parce que ce serait mieux en camion ?", a-t-elle ironisé, déplorant qu'on ne s'attache qu'à la forme et pas au fond des problèmes d'immigration en France.

Source facebook La Voix des Rroms

 

10:39 | Tags : ratp, claude guéant, rroms, crs | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook | | | |

09/04/2010

8 avril- Journée internationale des Rroms- blablabla......

290349.jpgLe 8 avril est la Journée internationale des Rroms. Les Rroms  demandent à l'Union européenne (UE) de passer de la parole aux actes. Jeudi et vendredi s'est tenu à Cordoue, dans le sud de l'Espagne, le deuxième sommet ministériel européen qui leur est consacré. " pogroms, racisme ,mesures vexatoires..." la liste est longue"  pour Tony Gatlif qui évoque le sort des Roms à travers l'Europe, depuis la Belgique où il se trouve à  présent pour son dernier film,   il y dénonce la persistance des préjugés :

"C'est des gens intolérables, c'est des gens qu'il faut arrêter, c'est un problème... Non ! Ce sont des êtres humains. Ils en parlent comme ça, vous savez. Le problème, c'est qu'ils n'ont jamais été citoyens dans leur pays. Ils ne sont pas citoyens en France. Ils n'ont jamais été citoyens alors qu'ils sont en France depuis le Moyen Âge. Ils ne sont pas citoyens en Europe, dans les pays européens, la Hongrie, la Roumanie."

 

En cette Journée internationale des Rroms, la ville de Cordoue, en Espagne, a donné le coup d'envoi du deuxième sommet européen consacré à cette minorité, la plus importante de l'Union européenne, la plus discriminée aussi. Ils sont 10 à 12 millions et vivent pour la plupart dans des bidonvilles. L'Europe s'est engagée à prendre ce dossier à bras le corps, mais comme le regrettait ce jeudi le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, rares sont les ministres qui ont fait le déplacement sur les rives du Guadalquivir. et ces derniers, discriminés, ont demandé  à l'Union européenne de passer des parole aux actes, jeudi et vendredi à Cordoue, lors du IIe sommet ministériel européen sur la population rrom. "La situation subie par de nombreux citoyens européens gitans est scandaleuse. Ils sont victimes d'un degré élevé de discrimination, de racisme", dénonce Belen Sanchez Rubio, porte-parole de la Coalition pour une politique européenne pour la population gitane, qui représentera les Rroms à Cordoue. "Nous espérons que ce sommet servira à faire en sorte que la Commission européenne assume un rôle d'acteur principal dans la question gitane, comme l'a réclamé le Parlement européen", a expliqué cette responsable.

 

Le Parlement européen a adopté le 31 janvier 2008 une résolution réclamant une stratégie européenne à l'égard des Roms, qui seraient environ 10 millions au sein de l'Union européenne, dont ils constituent la plus importante minorité. Condamnant "de la façon la plus énergique (...) toutes les formes de racisme et de discrimination à l'encontre des Rroms", le Parlement européen a demandé à la Commission d'établir un plan d'action communautaire pour leur intégration. Il a réclamé que ce plan soit mis en œuvre par tous les commissaires "responsables de l'intégration sociale des citoyens de l'UE dans le domaine de l'emploi, des affaires sociales, de l'égalité des chances, de la justice, de la liberté, de l'éducation, de la culture et de la politique régionale".

Mais "il y a des résistances, et peu d'avancées se sont produites depuis cette résolution, même s'il y a toujours plus de pression sur Bruxelles", relève Mme Sanchez Rubio. Les Rroms, parfois appelés "Tsiganes", ou "Gitans", sont à l'origine un peuple nomade provenant du nord-ouest de l'Inde, persécuté depuis des siècles. Pendant la deuxième guerre mondiale, deux cent cinquante mille à cinq cent mille d'entre eux furent massacrés par les nazis, qui les considéraient comme une "race inférieure". A plus de 90 % sédentaires, ils sont toujours souvent indésirables en Europe, où ils s'entassent dans des bidonvilles et subissent des expulsions.

 

 

Sources euro news  http://fr.euronews.net/2010/04/08/journee-internationale-...

http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/04/08/l-union-e...

 

PHOTO  : Fab William Alexander http://fab_ulous.darqroom.fr/

Un grand merci à FAB qui m'a gracieusement mis à disposition ses photos et qui a  une galerie de photos qui vaut le détour.

 

 

 

09:35 | Tags : rroms | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

17/12/2009

Invalidité des amendes infligées aux Rroms à Genève

ats

images-3.jpgGenève Mesemrom, l'association de défense des Rroms à Genève, a remporté une victoire devant la justice. Une irrégularité quant à la notification des amendes a pour conséquence que des milliers d'entre elles seront annulées. Cinq personnes ont été libérées.

Dans la mesure où la police avait considéré que les Roms verbalisés n'avaient pas de domicile fixe, leur nom avait été publié dans la Feuille d'avis officiel. Or il s'agit d'une irrégularité de notification, puisque leur adresse figure sur leur carte d'identité roumaine, a indiqué Dina Bazarbachi, présidente de Mesemrom.

Sur cette base, l'avocate a notamment fait opposition en juin auprès du Tribunal d'application des peines et des mesures, les amendes impayées d'un Rom ayant été converties en peine privative de liberté. Le tribunal lui a donné raison et libéré l'homme après six jours de détention illicite. Malgré cette décision, le Ministère public a envoyé plusieurs personnes en prison et fait appel.

Dans un arrêt de principe que l'association a reçu, la Cour de justice a confirmé le jugement du Tribunal d'application des peines et des mesures. Cinq personnes ont été immédiatement libérées, selon Dina Bazarbachi. Mais l'arrêt concerne aussi des milliers d'amendes de Roms notifiées depuis 2008, date de l'entrée en vigueur de la loi interdisant la mendicité à Genève.


L'argent saisi devra être restitué, estime l'avocate, qui va demander des indemnités à la justice pour les personnes emprisonnées. Et de relever que chaque inscription d'une contravention dans la FAO coûte 90 francs.

Crédit photo Eric Roset http://www.eric-roset.ch

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Invalidité des amendes infligées aux Rroms à Genève

ats

images-3.jpgGenève Mesemrom, l'association de défense des Rroms à Genève, a remporté une victoire devant la justice. Une irrégularité quant à la notification des amendes a pour conséquence que des milliers d'entre elles seront annulées. Cinq personnes ont été libérées.

Dans la mesure où la police avait considéré que les Roms verbalisés n'avaient pas de domicile fixe, leur nom avait été publié dans la Feuille d'avis officiel. Or il s'agit d'une irrégularité de notification, puisque leur adresse figure sur leur carte d'identité roumaine, a indiqué Dina Bazarbachi, présidente de Mesemrom.

Sur cette base, l'avocate a notamment fait opposition en juin auprès du Tribunal d'application des peines et des mesures, les amendes impayées d'un Rom ayant été converties en peine privative de liberté. Le tribunal lui a donné raison et libéré l'homme après six jours de détention illicite. Malgré cette décision, le Ministère public a envoyé plusieurs personnes en prison et fait appel.

Dans un arrêt de principe que l'association a reçu, la Cour de justice a confirmé le jugement du Tribunal d'application des peines et des mesures. Cinq personnes ont été immédiatement libérées, selon Dina Bazarbachi. Mais l'arrêt concerne aussi des milliers d'amendes de Roms notifiées depuis 2008, date de l'entrée en vigueur de la loi interdisant la mendicité à Genève.


L'argent saisi devra être restitué, estime l'avocate, qui va demander des indemnités à la justice pour les personnes emprisonnées. Et de relever que chaque inscription d'une contravention dans la FAO coûte 90 francs.

 

Crédit photo Eric Roset http://www.eric-roset.ch

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08/11/2009

20 ans après la chute du mur de Berlin, il faut agir pour défendre les droits humains


20070306noye-1.jpg Les migrants noyés dans l'indifférence européenne

Vingt ans après la chute du mur, les gouvernements européens doivent prendre des dispositions d’urgence pour lutter contre les atteintes aux droits fondamentaux des migrants, des demandeurs d’asile, des détenus et des minorités, a déclaré Amnesty International ce vendredi 6 novembre dans un communiqué de presse.

« Alors que la chute du mur de Berlin a été le symbole de l’ouverture des frontières, l’Europe réagit actuellement aux défis que représentent les migrations en faisant du continent une forteresse, a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Des personnes fuyant la pauvreté, les violences ou les persécutions auxquelles elles étaient en butte dans d’autres parties du monde ont été littéralement rejetées à la mer. »

En mai 2009, la vie et la sécurité de centaines de migrants et de demandeurs d’asile voyageant à bord de trois bateaux en Méditerranée ont été mises en péril, d’abord par une querelle entre les autorités italiennes et maltaises au sujet de leur obligation de répondre à des appels maritimes de détresse, puis par la décision du gouvernement italien de renvoyer ces personnes en Lybie, sans évaluer la protection dont elles pouvaient avoir besoin.

Les gouvernements européens doivent également prendre davantage de mesures pour enquêter sur les allégations de torture, de mauvais traitements et de détentions injustifiées en rapport avec la « guerre contre le terrorisme » menée sous l’égide des États-Unis, a ajouté Amnesty International.

« Dans la nouvelle Europe d’après la chute du mur, les droits humains sont à nouveau menacés. Cette fois, ils sont victimes d’États qui affirment que même les plus fondamentaux d’entre eux, notamment le droit de ne pas être soumis à la torture, doivent être sacrifiés sur l’autel de la lutte antiterroriste », a déclaré Nicola Duckworth.

Après les attentats du 11 septembre, l’Europe a accueilli des prisons secrètes gérées par l’Agence centrale du renseignement (CIA) des États-Unis, où des personnes ont été victimes de disparitions forcées, détenues dans des conditions assimilables à une forme de torture et soumises à des méthodes d’interrogatoire abusives.

À la suite de révélations en août dernier, des appels ont été lancés en direction des autorités polonaises et lituaniennes pour les engager à enquêter sur des allégations selon lesquelles des « détenus de grande valeur » avaient été incarcérés et interrogés en secret par la CIA dans des centres de détention situés sur leur territoire, et ce jusqu’à la fin de l’année 2005.

Les défis auxquels l’Europe est actuellement confrontée en matière de droits humains ne sont cependant pas tous nouveaux.

« C’est scandaleux, mais les fruits des vingt années de croissance économique et d’unité politique accrue qui ont suivi la chute du mur de Berlin n’ont pas été partagés équitablement entre tous. De graves problèmes de racisme et de discrimination restent profondément enracinés au cœur de l’Europe moderne. », a souligné Nicola Duckworth.

La situation des Rroms est peut-être l’exemple le plus frappant des discriminations endémiques qui subsistent en Europe. Cette population reste largement exclue de la vie publique dans tous les pays.

En Europe de l’Est, les Roms ont souvent été les premiers à perdre leur emploi lors de la privatisation des entreprises publiques. Leur pauvreté est encore aggravée par des expulsions forcées illégales.

Dans certains pays comme la Slovaquie et la République tchèque, les Rroms sont toujours surreprésentés dans les établissements scolaires destinés aux élèves présentant des handicaps mentaux, et on continue à les tenir à l’écart en les plaçant dans des écoles ou des classes accueillant uniquement des enfants roms et offrant un enseignement de moindre qualité. Les autorités n’ont pas pris de mesures efficaces et claires pour mettre fin à cette ségrégation à caractère raciste au sein du système éducatif.

Vingt ans après la chute du mur, Amnesty International continue à reconnaître comme prisonniers d’opinion des journalistes et des défenseurs des droits humains arrêtés pour avoir tenté d’exercer leur droits fondamentaux aux libertés d’expression, d’association et de religion en Azerbaïdjan, en Biélorussie, en Moldavie, en Ouzbékistan, en Russie et au Turkménistan.

« À Berlin, aujourd’hui, il ne reste pas grand-chose du mur physique qui, il y a vingt ans, symbolisait la division et la répression. Il reste toutefois des murs qui font que certains sont plus égaux que d’autres quand il s’agit de jouir de la totalité de leurs droits fondamentaux, a déclaré Nicola Duckworth.

« Néanmoins, malgré les menaces, les tentatives d’intimidation et les placements en détention, des défenseurs des droits humains, portés par cette même énergie qui a jeté à bas le mur de Berlin, continuent à se battre dans toute l’Europe pour défendre leur vision d’un continent où les droits de tous seront respectés. »

09:34 Publié dans Solidarité | Tags : amnesty international, pauvreté, migrants, rroms, exclusion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

02/10/2009

Agression raciste en Autriche- Appel à témoins


Bonjour,

Nous relayons ici un message venant de Romano Centro, en Autriche. Si vous êtes vous-même ou bien si vous connaissez les personnes concernées, veuillez contacter cette association, dont les coordonnées figurent ci-dessous.

Cher Monsieur, chère Madame,

Dans la nuit du 1er au 2 aout 2009, des membres de la communauté rrom de France ont subi une agression en Autriche dans la région de Tyrol.

Ces Rroms venus de France étaient arrivés dans la petite ville d’Ainet avec 13 caravanes. Sur place, ils ont demandé une autorisation au maire afin de passer la nuit dans la ville. Le maire de la ville leur a accordé l’autorisation de passer la nuit dans la ville sur un site situé prés d’un terrain de sport. Au cours de cette même nuit, sur le terrain de sport, était organisé un festival par le club de sport de la localité, suivi d’un concert de rock du groupe « Foxcocks ». Apparemment, le groupe de rock était animé d’un sentiment anti-Rrom.

Apres le concert, des jeunes armés de gourdins ont saccagé des caravanes dont certaines fenêtres ont été brisées. Effrayés par ces événements les Rroms ont appelé la police. A leur arrivée, la police tenta de stopper les jeunes, seulement les Rroms ne souhaitaient plus passer la nuit sur le site. Ils ont été amenés, à leur demande, sur un autre site situé aux alentours d’une station de train près de la ville de Lienz.

Les autorités de la ville d’Ainet ont essayé en vain d’étouffer cet incident, mais un journaliste publia un article 10 jours après que les évènements eurent lieu. Le maire et la police ont confirmé l’incident tout en essayant de minimiser son impact.

Quelques semaines plus tard, un avocat remit un rapport au bureau du procureur général.

Actuellement, notre objectif (le « Romano Centro » en coopération avec une ONG engagée dans le respect des droits de l’homme ainsi que le journal « Biber ») est de retrouver les auteurs de ces actes.

Le maire et la police soutiennent qu’ils n’ont remarqué aucuns signalements sur les caravanes. Ce n’est que quelques temps après qu’ils ont constaté que les Rom étaient français.

Malheureusement, mes collègues et moi du « Romano Centro » n’avons aucun contact avec des ONG françaises qui militent pour la cause des Rom en particulier ou le respect des droits de l’homme en général.

Nous vous serions reconnaissants si vous nous apportez votre aide en publiant cette information dans votre journal ou la relayant par tout canal d’information possible (site internet, réseau interactif etc.).

Pour toute information ou renseignement supplémentaire vous pouvez nous contacter aux adresses électroniques suivantes :

Andrea.haerle@romano-centro.org

Barbara.tiefenbacher@gmx.at

Avec nos sincères remerciements,

Barbara Tiefenbacher S/c Viennese Romani NGO Romano Centro

Mag. Barbara Tiefenbacher

AT: 0043 664 73602048

CZ: 00420 608241972

23:18 Publié dans Solidarité | Tags : rroms, autriche | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

19/09/2009

Sentiment anti-rom en République tchèque

2009-09-15T072000Z_01_APAE58E0KDE00_RTROPTP_3_OFRWR-EUROPE-REPUBLIOQUE-TCHEQUE-20090915.JPG Un groupe de Roms à Prague.

STRASBOURG - Les propos haineux contre les Roms deviennent monnaie courante dans le discours public en République tchèque, dénonce le Conseil de l'Europe dans un rapport publié mardi à Strasbourg.
Si le phénomène concerne notamment "des responsables politiques de haut niveau, dont des ministres et des élus locaux", les Roms constituent la cible privilégiée des partis d'extrême droite, souligne le document rédigé par la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI). Ils sont également "les victimes de la plupart des actes de violence racistes, dont un meurtre commis en 2007".

Dans de nombreuses communautés, le chômage atteint ou dépasse les 90 %, tandis que le taux d'analphabétisme s'élève à 40 %, ajoute le rapport. "Malgré les diverses mesures adoptées par les autorités au niveau national, peu de progrès ont été faits concrètement ces dernières années pour améliorer les conditions de vie des Roms ou leur intégration dans la société tchèque", conclut l'ECRI.

Entre autres remèdes, la Commission suggère de contrôler plus étroitement la façon dont les autorités locales mettent en œuvre les stratégies définies nationalement en faveur des Roms et d'y associer plus étroitement leurs représentants.

Reuters le 15/09/2009

Extraits du rapport
"Cependant, malgré les progrès accomplis, certains points demeurent préoccupants.
Des craintes ont été émises que le système de justice pénale n’assure pas toujours une protection suffisante contre les infractions à motivation raciste et que l’approche adoptée par la police et le système judiciaire pour savoir si un acte repose sur des motivations racistes est souvent trop étroite. Les victimes de la plupart des actes de violence racistes, dont un meurtre commis en 2007, seraient essentiellement roms.
Des cas de violences policières à l’égard des minorités, en particulier roms, continuent d’être signalés ; au début de 2009, un vietnamien est décédé à la suite de coups reçus pendant sa garde à vue.
La République tchèque ne dispose toujours pas d’une législation complète pour lutter contre la discrimination. Par ailleurs, la Charte tchèque des libertés et droits fondamentaux ne semble pas assurer une protection efficace dans la pratique contre les cas de discrimination raciale. Une aide juridictionnelle n’est offerte, en pratique, qu’en matière pénale.
Ces dernières années, des responsables politiques aux niveaux national et local ont tenu des propos contre les roms qui ont fait l’objet d’une large publicité. Des slogans anti-roms ont été utilisés dans le cadre de campagnes électorales locales et des déclarations incendiaires d’hommes politiques semblent avoir été récompensées.
Parallèlement, les attitudes envers les roms sont extrêmement négatives, qu’elles s’expriment dans la presse populaire ou sur Internet dans le cadre de discussions en ligne sur les sites de journaux et de revues.
On observe en même temps une intensification troublante des activités de l’extrême droite en République tchèque, y compris la création, par un parti politique, d’un groupe paramilitaire en uniforme. Les manifestations répétées de groupes d’extrême-droite ont conduit à une intensification des tensions, voire à des actes violents. L’ECRI est profondément préoccupée par l’attitude agressive envers les roms affichée par un parti politique en particulier, qui soutiendrait des groupes néonazis dont les actes semblent viser délibérément à intimider la communauté rom.Malgré les diverses mesures adoptées par les autorités au niveau national, peu de progrès ont été faits concrètement ces dernières années pour améliorer les conditions de vie des roms ou leur intégration dans la société tchèque et les désavantages auxquels les roms se heurtent dans les domaines de l’éducation et de l’emploi demeurent très réels. La surreprésentation dans les écoles spécialisées et la ségrégation dans les écoles ordinaires est toujours une réalité, d’où des difficultés accrues pour sortir de la spirale des résultats scolaires inférieurs des enfants roms.
Ces facteurs sont aggravés par des difficultés de logement : la ségrégation semble se développer et dans certains cas les autorités locales sont directement responsables de l’aggravation de la situation des familles roms. Dans le domaine des soins de santé, aucune autorité de haut niveau n’a présenté publiquement d’excuses aux victimes de stérilisations forcées et aucune femme n’a été indemnisée.
En outre, le nombre d’enfants roms placés en institution est anormalement élevé et les enfants continuent d’être retirés à leur famille pour des motifs économiques et sociaux. Les parents peuvent aussi être rapidement déchus de leurs droits parentaux.
Pour ce qui est de l’asile et des migrations, les ressortissants de pays avec lesquels la République tchèque a conclu un accord de réadmission et qui sont détenus aux fins de leur réadmission n’ont pas le droit de demander la protection internationale. Il arrive aussi que des enfants accompagnés de leur famille et des mineurs non accompagnés de 15 ans et plus soient retenus. Dans le cadre des nouvelles procédures accélérées de demande d’asile dans les aéroports, il y aurait des problèmes d’accès à des interprètes parfaitement formés et compétents et la qualité des entretiens laisserait à désirer. Il est aussi plus difficile d’avoir accès à une aide juridictionnelle en temps
voulu.
Parallèlement, certains groupes s’inquiètent de ce qu’un projet pilote mis en place pour faire face à la crise économique risque de servir à stigmatiser les migrants et non à trouver une solution aux problèmes réels et complexes dus à la crise.
Si l’on dispose de chiffres sur les actes de violence inspirés par la haine, on ne dispose pas de données ventilées par origine ethnique, alors qu’elles pourraient permettre d’avoir une vision plus large de la situation globale des personnes appartenant aux divers groupes nationaux ou ethniques en République tchèque. Faute de données de ce type, les autorités ont du mal non seulement à adopter des politiques ciblées pour
réduire les inégalités, mais aussi à évaluer l’efficacité de telles mesures et, au besoin, à les adapter."


Vous trouverez le rapport complet sous

http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/ecri/default_fr.asp

02/08/2009

«La ré-émergence, en Europe, d’un racisme et d’un nationalisme violent et de plus en plus agressif .....»

31 Juillet 2009 - A l’occasion du 65ème anniversaire de la liquidation du « camp tsigane » à Auschwitz-Birkenau, le 2 août 1944, où près de 2900 Roms et Sintés ont été assassinés en une seule nuit, l’association Chachipe a demandé aux responsables politiques et aux représentants de la société civile de s’opposer avec détermination contre le racisme à l’égard des Roms. « Près de soixante-cinq ans après la victoire sur le national-socialisme, l’anti-tziganisme est toujours en vie et connaît même une résurgence. La crise économique et l’approfondissement des clivages sociaux offrent un terrain propice pour toute sorte de démagogues qui nourrissent et exploitent les craintes et la haine contre les Roms », l’association de défense des droits des Roms a déclaré.

Chachipe a exprimé ses inquiétudes face à l’adoption récente, en Italie et dans d’autres pays, de mesures qui, de façon explicite ou implicite, visent les Roms. L’association a accusé l’Union européenne de mener un double discours ; d’insister sur les droits de l’Homme et les droits des minorités dans le cadre des négociations avec les pays-candidats et dans les relations avec ses voisins, tout en étant incapable à défaut imposer ces mêmes principes vis-à-vis de ces membres.

«La ré-émergence, en Europe, d’un racisme et d’un nationalisme violent et de plus en plus agressif est extrêmement inquiétante, » Chachipe a dit. L’association s’est dit préoccupée que la présence de partis nationalistes et néo-fascistes dans les parlements conduira à une acceptation progressive de ces phénomènes qui pourraient alors s’étendre à d’autres domaines politiques. «Déjà aujourd’hui, nous avons des unités de police spécialisées dans ce qu’on considère comme le crime organisé de « bandes tsiganes », et personne ne s’en inquiète. Les Roms sont enfermés derrière des barbelés et isolés du reste de la population, et personne ne se rende compte des similitudes avec le passé », l’association a déclaré.

Pour Chachipe, il y a un lien évident entre le traitement des Roms et « l’amnésie collective» par rapport au destin des Roms sous le national-socialisme. « Parmi les victimes du national-socialisme, les Roms occupent toujours un statut de paria, » Chachipe a dit. Selon elle, il y a toujours une tendance à minimiser les souffrances de la population rom pendant la deuxième guerre mondiale, en se rapportant notamment au plus petit nombre de victimes ou en spéculant sur les raisons de leur persécution. Les intentions génocidaires des nazis vis-à-vis des Roms sont toujours contestées.

Dans ce contexte, Chachipe a repris ses critiques contre les politiques de rapatriement forcé des réfugiés roms du Kosovo en Allemagne et dans d’autres pays de l’Europe. L’association a rappelé que le Kosovo a été la scène de pogroms organisés contre les Roms en 1999 et en 2004. «Il y a eu d’autres pogroms contre les Roms, notamment en Roumanie, mais jamais à l’échelle de toute une région comme ceci a été le cas au Kosovo, » l’association a déclaré. « Les dirigeants politiques du Kosovo n’ont jamais reconnu la persécution dont les Roms ont été victimes, et ceux-ci continuent à être considérés comme des collaborateurs des Serbes par une grande partie de la population albanaise, » Chachipe a ajouté. « Au lieu de cela, ils n’ont cesse de parler de la « nouvelle réalité » au Kosovo, une réalité qui est bâtie sur le nettoyage ethnique des Roms du Kosovo. » Elle a insisté sur le fait, que les Roms qui sont expulsés au Kosovo sont condamnés à vivre dans la misère et sous la crainte de persécutions.

Chachipe a demandé au reste de la société de permettre aux Roms de retrouver leur dignité. «Les Roms ne sont pas ces éternels nomades qui se plaisent à vivre dans l’itinérance et sont incapables de mener une vie « normale » », l’association a dit. Elle a ajouté que les Roms continuent d’être exclus sur base des mêmes préjugés qui ont conduit leurs ancêtres pour les camps de la mort. « Voilà pourquoi c’est tellement important de se souvenir du passé, » Chachipe conclut, en espérant que l’expérience du passé puisse servir d’avertissement pour les générations futures.

Chachipe a.s.b.l.

Pour de plus amples informations veuillez nous contacter par mail : chachipe.info@gmail.com ou visiter notre site : www.romarights.wordpress.com


L'auteure de ce blog soutient les revendications de Chachipe et les relaie via son blog et je vous invite à en faire de même, diffuser largement ces revendications auprès de votre réseau

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25/06/2009

Qui sont ces groupes fascistes qui s'en prennent aux Rroms en Irlande du Nord ?

pd1652984-1.jpgLes hommes qui se sont attaqués aux Rroms à Belfast se réclament d'un groupe fasciste, raciste, appelé Combat 18 - 18 initiale d'Adolf Hitler (1 = A pour Adolf - 8= H pour Hitler - position des lettres de l'alphabet numérotées = 18 pour Adolf Hitler) - ils sont issus du groupe armé Blood and Honour et revendiquent la suprématie blanche, né-nazis particulièrement violents. Implantés en Irlande du Nord, protestants qui défendent la Britannité du Nord, et haissent les étrangers -On passe en 1996 de 41 crimes et délits raciste à 1'000 attaques racistes en 2008. En Europe on voit des groupes extrêmistes essaimés un peu partout en proie à de vieux démons - Faut-il s'en inquiéter ? - Qui sont-ils vraiment ? Les gouvernements ont-ils encore le contrôle sur ces groupes ? Autant de questions qui méritent des réponses urgentes pour éviter une dérive xénophobe violente issue de groupes organisés au niveau européen , puissants, militarisés et haineux capables d'attaquer et même de tuer si on les laisse faire comme on vient de le voir récemment en Irlande.

Le C18 est international, il sévit en Slovaquie, en Angleterre, en Serbie, en Irlande, en Scandinavie, en Allemagne et ailleurs vraisemblablement.

Organisation nazi-britannique formée en 1992, après des réunions entre les membres du groupe Blood and Honour. Le 18 contenu dans leur nom est généralement employés par les groupes néo-nazi, et est dérivés des initiales d'Adolf Hitler : A et H sont la 1er lettre et 8ème lettres de l'alphabet. Il a été créé en réponse aux antifascistes sur des réunions de la Partie Nationale Britannique (BNP) et d'autre groupe d'extrême droite. Certains journalistes disent qu'au contraire, il aurait été créé par le service de sécurité interne britannique MI5 pour critiquer la BNP et pour attirer les néo-nazi les plus violents au Royaume-Uni. Le C18 aurait servi au MI5 pour filtrer les groupes paramilitaires loyalistes en Irlande du Nord. Ainsi, il aura eu une « permission » de blesser les antinazis dans l'Est londonien et de brûler les librairies de gauche, les vols de renseignements permettaient de dresser des listes de centaines de victimes potentielles. Cette liste incluait des noms de membres du Parlement, celui du chef du parti libéral-démocrate, Paddy Ashdown, chef principal de la police de Londres, Richard Wall. Elle comportait aussi une vingtaine d'informations sur les techniques de fabrication des bombes. Une copie de cette lettre fut récupérée et donnée aux membres de l'équipe de lutte anti-C18, la police fit une descente chez les chefs du C18 (Charlie Sargent et Will Browning). Charlie Sargent fut responsable d'attaque contre les membres de l'équipe du BNP, qui s'opposaient à leur trafic d'armes et de drogues. En 1998, Charlie Sargent a été condamné pour le meurtre d'un membre de son groupe C18 en 1997. Entre 1998 et 2000, des douzaines de membre du C18, au Royaume-Uni, ont été arrêtés par la police sur de divers faits, dans plusieurs opérations conduites par la cour d'Ecosse en coopération avec MI5. Parmi les personnes arrêté : Steeve Sargent (frère de Charlie), deux soldats britannique, Darren Theran (régime de parachute), Karl Wilson (1er bataillon et 1er de la reine), et bien d'autre... Plusieurs de ceux-ci ont été arrêtés, et emprisonnés par la suite.


Pendant avril 1999, David Copeland (22 ans) a effectué une campagne de bombardement en voulant viser les noirs, asiatiques, et la communauté gay à Londres. Le 17 avril 1999, une bombe éclate dans Brixton, et les semaines suivantes une ruelle de Londres fut aussi bombardée, par trois bombes remplies de clous.


Aujourd'hui, Will Browning est le seul leader du C18, il aurait essayé, en 2000, d'organiser une campagne de lettres piégées à partir du Danemark. Mais trois personnes, qui faisaient parti du C18, ont été arrêtées. Ces trois personnes ont appris que l'ancien leader du C18, Charlie Sargent, informait la police sur les activités du C18.


Le 30 avril une troisième bombe a tué trois personnes, y compris une femme enceinte, et blessé plus de 100 personnes. D.Copeland a été arrêté le 30 juin 2000.
(source http://www.blogg.org/blog-10327-themes-les_skinheads-80778.html)




Une interview intéressante d'Anthony Bellanger



00:43 Publié dans Solidarité | Tags : c18, combat 18, rroms, irlande | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

09/03/2009

HONGRIE- VAGUE D'AGRESSION CONTRE LES RROMS

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"En Hongrie, les Rroms sont devenus les boucs émissaires des frustrations liées au marasme économique."



La Hongrie doit traiter différemment sa minorité Rom, cible d'agressions qui vont croissant, déclare le président Laszlo Solyom. "Les relations entre les RRoms et le reste de la société sont un problème stratégique pour l'avenir, non seulement en Hongrie, mais aussi de la République Tchèque aux Balkans", a-t-il dit dans une interview au quotidien Nepszabadsag. /

Les attaques de Rom, qui constituent entre 5 et 7% des 10 millions d'habitants, ont augmenté depuis que la crise économique a éclaté et certains analystes estiment que les Roms sont devenus les boucs émissaires des frustrations liées au marasme économique.
"La crise financière et économique constitue un tournant", a dit Solyom dans une interview au quotidien Nepszabadsag.
Un milliers de sympathisants du parti d'extrême-droite Jobbik ont manifesté le mois passé à Budapest contre ce qu'ils considèrent comme une augmentation des actes délictueux commis par des Roms.
L'économie hongroise, sauvée de l'effondrement en octobre par un prêt de 25,1 milliards de dollars du FMI, devrait plonger cette année dans une récession qui pourrait atteindre 3,5%.
Le taux de chômage a atteint 8,4% en novembre-janvier et le gouvernement s'attend à une chute cette année de la consommation des ménages en raison des pertes d'emplois et de la baisse des revenus.
"Les relations entre les Roms et le reste de la société sont un problème stratégique pour l'avenir, non seulement en Hongrie, mais aussi de la République Tchèque aux Balkans", a dit Solyom.
"C'est un fait que la majorité des Roms sont sortis perdants du changement de régime (en 1990). Il reste à voir s'ils sortiront aussi perdants de la crise".
Gergely Szakacs, version française Nicole Dupont









Leur espérance de vie est de dix ans inférieure à celle du reste de la population; plus de 78% de leurs enfants ne dépassent pas le niveau du collège et 2% seulement fréquentent l'enseignement supérieur; ils représentent au maximum 4 à 6% des habitants du pays, mais environ un tiers de ceux qui vivent au-dessous du seuil de la pauvreté... En Hongrie, comme partout ailleurs en Europe de l'Est où vivent la majorité des Roms du continent, les membres de cette minorité sont les premières victimes de la transition. Car l'héritage du communisme pèse ici de tout son poids. En 1961, le PC hongrois excluait, en effet, les Roms des minorités nationales pour les définir comme un "groupe socialement désavantagé", adoptant une série de mesures censées effacer leurs particularités culturelles et les intégrer dans l'ordre .
Antonela Capelle : Chargée de recherche au Ceri. Elle travaille sur les relations entre identité et politique en Hongrie et en Roumanie.

17:24 Publié dans Solidarité | Tags : hongrie, rroms, laszlo solyom, jobbik | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

07/03/2009

A QUOI SERT L’ITALIE OU QUE RESTE-T-IL DE L'ITALIE ?

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"Que peut-on attendre d’un pays qui a la forme d’une botte ?" À cela répond un vieux napolitain : "Qu’il marche !"

Une émission sur France Culture, à la question de "A Quoi sert l'Italie" propose plusieurs réponses possibles, hormis celle de chasser les Rroms et les migrants. De faire rire l'Europe tout entière avec son "pitre" qu'il n'est plus besoin de nommer, tant nous le connaissons tous.

L'émission française a relevé un beau défi, redonner au documentaire radiophonique, genre malheureux, ses lettres de noblesse. Rare, parce qu’exigeant une écoute soutenue, peu de radios lui accordent une place. Michel Pomarède, sur France Culture s'est prêté une fois de plus à cet exercice astreignant, à travers des témoignages, des récits, il capte la mémoire. Il s’est fait connaître avec une série sur Hiroshima et Nagasaki, durant laquelle, il laisse les silences, les trous de mémoire prendre place et qui insuffle au récit perlé de trous, toute son horreur, toute sa dimension d’humains confrontés à un choc pour lequel il ne peut y avoir de mots suffisamment expressifs pour décrire l’explosion, l’incompréhension, la défaite du Japon.

Pomarède en Italie s’est présenté avec une question presque enfantine “A quoi sert l’Italie ?”, question désarçonnante de par sa simplicité, un tant soit peu provocatrice. De Turin à Naples, il a tendu son micro avec ce “A Quoi sert l’Italie” en passant par Bologne et Rome.

Il a obtenu quelques réponses magnifiques : "à fabriquer des chaussures", "à faire de la mozzarella", lui répond-on parfois. Mais, au fond, ils sont peu nombreux à avoir une réponse. Plutôt que d’en apporter une, Michel Pomarède donne à entendre, au fil des émissions, d’insolites résonances qui reconfigurent étrangement les lignes de partage classiques : aux discours sociaux d’une ancienne militante syndicale de Fiat répondent ceux, non moins sociaux, d’une association néo-fasciste romaine, Casapound. Aux désespérances politiques des étudiants de Bologne, qui se mêlent à leurs espérances de jeunesse, font écho le désespoir de cinéastes napolitains qui, dans l’espoir de révéler une autre vision de Naples, fatalement, sont retombés sur ses clichés. Les Roms de Rome avouent ne pas plus redouter la mairie de Gianni Alemano dont le projet est de "nettoyer" Rome de ses immigrés entre autres, que la mairie précédente, de gauche pourtant.

Si bien que, peu à peu, au fil des émissions, une autre interrogation émerge : que reste-t-il de l’Italie : "Que peut-on attendre d’un pays qui a la forme d’une botte ?" À cela il y a une réponse, et c’est un vieux napolitain qui la donne : "Qu’il marche !" À l’issue de ces quatre émissions, subitement, cette boutade prend un sens sinistrement ambivalent.

source : http://www.nonfiction.fr/articlecomment-2264-litalie_sur_les_ondes.htm#newcomment), Marianne
>Dautrey - Merci au journal www.nonfiction.fr de m'avoir autorisé à reprendre l'article dans son intégralité sous réserve que Les articles publiés sur nonfiction.fr sont diffusés sous licence "creative commons". On peut donc les diffuser librement et les publier sur nos sites et nos blogs à condition de le faire à titre non lucratif, sans les dénaturer, en indiquant les coupes et en mentionnant l'auteur et obligatoirement la source à la fin de l'article sous la forme : www.nonfiction.fr.



Quelle belle initiative, je tente le coup auprès de ma fille âgée de 8 ans et l'interroge : “A quoi sert la Suisse?”, elle hausse les épaules, la réponse est si spontanée et si immédiate “A faire du vin, évidemment !”


À écouter :

- "À quoi sert l’Italie ?" par Michel Pomarède et François Teste, du lundi 9 au jeudi 12, à 16 h, sur France Culture. Il est possible de réécouter les émissions pendant une semaine sur www.franceculture.com.

10:19 | Tags : italie, rroms, berlusconi, france culture, naples, pomarède | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

03/03/2009

"Délinquance: la route des Roms" - ou le chemin raciste de France 5


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Cette émission, intitulée "Délinquance: la route des Roms", a été diffusée le 11 février 2005 sur la chaîne dite culturelle et éducative France 5 dans le cadre de l'émission "C dans l'air." animée par Yves Calvi. Son titre suffirait à lui seul pour se rendre compte du racisme qui l'inspire. Et pour ce faire, les associations rroms ont créé ce site internet www.leracismealecran.info où vous pouvez visionner l'émission mais aussi connaître tout le travail subséquent:

Malgré l'indignation qu'elle a suscitée et les alertes lancées par plusieurs associations rroms, trop peu de médias se sont intéressés à ce grave problème de racisme. Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel a quant à lui été attentif à la plainte déposée par les associations qui ont mis en garde la chaîne, tandis que le Conseil de l'Europe adressait une lettre fort critique au président de France Télévision.

Les tentatives des associations rroms de sensibiliser les grandes associations antiracistes de France et de les inciter à porter cette affaire en justice se sont révélées vaines. La LDH et le MRAP ont estimé qu'une plainte aurait peu de chance d'aboutir et n'ont pas souhaité "prendre le risque de perdre un procès". C'est donc seules que les associations ont décidé de saisir la justice. Une fois qu'elles avaient assumé ce "risque", les ONG en question ont saisi elles aussi la justice, sans rendre publique cette saisine, fait plutôt rare dans leurs pratiques.

Cette bataille pot de terre contre pot de fer a commencé le 25 mars 2005, avec la plainte déposée par les associations rroms. Après des années d'attente et d'acharnement des associations, le ministère public a décidé de renvoyer l'affaire devant le tribunal correctionnel. L'audience se déroulera les 19 et 20 mars 2009 devant la 17ème Chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris qui jugera les personnes impliquées dans cette émission.

Affaire à suivre...............................

(source La Voix des Rroms)

19:47 Publié dans Solidarité | Tags : france 5, rroms, c dans l'air, racisme | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |