07/03/2009

A QUOI SERT L’ITALIE OU QUE RESTE-T-IL DE L'ITALIE ?

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"Que peut-on attendre d’un pays qui a la forme d’une botte ?" À cela répond un vieux napolitain : "Qu’il marche !"

Une émission sur France Culture, à la question de "A Quoi sert l'Italie" propose plusieurs réponses possibles, hormis celle de chasser les Rroms et les migrants. De faire rire l'Europe tout entière avec son "pitre" qu'il n'est plus besoin de nommer, tant nous le connaissons tous.

L'émission française a relevé un beau défi, redonner au documentaire radiophonique, genre malheureux, ses lettres de noblesse. Rare, parce qu’exigeant une écoute soutenue, peu de radios lui accordent une place. Michel Pomarède, sur France Culture s'est prêté une fois de plus à cet exercice astreignant, à travers des témoignages, des récits, il capte la mémoire. Il s’est fait connaître avec une série sur Hiroshima et Nagasaki, durant laquelle, il laisse les silences, les trous de mémoire prendre place et qui insuffle au récit perlé de trous, toute son horreur, toute sa dimension d’humains confrontés à un choc pour lequel il ne peut y avoir de mots suffisamment expressifs pour décrire l’explosion, l’incompréhension, la défaite du Japon.

Pomarède en Italie s’est présenté avec une question presque enfantine “A quoi sert l’Italie ?”, question désarçonnante de par sa simplicité, un tant soit peu provocatrice. De Turin à Naples, il a tendu son micro avec ce “A Quoi sert l’Italie” en passant par Bologne et Rome.

Il a obtenu quelques réponses magnifiques : "à fabriquer des chaussures", "à faire de la mozzarella", lui répond-on parfois. Mais, au fond, ils sont peu nombreux à avoir une réponse. Plutôt que d’en apporter une, Michel Pomarède donne à entendre, au fil des émissions, d’insolites résonances qui reconfigurent étrangement les lignes de partage classiques : aux discours sociaux d’une ancienne militante syndicale de Fiat répondent ceux, non moins sociaux, d’une association néo-fasciste romaine, Casapound. Aux désespérances politiques des étudiants de Bologne, qui se mêlent à leurs espérances de jeunesse, font écho le désespoir de cinéastes napolitains qui, dans l’espoir de révéler une autre vision de Naples, fatalement, sont retombés sur ses clichés. Les Roms de Rome avouent ne pas plus redouter la mairie de Gianni Alemano dont le projet est de "nettoyer" Rome de ses immigrés entre autres, que la mairie précédente, de gauche pourtant.

Si bien que, peu à peu, au fil des émissions, une autre interrogation émerge : que reste-t-il de l’Italie : "Que peut-on attendre d’un pays qui a la forme d’une botte ?" À cela il y a une réponse, et c’est un vieux napolitain qui la donne : "Qu’il marche !" À l’issue de ces quatre émissions, subitement, cette boutade prend un sens sinistrement ambivalent.

source : http://www.nonfiction.fr/articlecomment-2264-litalie_sur_les_ondes.htm#newcomment), Marianne
>Dautrey - Merci au journal www.nonfiction.fr de m'avoir autorisé à reprendre l'article dans son intégralité sous réserve que Les articles publiés sur nonfiction.fr sont diffusés sous licence "creative commons". On peut donc les diffuser librement et les publier sur nos sites et nos blogs à condition de le faire à titre non lucratif, sans les dénaturer, en indiquant les coupes et en mentionnant l'auteur et obligatoirement la source à la fin de l'article sous la forme : www.nonfiction.fr.



Quelle belle initiative, je tente le coup auprès de ma fille âgée de 8 ans et l'interroge : “A quoi sert la Suisse?”, elle hausse les épaules, la réponse est si spontanée et si immédiate “A faire du vin, évidemment !”


À écouter :

- "À quoi sert l’Italie ?" par Michel Pomarède et François Teste, du lundi 9 au jeudi 12, à 16 h, sur France Culture. Il est possible de réécouter les émissions pendant une semaine sur www.franceculture.com.

10:19 | Tags : italie, rroms, berlusconi, france culture, naples, pomarède | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |