20/04/2009

Quand les clandestins, c'étaient nous les Italiens - Enfants mendiants et clandestins ! (2 ème partie)

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Parcours douloureux marqués de préjugés, d'expulsions, d'incarcérations, de mauvais traitements aux conséquences fatales. Ces parcours individuels qui deviennent publics grâce à l'exposition « Traces de l'émigration de Parme et d'Italie, entre le XVI et XX siècle », organisée par les Archives d'État de Parme. Plus de cents documents exposés partant de 1545 à 1973 et qui décrivent les Italiens à l'époque où ils furent émigrants.


Le racket sur le dos des enfants montagnards transformés en mendiants et qui disparaissent à tout jamais qui sait où. Des différentes communes rurales montagnardes, entre 1845 et 1847, 2022 mineurs s’en allèrent. 512 ne revinrent jamais. Parmi eux, Eligio Caramboli, né à l'Hospice de la Maternité de Parme, le 4 février 1835 et de parents inconnus. Mort sur les routes de Londres où il avait été forcé et contraint de quémander.

Enfants loués à des adultes en échange d’un peu d'argent. Émigrés forcés, leurs maîtres les envoyaient mendier sur les places de Londres et de Saint Petersbourg. Frappés, maltraités s’ils ne ramenaient pas suffisamment d’argent. Des centaines d'enfants de l’Appenin parmesan disparurent ainsi dans la seconde moitié du XIX ème engloutis dans les filières du racket des bébés-mendiants. Leur histoire a été reconstituée par des spécialistes des Archives d'État de Parme en s’appuyant sur les dénonciations de police, lettres et documents des ambassades.

Pour Eligio Caramboli, c’était un destin tout tracé. D’abord l’orphelinat, puis confié à la famille Varsi qui comme beaucoup à cette époque adoptait des enfants pour avoir des bras à bon prix pour les aider. Cependant Eligio était trop faible, une bouche de plus plutôt qu’autre chose. Ainsi on décida de le faire partir avec un des hommes qui s’apprêtait à émigrer. Soulagement pour les familles qui se débarrassaient ainsi des enfants devenus une charge trop lourde pour elles. Ces enfants, naturels ou adoptés, seraient devenus ainsi des commerçants ambulants de babioles ou des musiciens, ils auraient cherché fortune dans les villes du monde et après un an ou deux, selon le revenu du contrat signé, la famille aurait reçu un petit salaire mensuel. Eligio alla à Londres accompagné d’un homme du nom de Pietro Scartazza qui ensuite le confia à Giacomo Basini, lui-même d'abord parti de Boccolo comme apprenti musicien et devenu " patron". À Londres il avait à son service différents jeunes de la montagne qu’il traitait comme esclaves : ils devaient jouer de l’accordéon sur les routes et quémander. Pour ceux qui ne ramenaient pas assez de butin, une cruelle punition les attendait: piqués, laissés à jeûn, forcés de dormir dehors. Eligio fut abandonné en route pieds nus, à moitié nu, affamé, affaibli , endurant le cruel hiver de la fin 1857. Il fut retrouvé par son compatriote, un parmesan qui tentera de l'aider et de le rapatrier en Italie, malheureusement trop tard. Lui-même, à son tour avait été loué à un émigrant et il avait fini entre les mains de Basini. Néanmoins, il réussit à s’enfuir et devenir menuisier.
Plein de pitié, il écrivit une *lettre aux autorités de Parme implorant : "Je vous prie de faire savoir au père et la mère de Eligio qu’ils devraient bien réfléchir avant d'envoyer un fils à des assassins, des canailles, des brigands qui ont le coeur dur comme celui d’un tigre". Il demandait, à ce que quelqu’un entame des démarches pour que le garçon puisse revenir à Varsi. L' ambassade se mit en quête de retrouver le jeune, mais il était trop tard : le garçon était déjà mort "d'un mal de poitrine". L'histoire d'Eligio est remontée à la surface après un siècle et grâce à des documents conservés dans les archives d'État de Parme et qui montrent comment disparurent sur les routes d' Europe des centaines et des centaines d'enfants montagnards. Vendus, loués, forcés à émigrer par des hommes sans scrupules, destin très semblable à celui de tant d'enfants qui aujourd'hui mendient dans nos villes.

traduction libre du texte de Stefania Parmeggiani

http://parma.repubblica.it/dettaglio/baby-mendicanti-e-clandestini-quando-i-romeni-eravamo-noi/1618020?edizione=EdRegionale


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La lettera "Aiutate vostro figlio è nelle mani di un assassino" de Giovanni Pirolli, emigrato a Londra dal parmense, trova e soccorre Eligio,

"Vi faccio sapere che il vostro figlio Eligio, è venuto a Londra con Pietro Scartazza e messo in casa di Giacomo Basini, detto Biracca. Sono a dirvi che il vostro figlio non lo rivedrete più se non gli mandate i denari [...] per venire a casa perché è moribondo, non è più capace di stare in piedi dalla debolezza; che è morto di fame per le contrade, senza scarpe ai piedi, senza vestiti e dorme per le contrade con questi freddi. Martedì [...] l'ho trovato coricato per la contrada incapace di alzarsi in piedi; c'era della gente intorno che gli faceva delle domande, ma lui non capisce nulla della lingua inglese.

Io l'ho visto, l'ho preso e l'ho condotto in una casa, vicino al fuoco, gli ho fatto dare da mangiare e dopo parlava. Gli ho detto vieni con me che ti porterò a casa. Ma lui mi ha risposto che non voleva andare a casa perchè lo avevano picchiato. La polizia per ben tre volte lo aveva trovato e riportato a casa. Il suo padrone, mentre erano presenti gli agenti, non gli aveva detto niente, poi una volta rimasti soli, gli aveva gridato di andare fuori da casa sua, che era un vagabondo e se non aveva la fortuna di far danari doveva morire; aveva infine preso un bastone, lo aveva battuto e cacciato in strada. Vi prego di far sapere al padre e alla madre di questo che [dovrebbero pensarci bene] prima di mandare un figlio con assassini, canaglie, briganti che hanno il cuore come una tigre. Pure io, Pirolli Giovanni, prima mi trovavo insieme a questi assassini, poi appena ho trovato un altro padrone sono andato via a imparare a fare il falegname. Sono più contento così, di essere fuori da quella casa infernale, che se avessi guadagnato qualunque somma. Sono a pregarvi di prendere cura di vostro figlio.

Addio Pirolli Giovanni.

11:04 Publié dans Solidarité | Tags : parme, orphelins, italiens, clandestins, mendiants | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |