15/09/2009

Emprisonnés pour l’absentéisme scolaire de leurs enfants !

tziganes.jpgLes parents de deux écoliers Rroms ont été condamnés chacun à 16 mois de prison ferme pour l’absentéisme scolaire de leurs enfants, a rapporté le quotidien Népszabadsag dans son édition de vendredi.

Jamais auparavant en Hongrie deux parents n’avaient été condamnés à de la prison ferme simultanément pour une telle raison. Les deux condamnés sont parents de six enfants dont un nourrisson de trois mois. Deux d’entre eux, scolarisés à Sajókaza, dans le nord-Est de la Hongrie, ne se rendaient plus à l’école.

L’association pour les libertés civiques « Társaság a Szabadságjogokért » (TASZ) a fait parvenir au président hongrois Laszlo Solyom une pétition dans laquelle il lui demandent d’intervenir en faveur des parents condamnés. Selon cette association, c’est l’école, où les enfants se sentaient mal, qui est à blâmer. « Sans doute en raison de leur origine Rrom, ils [les deux enfants] étaient dévalorisés et ont été victimes de violences à plusieurs reprises. », argumente-t-elle.

Cette affaire relance un vif débat sur la difficile intégration des enfants Roms dans le système scolaire hongrois. Certains pointant l’incapacité du système hongrois à les accepter quand d’autres dénoncent l’irresponsabilité parentale et une absence de volonté d’intégration de la part de la minorité Rom dans la société hongroise.

Sajókaza est un bourg de 3000 habitants situé à 30km au Nord-Est de Miskolc. Cet ancien centre minier qui n’a pas résisté aux restructurations économiques est aujourd’hui frappé par le chômage. Un tiers de sa population est Rrom et vit en périphérie du village dans des conditions misérables : leurs maisons sont délabrées, privées d’eau courante et d’installations sanitaires. Presque la totalité d’entre eux est sans-emploi et et survit avec les aides de l’Etat.
http://www.hu-lala.org/?p=1944

Cette histoire n'est pas sans rappeler ce que j'ai moi-même vu dans les camps rroms en Italie à Rome, où les familles vivaient dans des conditions précaires sans eau et sans électricité. Les enfants qui tentaient vainement de fréquenter l'école étaient discriminés, hués et insultés sous prétexte qu'ils étaient sales. Avant de forcer les parents à envoyer leurs enfants à l'école, on doit pouvoir leur offrir les moyens de les envoyer dans les meilleures conditions pour qu'ils ne subissent pas les moqueries de leurs "camarades" souvent suivies par des actes de violence.

21:24 Publié dans Solidarité | Tags : roms, hongrie, társaság a szabadságjogokért | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

21/08/2009

Arrestation de cinq Hongrois suspectés des meurtres de Rroms : mobile probable le racisme


526872512.jpgBUDAPEST - Cinq personnes soupçonnées d'avoir commis une série de meurtres et d'attaques à caractère raciste contre des membres de la minorité Rrom en Hongrie ont été arrêtées, a annoncé vendredi la police.


"La police a arrêté vendredi à 02H15 (00H15 GMT) à Debrecen (sud-est) cinq personnes soupçonnées d'avoir commis les meurtres dans la communauté Rrom", a indiqué un porte-parole du Bureau National des Enquêtes, Laszlo Bartha. Une unité spéciale de 120 policiers enquête depuis plus d'un an sur une série d'attaques à la grenade, avec des fusils ou des cocktails Molotov, perpétrés contre la minorité Rrom en Hongrie ayant fait six morts et cinq blessés depuis juillet 2008.
En novembre dernier, un couple de Rrom a été assassiné à Nagycsecs, dans le centre du pays, puis en février, un jeune père de famille tzigane et son fils de 5 ans ont été abattus au sud de Budapest, devant leur maison incendiée. En avril, un Rrom a été tué devant sa maison à Tiszalok (sud-est). Au cours de la plus récente attaque, en août, une femme a été abattue dans son sommeil dans sa maison à Kisleta, dans l'est du pays.

Les suspects, qui ont été arrêtés dans un bar du centre-ville, sont soupçonnés d'avoir participé à neuf attaques contre des Rroms ces douze derniers mois.

"Le mobile principal des assassins est très probablement le racisme", a précisé le chef de la police nationale hongroise, Jozsef Bencze, au cours d'une conférence de presse où il a qualifié le dossier de "très compliqué et grave".

Pour relancer l’enquête, le chef de la police nationale, Jozsef Bencze, rouvrira tous les dossiers criminels impliquant armes et explosifs au cours des 10 dernières années. Il pense que les coupables ont pu agir de façon similaire dans un passé plus lointain. Aussi, la récompense pour informations significatives sur les derniers crimes reste fixée à un demi-million de forints. La police demande également de l’aide aux civils pour patrouiller à l’intérieur de leurs villages, afin de pouvoir éventuellement prévenir la présence d’armes ou d’explosifs au sein des quelques 200 communes concernées en Hongrie.

Aucun élément sur l'identité, le passé ou encore l'origine sociale des personnes interpellées n'a été divulgué.

Après ce meurtre, la police a doublé la récompense pour toute information permettant d'arrêter les responsables, à 100 millions de forint (379.000 euros).
Ces meurtres se sont pour la plupart déroulés à proximité de l'autoroute qui relie Budapest à Debrecen, la deuxième ville du pays, ont relevé les enquêteurs.

La minorité Rrom, souvent appauvrie et marginalisée, représente près d'un dixième de la population hongroise, qui compte 10 millions d'habitants.

(©AFP / 21 août 2009 17h08)

"Bien que la politique slovaque soit ouvertement anti-tzigane et actuellement en froid diplomatique avec la Hongrie, le fait qu’elle aurait pu avoir des mobiles d’action de nature criminelle à l’encontre d’une communauté sur le sol hongrois ne tient pas debout selon Imre Ivancsik, chef des services secrets hongrois. Celui-ci a été catégorique : aucun organe politique extérieur à la Hongrie ne saurait être impliqué dans les meurtres en série qui touchent les Rrom des campagnes hongroises depuis un an." (source Hulala )

23:23 Publié dans Solidarité | Tags : hongrie | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

09/03/2009

HONGRIE- VAGUE D'AGRESSION CONTRE LES RROMS

Lasio.JPG

"En Hongrie, les Rroms sont devenus les boucs émissaires des frustrations liées au marasme économique."



La Hongrie doit traiter différemment sa minorité Rom, cible d'agressions qui vont croissant, déclare le président Laszlo Solyom. "Les relations entre les RRoms et le reste de la société sont un problème stratégique pour l'avenir, non seulement en Hongrie, mais aussi de la République Tchèque aux Balkans", a-t-il dit dans une interview au quotidien Nepszabadsag. /

Les attaques de Rom, qui constituent entre 5 et 7% des 10 millions d'habitants, ont augmenté depuis que la crise économique a éclaté et certains analystes estiment que les Roms sont devenus les boucs émissaires des frustrations liées au marasme économique.
"La crise financière et économique constitue un tournant", a dit Solyom dans une interview au quotidien Nepszabadsag.
Un milliers de sympathisants du parti d'extrême-droite Jobbik ont manifesté le mois passé à Budapest contre ce qu'ils considèrent comme une augmentation des actes délictueux commis par des Roms.
L'économie hongroise, sauvée de l'effondrement en octobre par un prêt de 25,1 milliards de dollars du FMI, devrait plonger cette année dans une récession qui pourrait atteindre 3,5%.
Le taux de chômage a atteint 8,4% en novembre-janvier et le gouvernement s'attend à une chute cette année de la consommation des ménages en raison des pertes d'emplois et de la baisse des revenus.
"Les relations entre les Roms et le reste de la société sont un problème stratégique pour l'avenir, non seulement en Hongrie, mais aussi de la République Tchèque aux Balkans", a dit Solyom.
"C'est un fait que la majorité des Roms sont sortis perdants du changement de régime (en 1990). Il reste à voir s'ils sortiront aussi perdants de la crise".
Gergely Szakacs, version française Nicole Dupont









Leur espérance de vie est de dix ans inférieure à celle du reste de la population; plus de 78% de leurs enfants ne dépassent pas le niveau du collège et 2% seulement fréquentent l'enseignement supérieur; ils représentent au maximum 4 à 6% des habitants du pays, mais environ un tiers de ceux qui vivent au-dessous du seuil de la pauvreté... En Hongrie, comme partout ailleurs en Europe de l'Est où vivent la majorité des Roms du continent, les membres de cette minorité sont les premières victimes de la transition. Car l'héritage du communisme pèse ici de tout son poids. En 1961, le PC hongrois excluait, en effet, les Roms des minorités nationales pour les définir comme un "groupe socialement désavantagé", adoptant une série de mesures censées effacer leurs particularités culturelles et les intégrer dans l'ordre .
Antonela Capelle : Chargée de recherche au Ceri. Elle travaille sur les relations entre identité et politique en Hongrie et en Roumanie.

17:24 Publié dans Solidarité | Tags : hongrie, rroms, laszlo solyom, jobbik | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |