28/06/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 !

skinhead.jpgRatonnades, bavures, injures, menaces néo-nazies ont fait leur retour et les Rroms sont régulièrement pris pour cibles. Depuis plusieurs mois les incidents se multiplient en Italie, en Roumanie, en République tchèque, en Slovaquie. L'Italie a dû instaurer l'Etat d'urgence en Campanie, dans le Lazio et en Lombardie après de graves incidents. L’Europe répond faiblement à ces attaques en mentionnant toujours des “actes isolés” si répétitifs qu’on finit par conclure qu’ils ne sont pas si isolés que ça mais bien le fait de groupes organisés.
Des solutions urgentes et fermes s'imposent face à ces montées extrémistes qui sont dangereuses pour l'équilibre européen et qui portent atteinte à la démocratie.

On peut constater que les élections européennes ont été marquées par un triomphe de la droite et du centre-droit. L’extrême-droite, face au repli identitaire, progresse réalisant un score à deux chiffres dans huit Etats membres, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, la Finlande, la Hongrie, l'Italie et les Pays-Bas. Aux Pays-Bas, le parti de Geert Wilders arrive en seconde position et prend le relais de Pim Fortuyn qui avait atteint les 26% aux législatives de 2002. Le Royaume-Uni enverra siéger à Strasbourg pour la première fois 2 députés du BNP (British National Party): «L'Alarme orthodoxe» grecque y fait son entrée. Pendant la campagne électorale européenne, la Turquie et l'islam ont été utilisés par tous les partis d'extrême droite comme un épouvantail.

Pour la première fois de manière durable, l’extrême-droite semble en mesure de constituer un groupe politique, c'est-à-dire rassembler au moins 25 élus de plus de 7 pays différents.
La campagne électorale a donné lieu à de vrais débordements devant lesquels les gouvernements et les institutions européennes ont été prises de court. Pour la première fois en Europe, 70 ans après l'Holocauste, des néo-nazis sont apparus dans plusieurs Etats membres, des propos racistes, voire des clips de campagne comme en République tchèque ont plaidé la solution finale (à l'égard des Rroms).

La crise angoisse les Européens et les poussent à se braquer face à l’immigration, exil et accueil des réfugiés passent à la trappe dénonçant vivement “l’Europe passoire”. Avec la crise et la montée du chômage, les partis d'extrême droite font campagne contre la mondialisation et contre les politiques européennes

Le slogan du Parti de la Liberté néerlandais a été : «Moins d'Europe, plus de Pays-Bas, jamais de Turquie». Il a recueilli 17% des voix. Partout ces arguments ont été largement utilisés, parfois à des fins internes compliquées comme en Belgique où les différents partis d'extrême-droite recueillent 28,5% des suffrages, mais aussi en Autriche (17%), en Hongrie (14,7%), au Danemark (14,8%) et même en Italie où la Ligue du Nord rassemble 10,22% des électeurs malgré les gesticulations berlusconiennes dans la même direction. Alors que la gauche et l'extrême gauche auraient pu bénéficier des excès libéraux révélés par la crise financière, c'est l'extrême droite qui la supplante dans le discours protestataire.

Les déçus du post-communisme se rabattent sur des droites extrêmes et qui progressent surtout dans les milieux populaires . On croyait l’extrême droite fasciste ou néonazie marginale, force est de constater qu’elle prend de l’ampleur et s’organise sur un mode si identique qu’il faut se demander s’il n’existe pas une coordination au niveau européen.
Aussi bien en Tchéquie, en Italie, qu’en Hongrie et récemment en Irlande du Nord, il y des similitudes dans la façon d’attaquer les Rroms qui laissent songeurs et qui porterait à croire qu’il y a une forme de rassemblement autour d’une idéologie commune, avec des plans d’attaques organisés qui ne sont pas le fait de groupe isolés comme la presse tenterait de le faire croire. On observe un ralliement des anti-européens qui fait recette dans les formations politiques nationalistes. Le terrorisme brun semble se nourrir aux mêmes sources celles de Aryan Nations ou The Order.
Les nationalistes xénophobes s’organisent et progressent soutenus par une population en proie à la crise, au chômage, on se rallie autour de symboles réunificateurs dans une Europe instable. Préférence nationale, arrêt de l’immigration, renvoi des étrangers (quitte à les chasser ou les exterminer) opposition à la mondialisation et à toute supranationalité, l’Union européenne fait le lit des extrémismes nationalistes.
Le profil type des nationaux-populismes est un homme appartenant aux milieux populaires, de faible niveau de qualification et d’éducation- chômeur potentiel et frappé de plein fouet par la récession.

En Europe centrale et orientale, les partis se rattachant à ce courant ont une conception ethniciste de l’identité, souvent combinée avec des revendications territoriales irrédentistes (grand-hongrois ; grand-roumain). Hostilité agressive aux minorités nationales en Roumanie et qui représentent un quart de la population du pays, exaltation du nationalisme roumain. On va jusqu’à adopter des positions révisionnistes exaltant le régime fascisant du Maréchal Antonescu et niant l’holocauste des Juifs de Roumanie et de Moldavie.

L’anticommunisme de ces mouvements d’extrême-droite les conduits souvent à réclamer la réhabilitation des dirigeants profascistes d’avant-guerre (comme en Slovaquie, où le Parti national slovaque, SNS, revendique l’héritage de l’évêque collaborateur Tiso), voire ­- dans les pays baltes (Lettonie) -­ à considérer les complices des nazis comme des patriotes. Plusieurs de ces partis, comme le SNS et le Parti radical serbe (SRS), ont participé à des gouvernements, tandis que Romania Mare, hybride de nationalisme droitier et de nostalgie de l’ère Ceaucescu, est le second parti de Roumanie.

La faillite économique et sociale des méthodes ultralibérales de transition vers l’économie de marché, la crainte des conséquences de l’entrée dans l’Union européenne, combinées avec la persistance de l’antisémitisme et du racisme anti-roms, sont les causes principales de leur succès.

(sources : Slate.fr- Article l’Europe immobile face à l’extrême-droite)
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/extrême-droite

La télévision publique tchèque a retiré de l'antenne un spot de campagne du Parti National, un parti d'extrême-droite. Ce spot pour les européennes parlait d'une solution finale à la question rrom.



00:22 Publié dans Solidarité | Tags : fascisme, extrême-droite | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |