19/04/2009

Quand les clandestins, c’étaient nous les Italiens !

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L'émigration italienne en Roumanie est présentée à Parme grâce aux extraits poussièreux des Archives d'État et ce à travers une exposition intitulée « Traces de l'émigration de Parme et d'Italie entre le XVI et XX siècle ». Plus de cent documents, beaucoup inédits. Parmi ceux-ci, une lettre portant le timbre du ministère de l'Intérieur envoyée le 28 août 1942 à tous les questeurs du Règne, au ministère des Affaires étrangères, au Gouvernement de la Dalmatie, à la direction de police de Zara et au haut commissaire de Lubiana., on y recommandait d’ éviter que les Italiens s'expatrient vers la Roumanie.

Période effacée de la mémoire d’un peuple, il est facile de déverser ses préjugés sur les autres.


Il fut une époque où les clandestins c’étaient nous et c’est la Roumanie qui ne voulait pas les Italiens. Le ministère de l'Intérieur en 1942 chercha à freiner les expatriations vers Bucarest où les Italiens y étaient mal vus. Ailleurs, À Bombay, dès qu’on avait à faire à la prostitution on entendait aussitôt mentionner le mot " italien" . Les documents d’époque attestent que les pauvres de notre pays étaient parfois criminels, mais surtout souvent criminalisés .
La situation des Italiens étaient exactement celle des Roumains aujourd'hui, mais inversée. Les Italiens allaient à Bucarest chercher fortune, y travailler comme menuisiers, dans les mines ou dans les usines. Ils avaient une permission de séjour en poche, et à l'échéance de celle-ci, ils restaient, dès lors clandestins, comme les Roumains l’étaient en Italie avant son entrée dans l’Union européeenne. Mal aimés, rejetés, ils étaient regardés avec rage et suspicion.

Dans la seconde moité du XX ème siècle, les Italiens ne considéraient pas les Roumains comme des criminels, mais les Roumains, si, et ils contrôlaient les douanes pour ne pas être envahis par les Italiens. Nos compatriotes créaient des problèmes : violents, indisciplinés. On évitait que les indésirables passent les frontières nationales pour aller créer des problèmes à la dictature amie du général Ion Antonescu.
Parmi les émigrés on ne comptait pas que les travailleurs à la recherche de l'Amérique, mais aussi des aventuriers peu scrupuleux. Une plus ancienne lettre du consul italien en Inde relate et informe la mère-patrie, en 1893, qu’à Bombay tous ceux qui ont à voir avec la prostitution sont appelés « italiens ». Une association d'idées peu reluisante. Nos compatriotes, comme tous les émigrants, ne représentaient pas seulement un problème de sûreté, mais aussi une ressource économique, si bien que Mussolini, comme le témoigne une des circulaires exposées, défendit l'expatriation de la main-d'oeuvre spécialisée. Seuls des ouvrier non qualifiés, des bras qui risquaient de finir dans les hachoirs à viande de l'immigration clandestine pouvaient partir.
L'exposition présente une série d'expatriations irrégulières entre 1925 et 1973 : les Italiens arrivaient en France et en Corse, mais même dans d’autres pays, avec des permissions de touristes et ensuite ils s'arrêtaient bien au-delà de l'échéance, d’autres entraient avec un visa de transit, mais ne quittaient pas le pays où ils étaient supposés être seulement de passage. D’autres obtenaient de faux passeports ou rejoignaient l'Amérique par des billets envoyés, officiellement, à des parents ou des amis.

Cette fresque contribue à nous rappeler une époque, pas trop lointaine, où les Roumains - criminalisés, non aimés et exploités, c’étaient nous : les Italiens.


Traduction libre et partielle du texte original pour lire l'intégralité du texte
source : Stefania Parmeggiani
http://parma.repubblica.it/dettaglio/rumeni/1617963

(suite à venir : enfants mendiants et clandestins)












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17/04/2009

Le Conseil de l'Europe critique la politique d'expulsions de l'Italie

AP | 16.04.2009 | 16:57

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Thomas Hammarberg, Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe depuis le 1er avril 2006.



Thomas Hammarberg, commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, a reproché jeudi à l'Italie d'expulser vers la Tunisie des immigrés qui risquent d'y être torturés.

"Les Etats ont, certes, le devoir de protéger les sociétés du terrorisme mais ils ne doivent pas, pour autant, enfreindre les normes en matière de droits de l'Homme comme l'interdiction absolue de la torture ou des traitements inhumains", estime-t-il dans un communiqué.

"L'Italie ne s'est pas souciée d'appliquer les mesures provisoires contraignantes demandées par la Cour européenne des droits de l'Homme pour mettre fin aux expulsions", reproche Thomas Hammarberg.

Le commissaire aux Droits de l'Homme du Conseil de l'Europe considère par ailleurs que "les autorités devraient condamner plus fermement toutes les manifestations racistes ou intolérantes". Il recommande notamment d'accroître le nombre de représentants des groupes ethniques au sein de la police.

Il souhaite que soit améliorée la situation des Roms. "Un climat d'intolérance persiste à leur égard et leurs conditions de vie sont toujours inacceptables dans plusieurs camps que j'ai visités", rapporte Thomas Hammarberg.

Il critique enfin le projet de loi sur la sécurité publique qui criminalise les immigrés. Cette mesure risque "d'exacerber les tendances discriminatoires et xénophobes qui se manifestent déjà dans le pays". AP


Extrait du Rapport du Commissaire aux Droits de l'Homme

Introduction

1. Le présent rapport se fonde sur une visite en Italie du Commissaire aux droits de l'homme (ci-après le Commissaire) qui s'est déroulée du 13 au 15 janvier 20091 ; il s'agissait d'une visite de suivi à la visite qui a eu lieu les 19 et 20 juin 2008.

2. Le Commissaire a eu des échanges de vues constructifs avec plusieurs représentants des pouvoirs publics : M. Alfredo Mantica, sous-secrétaire d'Etat du ministère des Affaires étrangères, M. Alfredo Mantovano, sous-secrétaire d'Etat du ministère de l’Intérieur, M. Gianni Alemanno, maire de Rome, M. le Président Pietro Marcenaro et des membres de la Commission des droits de l'homme du Sénat, ainsi qu'avec le président de l'Autorité chargée de la protection des données, le professeur Francesco Pizzetti. Des réunions ont également été organisées avec des représentants d'organisations non gouvernementales nationales et internationales actives dans les domaines de la protection des immigrés et des Roms.

3. Le Commissaire tient sincèrement à remercier les autorités italiennes à Strasbourg et à Rome pour l'assistance qu'elles lui ont fournie en vue de faciliter la conduite indépendante et efficace de sa visite. Le Commissaire a apprécié la promptitude et l'ouverture des autorités à dialoguer avec lui pendant toutes les réunions qui ont été tenues à Rome.

4. Le 28 juillet 2008, le Commissaire, après avoir reçu les observations du gouvernement italien sur un premier projet, a publié un mémorandum ainsi que les observations du gouvernement, sur la base de sa visite menée en juin 20082. Le Commissaire suit de près les évolutions législatives et administratives en Italie liée aux questions mentionnées dans son mémorandum ; il est en contact avec les autorités italiennes par l'intermédiaire du Représentant permanent de l'Italie auprès du Conseil de l'Europe, qui lui fournit aimablement des informations à sa demande. Le 5 décembre 2008, les autorités italiennes, en réponse à une requête faite le 4 novembre 2008, ont notamment soumis au Commissaire des informations complémentaires concernant les questions soulevées dans le mémorandum.

5. Par sa visite effectuée du 13 au 15 janvier 2009, le Commissaire souhaite poursuivre le dialogue constructif et approfondi entamé avec les autorités italiennes dans le cadre de sa mission en tant qu'institution indépendante et impartiale de promotion des droits de l'homme consacrés dans les instruments du Conseil de l'Europe.

6. Le Commissaire aimerait rappeler qu'il est particulièrement intéressé par la protection, qu’il estime très importante, offerte par les Etats membres du Conseil de l'Europe aux groupes sociaux non dominants, comme les migrants (demandeurs d'asile, réfugiés et migrants). Le traitement réservé par les Etats membres aux ressortissants étrangers qui souhaitent entrer ou qui résident en Europe est révélateur de l’application et du respect effectifs par ces Etats des principes fondamentaux relatifs aux droits de l'homme.

7. Il en va également de même pour les Roms et les Sintis, populations minoritaires victimes de discriminations graves et chroniques dans la plupart des Etats membres du Conseil de l'Europe.

8. Le présent rapport fait suite au mémorandum et se concentre sur les quatre grands thèmes suivants : lutte contre le racisme et la xénophobie (partie I) ; protection des droits fondamentaux des Roms et des Sintis (partie II) ; protection des droits fondamentaux des migrants et des demandeurs d'asile (partie III); retours forcés de ressortissants nationaux et demandes de la Cour européenne des droits de l'homme au titre de l’article 39 de son Règlement (partie IV).


II. Protection des droits fondamentaux des Roms et des Sintis

31. Le Commissaire salue l'engagement pris par le gouvernement italien, également exprimé au Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, de poursuivre leur bonne coopération commune et de continuer d’accorder l'attention requise aux questions et recommandations figurant dans le mémorandum, en particulier au sujet des Roms et des Sintis16.

32. Le Commissaire se réjouit des actions et mesures positives qui ont été prises ou envisagées par les autorités italiennes pour protéger et promouvoir les droits fondamentaux des Roms et des Sintis, par exemple le lancement de la campagne de sensibilisation DOSTA! du Conseil de l'Europe consacrée aux Roms,17 le financement d'écoles accueillant un grand nombre d'immigrés, dont des Roms, les efforts visant à faciliter l'accès des Roms au logement et les projets de l’UNAR pour soutenir les régions qui favorisent la cohésion sociale18.

33. Le Commissaire déplore toutefois les informations crédibles faisant état de la persistance d’un climat d'intolérance et de certaines initiatives des pouvoirs publics qui ne reflètent ni ne promeuvent les efforts déployés par le gouvernement pour renforcer la protection et la jouissance des droits fondamentaux des Roms et des Sintis. Le cas d'un enfant rom roumain qui aurait été frappé alors qu'il mendiait à Pesaro le 20 août 2008 et l’expulsion par la police, apparemment pour la troisième fois, de 45 familles roms du camp de Via Salamanka à Rome le 6 octobre 2008 sont particulièrement inquiétants19. Lors des réunions organisées à Rome les 14 et 15 janvier, les représentants roms et les organisations non gouvernementales de défense des droits de l'homme ont fait part à maintes reprises au Commissaire de leur crainte de voir se développer un « mouvement d'antitsiganisme » dans le pays.

34. En ce qui concerne les violentes attaques de mai 2008 contre des Roms dans le quartier de Ponticelli à Naples20, les autorités italiennes ont indiqué au Commissaire en juillet 2008 que la police avait remis un rapport aux autorités judiciaires compétentes et que des enquêtes et des poursuites contre des personnes non identifiées étaient en cours, tandis que le parquet de Milan avait engagé une procédure pénale au sujet des incendies de certains campements roms entre octobre et novembre 2007. Le Commissaire attend des informations supplémentaires à ce propos.

35. Le 14 janvier, il a eu l'occasion de se rendre une nouvelle fois, après sa visite de juin 2008, dans le camp rom semi-régulier de Casilino 900, à Rome. Ce camp regroupe environ 650 Roms, dont près de la moitié d'enfants, de l’ex-Yougoslavie. Il a également visité quatre campements roms irréguliers près de Rome, à Cave di Pietralata (abritant une soixantaine de personnes), à Quintiliani (quelque 66 personnes dont des familles et des enfants), à Monte Tiburtini (une quinzaine de familles avec des enfants) et à Palmiro Togliatti (une centaine de personnes dont des familles et des enfants). Les habitants de ces quatre campements étaient des Roms de Roumanie.

36. Avant la visite du Commissaire, il avait plu pendant plusieurs jours et les sites de Casilino 900, de Quintiliani et de Palmiro Togliatti étaient couverts de boue et difficiles d'accès à pied. A Cave di Pietralata et Monte Tiburtini, les Roms occupaient des entrepôts abandonnés et dans un garage. Aucun de ces cinq campements ne disposait d'un raccordement correct à l'eau ou à l'électricité ni aux eaux usées. Le camp de Casilino 900, qui existe depuis une quarantaine d'années, se compose de caravanes, de baraquements et de toilettes chimiques ; les autres campements susmentionnés sont beaucoup plus récents et dateraient de neuf mois à un an. Le dernier camp visité existait depuis environ neuf mois et avait été créé à la suite d'une expulsion d'un autre campement ; il se composait de baraquements et de tentes et les habitants signalaient la présence de rats. A l'évidence, les conditions de vie y étaient très difficiles, surtout pour les enfants qui essayaient malgré tout d'aller chaque jour à l’école italienne.

37. Le Commissaire a noté avec regret que les conditions de vie dans tous les campements visités étaient inacceptables et suscitaient de très graves inquiétudes sur l'état de santé des habitants, en particulier des enfants.

38. Il a apprécié les discussions qu’il a pu avoir avec des Roms vivant dans ces campements. Nombre d'entre eux se sont dits très déçus par le manque de dialogue entre les communautés roms et les autorités municipales ou nationales. Des représentants roms du camp de Casilino 900 ont confié leur angoisse au Commissaire, ont évoqué l’intolérance des riverains et du projet présumé des autorités locales de fermer le camp et de transférer rapidement la population rom dans trois nouveaux grands campements à la périphérie de Rome. Certains ont exprimé le souhait de rester dans le camp, à condition que des mesures soient prises pour y améliorer les conditions de vie, évoquant des bonnes pratiques en matière de logement appliquées dans d'autres villes italiennes comme Turin ou Padoue. Le déplacement forcé de familles vers d'autres quartiers de Rome affecterait sérieusement la vie des enfants roms et leur scolarisation – un grave problème dont les autorités doivent tenir compte.

39. Le Commissaire a abordé ces questions lors de sa réunion avec le maire de Rome et a noté avec satisfaction l'engagement pris par celui-ci de se pencher attentivement sur ces problèmes malgré les retards constatés jusqu'alors. Le maire a mis l’accent sur ses projets visant à mettre à disposition avant la fin de l'année des campements officiels pour tous les Roms établis dans sa circonscription. La construction de ces campements devrait aussi permettre de fournir des opportunités d'emploi aux Roms. Le maire a indiqué au Commissaire qu'il projetait de rencontrer des représentants roms dans la semaine suivant sa visite, faisant ainsi un pas vers l’instauration d’un contact et d’un dialogue directs avec les communautés roms de la capitale. Il a également indiqué que tous les nouveaux campements roms disposeraient de représentants roms, de manière à permettre une communication et des consultations directes. Le Commissaire a apprécié l'ouverture du maire et de ses conseillers vis-à-vis d'un dialogue avec les communautés roms et leur volonté affichée de consacrer du temps et des ressources à l’amélioration rapide des conditions de vie des Roms de la capitale, notamment sur les plans de la santé et de la scolarisation.

40. Les Roms du camp de Casilino 900 ont une nouvelle fois fait part au Commissaire de leur inquiétude particulière concernant des Roms originaires de l'ex-Yougoslavie qui sont apatrides en fait ou en droit, en particulier des mineurs qui, bien qu'ils puissent aller à l’école italienne jusqu'à seize ans et aient généralement accès aux soins de santé, se heurtent à de graves difficultés d’ordre administratif. Le 15 janvier, le Commissaire a discuté de cette grave question avec le sous-secrétaire d’Etat, M. Mantovano, qui a fait preuve de compréhension et a informé le Commissaire qu’un projet de loi concernant les mineurs de treize à dix-huit ans avait été soumis au Sénat pour approbation puis transmis au Parlement pour examen dans le cadre d’un projet de loi sur la nationalité. Le Commissaire attend des informations supplémentaires à ce sujet.

41. Pour ce qui est du recensement des Roms réalisé en 2008, le Commissaire a pris note de la très vive inquiétude exprimée par le Parlement européen dans sa résolution du 10 juillet 2008 « sur le recensement des Roms en Italie sur la base de leur appartenance ethnique »21, qui a fait suite à l’instauration par le Président du Conseil, le 21 mai 2008, d'un état d'urgence à propos de « campements nomades dans les régions de la Campanie [Naples], du Latium [Rome] et de la Lombardie [Milan] » et à la promulgation d’ordonnances par le Premier ministre le 30 mai 2008 faisant référence à une « grave alarme sociale » causée par les « nombreuses personnes nomades extracommunautaires en situation irrégulière » établies dans des campements « extrêmement précaires ».

42. Le Commissaire a observé avec une inquiétude particulière que, bien que le recensement des Roms dans les campements officiels et irréguliers des régions de la Campanie, du Latium et de la Lombardie ait débuté en juin, peu après la promulgation des trois ordonnances du Président du Conseil du 30 mai 2008, l’Autorité italienne chargée de la protection des données a fait savoir par un communiqué de presse du 14 juillet 200822 qu’elle n’avait reçu aucune information sur le recensement à cette date et qu’elle n'était par conséquent pas en mesure de se prononcer sur cette question. Par une décision du 17 juillet 2008, elle a néanmoins approuvé le projet de lignes directrices du ministère de l'Intérieur concernant le déroulement du recensement dans les régions susmentionnées. Ces lignes directrices ont été rendues publiques le même jour.

43. Elles prévoient que les données collectées avant cette date « cesseront d’être exploitées et/ou conservées si leur traitement enfreint [les lignes directrices] ». Elles disposent également qu’« aucune base de données ne sera créée » et que « les informations réunies seront à terme archivées et conservées de la même façon que les données concernant tous les citoyens, sous la responsabilité des organismes habilités à détenir ces informations (par exemple les services des archives, la police, la sécurité sociale, les autorités sanitaires, etc.) ». On peut également y lire que le « commissaire du gouvernement confiera à la Croix-Rouge italienne la responsabilité de traiter les données recueillies durant leur collaboration, ce qui devrait garantir que les données sensibles demeurent confidentielles et soient utilisées exclusivement aux fins prévues par la législation en vigueur ».

44. Le 21 juillet 2008, dans leur réponse au mémorandum du Commissaire, les autorités italiennes ont expliqué que dans le cadre de ce recensement « diverses formes d’identification peuvent être utilisées : l'identification peut se faire au moyen d'une description, d'une photographie, de mesures anthropométriques ou d'empreintes digitales », cette dernière méthode ne pouvant être utilisée que s'il n'est pas possible « de parvenir à une identification valable sur la base des documents disponibles et dans certaines circonstances ». En ce qui concerne les mineurs en particulier, leurs empreintes digitales sont prélevées uniquement à partir de l'âge de quatorze ans « lorsque les autres moyens ne peuvent être mis en œuvre ». Les autorités ont cependant ajouté que les empreintes digitales des mineurs de six à quatorze ans pouvaient aussi être prélevées « en vue d'accorder une autorisation de séjour [...] sur demande de la personne détenant l'autorité légale sur l'enfant concerné [ou] après accord du tribunal pour enfants et par l'intermédiaire de la police judiciaire ». Elles ont également précisé que les empreintes digitales des enfants de moins de six ans seraient prélevées de manière exceptionnelle dans des cas où ces enfants ont été abandonnés ou risquent d’être victimes d'actes criminels. En vertu des lignes directrices, ces données, une fois collectées, « ne doivent pas être conservées dans un registre distinct mais dans les archives déjà prévues par la loi, par exemple dans les registres de ressortissants étrangers tenus par les commissariats, ou à la préfecture pour les personnes qui demandent un titre de séjour, ou dans les archives relatives à la nationalité pour les personnes qui demandent la nationalité [italienne] ».

45. Le Commissaire a appris que plusieurs Sintis italiens et deux organisations non gouvernementales avaient engagé une action devant le tribunal civil de Mantova (Lombardie) le 21 juillet 2008 contre la déclaration d’« état d’urgence » et les ordonnances du Premier ministre relatives au recensement des Roms et des Sintis dans leurs campements, faisant valoir que ces actes visaient les Roms et les Sintis de la région et qu'ils étaient par conséquent discriminatoires sur le plan ethnique. Le tribunal a rejeté la requête le 9 janvier 2009, au motif qu'il n'était pas compétent pour se prononcer sur cette question. Il a indiqué que le tribunal administratif de Rome était la juridiction compétente en la matière.

46. Par une lettre du 5 décembre 2008, les autorités italiennes ont informé le Commissaire que le recensement des Roms dans les campements par les « commissaires du gouvernement » s'était achevé le 15 octobre 2008 et qu'il représentait « une étape préliminaire fondamentale en vue de garantir l'adoption par les pouvoirs publics italiens de mesures sociales, de bien-être et d'intégration visant à améliorer les conditions de vie des Roms ». Le sous-secrétaire d'Etat, M. Mantovano, l'a confirmé lors de sa réunion avec le Commissaire le 15 janvier. Il a également souligné que les mesures législatives et administratives prises d'urgence au sujet des campements roms avaient été jugées nécessaires pour préserver l'ordre public dans ces lieux.

47. D’après le courrier susmentionné, 167 campements ont été dénombrés, dont 124 irréguliers et 43 autorisés. Au total, 12 300 personnes ont été enregistrées, dont 5 400 enfants. Lors de la visite du Commissaire, le président de l'Autorité italienne chargée de la protection des données a observé que la majorité des Roms enregistrés étaient des ressortissants italiens. Les autorités ont également expliqué que le recensement avait été mené par la police nationale en étroite coopération avec la Croix-Rouge italienne et les forces de police municipales et que « la collecte de données et la procédure d’archivage » seraient conformes à la loi nationale sur la protection des données à caractère personnel (n° 196/2003) et aux directives de l'Autorité chargée de la protection des données.

Conclusions et recommandations

48. Le Commissaire tient à souligner que la vaste majorité des Roms et des Sintis qui vivent dans la plupart des Etats membres du Conseil de l'Europe, y compris en Italie, ont toujours un besoin urgent de voir leurs droits fondamentaux, et notamment leurs droits sociaux, comme le droit à un logement correct et à l'éducation, être effectivement protégés par les autorités locales, régionales et nationales.

49. Il exhorte une nouvelle fois les autorités italiennes à adopter et appliquer rapidement une stratégie nationale et régionale cohérente et globale, dotée de ressources suffisantes et accompagnée de plans d'action, d'objectifs et d'indicateurs à court et à long terme. Cette stratégie aura pour but de mettre en œuvre des politiques propres à combattre la discrimination juridique et/ou sociale à l'encontre des Roms et des Sintis, conformément à la Recommandation Rec(2008)5 du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe sur les politiques concernant les Roms et/ou les Gens du voyage en Europe23. Les autorités sont notamment appelées à superviser et publier des rapports d'évaluation réguliers sur la mise en œuvre et l'impact des plans d'action susmentionnés, comme le prévoit ladite Recommandation.

50. Le Commissaire recommande aux autorités d’accorder une priorité à la mise en place d'un système d'aide juridique, éventuellement en coopération avec les organisations non gouvernementales compétentes, afin de fournir une aide juridique effective aux Roms et aux Sintis qui en ont besoin, tout particulièrement ceux qui sont apatrides en fait ou en droit.

51. Parallèlement, les autorités sont invitées à créer un mécanisme consultatif, aux niveaux national, régional et local, destiné à garantir un dialogue institutionnalisé, ouvert, sincère et continu avec les représentants des Roms et des Sintis d’Italie sur toutes les questions importantes touchant à leur vie quotidienne, en particulier le logement et l'éducation des enfants. Ces organes consultatifs devraient avoir un statut juridique clair, être ouverts à tous les intéressés et être représentatifs, de manière à promouvoir la participation effective des Roms et des Sintis à la vie culturelle, sociale et économique ainsi qu’aux affaires publiques, conformément aux normes du Conseil de l'Europe24.

52. En ce qui concerne les expulsions de Roms et de Sintis, le Commissaire souligne qu'elles ne devraient jamais avoir lieu si les autorités ne sont pas en mesure de proposer des solutions de relogement adaptées, au sujet desquelles les personnes concernées devraient être consultées. Si une expulsion est considérée comme justifiée, elle devrait être effectuée d'une manière qui respecte pleinement la sécurité et la dignité des intéressés. Des voies de recours effectives devraient par ailleurs être à la disposition des personnes visées par les ordonnances d'expulsion. L'attention des autorités est attirée sur la jurisprudence pertinente du Comité européen des droits sociaux25 et sur les lignes directrices relatives aux expulsions forcées adoptées par le Comité des droits économiques, sociaux et culturels des Nations unies en 199726 et par le rapporteur spécial des Nations unies sur le logement convenable en 200727.

53. Il convient de s'attacher tout spécialement à la protection effective des droits fondamentaux des enfants roms et Sintis, comme le prévoit notamment la Convention des Nations unies relative aux droits de l'enfant. En cas d'expulsion ou de déplacement consenti, les autorités devraient accorder une attention particulière à la scolarisation des enfants roms et Sintis, qui est inévitablement perturbée dans de telles circonstances.

54. Pour ce qui est du recensement achevé des Roms et des Sintis dans les campements, le Commissaire salue l’intention déclarée des autorités d'adopter, au moyen de ce recensement, « des mesures sociales, de bien-être et d'intégration visant à améliorer les conditions de vie des Roms ». Cependant, il reste très préoccupé par la pertinence d'une opération aussi vaste qui a pour l’essentiel été gérée par la police et qui était liée à la déclaration d’un « état d'urgence à propos des campements nomades » et à une situation de « grave alarme sociale ».

55. Il faut souligner que les données à caractère personnel collectées et traitées dans ce contexte sont par définition « sensibles » puisqu'elles concernent exclusivement des personnes ayant une origine ethnique ou raciale bien précise. Le traitement de ces données, en principe interdit par le droit européen, est autorisé dans des conditions très strictes (voir ci-après).

56. Le Commissaire note que la collecte et le traitement de ces données sensibles, combinés au climat politique extrêmement polarisé qui a résulté de l’« état d'urgence » et des déclarations publiques de certaines autorités, ont eu de graves répercussions sur les populations roms et Sintis prises pour cible et sur leur image au sein de l'opinion publique en général.

57. Le Commissaire rappelle que la collecte et la conservation (le traitement) des données sensibles à caractère personnel des Roms auraient dû respecter le principe fondamental de la nécessité, inscrit dans la législation européenne sur la protection des données à caractère personnel28. En d'autres termes, la collecte et la conservation de données sensibles à caractère personnel concernant des Roms auraient dû être absolument nécessaires à la réalisation de l'objectif des autorités consistant à garantir « l'adoption de mesures sociales, de bien-être et d'intégration visant à améliorer les conditions de vie des Roms ». Par ailleurs, dans la mesure où la plupart des personnes enregistrées sont des ressortissants italiens, on peut légitimement penser que cet objectif aurait pu être atteint sans effectuer dans l'urgence un recensement d'une telle ampleur et sans traiter les données sensibles à caractère personnel.

58. Le Commissaire rappelle également les normes du Conseil de l'Europe relatives à la collecte et au traitement des données à caractère personnel, en particulier celles qui concernent l'origine ethnique (données « particulières » ou « sensibles »). Les lignes directrices pertinentes en la matière se trouvent notamment dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, dans la Convention de 1981 du Conseil de l’Europe pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel et dans la Directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données.

59. Sur la base de ces sources juridiques, il n'est pas inutile de rappeler les principes suivants : a) Tout traitement de données à caractère personnel doit être fondé sur une loi interne qui réponde aux critères de qualité prévus par la Convention européenne des droits de l'homme, c'est-à-dire qu’il doit être précis, accessible et prévisible et offrir un certain degré de protection juridique effective contre une ingérence arbitraire des autorités ;29 b) La collecte de données sensibles concernant des personnes, comme celles qui ont trait à l’origine ethnique, est en principe interdite. Des exceptions peuvent être prévues par une loi qui respecte les critères ci-dessus mais elles doivent se limiter strictement aux cas énumérés à l’article 8, paragraphe 2, de la Directive 95/46/CE ; c) La durée pendant laquelle des informations collectées peuvent être conservées doit être limitée ; d) Toutes les opérations de traitement de données à caractère personnel doivent faire l’objet d’un contrôle strict et efficace effectué par des autorités indépendantes et impartiales chargées de la protection des données.

60. Le Commissaire demeure vivement préoccupé par la compatibilité du recensement des Roms et des Sintis avec les principes susmentionnés. Il réaffirme que les pouvoirs publics doivent manifester leur engagement à améliorer les droits fondamentaux des Roms et des Sintis en adoptant et en appliquant d’urgence une stratégie nationale, conformément à la Recommandation Rec(2008)5 du Comité des Ministres sur les politiques concernant les Roms et/ou les Gens du voyage en Europe évoquée plus haut, en étroite coopération et en consultation avec les populations roms et sintis concernées.

Le rapport dans sa totalité sous le lien suivant
https://wcd.coe.int/ViewDoc.jsp?id=1431595&Site=CommDH&BackColorInternet=FEC65B&BackColorIntranet=FEC65B&BackColorLogged=FFC679

15:13 Publié dans Solidarité | Tags : italie, conseil de l'europe, droits de l'homme, thomas hammarberg | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

16/04/2009

Pour Silvio, la vie en plein air a du bon !

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Ce qui est interdit aux Rroms est suggéré aux autres. Le “camping” des sinistrés des Abruzzes suite au tremblement de terre a été apprécié par le président lors de son discours de soutien à la population. Berlusconi a recommandé la méthode Coué : vous fermez les yeux très très fort et vous vous imaginez être en week-end à la campagne- tout ce qui arrive de désastre, de maisons détruites, de morts, de blessés, de disparus. Niet ! vous oubliez tout et vous le prenez comme un “weekend in campeggio” et de suggérer aux 17’000 rescapés du tremblement de terre de tout faire pour croire aux vertus de la vie en plein air. La nature, le soleil, l'air frais et tutti quanti.

«Il ne leur manque rien, ils ont des soins médicaux, de la nourriture chaude... Bien sûr, leur abri actuel est tout à fait provisoire mais justement, il faut prendre ça comme un week-end en camping», a-t-il répondu à la journaliste qui l'interrogeait sur la situation des sinistrés.


Et il aurait pu rajouter, mais regardez les Rroms, ils font du camping depuis toujours. Ce qui est mauvais pour les uns est bon pour les autres. Ah ! Quel sens aigu de la politique, ce management primaire qui sort droit des tripes sans passer par la tête. C’est l’homme qui vit son retour aux sources, back to the nature, à quand le cri primal, à le pousser en courant tout nu :

Dai , Silvio, lo facciamo insieme :
”Ouuuuuuuuuuuuuuuhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh!!!””

14:46 Publié dans Solidarité | Tags : abruzzes, berlusconi, tremblement de terre | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

09/04/2009

Les Rroms de Turquie sont de la fête !

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Istanbul prépare sa grande fête “païenne” On raconte que les Prophètes Hızır et İlyas se sont rencontrés sur terre, le 5 mai afin de redonner vie à la nature. Hızır aurait bu l’eau sacrée ou eau-de-vie selon, pour devenir immortel et il aurait même rencontré Dieu ; il a le don d'accomplir des miracles et vient en aide aux personnes en difficulté en réalisant leurs souhaits. Il apporte l’abondance et la richesse quand le printemps renaît. Ce soir-là, on émet des voeux et on laisse tout ouvert (porte-monnaie, fenêtre, casserole) afin qu’Hızır, qui visite les maisons y apporte l’abondance.
Cette fête païenne originaire d’Anatolie appelé Hidrellez et tombée aux oubliettes fut relancée en 1997, grâce à un Directeur d’hôtel qui a lancé cette initiative et à tous les commerçants qui se sont mobilisés pour créer un évènement culturel qui se situe, dorénavant dans le centre historique d’Istanbul, dans le plus important quartier tzigane de la ville : Ahırkapı derrière Sultanahmet. Ahirkapi, a vu se succéder des générations de tziganes. Se joindront à cette importante manifestation d’autres groupes musicaux venus de Thrace et d’Asie Mineure. La musique et la danse sont à l’honneur.

Composé d'une vingtaine de musiciens, le Ahirkapi Roman Orchestrasi nous emmène au gré de leur musique, à travers les millénaires, de cette sonorité ancestrale qu'ils ont su garder et transmettre de génération en génération tout en l'adaptant. Au rendez-vous : zurna, qanoun, darbouka, clarinette tzigane, saz, davul, kaval, violon.

. http://www.hidrellez.org/francais.asp





Rroms de Turquie pour en savoir davantage :

Combien sont-ils ? 500 000 ou deux millions La loi prévoit toujours d’interdire l’entrée des « Tziganes nomades » sur le territoire de la République turque...


En Turquie les Rroms sont surnommés « roman ». Ce terme est utilisé en Thrace pour désigner les Rroms, appelés ailleurs en Turquie Cingene, « Tziganes ». D’autres appelations régionales sont usitées, comme Mutrip dans les régions proches de l’Iran.

La plus forte concentration de Rroms se trouve à Edirne avec quelque 30’000 personnes

Ils sont présents sur pratiquement tout le territoire national, dans le sud-est de l’Anatolie par exemple, à Mardin Ufa ou Diyarbakir. La région se trouve sur un itinéraire traditionnel de migration des Roms, qui sont également présents en Syrie et en Iran. Il y a aussi depuis toujours une importante communauté à Istanbul. Il y a aussi des villages rroms dans les régions méditerranéennes, à Antalya et Adana, ainsi que dans la région de la Mer Noire. Un autre groupe est installé à Hacibektash, en Anatolie centrale [1] Édirne et toute la province de Thrace représentent néanmoins la zone où ils sont le plus nombreux. Une partie des Roms sont arrivés des pays voisinss lors de la désintégration de l’Empire ottoman. Cependant, malgré leur présence sur tout le territoire national, ou peut-être à cause de cela, les Roms de Turquie ont souvent choisi de cacher leur identité. Par exemple, à Mardin, ils préfèrent se dire Kurdes ou Arabes, à Afyon, ils se disent Kurdes. Ce n’est qu’en parlant avec eux que l’on découvre leur origine. Discriminations sociales, professionnelles et éducatives

Quelle est leur situation professionnelle et sociale ?

En général, ils s’adonnent à des activités traditionnelles : ils sont musiciens, surtout pour les mariages, ils fabriquent des objets en osier, ils travaillent au nettoyage des villes. Il s’agit d’activités précaires, de moins en moins pratiquées, et qui ne garantissent aucune forme de protection sociale. La plupart des Roms ne sont pas inscrits à aucune des trois grandes mutuelles qui existent dans le pays. Ils détiennent en général la Carte verte, qui garantit une assistance médicale gratuite aux personnes qui n’ont pas d’emploi fixe. De manière générale, il apparaît que les Roms sont un des groupes socialement les plus défavorisés de Turquie, et parmi lesquels le chômage est massif. Dans leur cas, marginalisation économique et origine ethnique semblent coïncider.

Quels sont les problèmes spécifiques dans le domaine de l’éducation ?

En général, les familles roms expriment le désir de pouvoir offrir une bonne éducation à leurs enfants. Dans la réalité, les discriminations constituent des obstacles importants, et souvent les enfants roms, surtout les filles, abandonnent l’école au bout de seulement deux ans. De ce point de vue, Édirne représente un cas exemplaire : il existe deux écoles élémentaires connus comme des « écoles de Tziganes ». Quand une famille rom veut inscrire ses enfants dans une autre école, on la renvoie toujours sur ces deux écoles. Il s’agit donc d’une forme de ghettoïsation. En outre, sur une population de 30 000 Roms, on compte seulement huit inscrits à l’Université, un chiffre bien éloquent.

La situation des Roms se caractérise par différentes formes de discriminations dans beaucoup de pays. Quelle est la situation en Turquie ?

Comme dans beaucoup d’autres pays, les Roms sont victimes en Turquie de différentes formes de discrimination. Sur le plan législatif, la loi 2501 de 1934 [2] classe les « Tziganes nomades » parmi les catégories de personnes qui ne peuvent pas pénétrer dans le pays. En vertu de cette loi toujours en vigueur, un groupe de Roms bulgares, invités à un festival de musique en Turquie, a par exemple été récemment refoulé à la frontière. En 1993, un député d’Édirne avait proposé des amendements pour modifier cette loi, qui est en contradiction avec l’article 10 de la Constitution, qui garantit à tous l’égalité devant la loi, sans distinction de race, de langu, de religion ou de sexe. Cette loi fait des Roms des citoyens de seconde classe. Cependant, la proposition d’amendement a été repoussée par le Parlement.

Sur le plan linguistique, il y a beaucoup de traces des discriminations à l’encontre des Roms, également dans les documents et les publications officiels. En 2003, à l’initiative de l’écrivain rom Mustafa Aksu, la définition du terme « cingene », qui contenait des expressions péjoratives, a été modifiée dans le Dictionnaire turc édité par le ministère de l’Éducation nationale. Une semblable modification a été faite la même année dans l’Encyclopédie turque, qui associait au mot « cingene » des expressions du type : « sans religion, vol et prostitution ». Dans l’usage populaire, de nombreuses expressions expriment cette méfiance et ces préjudices à l’encontre des Roms.

Il existe aussi des discriminations sur le plan politique. Mustafa Aksu nous a raconté comment, il y a quelque temps, des Roms demandèrent à pouvoir s’inscrire dans divers partis politiques. D’abord accueillis avec empressement, ils ont été refusés dès qu’ils ont révélé qu’ils étaient roms. Un autre exemple de discrimination peut être trouvé à Édirne, où la municipalité développe un programme de logements pour les Roms, mais à deux kilomètres de la ville, car personne ne veut les avoir pour voisins. De façon générale, les quartiers où vivent les Rroms sont dans une situation précaire, aussi bien du point de vue de l’habitat que des infrastructures.

[1] La ville natale du fondateur homonyme de l’ordre des Bektashi. La dévotion des Rroms pour le saint soufi s’illustre par leur présence massive lors de la fête annuelle qui se déroule dans la ville.

[2] Cette loi, Iskan kanunu, a été prise pour régler l’afflux de réfugiés sur le territoire de la République turque.

http://www.balkans.eu.org/article5682.html

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Lors de la journée internationale des Rroms 2009, un policier slovaque dénonce des sévices infligés à des enfants

Le 8 avril est devenue la journée internationale des Rroms et ce depuis le 8 avril 1971, pour commémorer la rencontre de Londres où le drapeau de la communauté Rrom et l'hymne national ont été adoptés. Cette journée internationale permet de rappeler que c'est la première minorité de l’Union européenne chiffrée entre 7 et 10 millions

Un anniversaire fêté dans les larmes en Slovaquie suite à la projection d'un film qui révèle des images choquantes de sévices infligés à des enfants dans un commissariat de police.
"
Des policiers qui imposent des sévices à des jeunes Rroms… Des images choquantes qui ont été filmées en mars en Slovaquie par un policier lors d’une arrestation. Un quotidien slovaque les a rendues publiques ce mercredi, justement journée internationale des Rroms. Les policiers en cause ont depuis été relevés de leurs fonctions, car les faits sont bel et bien avérés d’après le journal SME.
Le journaliste Tom Nicholson affirme “avoir retrouvé les garçons à Kosice. Ils nous ont raconté avoir volé un sac à main et s‘être faits arrêtés par la police, explique-t-il, mais avant de pouvoir appeler leurs parents, ils ont été emmenés dans un commissariat et c’est là que toutes ces choses ont eu lieu.”

Agression ou simple attaque verbale, les Rroms sont régulièrement victimes de discrimination. Les incidents se sont même multipliés ces derniers mois en Roumanie, Hongrie et Italie.
Quatre institutions européennes de défense des droits de l’homme lancent un appel pour lutter contre ce traitement subi par de nombreux Tziganes qui sont pourtant citoyens européens."

pour visionner la vidéo, personnes sensibles s'abstenir :
http://fr.euronews.net/2009/04/08/la-journee-internationale-des-roms-marquee-par-la-revelation-de-sevices-infliges-a-des-tziganes-par-des-policiers-slovaques/







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07/04/2009

Opération Châtiment ! Commémoration à Belgrade

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En Serbie, se sont déroulés des rassemblements commémoratifs pour le Jour des victimes de l’agression de l’Allemagne nazie sur l’ancien Royaume de Yougoslavie, durant la Seconde guerre mondiale, et qui a commencé le 6 avril 1941 par le bombardement de Belgrade et d'autres s serbes encore . Selon les estimations, l’opération „Châtiment“ a fait entre 4 000 et 10 000 morts, dont la majeure partie à Belgrade, qui a été intensément bombardée pendant quatre jours.

Plusieurs centaines de tonnes de bombes ont été larguées sur la ville, et des quartiers à forte densité , des marchés et des ouvrages d’infrastructure et d’autres ouvrages importants furent les cibles privilégiées. Le sort du Royaume de Yougoslavie a été scellé par ce jour du 27 mars 1941, par un coup d’Etat et des manifestations à Belgrade contre l’Axe Rome-Berlin-Tokyo.
Cela avait mis en colère le leader nazi, Adolf Hitler, car cela troublait les plans allemands pour la conquête de l’Union soviétique, et le même jour a été prise la décision de démolir la Yougoslavie, de même que la Grèce. Conformément au plan du Troisième Reich, l’Etat a été morcelé et réparti entre l’Allemagne, la Hongrie et la Bulgarie, et la Serbie fut occupée par les forces de Hitler. Sept jours avant la fin de l’invasion, la Croatie a proclamé, avec le leader oustachi Ante Pavelic et le soutien de l’Italie de Mussolini, le soi-disant Etat indépendant de Croatie, auquel ont été annexées la Bosnie-Herzégovine et la région de Srem. Cette création nazie a joint, au cours de la Seconde guerre mondiale, les Forces de l’axe et a crée tout un système des camps de mort, où ont été liquidés plus de 600 000 Serbes orthodoxes, 80 000 Roms et 48 000 Juifs.

source http://glassrbije.org

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31/03/2009

Berlusconi, c’est Fini !

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La Forza Italia (FI) et l’Alliance nationale (AN) ont fusionné créant le parti du Peuple de la liberté, un délégué craignait “de se dissoudre dans le vide”, pas très flatteur pour Berlusconi qui espère par cette maniclette recueillir 51% des voix contre une gauche délétère.

Espérons que Berlusconi organise son départ, il s’est déjà mis la casquette du capitaine du Titanic, il l’a bien détruit son paquebot “Italia”, maintenant qu’il se met à prendre l’eau, le capitaine se prépare à quitter le navire. En attendant on lui colle aux basques Fini, un tuteur de l'ombre qui semble plus modéré et que Berlusconi paraît exaspéré . Bien que postfasciste, la vision de Fini est plus laïque et plus ouverte notamment en matière d’immigration, ce qui nous autorise à croire que l’Italie aurait enfin un vrai interlocuteur au lieu d’un clown qui nous fait des pitreries. Même le communiste Piero Sansonetti reconnaît qu’«Au cours des dernières années, Fini a démontré un énorme courage politique», ajoutant : «Il supplée aux carences monstrueuses de l’opposition et de la gauche, tonne contre l’Eglise et contre les racistes et défend le Parlement contre le centre droit.»

Quant à Berlusconi, il appelle ses prouesses de cirque des “réformes” et entend modifier la Constitution, à interpréter, la soumettre à ses desiderata pour diriger cette Italie comme une entreprise. Il a remis aux délégués du Conseil une bible en édition de luxe des “Berlusconneries” écrites en style gothique. Se prendrait-il pour un Chevalier du Moyen-Age, le Cavaliere ?




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30/03/2009

Non ! Ils n'ont pas violé

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ROME – Les tests ADN se révèlent négatifs, il ne s’agit ni du “blondinet”, Alexandru Loyos Isztoika , 20 ans, ni de Karol Racz, 36 ans accusés tous deux du viol qui se serait produit le 14 février, jour de la Saint-Valentin, dans le parc de la Caffarella, à Rome et qui a été à l’origine d’une montée de xénophobie avec son lot de démonstrations violentes.

Tout prouve qu’ils ne sont pas coupables, les experts l’ont confirmé à plus d’une reprise, mais rien n’y fait, les deux Rroms restent incarcérés.

Dès lors que la presse berlusconienne avait titré “Les monstres roumains ont été appréhendés» il est difficile de revenir en arrière et de se désavouer publiquement.

Toujours en prison, les deux Rroms sont accusés, pour le premier de calomnie à l’encontre de la police pour avoir avoué que les aveux avaient été extorqués de force. le deuxième, Karl Racz accusé d’un viol précédent dont les examens prouvent que ce n’est pas lui, reste aussi en prison.

L’Italie s’interroge “S’ils étaient Romains au lieu de Roumains” seraient-ils encore en prison ?


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19:40 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

20/03/2009

Médecins italiens – Siete bravi !!

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Soutenons les médecins italiens qui ont manifesté le 17 mars, à Rome, pour dénoncer le projet “l’ultima Berlusconnerie” qui oblige les médecins de signaler aux autorités les patients immigrés clandestins.

Ils ont clamé “Interdiction de dénoncer- nous sommes des médecins pas des espions”. Cette journée de manifestation a été organisée à l’appel de l’ONG Médecins sans frontières.

Le Sénat, dans le cadre d'un projet de loi sur la sécurité, a adopté début février un amendement présenté par le parti populiste et anti-immigrés de la Ligue du Nord, levant l'obligation du secret professionnel pour les médecins et leur permettant de dénoncer un patient qui serait en situation irrégulière.

"C'est très dangereux car les clandestins, par peur, ne vont plus se rendre dans les hôpitaux ou aller consulter un médecin, et ils seront donc exclus du système de santé", a dénoncé Giancarlo Santone, psychiatre à Rome.

"Ce qui est également contestable dans ce texte, c'est qu'il interdit aussi l'accès à l'état civil pour les clandestins: un exemple très simple, une mère sans papiers qui vient d'accoucher ne pourra donc pas reconnaître son propre enfant. Le gouvernement veut instaurer un climat de peur et décourager la venue d'étrangers", a-t-il dénoncé.

"En Italie, avec cet amendement, les étrangers n'auront tout simplement plus que le droit à la mort", a ajouté Stefano Guidi, médecin au Policlinico Umberto I.

L'amendement, qui a provoqué une levée de boucliers parmi les médecins et les associations catholiques, est actuellement en discussion au Parlement qui doit l'adopter définitivement.

Depuis son retour au pouvoir en mai dernier, Silvio Berlusconi a fait de la lutte contre l'immigration clandestine l'une des priorités de son gouvernement, faisant adopter toute une série de mesures controversées.

(©AFP / 17 mars 2009 12h25)

Sur le même sujet l'article à lire sur Si les médecins se mettent à dénoncer les clandestins..........by Francesca Barca - Parigi Translation: Gilles Pansu http://www.cafebabel.com/eng/article/28678/medecins-italiens-denoncer-les-sans-papiers.html

15:02 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

19/03/2009

La crise, mais quelle crise s'interroge Silvio ?

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Silvio cherche les solutions là où il peut pour sortir l’Italie du marasme. Il fouille, farfouille, se démène, creuse toujours plus profond. C’est sûr, il finira bien par trouver quelque chose au fond de son nez, et la solution, il finit par la dévorer.





Le patronat italien est en colère contre Silvio Berlusconi, très en colère. La responsable patronale, Emma Marcegaglia demande des comptes à Silvio. Il a longtemps enfumé tout le monde avec les Rroms, mais l’Italie commence à émerger du brouillard et la vision dantesque d’une Italie à la dérive saute aux yeux.
Le “made italy” n’est bien plutôt plus qu’un souvenir, se taire plus longtemps serait “trahir le pays” selon la patronne de la Confindustria, l'organisation patronale.

Le Cavaliere reste très optimiste, pour sa part, il estime que les médias exagèrent en qualifiant la crise de “tragique”, ils ont un effet anxiogène sur le peuple italien qui ne doit surtout “pas changer ses habitudes”, c’est-à-dire continuer à fermer les yeux et faire comme si de rien n’était. Pour le patronat, les mesures seraient insuffisantes pour sauver l’économie. Mme Marcegaglia exige de l’argent “du vrai” (soldi veri) et “vite”.

Si les patrons se plaignent d’être “asphyxiés” qu’en-est-il alors de ceux qui sont au plus bas de l’échelle ? Ceux-là meurent, étouffent, sans bruit, pour eux c’est encore plus de travail pour un salaire toujours plus bas.

22:40 Publié dans Humour | Tags : berlusconi, crise, italie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

09/03/2009

Umberto Eco voit rouge !

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Umberto Eco monte au front pour défendre les immigrés roumains en Italie

L'auteur italien le plus populaire répond d’une manière cinglante à la politique de Berlusconi en ce qui concerne les immigrés roumains, cibles du lynchage médiatique. Les roumains vivant en Italie ont trouvé en la personne de l’écrivain, un défenseur d'une grande autorité morale : Philosophe et auteur célèbre du roman « au nom de la rose » . Dans le « supplément de L'Espresso du quotidien la Repubblica' il y dénonce le ridicule de la situation qui implique l’opinion publique.

L'article, ironiquement appelé « les Roumains pourris » met en exergue de façon caricaturale des délinquants roumains compromettant la sûreté nationale italienne et ruinant l'image du pays, pur produit des politiciens et de l'opinion italienne manipulée par les médias. Umberto Eco attire l'attention de ses compatriotes sur « ce type de Roumains » qui ont ruiné « l'image d'un pays dont les les personnes sont honnêtes, fidèles et pacifistes » . Sur un ton ironique, l'auteur énumère une liste comprenant des noms de grands violateurs de la loi de la péninsule - politiciens corrompus, intrus, criminels, terroristes sanglants appelés les” Roumains” ».

Traduction libre
http://www.adevarul.ro/

22:10 Publié dans Solidarité | Tags : umberto eco, roumains, italie, berlusconi | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

HONGRIE- VAGUE D'AGRESSION CONTRE LES RROMS

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"En Hongrie, les Rroms sont devenus les boucs émissaires des frustrations liées au marasme économique."



La Hongrie doit traiter différemment sa minorité Rom, cible d'agressions qui vont croissant, déclare le président Laszlo Solyom. "Les relations entre les RRoms et le reste de la société sont un problème stratégique pour l'avenir, non seulement en Hongrie, mais aussi de la République Tchèque aux Balkans", a-t-il dit dans une interview au quotidien Nepszabadsag. /

Les attaques de Rom, qui constituent entre 5 et 7% des 10 millions d'habitants, ont augmenté depuis que la crise économique a éclaté et certains analystes estiment que les Roms sont devenus les boucs émissaires des frustrations liées au marasme économique.
"La crise financière et économique constitue un tournant", a dit Solyom dans une interview au quotidien Nepszabadsag.
Un milliers de sympathisants du parti d'extrême-droite Jobbik ont manifesté le mois passé à Budapest contre ce qu'ils considèrent comme une augmentation des actes délictueux commis par des Roms.
L'économie hongroise, sauvée de l'effondrement en octobre par un prêt de 25,1 milliards de dollars du FMI, devrait plonger cette année dans une récession qui pourrait atteindre 3,5%.
Le taux de chômage a atteint 8,4% en novembre-janvier et le gouvernement s'attend à une chute cette année de la consommation des ménages en raison des pertes d'emplois et de la baisse des revenus.
"Les relations entre les Roms et le reste de la société sont un problème stratégique pour l'avenir, non seulement en Hongrie, mais aussi de la République Tchèque aux Balkans", a dit Solyom.
"C'est un fait que la majorité des Roms sont sortis perdants du changement de régime (en 1990). Il reste à voir s'ils sortiront aussi perdants de la crise".
Gergely Szakacs, version française Nicole Dupont









Leur espérance de vie est de dix ans inférieure à celle du reste de la population; plus de 78% de leurs enfants ne dépassent pas le niveau du collège et 2% seulement fréquentent l'enseignement supérieur; ils représentent au maximum 4 à 6% des habitants du pays, mais environ un tiers de ceux qui vivent au-dessous du seuil de la pauvreté... En Hongrie, comme partout ailleurs en Europe de l'Est où vivent la majorité des Roms du continent, les membres de cette minorité sont les premières victimes de la transition. Car l'héritage du communisme pèse ici de tout son poids. En 1961, le PC hongrois excluait, en effet, les Roms des minorités nationales pour les définir comme un "groupe socialement désavantagé", adoptant une série de mesures censées effacer leurs particularités culturelles et les intégrer dans l'ordre .
Antonela Capelle : Chargée de recherche au Ceri. Elle travaille sur les relations entre identité et politique en Hongrie et en Roumanie.

17:24 Publié dans Solidarité | Tags : hongrie, rroms, laszlo solyom, jobbik | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/03/2009

Le dernier numéro de cirque : le caniche rose

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Sous le grand chapiteau, tous les regards sont rivés sur le dernier numéro de dressage de caniche rose. Planté au milieu de la scène, il fait rire les foules, il se trémousse, se dandine, se pavane, attire les flash nombreux des paparazzi. Toute l’Europe est là, à rire de ce dernier numéro clownesque tapageur et tape-à-l’oeil.

Son maître, dresseur en tous genre, Monsieur Lega , porte ses bottes brunes et la chemise brune assortie, il se délecte du spectacle qu’il offre et se satisfait d’avoir si bien dressé le si joli petit caniche rose vers qui convergent tous les regards. Tandis que d’autres acolytes aux bottes brunes et chemise tout aussi brune régentent le monde. Ouvriers malmenés, migrants, rroms, femmes dont on se moque de la manière la plus sexiste qui soit. Ils continuent à concentrer les foules sur le show aux mille paillettes tandis que les bruits de bottes résonnent, de plus en plus fort, jusqu' au coeur du spectacle.

Alors que l’Europe entière s'amuse de ces prouesses de cirque, l’animal en rajoute, accomplit les pires pitreries qui font rire à gorge déployée. S’ il s’emballe trop, Monsieur Lega tire sur la laisse pour le rappeler à l’ordre. On se surprend à lancer quelques sucreries que l’animal happe au passage, si fier de lui, si important.

Le petit caniche rose ne vous rappelle-t-il pas étrangement quelqu’un ? Moi si , quel triste spectacle ! Réveillons-nous et ne nous laissons pas griser par les vins et les jeux, juste bons à détourner l’attention du peuple des vrais problèmes.

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Monica, mais que fait la police genevoise?



L’Association Mesemrom a bien du pain sur la planche. Dans une lettre récente , Me Dina Bazarbachi interpelle Monica Bonfanti, cheffe de la police, sur des interventions brutales qui se seraient déroulées dans la nuit du 18 au 19 février.

Lacrymogénisés en pleine nuit dans un immeuble désaffecté du chemin de la Renfile où dormaient une dizaine de Rroms dont des enfants, des Rroms apeurés sautent du 1er étage et se blessent, toujours selon l’avocate “ « Ces faits se sont déroulés sous le regard hilare des deux policiers.»

Un autre cas serait survenu à la Servette. Monica Bonfanti a diligenté une enquête.

Traqués, jour et nuit, les Rroms sont harcelés, on espère qu’il n’y ait pas dérapage du côté de la police et si ça devait être le cas, il faudra être intraitable et punir proportionnellement à la gravité des fautes commises.


De vieux démons se réveillent en moi. En Italie, des policiers après avoir tué en enfant Rrom dans un commissariat de police à bout portant , argumentèrent qu’il avait tenté de jouer avec leur arme de service. L’enfant avait été atteint d’une balle dans la tête. L'Association Opera Nomadi était intervenue pour exiger une enquête qui a fini par l’emprisonnement des policiers.
Il ne faut pas croire que ceux qui commettent des actes répréhensibles sur les plus pauvres et les plus démunis resteront impunis.

Toutefois, si les policiers se retrouvent dépassés face aux Rroms et ce qu’on pourrait comprendre, confrontation culturelle oblige, des séances d’information et des rencontres entre Rroms et policiers pourraient être envisagées de manière régulière et seraient la bienvenue. Une évaluation au préalable sur la manière dont la police se les représente permettrait de mieux les informer.

Méconnaître, c’est diaboliser, diaboliser, c’est se déshumaniser.

Ne pourrait-on pas laisser passer l’hiver avant de s’acharner sur les Rroms ? Accordez-leur donc un peu de répit, s’il vous plaît.



En savoir plus sur Mesemrom sur http://www.mesemrom.org/couurier_mme_bonfanti.html












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07/03/2009

A QUOI SERT L’ITALIE OU QUE RESTE-T-IL DE L'ITALIE ?

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"Que peut-on attendre d’un pays qui a la forme d’une botte ?" À cela répond un vieux napolitain : "Qu’il marche !"

Une émission sur France Culture, à la question de "A Quoi sert l'Italie" propose plusieurs réponses possibles, hormis celle de chasser les Rroms et les migrants. De faire rire l'Europe tout entière avec son "pitre" qu'il n'est plus besoin de nommer, tant nous le connaissons tous.

L'émission française a relevé un beau défi, redonner au documentaire radiophonique, genre malheureux, ses lettres de noblesse. Rare, parce qu’exigeant une écoute soutenue, peu de radios lui accordent une place. Michel Pomarède, sur France Culture s'est prêté une fois de plus à cet exercice astreignant, à travers des témoignages, des récits, il capte la mémoire. Il s’est fait connaître avec une série sur Hiroshima et Nagasaki, durant laquelle, il laisse les silences, les trous de mémoire prendre place et qui insuffle au récit perlé de trous, toute son horreur, toute sa dimension d’humains confrontés à un choc pour lequel il ne peut y avoir de mots suffisamment expressifs pour décrire l’explosion, l’incompréhension, la défaite du Japon.

Pomarède en Italie s’est présenté avec une question presque enfantine “A quoi sert l’Italie ?”, question désarçonnante de par sa simplicité, un tant soit peu provocatrice. De Turin à Naples, il a tendu son micro avec ce “A Quoi sert l’Italie” en passant par Bologne et Rome.

Il a obtenu quelques réponses magnifiques : "à fabriquer des chaussures", "à faire de la mozzarella", lui répond-on parfois. Mais, au fond, ils sont peu nombreux à avoir une réponse. Plutôt que d’en apporter une, Michel Pomarède donne à entendre, au fil des émissions, d’insolites résonances qui reconfigurent étrangement les lignes de partage classiques : aux discours sociaux d’une ancienne militante syndicale de Fiat répondent ceux, non moins sociaux, d’une association néo-fasciste romaine, Casapound. Aux désespérances politiques des étudiants de Bologne, qui se mêlent à leurs espérances de jeunesse, font écho le désespoir de cinéastes napolitains qui, dans l’espoir de révéler une autre vision de Naples, fatalement, sont retombés sur ses clichés. Les Roms de Rome avouent ne pas plus redouter la mairie de Gianni Alemano dont le projet est de "nettoyer" Rome de ses immigrés entre autres, que la mairie précédente, de gauche pourtant.

Si bien que, peu à peu, au fil des émissions, une autre interrogation émerge : que reste-t-il de l’Italie : "Que peut-on attendre d’un pays qui a la forme d’une botte ?" À cela il y a une réponse, et c’est un vieux napolitain qui la donne : "Qu’il marche !" À l’issue de ces quatre émissions, subitement, cette boutade prend un sens sinistrement ambivalent.

source : http://www.nonfiction.fr/articlecomment-2264-litalie_sur_les_ondes.htm#newcomment), Marianne
>Dautrey - Merci au journal www.nonfiction.fr de m'avoir autorisé à reprendre l'article dans son intégralité sous réserve que Les articles publiés sur nonfiction.fr sont diffusés sous licence "creative commons". On peut donc les diffuser librement et les publier sur nos sites et nos blogs à condition de le faire à titre non lucratif, sans les dénaturer, en indiquant les coupes et en mentionnant l'auteur et obligatoirement la source à la fin de l'article sous la forme : www.nonfiction.fr.



Quelle belle initiative, je tente le coup auprès de ma fille âgée de 8 ans et l'interroge : “A quoi sert la Suisse?”, elle hausse les épaules, la réponse est si spontanée et si immédiate “A faire du vin, évidemment !”


À écouter :

- "À quoi sert l’Italie ?" par Michel Pomarède et François Teste, du lundi 9 au jeudi 12, à 16 h, sur France Culture. Il est possible de réécouter les émissions pendant une semaine sur www.franceculture.com.

10:19 | Tags : italie, rroms, berlusconi, france culture, naples, pomarède | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |