09/08/2009

A Guça en Serbie, ça guinche !

Cinq jours de folie, musiques, danses, nourriture abondante, un peu de pluie et surtout une nouvelle route récemment inaugurée, trois kilomètres d'un macadam parfait. A Guça, la Mecque des cuivres rrom on a même décidé d'y inviter Obama l'année prochaine à ce festival de fanfares qui commence à être très couru, 600'000 personnes pour cette 49 ème édition. Guça est une petite ville à environ 160 km de Belgrade de 2'000 habitants qui s'organisent tant bien que mal pour accueillir ce flots de visiteurs qui viennent pour la plupart de toutes les régions de la Serbie et de plus en plus de l'étranger.

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23:03 | Tags : guça, serbie, trompettes rrom | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

02/08/2009

«La ré-émergence, en Europe, d’un racisme et d’un nationalisme violent et de plus en plus agressif .....»

31 Juillet 2009 - A l’occasion du 65ème anniversaire de la liquidation du « camp tsigane » à Auschwitz-Birkenau, le 2 août 1944, où près de 2900 Roms et Sintés ont été assassinés en une seule nuit, l’association Chachipe a demandé aux responsables politiques et aux représentants de la société civile de s’opposer avec détermination contre le racisme à l’égard des Roms. « Près de soixante-cinq ans après la victoire sur le national-socialisme, l’anti-tziganisme est toujours en vie et connaît même une résurgence. La crise économique et l’approfondissement des clivages sociaux offrent un terrain propice pour toute sorte de démagogues qui nourrissent et exploitent les craintes et la haine contre les Roms », l’association de défense des droits des Roms a déclaré.

Chachipe a exprimé ses inquiétudes face à l’adoption récente, en Italie et dans d’autres pays, de mesures qui, de façon explicite ou implicite, visent les Roms. L’association a accusé l’Union européenne de mener un double discours ; d’insister sur les droits de l’Homme et les droits des minorités dans le cadre des négociations avec les pays-candidats et dans les relations avec ses voisins, tout en étant incapable à défaut imposer ces mêmes principes vis-à-vis de ces membres.

«La ré-émergence, en Europe, d’un racisme et d’un nationalisme violent et de plus en plus agressif est extrêmement inquiétante, » Chachipe a dit. L’association s’est dit préoccupée que la présence de partis nationalistes et néo-fascistes dans les parlements conduira à une acceptation progressive de ces phénomènes qui pourraient alors s’étendre à d’autres domaines politiques. «Déjà aujourd’hui, nous avons des unités de police spécialisées dans ce qu’on considère comme le crime organisé de « bandes tsiganes », et personne ne s’en inquiète. Les Roms sont enfermés derrière des barbelés et isolés du reste de la population, et personne ne se rende compte des similitudes avec le passé », l’association a déclaré.

Pour Chachipe, il y a un lien évident entre le traitement des Roms et « l’amnésie collective» par rapport au destin des Roms sous le national-socialisme. « Parmi les victimes du national-socialisme, les Roms occupent toujours un statut de paria, » Chachipe a dit. Selon elle, il y a toujours une tendance à minimiser les souffrances de la population rom pendant la deuxième guerre mondiale, en se rapportant notamment au plus petit nombre de victimes ou en spéculant sur les raisons de leur persécution. Les intentions génocidaires des nazis vis-à-vis des Roms sont toujours contestées.

Dans ce contexte, Chachipe a repris ses critiques contre les politiques de rapatriement forcé des réfugiés roms du Kosovo en Allemagne et dans d’autres pays de l’Europe. L’association a rappelé que le Kosovo a été la scène de pogroms organisés contre les Roms en 1999 et en 2004. «Il y a eu d’autres pogroms contre les Roms, notamment en Roumanie, mais jamais à l’échelle de toute une région comme ceci a été le cas au Kosovo, » l’association a déclaré. « Les dirigeants politiques du Kosovo n’ont jamais reconnu la persécution dont les Roms ont été victimes, et ceux-ci continuent à être considérés comme des collaborateurs des Serbes par une grande partie de la population albanaise, » Chachipe a ajouté. « Au lieu de cela, ils n’ont cesse de parler de la « nouvelle réalité » au Kosovo, une réalité qui est bâtie sur le nettoyage ethnique des Roms du Kosovo. » Elle a insisté sur le fait, que les Roms qui sont expulsés au Kosovo sont condamnés à vivre dans la misère et sous la crainte de persécutions.

Chachipe a demandé au reste de la société de permettre aux Roms de retrouver leur dignité. «Les Roms ne sont pas ces éternels nomades qui se plaisent à vivre dans l’itinérance et sont incapables de mener une vie « normale » », l’association a dit. Elle a ajouté que les Roms continuent d’être exclus sur base des mêmes préjugés qui ont conduit leurs ancêtres pour les camps de la mort. « Voilà pourquoi c’est tellement important de se souvenir du passé, » Chachipe conclut, en espérant que l’expérience du passé puisse servir d’avertissement pour les générations futures.

Chachipe a.s.b.l.

Pour de plus amples informations veuillez nous contacter par mail : chachipe.info@gmail.com ou visiter notre site : www.romarights.wordpress.com


L'auteure de ce blog soutient les revendications de Chachipe et les relaie via son blog et je vous invite à en faire de même, diffuser largement ces revendications auprès de votre réseau

10:05 Publié dans Solidarité | Tags : chachipe, rroms | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | |

27/07/2009

UN PEU DE MUSIQUE POUR ADOUCIR LES MOEURS - FESTIVAL DE GUCA EN SERBIE DU 5 AU 9 AOUT 2009

hed3.jpgOn attend 500’000 visiteurs pour cette 49 ème édition qui se déroulera du 5 août au 9 août dans le village de Guca dans la région de Dragacevo en Serbie, c'est le plus grand rassemblement mondial de trompettistes qui a débuté en 1961

Au plaisir de vous y rencontrer ! BONNES VACANCES A TOUS ET A TOUTES

Voici Le programme :


WEDNESDAY – 05. 08. 2009.

10.00 Opening of the festival -at trampet monument
12.00 Press conference
16.00 Opening of the exhibition of Dragacevo women weavers
Opening of the art exibitions
18.00 Promotion of books and publications
20.00 Concert of brass orchestras, dancing and singing groups - stage in front of the House of Culture

THURSDAY - 06.08.2009.

10.00 Concert of brass orchestras, dancing and singing groups - stage in front of the House of Culture
12.00 Press conference-House of Culture
13.00 Festival wedding-stage in front of the House of Culture
17.00 Concert of brass orchestras, dancing and singing groups -stage in front of the House of Culture
21.00 Concert of Trumpet Masters-stage in front of the House of Culture

FRIDAY - 07. 08. 2009.

10.00 Concert of brass orchestras, dancing and singing groups
from the country -stage in front of the House of Culture
12.00 Press conference -House of Culture
13.00 Show of foreign brass orchestras -stage in front of the House of Culture
14.00 All-round national sport tournament- On the Stadium
15.00 Concert of brass orchestras, dancing and singing groups
from the country and abroad-stage in front of the House of Culture
17.00 Semi-final competition of the brass orchestras - seniors-On the Stadium
19.00 Performance “They have won - they have deserved it” -stage in front of the House of Culture

21,00 Concert of DEJANA PETROVIĆA i BALKANIKE- Sanja Ilić–On the Stadium (Don't miss)
22.30 Concert of foreign brass orchestras -Steage on the stadium

SATURDAY - 08. 08. 2009.

07.00 Wakening call of the trumpeters
10.00 Concert of brass orchestras, dancing and singing groups
from the country
12.00 Press conference
13.00 Toast proposers, competition
Competition for the most beautiful national
costume -stage in front of the House of Culture
14.00 Concert of brass orchestras, dancing and singing groups
from the country and abroad--stage in front of the House of Culture
17.00 Festival parade of all program participants
18.30 Competition of the young brass orchestras - pioneer and junior -stage in front of the House of Culture
23.00 Midnight trumpeters, concert



SUNDAY - 09.08.2009.

07.00 Wakening call of the trumpeters
11.00 Festival parade of all program participants
12.00 Improvisation of the traditional Dragacevo wedding
13.00 Press conference
15.00 Final competition of the brass orchestras - seniors-Steage on the stadium
19.00 Proclamation of the final competition winners: the best
trumpeters, the best orchestras
20.00 The great festival “Kolo” (folk dance),
“See you by the next festival”


http://www.guca.rs/fra/strana.php?str=festival

22:50 Publié dans Voyages | Tags : guca, serbie, festival de guca | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

26/07/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 - La rébellion des hors-la-loi Magyar Gàrda

le-sitting-encadre-de-la-garda.jpgVictimisée par la décision de la Cour d’appel de Budapest qui a exigé sa dissolution, Magyar Gàrda deux jours après a réussi un gros “coup” - du moins médiatique - en arrivant à réunir autour d’elle quelques milliers de sympathisants, dans un espace surprise qui gêna particulièrement les opérations policières.
Quelques 200 membres sont d’abord arrivés “en civils” pour ensuite se vêtir à la manière des Croix Fléchées. Entourés d’un nombre important de supporters parés de toute la panoplie de l’extrême droite hongroise (masques à gaz sur crânes rasés, drapeaux Arpad, Grande Hongrie représentée partout) tout ce beau monde a commencé à manifester de façon provocatrice envers la clientèle du bar (jets de divers objets, insultes homophobes et antisémites pour la plupart).
Depuis la décision de justice qui interdit les rassemblements de la Garda, cette manifestation était bien sûr anticipée par les forces de l’ordre… enfin presque.. La police anti émeute a donc réagi, mais un peu tardivement, pour voir à son arrivée un charmant sitting pacifique de bonshommes en blanc et noir, tous coudes soudés entonnant des hymnes pour réveiller la nation hongroise.

Une demi-heure plus tard, les policiers ont reçu l’ordre d’éparpiller la foule, voire de la repousser, tout en devant extirper les hors-la-loi de la Magyar Garda. Cela a pris plus de 4 heures, avec au final 17 blessés légers (principalement par les gaz lacrymogènes), et 200 personnes interpelées, parmi lesquelles figurait le président du Jobbik Gabor Vona, remis en liberté dès le lendemain. Entre les touristes badauds interloqués par les saluts nazis et les provocations plus ou moins violentes à l’encontre de la police, on sentait tout de même une tension plus que palpable. Insolite enfin, l’endroit choisi par la Garde pour sa démonstration : Gödör Klub, haut lieu de la musique tsigane et balkanique, qui quelques heures plus tard fêtait la soirée Balkan Beat du mois…

SOS Hungarian GIPSY - No more Magyar Gàrda !





Sources hu-lala.org


http://www.hu-lala.org/?p=915

Autre article à ne pas manquer Les liaisons dangereuses de la police avec l'extrême-droite
http://www.hu-lala.org/?p=563

21:08 Publié dans Solidarité | Tags : magyar garda, garde hongroise | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

18/07/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 - Magyar Garda enfin dissolue !


images-1.jpgLa Cour d’appel de Budapest a confirmé récemment la dissolution de la Garde hongroise (Magyar Gárda), cette formation d’autodéfense culturelle et nationale, aux aspects par trop paramilitaires inspirés de ceux des Croix fléchées, fascistes pro hitlériens hongrois des années 1930 et 1940. Fondée en août 2007 par des membres du Jobbik, il est reproché à la Garde hongroise « des actes discriminatoires envers la minorité tzigane en Hongrie ».
La Cour a statué que les activités de la Garde hongroise outrepassaient ses droits en tant qu’association et étaient liberticides envers la communauté rom. Deux raisons suffisantes selon la justice, pour confirmer la dissolution de la Magyar Gárda.

L’instance judiciaire hongroise confirme ainsi la décision du 17 décembre 2007 du Tribunal de Budapest, la cour a considéré "qu'au lieu de résoudre les conflits, les défilés ont fait naître de nouvelles tensions " et contre laquelle la formation nationaliste avait fait appel pour sa part "La Garde, survit, se développe et sert la nation." Ce groupuscule néonazi est fortement soutenu par une population précarisée par la crise, et qui ne cache plus son racisme et antisémitisme, une extrême-droite qui se nourrit aux racines nationalistes, religieuses et traditionalistes, en bref une droite friande de valeurs de symboles historiques.


La Garde hongroise est considérée par certains comme l’héritière des Croix fléchées de Ferenc Szálasi (collaborateurs pro-Allemands en 1944-1945) en raison de leur uniforme, du serment d’allégeance prêté par ses adhérents, de leurs brassards rappelant celui du parti de Szálasi, et de l’utilisation du drapeau blanc strié de rouge, emblème du fondateur de la Hongrie, Arpad, partiellement récupéré par les nationalistes hongrois jusqu’en 1945. Gabor Vona fondateur et président du Jobbik (pour une meilleure hongrie) fondé en 2003 et qui vise le retour à une Grande Hongrie alimente un fort sentiment de retour à la grande époque, celle d'avant le traité de Trianon de 1920. Il combat l'homosexualité, revendique une "nation chrétienne" qui sous-entend selon l'historien Péter Kende " non-juif" et "potentiellement anti-juif." Eux se défendent simplement de rendre la Hongrie aux Hongrois.

Le Jobbik avait créé la “Magyar Gárda” en juin 2007 pour “préparer spirituellement et physiquement la jeunesse hongroise aux situations extraordinaires qui demanderaient la mobilisation du peuple”. Concrètement et officiellement, la Garde dont les membres étaient habillés en uniformes ressemblants à ceux des Croix-Fléchées, organisait des parades aux allures martiales, ouvertement anti-roms, lors de rassemblements politiques du Jobbik ou dans des villages à forte communauté tziganes après que ceux-ci aient été touchés par de violents meurtres xénophobes. La Garde qui refusait de reconnaitre aux Roms les mêmes droits qu’aux hongrois avait lancé une campagne contre les “criminels tziganes” et n’hésitait pas à faire des amalgames plus que douteux.



Cette décision intervient dans un contexte particulièrement délétère en Hongrie. En effet, une autre formation, plus petite mais bien plus extrémiste aussi, le HVIM, est dans le collimateur de la justice hongroise. Il est reproché à un des cadres du Mouvement de jeunesse des 64 Comtés, György Budaházy, d’être mêlé à des activités qualifiées de « terroristes ». La police, sur ordre du parquet, l’a arrêté à la mi-juin afin de le mettre en prison dans le cadre d’une enquête pour « activités terroristes ». Selon l’accusation, Budaházy ferait partie du groupe clandestin « Magyarok Nyilai » (Flèches hongroises) dont des membres présumés ont récemment été arrêtés pour avoir, notamment, lancé des cocktails Molotov sur des bureaux du Parti socialiste hongrois (ex communiste), au pouvoir à Budapest.
D’aucuns espéraient à sa création que la Garde hongroise allait être instrumentalisée afin de semer troubles et violences au sein des états voisins de l’actuelle Hongrie (Roumanie, Slovaquie, Serbie…) dans les zones où vivent des minorités magyares, pour le plus grand bénéfice de ceux qui cherchent encore à semer la discorde et la haine entre les peuples d’Europe centrale et démanteler les nations ou du moins porter atteinte à leur souveraineté.

Sur le site de Jobbik, on annonce une réorganisation de Magyar Garda et qu’ils songent dorénavant à déployer les activités de Magyar Garda sous une autre forme. Entreraient-ils dans la clandestinité avec des actions éclairs et ciblées anti-rrom ? - Bénéficiant de soutiens notables lors de sa création, comme Mária Wittner, héroïne de la révolution de 1956 et député du FIDESZ (opposition de droite), ou Lajos Für, ancien ministre de la Défense du premier gouvernement de la Hongrie post-communiste au début des années 90, la Garde hongroise, qui serait forte de plus d’un millier de membres, pourrait bien néanmoins poursuivre ses activités de manière plus informelle et bien plus discrète, afin d’échapper à la répression policière et judiciaire à venir.

Le Ministre des Affaires étrangères Péter Balazs est inquiet :"Les Hongrois n'ont pas fait, comme les Allemands, leur travail de mémoire. Le communisme a mis l'antisémitisme sous le couvercle et il ressurgit. Depuis quelques années l'extrême-droite prend une forme qu'elle n'avait pas eue depuis la guerre : plus organisée, plus visible, plus décomplexée."


Sources

Démons et fantômes de la Hongrie /article du Monde de 18 juillet / signé Marion Van Renterghem

http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/07/17/demons-et-fantomes-de-la-hongrie_1219892_3214.html#ens_id=1220131

site officiel Jobbik

Revue de presse journaux hongrois

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Reportage ARTE Magyar Garda - Zoom Europa 14.11.2007
envoyé par HVIM_France - Regardez les dernières vidéos d'actu.


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10/07/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 - ATAKA en Bulgarie

edeuro01-1.jpgAtaka (attaquer en français) est un mouvement d’extrême-droite bulgare, 4 ème force parlementaire animée de discours turcophobes, anti-tziganes, homophobes et antisémites et qui a obtenu deux sièges aux élections européennes avec 12 % des voix - ainsi les nationalistes d’Ataka auront 21 députés avec 9,37%, une nette progression par rapport à 2005 où la formation de Volen Siderov n’atteignait pas les 9 %. Une progression déjà perceptible lors des dernières élections européennes : Même s’il a perdu un siège et a baissé en pourcentage, le nombre de suffrages obtenus par Ataka a augmenté en juin 2009 par rapport à mai 2007 d’environ 32.000 voix. Les ethno nationalistes et ultra populistes ont la haine en poupe et la manipulent si bien.
Ataka a fait sa campagne sur le dos de la minorité tzigane (4,2%) , bouc émissaire de l’insécurité en Bulgarie selon les membres de ce mouvement ultra fasciste, alimentant à souhait le racisme sous-jacent qui a toujours existé en Bulgarie. Siderov est allé jusqu'à proposer de "faire du savon" avec les Rroms, message clair d'extermination dont ils furent victimes sous les nazis. Il est tout aussi virulent contre les Juifs et leurs supposés « complots », maniant tous les clichés d’un antisémitisme d’importation ouvertement raciste et antisémite.
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Le Pen reste pour Siderov un modèle à suivre et celui-ci le soutient dans ses campagnes virulentes, sur le modèle de son homologue, il scande des slogans haineux : « Purge ! Révision ! Châtiment ! Prenons ce qui est à nous ! Rendons la Bulgarie aux Bulgares ! ». La photo montre le président du Front National, Jean-Marie Le Pen qui s’est rendu à Sofia en Bulgarie, dans le cadre de l’action parlementaire du groupe européen « Identité – Tradition – Souveraineté » pour soutenir le mouvement patriote « Ataka » pour le lancement de sa campagne municipale en octobre 2007.


L'Ataka n’est pas un partisan de la séparation de l’Eglise et de L’Etat : « Restitution immédiate des biens de l’Eglise. Confirmation par la loi de l’Orthodoxie comme religion officielle de la Bulgarie. Introduction du catéchisme à l’école primaire. Harmonisation avec l’avis du Saint-Synode de toutes les décisions concernant les grands problèmes de société, les projets de loi. Elaboration d’un statut de l’Eglise orthodoxe bulgare comme institution, établie financièrement et structurellement et qui prend une place déterminante au sein de la société bulgare et définit le système de valeurs pour l’avenir de la Bulgarie". Religion et fascisme cohabitent sans difficulté.

On reproche aux RRom vivant dans une pauvreté absolue de se connecter de manière sauvage pour bénéficier de l’électricité du réseau et qui ne sont pas inquiétés pour autant selon ces populistes. Mais encore, ils attisent la jalousie et l'envie, les Rrom de Bulgarie ont su faire valoir leur droit auprès de la communauté européenne et de ce fait ont bénéficié d’avantages auxquels n’accèdent pas le bulgare défavorisé, ainsi nombre d’entre eux ont fini par voter Ataka.

Dès 2005 déjà , plus de 8 % des électeurs se sont tournés vers un mouvement extrémiste symbolisant « la main forte » en l’occurrence celle brandie par Volen Siderov aux messages « anti-tout ». Les positions radicales de ce mouvement ont paradoxalement mis en exergue la problématique de la minorité tzigane et celui de la minorité turque.
Les clichés du programme du « Rassemblement National » sont inquiétants, on va piocher dans les nostalgies de l’ancien régime totalitaire et sa phraséologie. Récupérant les angoisses, les frustrations, les peurs des bulgares perdus dans ce nouveau décor qu’est l’Europe aux contours inquiétants et fantomatiques à un moment où on aurait besoin de savoir précisément où on va. Comme ailleurs en Europe, à défaut d’un futur serein on regarde en arrière.

La campagne aux élections européennes était "Non, à l'entrée de la Turquie dans l'Europe" campagne menée entre autres à Batak, haut-lieu du génocide, commis par les "Bachi- bouzouks" (anciens cavaliers de l'armée ottomane)

Les raisons d’un « succès »

Comment expliquer le succès électoral de la coalition Ataka en Bulgarie ? Il faut faire appel ici à des variables de caractère socio-politique. Pour être bref, plusieurs facteurs sont à retenir :

Le premier facteur tient à la « radicalisation » de la société bulgare qui est profondément atteinte par quinze ans de transition douloureuse sur le plan social et économique. Des enjeux de pouvoir considérables (politiques mais également économiques) ont favorisé des dérives multiples et provoqué des ressentiments - voire une profonde agressivité - au sein de l’opinion permettant à Ataka de s’insérer et de gagner aujourd’hui une place sur la scène politique nationale.

Au début de la transition, les « partis politiques » bulgares, de gauche comme de droite, offraient un large éventail de propositions dans lesquelles on trouvait souvent des relents populistes, nationalistes voire xénophobes. Même si l’on n’y prêtait pas attention outre mesure, chacun « ratissait large » et n’hésitait pas à avoir recours à des arguments de ce type. Tous les partis faisaient des promesses démagogiques, tous les partis prétendaient défendre ce qu’ils appelaient les « intérêts nationaux » de la Bulgarie, tous les partis étaient plus ou moins ouvertement contre le « parti ethnique » représentant la minorité turque et musulmane, c’est-à-dire le DPS. Quant aux Tsiganes, personne ne s’en occupait vraiment, pour ne pas dire que personne ne s’en occupait du tout. Cela eut été contre-productif sur un plan politique vis-à-vis de l’électorat bulgare !

Au fur et à mesure de l’évolution du processus de transition, ces partis ont été obligés de tenir compte des contraintes imposées par l’Union européenne et de la nécessité de bénéficier des divers avantages financiers procurés par le FMI et la Banque mondiale. Ils ont « lissé » voire expurgé leur discours après que le Conseil de l’Europe eut fait diverses remarques ou que la Cour européenne des droits de l’Homme eut prononcé plusieurs jugements condamnant les autorités bulgares, par exemple. L’ « offre » politique s’est ainsi trouvé en décalage par rapport à la « demande » d’une opinion publique souvent chauffée à blanc par une presse avide de sensationnel. L’éventail des positions politiques - dites et non-dites - s’est donc considérablement rétréci entre les principaux protagonistes politiques qui arrivaient à tenir pratiquement un même discours « raisonnable » en 2005. Les sujets sensibles, « politiquement incorrect » vis-à-vis de l’Europe sont plus ou moins devenus « tabous » dans les discours de la classe politique bulgare.

C’est ce discours nationaliste, xénophobe et souvent extrémiste - abandonné par les partis établis - que V. Siderov a su récupérer et exploiter à son profit. Jouant également sur la nostalgie de l’ordre ancien, il a su attirer une partie des « perdants » des réformes et des nombre de personnes (souvent éduquées) excédées par l’incapacité des gouvernants successifs à mettre un terme aux dérèglements actuels de la société bulgare.

A la lecture de ceci, un devoir de vigilance s'impose pour tous les libres-penseurs humanistes que nous sommes et que nous souhaitons rester !!

Source:
François Frison-Roche pour le Courrier des Balkans
RésistanceS





18:37 Publié dans Solidarité | Tags : ataka, bulgarie, volen sidero | Lien permanent | Commentaires (15) | |  Facebook | | | |

06/07/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 : Un brun douteux !

europe-1.gifIl n’y a plus de fascisme rampant, il existe, aujourd’hui, en Europe un fascisme tout court qui s’affiche, fédère et s’organise en autant de réseaux haineux. Le mécontentement qui se nourrit de la crise économique offre un contexte favorable aux mouvements d'extrême droite qui, de la Bulgarie à la Finlande, ont multiplié les provocations racistes ces dernières semaines. Hostiles à la supranationalité, hostiles à l’espèce de “super-état sans âme”. Les chômeurs se sentent aussi une minorité précarisée au sein de l’Europe ultralibérale qui offre davantage un discours néo-libéral que sociale. Cette Europe décriée qui selon eux se construit sur le dos des peuples.

L’alliance des patriotes européens se regroupent autour de même thèmes : ennemis exogènes ou endogènes, Rroms, Africains, Islamistes, le chômage, l’Union Européenne, le pouvoir supranational ultralibéral. A chacun son bouc émissaire qu’on brandit pareille à une arme menaçante.
Et ces nostalgiques du passé préconisent de manière urgente de sauver les racines communes, à savoir “les racines chrétiennes de l'Europe". Leur credo est “Nous respectons toutes les cultures, mais nous aimons avant tout notre propre culture.” Pour ce faire, face à un avenir économique incertain qui se dessine sur fond de crise, c’est le grand retour en arrière; aux valeurs traditionnelles, famille, patrie, regard nostalgique sur les colonies perdues. Ils rallient tous les déçus du rêve européen qui se transforme, pour eux, en véritable cauchemar.

Les déçus du post-communisme qui ont vu leur situation se dégrader après l’effondrement du bloc de l’Est. Donc, on préconise comme ultime remède le retour sur une Europe forteresse qui doit se protéger de l'islamisation, des Rroms assistés, de l’immigration en provenance de l’Afrique et de l’Asie. Empêcher en passant l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Choucroute contre döner kebab !

Retour aux vieux replis identitaires, Mussolini a son armée de nostalgiques qui ont réalisé des percées inattendues en Hongrie, en Roumanie, en Pologne, en Suède, en Finlande, en Italie, au Danemark, en Belgique, en Slovaquie et notamment aux Pays-Bas, où la haine de l'immigrant déclinée sur tous les tons par le Parti de la liberté a séduit... 17 % des électeurs.

Sortir de l’Europe à tout prix, rétablir les frontières, renvoyer les étrangers chez eux revenir à la religion On se souvient avec effroi des conditions de la naissance du parti nazi, crée dans un contexte de crise dans une l'Allemagne d'avant 1939. A défaut de “mythes mobilisateurs” on se fédère autour de la haine, du rejet, on se sent des affinités fortes avec ceux qui pensent comme nous, la haine a son propre langage, sa propre organisation, des groupuscules armés s’organisent, sont financés par des mouvements d’extrême-droite qui rejettent l’Union européenne et qui elle ne parvient pas à résister contre ces mouvements d’extrémistes, de fascistes au nationalisme exacerbé, au populismes primaire, tout pétris qu'ils sont de la peur des autres, du refus de l’immigration, du racisme crasse.

L’ Europe vire au brun, un brun douteux qui lui donne une coloration inquiétante sur fond de bruits de bottes qui résonnent et devraient nous inquiéter . La vigilance s’impose, mais il serait nécessaire, d’ores et déjà, de se préparer à contenir la vague de nouveaux millions de chômeurs qui pointe à l’horizon et offrir à cette Europe déliquescente, un programme social en phase avec la situation grave, avec une meilleure gestion des problèmes en lien avec le chômage et l’immigration pour ne pas définitivement faire le lit de tous les extrémismes.


Le tableau des formations extrêmes-droites :

Autriche :
Le FPÖ de Heinz-Christian Strache progresse à 13,1 % (2 sièges) alors que le BZÖ échoue à entrer au Parlement avec 4,6% des suffrages. Son Slogan «l'Occident aux mains des chrétiens”

Belgique :
L' extrême droite xénophobe et séparatiste du Vlaams Belang conserve 2 sièges avec 15,99% des voix.

Bulgarie :
Ataka, parti d'extrême droite très violent, anti-Rrom et anti-Turc qui a fait une percée avec 11,43% et 2 sièges. Ataka au Parlement européen a provoqué un scandale fin septembre en s’en prenant personnellement à une élue hongroise rom proposée au titre de meilleure parlementaire de l’année : « Dans mon pays il y a des dizaines de milliers de filles tziganes plus belles que cette honorable-là (…) Les meilleures d’entre elles sont chères - jusqu’à 5 000 euros pièce. »

Danemark :
Le parti du peuple danois(DF) obtient 2 sièges avec 15,3%.

Finlande :
Le parti populiste et anti-immigrés des "Vrais finlandais" est le grand vainqueur du scrutin (9,8%): 1 siège.

Grèce :

Le parti d'extrême droite (LAOS) poursuit son ascension avec 7,2% des suffrages : 2 sièges.

Hongrie :
Arrivée en force de Jobbik parti nationaliste et xénophobe qui obtient 3 sièges (14,77%). Qui multiplient les marches militaires.

Italie :
La ligue du Nord (alliée de Berlusconi) avec 9,50% des voix obtient 8 sièges.

Lettonie :
La droite nationaliste (TB/LNNK) avec 7,46% obtient 1 siège.

Lituanie :
Le parti Ordre et Justice (TT) obtient 12,55% et 2 des sièges sur les 12 revenant à ce pays balte.

Pays-Bas :
Le parti de la Liberté (PVV) de Geert Wilders enlève 4 des 25 sièges dévolus à ce pays (17,00%).

Pologne :
Droit et Justice (PIS) des frères Kaczinsky avec 29,5% des électeurs obtient 16 sièges.

Roumanie :
Le Parti de la Grande Roumanie (PRM) fait une percée à 7,20% et obtient 2 sièges. Son slogan «chrétiens et patriotes pour débarrasser le pays de ses voleurs».


Royaume-Uni :
Le British National Party fait pour la première fois son entrée à Strasbourg (6,50%, 2 sièges). La campagne de Nick Griffin portait sur "des emplois britanniques pour des travailleurs britanniques".

Slovaquie :
La droite nationaliste et xénophobe du SNS obtient 5,56% et 1 siège.

Il est de notre devoir de résister pour contrer cette montée en force du néo fascisme, populiste et nationaliste.

Sources :
http://www.visa-isa.org/node/378

Plusieurs articles sur l'alliance des patriotes européens

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04/07/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 - L'Italie a presque tout faux !

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Le Commissaire français Jacques Barrot, chargé de la Justice, de la Liberté et de la Sécurité a estimé que le projet italien qui établit un délit d’immigration illégale n'était pas compatible avec la législation communautaire. La liste des griefs de la Commission à l'encontre de l'Italie est longue.

Bruxelles sermonne l'Italie

La nouvelle loi italienne sur l'immigration se heurte à un principe fondateur de l’Union européenne qui est celui de la liberté de circulation. Lorsque le gouvernement italien fait voter une loi qui prévoit d’introduire un délit d’immigration illégale - un délit puni de 5 à 10 000 euros d’amende - mais aussi lorsque ce délit peut s’accompagner d’une expulsion immédiate, alors la législation italienne se heurte au droit communautaire.

Pourquoi cela ? Tout simplement car des ressortissants de l’Union européenne peuvent très bien se trouver dans ce cas de figure. Par exemple avec des Roumains ou des Bulgares qui, pour la plupart, n’ont toujours pas le droit de travailler en Italie. De même avec les Roms qui, à l'évidence, sont visés par ce nouveau texte. C’est cette ligne rouge à ne pas franchir qu’a voulu indiquer hier le commissaire Jacques Barrot lorsque qu'il a déclaré que Bruxelles avait "signifié au gouvernement italien que la loi qui prévoit une augmentation de la peine pour les immigrés en situation irrégulière ne peut pas être applicable au citoyen communautaire. De même, nous avons indiqué au gouvernement italien que l'expulsion automatique des étrangers en cas de condamnation à plus de deux ans de détention n'est pas applicable non plus aux citoyens communautaires."

Demi revers

Finalement, c’est un demi-revers pour le gouvernement italien. Il ne sera certes pas question d’expulser ou d’enfermer des ressortissants de l’Union européenne se trouvant en Italie dans une situation irrégulière. Mais derrière cela, tout le problème de l’immigration illégale en provenance d’Afrique ou d’Asie reste entier. Et sur ce point, le gouvernement italien peut faire ce qu’il veut, ou presque.

C’est aussi une des raisons pour lesquelles la présidence suédoise de l’Union insiste pour une harmonisation des politiques d’immigration, du moins pour ce qui concerne les réfugiés et le droit d’asile.

Source : http://www.dw-world.de/dw/article/0,,4454054,00.html




Pour écouter Jacques Barrot

http://www.dw-world.de/popups/popup_single_mediaplayer/0,...

Pour visionner le salut fasciste de la ministre Michela Brambilla

11:20 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

29/06/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 - Jobbik et sa Magyar Garda

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De qui parlent-ils assis sur leurs bancs européens les racistes, les xénophobes, les baveux dégoulinant de haine ? De qui parlent les partis extrémistes de la Hongrie, du Royaume-Uni, de la France, de l’ Autriche, des Pays-Bas, de la Finlande, de la Pologne, de la Slovaquie, de la Bulgarie, de la Belgique (Flandre), du Danemark, de l’ Italie, de la Roumanie, et de la Grèce ? Des flux migratoires et des minorités honnies qui leur donnent de véritables hémorroïdes assis qu'ils sont à trôner sur leurs sièges européens, les Rroms , eux, leur donnent carrément la haine .

Le Jobbik - Mouvement pour une Meilleure Hongrie - s’est constitué en parti politique en octobre 2003 à partir du mouvement de jeunesse éponyme. Rejet de la politique néolibérale. Il se décrit comme un parti fondamentalement conservateur, patriotique et chrétien. Si chrétiens que ça ne les empêchent pas de tuer des Rroms désignés comme le mal absolu, animés qu’ils sont par la crainte de l’augmentation massive de la population rrom, à laquelle ils associent la criminalité. Mais ils soulignent sur leur site ne pas être racistes, mais qu’il serait juste urgent de réprimer.

Sous l’impulsion du Président s’est constituée la Garde hongroise (Magyar Garda) milice paramilitaire néo-nazie connue pour semer la terreur parmi les populations juive et rrom du pays et qui se donne pour objectifs de réveiller la conscience nationale de la Hongrie. Mais encore elle étend son réseau dans les pays voisins en Slovaquie particulièrement, autre tentative auprès de leurs homologues en république tchèque, un journaliste slovaque est allé jusqu’à les comparer à l’ancien Hitlerjugend. Ils ont en commun un fort rejet de l’Union Européenne qui selon eux n’a pas apporté de solutions aux problèmes économiques, ils refusent de devenir les provinces vassales de Bruxelles. Très soutenus par Bruno Gollnisch, ils ont le total appui du FN par leur représentant français.

La communauté rrom en Hongrie est très importante et estimée entre 500 et 700’000 membres. Avec la crise, ils deviennent la cible idéale, outil parfait de la propagande Jobby qui assure des voix au Parti.

Une série de crimes grave a frappé la minorité Rrom, le dernier survenu en avril à Tatárszentgyörgy, des cocktails molotov ont été jetés sur la maison. Lorsque les habitants ont tenté de fuir, un père et son fils de 4 ans ont été tués par balles, deux enfants ont été gravement brûlés et les coupables courent toujours.
On s’inquiète est-il possible de tuer un Rrom sans être puni ?
Bien que la police soupçonne des membres de la Garde Hongroise, récemment déclarée hors-la-loi par la justice, d’avoir commis quelques-uns des nombreux assassinats de Rroms. Les forces de l'ordre sont elles-mêmes mises en cause en raison de leur inaction.

Depuis novembre, cinq Roms ont été assassinés. Chaque semaine qui passe apporte son lot de nouvelles agressions commises contre des villages rroms. Bien que La police admette que ces attaques avaient été organisées par la Garde hongroise, la nouvelle eurodéputée du parti Jobbik, Krisztina Morvai, a quant à elle laissé entendre que les Roms s’entretuaient en Hongrie ou qu’il ne s’agirait que d’accidents.
Au sein même de la police, certains pourraient appartenir à la Garde hongroise ce qui expliquerait le refus d’enquêter, une omerta règne au coeur de la police même. Enquêtes bâclées, éléments dissimulés, etc. Mais le mode opératoire “professionnel” ne laisse aucun doute sur le fait qu’il y a une forte probabilité pour qu’il s’agisse bien de professionnels , c’est-à-dire la police elle-même.

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Reportage ARTE Magyar Garda - Zoom Europa 14.11.2007
envoyé par HVIM_France - Regardez les dernières vidéos d'actu.



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28/06/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 !

skinhead.jpgRatonnades, bavures, injures, menaces néo-nazies ont fait leur retour et les Rroms sont régulièrement pris pour cibles. Depuis plusieurs mois les incidents se multiplient en Italie, en Roumanie, en République tchèque, en Slovaquie. L'Italie a dû instaurer l'Etat d'urgence en Campanie, dans le Lazio et en Lombardie après de graves incidents. L’Europe répond faiblement à ces attaques en mentionnant toujours des “actes isolés” si répétitifs qu’on finit par conclure qu’ils ne sont pas si isolés que ça mais bien le fait de groupes organisés.
Des solutions urgentes et fermes s'imposent face à ces montées extrémistes qui sont dangereuses pour l'équilibre européen et qui portent atteinte à la démocratie.

On peut constater que les élections européennes ont été marquées par un triomphe de la droite et du centre-droit. L’extrême-droite, face au repli identitaire, progresse réalisant un score à deux chiffres dans huit Etats membres, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, la Finlande, la Hongrie, l'Italie et les Pays-Bas. Aux Pays-Bas, le parti de Geert Wilders arrive en seconde position et prend le relais de Pim Fortuyn qui avait atteint les 26% aux législatives de 2002. Le Royaume-Uni enverra siéger à Strasbourg pour la première fois 2 députés du BNP (British National Party): «L'Alarme orthodoxe» grecque y fait son entrée. Pendant la campagne électorale européenne, la Turquie et l'islam ont été utilisés par tous les partis d'extrême droite comme un épouvantail.

Pour la première fois de manière durable, l’extrême-droite semble en mesure de constituer un groupe politique, c'est-à-dire rassembler au moins 25 élus de plus de 7 pays différents.
La campagne électorale a donné lieu à de vrais débordements devant lesquels les gouvernements et les institutions européennes ont été prises de court. Pour la première fois en Europe, 70 ans après l'Holocauste, des néo-nazis sont apparus dans plusieurs Etats membres, des propos racistes, voire des clips de campagne comme en République tchèque ont plaidé la solution finale (à l'égard des Rroms).

La crise angoisse les Européens et les poussent à se braquer face à l’immigration, exil et accueil des réfugiés passent à la trappe dénonçant vivement “l’Europe passoire”. Avec la crise et la montée du chômage, les partis d'extrême droite font campagne contre la mondialisation et contre les politiques européennes

Le slogan du Parti de la Liberté néerlandais a été : «Moins d'Europe, plus de Pays-Bas, jamais de Turquie». Il a recueilli 17% des voix. Partout ces arguments ont été largement utilisés, parfois à des fins internes compliquées comme en Belgique où les différents partis d'extrême-droite recueillent 28,5% des suffrages, mais aussi en Autriche (17%), en Hongrie (14,7%), au Danemark (14,8%) et même en Italie où la Ligue du Nord rassemble 10,22% des électeurs malgré les gesticulations berlusconiennes dans la même direction. Alors que la gauche et l'extrême gauche auraient pu bénéficier des excès libéraux révélés par la crise financière, c'est l'extrême droite qui la supplante dans le discours protestataire.

Les déçus du post-communisme se rabattent sur des droites extrêmes et qui progressent surtout dans les milieux populaires . On croyait l’extrême droite fasciste ou néonazie marginale, force est de constater qu’elle prend de l’ampleur et s’organise sur un mode si identique qu’il faut se demander s’il n’existe pas une coordination au niveau européen.
Aussi bien en Tchéquie, en Italie, qu’en Hongrie et récemment en Irlande du Nord, il y des similitudes dans la façon d’attaquer les Rroms qui laissent songeurs et qui porterait à croire qu’il y a une forme de rassemblement autour d’une idéologie commune, avec des plans d’attaques organisés qui ne sont pas le fait de groupe isolés comme la presse tenterait de le faire croire. On observe un ralliement des anti-européens qui fait recette dans les formations politiques nationalistes. Le terrorisme brun semble se nourrir aux mêmes sources celles de Aryan Nations ou The Order.
Les nationalistes xénophobes s’organisent et progressent soutenus par une population en proie à la crise, au chômage, on se rallie autour de symboles réunificateurs dans une Europe instable. Préférence nationale, arrêt de l’immigration, renvoi des étrangers (quitte à les chasser ou les exterminer) opposition à la mondialisation et à toute supranationalité, l’Union européenne fait le lit des extrémismes nationalistes.
Le profil type des nationaux-populismes est un homme appartenant aux milieux populaires, de faible niveau de qualification et d’éducation- chômeur potentiel et frappé de plein fouet par la récession.

En Europe centrale et orientale, les partis se rattachant à ce courant ont une conception ethniciste de l’identité, souvent combinée avec des revendications territoriales irrédentistes (grand-hongrois ; grand-roumain). Hostilité agressive aux minorités nationales en Roumanie et qui représentent un quart de la population du pays, exaltation du nationalisme roumain. On va jusqu’à adopter des positions révisionnistes exaltant le régime fascisant du Maréchal Antonescu et niant l’holocauste des Juifs de Roumanie et de Moldavie.

L’anticommunisme de ces mouvements d’extrême-droite les conduits souvent à réclamer la réhabilitation des dirigeants profascistes d’avant-guerre (comme en Slovaquie, où le Parti national slovaque, SNS, revendique l’héritage de l’évêque collaborateur Tiso), voire ­- dans les pays baltes (Lettonie) -­ à considérer les complices des nazis comme des patriotes. Plusieurs de ces partis, comme le SNS et le Parti radical serbe (SRS), ont participé à des gouvernements, tandis que Romania Mare, hybride de nationalisme droitier et de nostalgie de l’ère Ceaucescu, est le second parti de Roumanie.

La faillite économique et sociale des méthodes ultralibérales de transition vers l’économie de marché, la crainte des conséquences de l’entrée dans l’Union européenne, combinées avec la persistance de l’antisémitisme et du racisme anti-roms, sont les causes principales de leur succès.

(sources : Slate.fr- Article l’Europe immobile face à l’extrême-droite)
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/extrême-droite

La télévision publique tchèque a retiré de l'antenne un spot de campagne du Parti National, un parti d'extrême-droite. Ce spot pour les européennes parlait d'une solution finale à la question rrom.



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26/06/2009

Rroms et Rompubblica : tous des subversifs selon Silvio !

449832132.jpg Silvio et son harem !





















Silvio Berlusconi a appelé les entrepreneurs à ne plus faire de publicité dans le quotidien La Repubblica qui a diffusé des informations sensibles le concernant, de près ou de loin, il ne souhaite aucun commentaire sur son “harem” composé de femmes qui dansent, virevoltent, usent et abusent de leurs charmes payés ou pas par Silvio. Mais la presse ne se laisse pas démonter, des nouvelles paraissent tous les jours sur le fameux “harem” berlusconien. A son tour, il menace la presse de frapper bas, très bas, c’est-à-dire au portefeuille, là où ça fait très mal.


Silvio se se sent victime d’une "campagne de haine”. Sur la haine, il en connaît un bout du reste pour l'avoir souvent pratiquée. Le second quotidien italien après le Corriere, le journal la Reppublicca est traité de subversif . Le groupe de presse l’Espresso auquel est rattaché La Repubblica prévoit d’intenter une action à l’encontre de Berlusconi qui ne respecte par la liberté de la presse et du coup le titre gagnait 9% à la bourse de Milan. Le groupe L'Espresso contrôle également l'hebdomadaire du même nom, un des deux principaux en Italie avec Panorama, propriété de la famille Berlusconi.

Les révélations fracassantes on les connaît, celles en lien avec la jeune Noémie, mineure à l’époque où ils se seraient connus. Les résidences du président du conseil deviendraient le rendez-vous privilégiés des «Rufians, maquereaux, courtisans et prostituées» on parlerait même de cocaïne. Silvio se défend véhément - Payer moi ? Jamais ! Séduire et conquérir devrait suffire – un tantinet auto-suffisant Cavaliere. La call-girl Patrizia d’Addario n’aurait-elle attirée que par les liftings de Silvio ?

Times se demande carrément si Silvio ne serait pas tout bonnement impuissant, ceci expliquant tout cela. “Papounet” aurait des défaillances. Le journal n’y va pas de main morte à l’encontre de la main baladeuse du Cavaliere: « phallocrate standard de dessin animé. Mâle italien pompeux, vain, gonflé... et sexuellement insécurisé, qui s'est auto-proclamé un bon coup pour les femmes."

Est-ce à cause de cette incapacité à prouver sa virilité que Silvio s’attaquerait aux plus faibles, aux plus précarisés ? Montrer sa force de puissance pour cet "impuissant notoire". Le masque du bouffon tombe. On apprend par quelques indiscrétions qu’il aurait mis à disposition son avion officiel pour inviter une danseuse de flamenco, aime-t-il vraiment le flamenco gitan ? Alors encore un peu de flamenco Silvio, d'une femme, qui elle, a vraiment de la classe !




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25/06/2009

Qui sont ces groupes fascistes qui s'en prennent aux Rroms en Irlande du Nord ?

pd1652984-1.jpgLes hommes qui se sont attaqués aux Rroms à Belfast se réclament d'un groupe fasciste, raciste, appelé Combat 18 - 18 initiale d'Adolf Hitler (1 = A pour Adolf - 8= H pour Hitler - position des lettres de l'alphabet numérotées = 18 pour Adolf Hitler) - ils sont issus du groupe armé Blood and Honour et revendiquent la suprématie blanche, né-nazis particulièrement violents. Implantés en Irlande du Nord, protestants qui défendent la Britannité du Nord, et haissent les étrangers -On passe en 1996 de 41 crimes et délits raciste à 1'000 attaques racistes en 2008. En Europe on voit des groupes extrêmistes essaimés un peu partout en proie à de vieux démons - Faut-il s'en inquiéter ? - Qui sont-ils vraiment ? Les gouvernements ont-ils encore le contrôle sur ces groupes ? Autant de questions qui méritent des réponses urgentes pour éviter une dérive xénophobe violente issue de groupes organisés au niveau européen , puissants, militarisés et haineux capables d'attaquer et même de tuer si on les laisse faire comme on vient de le voir récemment en Irlande.

Le C18 est international, il sévit en Slovaquie, en Angleterre, en Serbie, en Irlande, en Scandinavie, en Allemagne et ailleurs vraisemblablement.

Organisation nazi-britannique formée en 1992, après des réunions entre les membres du groupe Blood and Honour. Le 18 contenu dans leur nom est généralement employés par les groupes néo-nazi, et est dérivés des initiales d'Adolf Hitler : A et H sont la 1er lettre et 8ème lettres de l'alphabet. Il a été créé en réponse aux antifascistes sur des réunions de la Partie Nationale Britannique (BNP) et d'autre groupe d'extrême droite. Certains journalistes disent qu'au contraire, il aurait été créé par le service de sécurité interne britannique MI5 pour critiquer la BNP et pour attirer les néo-nazi les plus violents au Royaume-Uni. Le C18 aurait servi au MI5 pour filtrer les groupes paramilitaires loyalistes en Irlande du Nord. Ainsi, il aura eu une « permission » de blesser les antinazis dans l'Est londonien et de brûler les librairies de gauche, les vols de renseignements permettaient de dresser des listes de centaines de victimes potentielles. Cette liste incluait des noms de membres du Parlement, celui du chef du parti libéral-démocrate, Paddy Ashdown, chef principal de la police de Londres, Richard Wall. Elle comportait aussi une vingtaine d'informations sur les techniques de fabrication des bombes. Une copie de cette lettre fut récupérée et donnée aux membres de l'équipe de lutte anti-C18, la police fit une descente chez les chefs du C18 (Charlie Sargent et Will Browning). Charlie Sargent fut responsable d'attaque contre les membres de l'équipe du BNP, qui s'opposaient à leur trafic d'armes et de drogues. En 1998, Charlie Sargent a été condamné pour le meurtre d'un membre de son groupe C18 en 1997. Entre 1998 et 2000, des douzaines de membre du C18, au Royaume-Uni, ont été arrêtés par la police sur de divers faits, dans plusieurs opérations conduites par la cour d'Ecosse en coopération avec MI5. Parmi les personnes arrêté : Steeve Sargent (frère de Charlie), deux soldats britannique, Darren Theran (régime de parachute), Karl Wilson (1er bataillon et 1er de la reine), et bien d'autre... Plusieurs de ceux-ci ont été arrêtés, et emprisonnés par la suite.


Pendant avril 1999, David Copeland (22 ans) a effectué une campagne de bombardement en voulant viser les noirs, asiatiques, et la communauté gay à Londres. Le 17 avril 1999, une bombe éclate dans Brixton, et les semaines suivantes une ruelle de Londres fut aussi bombardée, par trois bombes remplies de clous.


Aujourd'hui, Will Browning est le seul leader du C18, il aurait essayé, en 2000, d'organiser une campagne de lettres piégées à partir du Danemark. Mais trois personnes, qui faisaient parti du C18, ont été arrêtées. Ces trois personnes ont appris que l'ancien leader du C18, Charlie Sargent, informait la police sur les activités du C18.


Le 30 avril une troisième bombe a tué trois personnes, y compris une femme enceinte, et blessé plus de 100 personnes. D.Copeland a été arrêté le 30 juin 2000.
(source http://www.blogg.org/blog-10327-themes-les_skinheads-80778.html)




Une interview intéressante d'Anthony Bellanger



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22/06/2009

Agressions haineuses à Belfast contre les Rroms

19.36.jpgAttaques racistes en Irlande du Nord à l’encontre des Rroms. Depuis une semaine, les Roumains d'Irlande du Nord subissent des attaques racistes de la part d’un groupe paramilitaire loyaliste du Village. Intimidation, injures, menaces , ce groupe a déjà été impliqué pour des actes d’ordre raciste similaires, ils affirment pour leur part n’y être pour rien.

Une vingtaine de familles rroms originaires de Roumanie ont dû fuir de chez elles à Belfast après avoir subi des agressions plusieurs nuits de suite. Sous leurs fenêtres des groupes extrêmistes sont venus scander des slogans racistes en faisant le salut nazi, brisant les fenêtres et martelant les portes.

Les Rroms agressés ont d'abord cherché refuge mardi 16 juin dans une église du sud de Belfast. Ils ont ensuite été transférés temporairement par les autorités dans un centre de loisirs ailleurs dans la ville.

Depuis que les familles rroms ont fui de chez elles, la Police d'Irlande du Nord (PSNI) a aidé les services sociaux et des associations locales à les reloger temporairement.
La maire de Belfast Naomi Long a condamné ces attaques et a exhorté les habitants du quartier à soutenir leurs voisins. "Chaque citoyen a le droit de vivre sans peur ni intimidation", a-t-elle déclaré.

Le ministère roumain des Affaires étrangères "a fermement condamné tout acte raciste ou extrémiste et a appelé les autorités britanniques à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que de tels actes ne se renouvellent".

BBC News romanian flee homes in Belfast



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24/05/2009

"Roms, Sintis et Yéniches" - Le livre qui fait mal

sriimg20090511_10682691_0.jpg Thomas Huonker historien et spécialiste des Yéniches en Suisse (swissinfo)

Un livre qui éclaire sur les relations qu'a entretenue la Suisse avec l'Allemagne nazie et sur sa politique pas tendre du tout à l'égard des réfugiés.
Une récente étude a démontré que la Suisse a été l'un des premiers Etats européens à restreindre la liberté de mouvement des Tsiganes qui s'accompagnait de l'interdiction de transporter des " Tsiganes " par train ou bateau à vapeur, a été maintenue par les autorités helvétiques après le début de la Seconde Guerre mondiale. Les frontières leur seront fermées dès 1906. Ces mesures d'entrée restrictives seront encore renforcées suite aux persécutions perpétrées par l'Allemagne nazie dès 1933. A cette époque, la politique de refoulement des Tsiganes d'un pays à l'autre rappelle, en partie, ce qui se passe aujourd'hui. L'attitude des autorités helvétiques vis-à-vis des gens du voyage est illustrée dans cet ouvrage par le suivi de plusieurs destinées individuelles. Enfin, ce livre passe en revue la politique suisse à l'égard des Roms, Sintis et Yéniches jusqu'à nos jours. Dans l'entre-deux-guerres, le refoulement de Roms et de Sintis étrangers ou apatrides a été pratiqué par la plupart des Etats européens. Ainsi, les polices des différents Etats renvoyaient, en toute illégalité, les " étrangers indésirables " vers les pays voisins.
Sédentarisation de force, fichage systématique . Avant l'arrivée au pouvoir des nazis, les " élites dirigeantes " helvétiques ont participé diligemment à la collaboration internationale policière visant à institutionnaliser la restriction maximale de mobilité des " Tsiganes ".
Cette coopération active se perpétua après l'avènement du Troisième Reich, alors que se préparait la déportation vers les camps de la mort des " Tsiganes ". La disparition d'archives cruciales, ajoutée à d'autres difficultés de recherche et définition, a rendu impossible une étude quantitative des refoulements de " Tsiganes ". Toutefois, les cas individuels exposés ici illustrent la substance de la politique suivie.
Le refus de reconnaître la nationalité suisse à des " Tsiganes " menacés de déportation et de mort est emblématique à ce propos. Dans sa postface, Thomas Huonker trace des trajectoires individuelles de " Tsiganes " à partir de sources découvertes après la rédaction de l'ouvrage. L'analyse de l'anti-tsiganisme helvétique est ainsi confortée ; au même titre que les relations des instances administratives et politiques suisses les plus élevées avec le régime nazi.

commentaires sur le livre source swissinfo.ch

Rroms, Sintis et Yéniches - La politique tsigane suisse à l'époque du national-socialisme de Thomas Huonker et Regula Ludi dans Editions Page Deux



Un article intéressant de Thomas Huonker -

Article paru dans "Le cartable de CLIO", No.4/2004, Lausanne, p.130-136)


« Jusqu’à la ceinture dans le grand marais ».

Roma, Sinti et Yéniches en Suisse, quelques aspects d’une persécution de longue durée

par Thomas Huonker, FNRS, Zurich[1]

En Suisse, comment les Yéniches, Sinti et Rom ont-ils été traités ? Les informations dont nous disposons sont très inégales. Mais ce qui frappe dans cette histoire, en Suisse, pour ces groupes ethniques, c’est le fait qu’il ne leur était vraiment pas facile d’exister. La Suisse avait été le premier État d’Europe à interdire la présence des Tsiganes, appelés les « Zeginer » ou les « Heiden » (les « Païens »), dans les cantons primitifs. Une décision a ainsi été prise à Lucerne, en 1471, par l’assemblée législative de ce temps-là, la « Tagsatzung »[2]. Elle interdisait d’« héberger ou [de] loger » les nomades. Cette politique de défense contre les Rom, dont les premiers groupes, venant de l’Europe du Sud-Est, et de l’Inde quelques siècles plus tôt, étaient arrivés en Suisse vers 1418, allait persister pendant exactement cinq cent ans. Il n’y a en effet guère un peu plus d’une trentaine d’années, en 1972, que les autorités suisses ont fini par renoncer à cette interdiction de séjour et de transit pour les Rom, Sinti, Manouches, etc., sur leur territoire.

Cette posture défensive permanente à l’égard de ce groupe ethnique, et de ses divers sous-groupes, trouvait son origine dans une série de représentations qui les diabolisaient. Elles s’observaient et étaient diffuses dans de nombreux autres pays, pesant lourdement sur la vie quotidienne des Rom. En 1525, par exemple, les autorités fribourgeoises avaient capturé et torturé un Rom. Sous la torture, les magistrats lui avaient fait avouer à peu près tout ce qu’ils souhaitaient. Il déclara par exemple que tous les Rom étaient des assassins et des malfaiteurs et qu’ils formaient une société secrète. Pour les autorités de l’époque, il n’y eut aucun doute, un tel malfaiteur méritait la mort !

Mais le pire devait encore arriver. Ainsi, les délégués du Canton de Schwytz ont-ils déclaré à la Diète de 1574, à Baden, que ces païens étaient tous des voleurs, et leurs femmes toutes des sorcières. Ce qui devait inaugurer une nouvelle politique envers les nomades. Jusque-là, en effet, on les capturait, on les torturait, on leur brûlait un stigma sur le corps et on les chassait hors de Suisse. Seuls ceux qui étaient repris une seconde fois étaient tués, soit pendus, roués ou décapités, par l’autorité juridique. Cette séance de la Diète de 1574 inaugura par contre une nouvelle stratégie contre les Rom, celle de l’extermination. L’autorité fédérale ordonna donc que chaque canton prenne les mesures nécessaires pour éliminer ces gens. Cependant, les délégués de Schwytz signalèrent à leurs compatriotes que ces « Zegyiner » se cacheraient tellement bien dans les montagnes qu’il serait assez difficile de les trouver.

Dans les faits, les autorités suisses laissèrent souvent la vie sauve à ceux qui étaient assez forts pour être vendu aux galères des rois de France, de Savoie ou aux républiques de Venise ou de Gênes.

Le système d’identification des nomades chassés hors de la Suisse au moyen de marques brûlées sur la peau, de coupures sur les oreilles ou d’autres mutilations similaires fut aussi combiné avec des listes nominatives de nomades. Elles incluaient les femmes et les enfants.

Certains fonctionnaires, comme ceux de Bâle, dessinaient à la main une croix ou d’autres symboles, comme des petits gibets, dans ces listes qui ont été parfois conservées sous forme de livres imprimés.

Pour la période plus récente, l’espoir de l’historien quant à une évolution positive de cette politique de tolérance-zéro envers les nomades grâce au triomphe des idées libérales - liberté, égalité, fraternité - en Helvétie, après la chute des institutions d’Ancien Régime à Berne, Bâle, Lucerne, Soleure, Fribourg etc. n’est que très partiellement confirmé par les sources.

La République, une et indivisible, sous les couleurs rastafari (les couleurs du drapeau de la République helvétique étaient le jaune, le rouge et le vert), mit certes fin à la torture, ce qui constitua sans doute un grand progrès pour les Tsiganes. En outre, à condition de payer une somme dûment établie, le droit d’être citoyen suisse, dès 1798, s’étendit, au moins en théorie, à chaque homme chrétien vivant en Suisse et de bonne réputation, ce qui incluait en principe les nomades qui voulaient devenir des citoyens sédentaires. Mais la notion de réputation ne manqua pas de poser problème, de même que les sommes qu’il fallait payer pour devenir suisse. Cela dit, il semble quand même que quelques vanniers, rémouleurs et colporteurs réussirent à devenir des citoyens. Alors que d’autres se retrouvèrent contre leur gré, comme autrefois, soldats des armées françaises, cette fois sous Napoléon 1er. La plus grande partie de la population nomade présente en Suisse poursuivit par conséquent sa vie clandestine et hors-la-loi dans les marais et les forêts.

Au cours du XIXe siècle, la situation sociale effective des nomades en Suisse fut peut-être pire que jamais. Dans les cantons régénérés, les gibets et les bourreaux avaient enfin disparu, mais il y avait par contre de plus en plus de policiers - la plupart des corps de police suisses ayant été constitués au début de ce siècle. Et au cours des crises frumentaires des années 1817 et 1847, les vanniers, rémouleurs, colporteurs ou musiciens nomades furent évidemment les premiers à perdre leurs moyens de survie. De plus, de nouvelles théories prétendument scientifiques virent le jour qui proposaient d’en finir avec ce genre d’hommes. Suivant les pratiques de l’Absolutisme en France et en Autriche, mais en combinaison avec certaines idées pédagogiques, on séparait aussi les enfants des nomades qui étaient capturés de leurs familles, pour les transformer, sous des noms d’emprunt, en des individus conformes aux valeurs sédentaires. En 1825, à Lucerne, suite à un procès concernant la mort (restée obscure) d’un politicien anticlérical, toute une grande famille nomade fut mise en prison. Clara Wendel, la plus connue de la famille, confessa chaque crime dont elle était accusée par les procureurs. Elle finit ses jours dans la clinique psychiatrique lucernoise de St. Urban. Les enfants de ce groupe furent alors placés séparément dans de « bonnes familles » sous l’égide de la Société suisse d’utilité publique. Quelques-uns de ces « Gaunerkinder »[3], comme on les appelait à Lucerne, furent placés en Romandie. On retrouve par exemple l’un d’entre eux dans un pensionnat d’Estavayer-le-Lac sous son nouveau nom de Sébastien Freund. Dans des lettres conservées aujourd’hui aux Archives d’État de Lucerne, ces enfants déploraient la séparation de leurs familles et cherchaient à retrouver leurs parents, frères et sœurs.

Sébastien Freund, enlevé de sa famille à l’âge de 4 ans, écrivit ainsi aux autorités lucernoises, le 7 février 1842, alors qu’il avait juste 20 ans : « Je vous prie de me bien expliquer comment mon père et ma mère sont morts s’ils sont morts ou s’ils existent encore, où ils sont, ce qu’ils font », en ajoutant que ces questions « me tourmentent sans cesse ».[4]

Dans une circulaire du 25 mai 1843, le Conseil d’Etat de Neuchâtel évoquait de son côté :

« Une bande assez considérable de ces malheureux vagabonds connus en Suisse sous le nom de heimatloses et qui, chassés de lieu en lieu par les polices des Cantons orientaux, sont entrés sur notre territoire dans la nuit du 30 avril au 1er Mai sous la direction de la Gendarmerie bernoise. C’est pour la première fois, fidèles et chers Confédérés, que les yeux de notre population et les nôtres étaient frappés du pénible spectacle que nous a offert la vue de ces infortunés. »[5]

Le secrétaire de la Direction de la Police centrale de Neuchâtel, un certain A. Favre, ajouta à cette circulaire du 25 mai le protocole de son interrogatoire du 27 juin 1843. Il concernait quelques membres de ce groupe de vanniers qui avait été chassé par les polices de plusieurs cantons. Le vannier Jacob Reichenbach y raconte la vie quotidienne de sa famille pendant un mois :

« Jacob Reichenbach […] a été amené à la direction le 13 courant, de la Borcarderie, ainsi que sa femme et ses six enfants, par les soins de particuliers bienveillants qui ont fourni un char pour les transporter à Neuchâtel.

D(emande). Où il a été depuis le 8 mai dernier […] ?

R(éponse). Que déjà ce même jour il a été arrêté par des gendarmes vaudois et fribourgeois ; ainsi que la famille Waible, et qu’on les a fait coucher à Coudrefin.

D. Ce qu’il est devenu le lendemain ?

R. Que les gendarmes l’ont conduit en bateau sur le territoire bernois à travers la Broie ; qu’il est allé sur le grand marais, ayant de l’eau jusqu’à la ceinture ; qu’il a dû faire six voyages successifs d’une demi lieue pour porter sur son dos chaque de ses enfants à travers les eaux qui recouvraient le marais.

D. Où ils ont couché cette seconde nuit ?

R. Sur le marais ; qu’étant tout mouillés, qu’ils ont fait du feu pour se sécher, mais que déjà le même soir un gendarme bernois est revenu à quatre heures du matin pour leur donner l’ordre de partir, ne pouvant les conduire lui-même, vu la quantité d’eau qu’il avait sur les marais ; qu’alors ils se sont dirigés du côté de Chiètres, et qu’ils ont couché dans le grand marais sur le territoire fribourgeois.

D. Ce qui leur est survenu le quatrième jour ?

R. Que les deux gendarmes de Chiètres sont arrivés de grand matin et les ont refoulés sur le marais bernois ; qu’ils y sont resté jusqu’à la nuit, n’ayant rien à manger ; et qu’ils ont profité de l’obscurité pour se diriger du côté de Laupen, où ils ont couché dans une forêt.

D. Ce qu’il se rappelle du cinquième jour ?

R. Que comme il faisait mauvais temps, que son enfant était malade, et que lui-même était indisposé, il est resté deux jours à la même place ; que là Waible et sa famille l’ont quitté pour aller plus loin.

D. Ce qu’il est devenu le huitième jour ?

R. Qu’un gendarme fribourgeois l’a arrêté et reconduit sur la frontière bernoise du côté de Chiètres ; qu’il s’est rendu à Chiètres, pour y consulter un médecin au sujet de son enfant ; et que comme il revenait, le gendarme l’a de nouveau arrêté et reconduit avec sa famille sur les marais bernois ; qu’ils y sont couchés jusqu’ à près de minuit ; et qu’ensuite ils se sont dirigés du côté d’une forêt non loin d’Anet.

D. Ce qu’il a fait ce neuvième jour (17 mai) ?

R. Qu’il a pu rester tranquille pendant plusieurs jours dans les forêts.

D. De quoi il vivait pendant ce temps ?

R. Du produit de quelques paniers qu’il faisait et que sa femme allait vendre dans les villages, tout en demandant des pommes de terre et du lait des paysans.

D. Où il a été dès lors ?

R : Que les gendarmes bernois l’ont conduit de Cerlier à travers le lac ; après huit heures du soir, sur le territoire neuchâtelois aux environs du Landeron ; qu’il a couché au bord du lac. Ce devait être le 1er juin, vu que le gendarme Marindaz les a arrêté le 2 et a voulu les conduire au pont de Thielle, où ils ont été refusés par le M. Stouky, ce qui a engagé Marindaz à leur faire passer la frontière du côté de la Neuveville. Ils ont logé à l’hôpital de cette dernière ville, la nuit du 2 au 3 juin, et ont été conduits le lendemain matin sur ce pays à travers la montagne. Le gendarme de Lignières les a arrêtés le soir du même jour et les a reconduits le lendemain 4 courant, du côté de Prêles. Le même jour ils ont déjà été arrêtés par le gendarme de Nods, et ont été refoulés sur ce pays à une certaine distance du village de Lignières. Le soir ils sont retournés d’eux-mêmes dans le canton de Berne et se sont dirigés du côté du Val-de-St-Imier, où ils ont été arrêté deux fois par la gendarmerie bernoise que les a reconduits sur les frontières de ce pays. Enfin ils sont venus à travers les Montagnes du Val-de-Ruz jusqu’à la Borcarderie, d’où on les a amenés le 13 courant à la Direction. »[6]

Au cours de cette même année 1843, les Confédérés eurent à débattre d’un nouveau concordat concernant les « heimatloses » (un terme bien connu en allemand après le livre d’Hector Malot[7]). Ils eurent à choisir entre un principe de tolérance (mettant fin à la chasse policière), l’inclusion d’une partie au moins de cette population en tant que citoyens, la déportation de tous ces gens pour aider la France à coloniser l’Algérie ou encore leur utilisation pour cultiver les marais entre les lacs de Neuchâtel, Bienne et Morat.

L’instauration d’un régime radical-libéral moderne en Suisse, seul pays d’Europe qui modifia ses institutions à la suite des révolutions de 1848, eut d’emblée des conséquences pour les « heimatloses » avec la loi fédérale de décembre 1850. Elle obligeait les cantons et les communes à accepter les nomades suisses comme des citoyens, sauf ceux qui seraient considérés comme des étrangers après une enquête du procureur fédéral. Ceux-là, on les refoulerait hors de Suisse, quitte à briser des liens familiaux, qui n’étaient de toute façon même pas régularisés par le mariage, puisque les « heimatloses », les sans-papiers de l’époque, n’avaient pas de droits, pas même celui de se marier. Par une procédure minutieuse, recourant aux premiers photographies policières et à de longues interrogatoires, le procureur fédéral analysait minutieusement les liens éventuels des nomades avec des cantons ou des communes spécifiques. Le cas échéant, les cantons ou les communes sollicités n’acceptaient de nouveaux concitoyens qu’à contre-cœur, faisant preuve d’une résistance juridique de longue durée, en recourant au Tribunal fédéral et en essayant, souvent avec succès, de forcer les indésirables à l’émigration vers l’Amérique. Des membres des familles nomades suisses ont ainsi dû attendre d’être acceptés comme citoyens suisses jusqu’en 1916, plus de soixante ans après la loi de 1850.

La Constitution fédérale et son libéralisme, avec l’introduction en 1848 du droit de transit et de libre circulation sur tout le territoire suisse pour les Tsiganes, s’est heurtée aux traditions et à la résistance des corps de polices cantonaux. Les cantons parvinrent ainsi, en 1888, à mettre fin à cette période de relative tolérance et à faire fermer les frontières pour les Rom, Sinti, Manouches et Yéniches étrangers. En 1906, une loi suisse fut même adoptée pour interdire le transport de Tsiganes par voie ferroviaire ou par des bateaux à vapeur.

En 1913, la procédure standard à l’encontre des Rom, Sinti, Manouches ou Yéniches étrangers qui étaient entrés clandestinement en Suisse était la suivante : on séparait les familles, moment particulièrement traumatisant, en isolant les hommes dans le pénitencier de Witzwil - où l’on colonisait des marais. Les femmes et les enfants étaient placés dans des homes de charité, par exemple de l’Armée du salut à Genève.

Comme les autorités le reconnaissaient ouvertement, ces mesures avaient été prises pour mieux dissuader et mieux identifier les Tsiganes. La police fédérale et les polices cantonales tenaient un registre de Tsiganes avec photographies, empreintes digitales, en coopération avec le registre de Tsiganes de la police de Munich et, dès 1923, avec Interpol.[8]

Pendant les douze années du régime nazi en Allemagne, qui allait pratiquer l’extermination de tous les Tsiganes d’Europe que les bourreaux purent capturer, ce qui fit un demi-million de morts parmi ce groupe de victimes du régime hitlérien, la Suisse a maintenu cette fermeture des frontières, ainsi que sa coopération avec Interpol, transféré en 1940 de Vienne à Berlin et presidé par Heydrich, élu avec les voix des délégués suisses[9]. Ainsi, aucun Tsigane cherchant à échapper à l’extermination n’a été accepté comme réfugié en Suisse. Il n’y eut que de très rares exceptions, comme ces trois familles sinti arrivées plus tôt, dans les années 1920, de l’Italie et de la France, que les autorités suisses ne parvinrent pas à refouler dans ces pays, puisqu’ils étaient tout de suite aussi radicalement renvoyés en Suisse, ce qui donna même lieu à de véritables batailles entre la milice fasciste italienne et la police suisse[10]. Le cas tragique du jeune Sinto allemand Anton Reinhardt, qui cherchait à se sauver en Suisse en traversant le Rhin à la nage en août 1944, est typique. Évadé de l’hôpital de Waldshut, où la Gestapo et les médecins préparaient sa stérilisation forcée, il parla ouvertement aux autorités suisse de sa peur d’être déporté à Auschwitz. À cette date (août-septembre 1944), on connaissait bien sûr clairement le destin des déportés. Mais les autorités suisses le firent quand même refouler en Alsace, alors encore occupée par les Allemands. La police allemande arrêta Reinhardt et le mit dans le camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Il parvint à s’enfuir une nouvelle fois, mais un groupe de SS l’arrêta, alors qu’il avait dix-sept ans, et le fusilla quelque jours avant la fin de la guerre[11].

La fermeture des frontières suisses pour tous les Tsiganes, et tous ceux que les douaniers ou la polices identifiaient comme tels, s’est poursuivie jusqu’à 1972. Les protestations de quelques diplomates ou journalistes étrangers, informés par des Rom de cette discrimination, n’ont pas ébranlé cette tradition suisse de très longue durée.

De la même manière, les méfaits de « l’œuvre d’aide aux enfants de la grand-route » se sont prolongés à l’encontre des Yéniches jusqu’en 1973, moment des interventions de Sergius Golowin et Hans Caprez. Cette « œuvre d’aide », organisée dans le cadre de la Pro Juventute, aura enlevé, de 1926 à 1973, au moins 619 enfants, retirés à leurs familles pour être placés dans des familles sédentaires, dans des homes et des institutions comme Bellechasse, à Fribourg, où les jeunes Tsiganes étaient forcé de cultiver les marais de la région. Cette opération fut planifiée de façon précise, avec des généalogies et des listes complètes des familles yéniches présentes dans le pays[12].

Lorsqu’on étudie rétrospectivement cette opération de destruction systématiques des familles yéniches en Suisse, le comble du cynisme est sans doute atteint par le fait que le fondateur de « l’œuvre d’aide aux enfants de la grand-route », qu’il a dirigée de 1926 à 1958, un certain Alfred Siegfried qui fut tuteur de centaines d’enfants yéniches, n’était pas n’importe qui. En effet, deux ans auparavant, en 1924, il avait été licencié du service scolaire du lycée de Bâle pour cause d’abus sexuel commis contre des élèves[13]. Son successeur à la tête de « l’œuvre», le psychologue Peter Döbeli, allait être lui aussi condamné, en 1959, pour les mêmes raisons, mais il devra quitter son poste[14].

Enfants enlevés de force à leurs familles afin de leur retirer tout contact avec leur culture d’origine, femmes stérilisées à leur insu, telles sont les réalité de la politique suisse à l’égard des Tsiganes qui ont mené, en 1986, le président de la Confédération Alphons Egli à présenter des excuses officielles et à engager une - modeste - procédure d’indemnisation.

Après cette action dévastatrice, masquée jusqu’en 1973 sous les traits pernicieux d’une organisation caritative, les Yéniches, Sinti et Roma de Suisse sont enfin parvenus à se doter d’organisations légales. La première de ce genre, la « Radgenossenschaft der Landstrasse », a été fondée en 1975 et publie depuis lors son journal, « Scharotl » - ce qui signifie « roulotte » en langue Yéniche. En novembre 2003, la « Radgenossenschaft » a mis sur pied un centre de documentation de la culture yéniche à Zurich[15]. En 1997-1998, les Rom vivant en Suisse ont également fondé leur propre organisation. Quant à la reconnaissance de ces groupes comme minorités, la disponibilité des ressources et subventions, leur intégration dans la vie politique, leur scolarisation etc., il nous faut bien constater qu’ils restent toujours marginalisés et qu’ils vivent souvent dans des situations de discrimination directe ou indirecte. Cependant, il faut espérer que les Yéniches, Manouches et autre groupes tsiganes, en particulier les millions de Rom qui se trouvent dans l’Europe des l’Est, sont sur la voie d’une meilleure reconnaissance et du respect de leurs droits en tant que personnes humaines.









[1] Thomas Huonker, * 1954, historien à Zurich, auteur de plusieurs livres, responsable du projet de recherche du fonds national suisse No. 4051-69207 « En route entre persécution et reconnaissance. Formes et vues d’inclusion et d’exclusion des Yéniches, Sinti et Rom en Suisse de 1800 à nos jours ».

e-mail : thomas.huonker@spectraweb.ch

website: www.thata.ch

[2] « Issu du latin dies (« jour »), comme l’italien dieta, le mot diète s’utilise depuis 1500 pour des assemblées fédérales, mais aussi pour celles de certains cantons ou ligues. Il s’explique par le fait que la réunion est fixée pour tel jour ; on retrouve cette idée dans les termes allemands de Tagsatzung (littéralement « fixation d’un jour »), Tagleistung ou Tag, qui apparaissent à la fin du XVe s. et s’imposent au XVIIe s. Encore employé de nos jours en Autriche, le mot Tagsatzung a aussi pu désigner dans la première moitié du XIXe s. un Parlement cantonal (Kantons-Tagsatzung) ». Extrait de l’article « Diète fédérale » du Dictionnaire historique de la Suisse, www.lexhist.ch/externe/protect/francais.html.

[3] « enfants fourbes »

[4] Archive de l’Etat Lucerne, AKT 24/58 C.3

[5] Archive de l’Etat Lucerne, AKT 24/58 B.2

[6] Archive de l’Etat Lucerne, AKT 24/58 B.2



[7] Son livre Sans famille a été publié en allemand sous le titre Heimatlos.

[8] Laurent Greilsamer, Interpol. Policiers sans frontières, Paris, Fayard, 1997, surtout le chapitre « La chasse aux tziganes, pp. 12ff. ; Thomas Huonker et Regula Ludi, Roma, Sinti und Jenische. Schweizerische Zigeunerpolitik zur Zeit des Nationalsozialismus, Zürich, Chronos Verlag, 2001, pp.41-50. Cet ouvrage qui n’a malheureusement pas été traduit en français constitue le volume 23 des rapports de la Commission Indépendante d’Experts Suisse-Deuxième Guerre mondiale. Voir le site www.uek.ch/de/publikationen1997-2000/romasint.pdf.

[9] Ibid., pp.48ss.

[10] Ibid., pp.72-791.

[11] Ibid., pp.81-84.

[12] Sylvia Thodé-Studer, Les Tsiganes suisses, la marche vers la reconnaissance, Lausanne, Réalités sociales, 1987 ; Marielle Mehr, Âge de pierre, Paris, Aubier-Montagne, 1987 ; Thomas Huonker, Fahrendes Volk - verfolgt und verfermt. Jenische Lebensläufe, Zurich, Limmat Verlag, 1987. Cet ouvrage contient dix interviews de Jenisches placés hors de leur famille par l’« Œuvre d’aide » ; Laurence Jourdan, « Chasse aux Tsiganes en Suisse », Le Monde Diplomatique, octobre 1999, p.8 ; Walter Leimgruber, Thomas Meier et Roger Sablonnier, L’œuvre des enfants de la grand-route, Berne, Archives fédérales, 2000 ; Bernadette Kaufmann, Enfants dans la tourmente. Résumé de l’étude historique « L’œuvre des Enfants de la grand-route », édité sur mandat de l’Office fédéral de la culture, Lausanne, Éditions ÉÉSP, 2003.

[13] Thomas Huonker et Regula Ludi, Schweizerische..., op.cit., p.43.

[14] Thomas Huonker, Fahrendes Volk..., op.cit., p.244.

[15] Voir le site www.radgenossenschaft.ch.


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11/05/2009

France TV condamnée pour incitation à la haine raciale à l'égard des Rroms

Ce jeudi 7 mai 2009, la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a rendu sa décision concernant l’affaire de l’émission «Délinquance : la route des Roms ». M. Yves-Marie Laulan, intervenant à l’émission, ainsi que Marc Tessier, ancien PDG de France télévisions, ont été condamnés à des peines d’amende et à des dommages-intérêts. Les associations rroms, qui avaient initié la procédure par une plainte simple au procureur de la République se disent à moitié satisfaites par la décision.

C’est certes une première judiciaire : France Télévisions condamnée pour incitation à la haine raciale, qui plus est, grâce à l’initiative d’une série d’associations rroms qui ont saisi la justice.

Cependant, faut-il inciter au génocide pour être condamné ? Car les propos d’Yves-Marie Laulan, le seul intervenant à l’émission à être condamné, plus qu’une incitation à la haine, correspondent à une incitation au génocide. M. Laulan avait en effet affirmé entre autres que « pour bien faire », il faudrait « soustraire ces enfants » à leurs familles.

En revanche, le fait de parler de « criminalité organisée à base clanique ou ethnique », de « Dalton » qui « tirent sur tout ce qui bouge », dire que « ces gens-là sont effroyablement dangereux » (Xavier Raufer) n’a pas été jugé comme incitant à la haine raciale. Pas plus qu’imprimer sur l’écran « Délinquance : la route des Roms » et systématiquement ramener la discussion vers les réseaux mafieux et la dangerosité des Rroms, comme Yves Calvi l’a fait.

Les associations rroms estiment qu’il s’agit d’un premier signal positif pour faire barrage à l’antitsiganisme dans les médias, mais restent déterminées à poursuivre leurs actions, y compris en justice.

Un site internet a été consacré à l'émission 'Délinquance: la route des Roms', sur lequel sera publié entre autres l'intégralité du jugement, dès qu'il sera en notre possession http://www.leracismealecran.info/
Source la voix des Rroms

Pour visionner l'émission incriminée


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