29/06/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 - Jobbik et sa Magyar Garda

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De qui parlent-ils assis sur leurs bancs européens les racistes, les xénophobes, les baveux dégoulinant de haine ? De qui parlent les partis extrémistes de la Hongrie, du Royaume-Uni, de la France, de l’ Autriche, des Pays-Bas, de la Finlande, de la Pologne, de la Slovaquie, de la Bulgarie, de la Belgique (Flandre), du Danemark, de l’ Italie, de la Roumanie, et de la Grèce ? Des flux migratoires et des minorités honnies qui leur donnent de véritables hémorroïdes assis qu'ils sont à trôner sur leurs sièges européens, les Rroms , eux, leur donnent carrément la haine .

Le Jobbik - Mouvement pour une Meilleure Hongrie - s’est constitué en parti politique en octobre 2003 à partir du mouvement de jeunesse éponyme. Rejet de la politique néolibérale. Il se décrit comme un parti fondamentalement conservateur, patriotique et chrétien. Si chrétiens que ça ne les empêchent pas de tuer des Rroms désignés comme le mal absolu, animés qu’ils sont par la crainte de l’augmentation massive de la population rrom, à laquelle ils associent la criminalité. Mais ils soulignent sur leur site ne pas être racistes, mais qu’il serait juste urgent de réprimer.

Sous l’impulsion du Président s’est constituée la Garde hongroise (Magyar Garda) milice paramilitaire néo-nazie connue pour semer la terreur parmi les populations juive et rrom du pays et qui se donne pour objectifs de réveiller la conscience nationale de la Hongrie. Mais encore elle étend son réseau dans les pays voisins en Slovaquie particulièrement, autre tentative auprès de leurs homologues en république tchèque, un journaliste slovaque est allé jusqu’à les comparer à l’ancien Hitlerjugend. Ils ont en commun un fort rejet de l’Union Européenne qui selon eux n’a pas apporté de solutions aux problèmes économiques, ils refusent de devenir les provinces vassales de Bruxelles. Très soutenus par Bruno Gollnisch, ils ont le total appui du FN par leur représentant français.

La communauté rrom en Hongrie est très importante et estimée entre 500 et 700’000 membres. Avec la crise, ils deviennent la cible idéale, outil parfait de la propagande Jobby qui assure des voix au Parti.

Une série de crimes grave a frappé la minorité Rrom, le dernier survenu en avril à Tatárszentgyörgy, des cocktails molotov ont été jetés sur la maison. Lorsque les habitants ont tenté de fuir, un père et son fils de 4 ans ont été tués par balles, deux enfants ont été gravement brûlés et les coupables courent toujours.
On s’inquiète est-il possible de tuer un Rrom sans être puni ?
Bien que la police soupçonne des membres de la Garde Hongroise, récemment déclarée hors-la-loi par la justice, d’avoir commis quelques-uns des nombreux assassinats de Rroms. Les forces de l'ordre sont elles-mêmes mises en cause en raison de leur inaction.

Depuis novembre, cinq Roms ont été assassinés. Chaque semaine qui passe apporte son lot de nouvelles agressions commises contre des villages rroms. Bien que La police admette que ces attaques avaient été organisées par la Garde hongroise, la nouvelle eurodéputée du parti Jobbik, Krisztina Morvai, a quant à elle laissé entendre que les Roms s’entretuaient en Hongrie ou qu’il ne s’agirait que d’accidents.
Au sein même de la police, certains pourraient appartenir à la Garde hongroise ce qui expliquerait le refus d’enquêter, une omerta règne au coeur de la police même. Enquêtes bâclées, éléments dissimulés, etc. Mais le mode opératoire “professionnel” ne laisse aucun doute sur le fait qu’il y a une forte probabilité pour qu’il s’agisse bien de professionnels , c’est-à-dire la police elle-même.

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Reportage ARTE Magyar Garda - Zoom Europa 14.11.2007
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28/06/2009

Dessine-moi l'Europe fasciste de 2009 !

skinhead.jpgRatonnades, bavures, injures, menaces néo-nazies ont fait leur retour et les Rroms sont régulièrement pris pour cibles. Depuis plusieurs mois les incidents se multiplient en Italie, en Roumanie, en République tchèque, en Slovaquie. L'Italie a dû instaurer l'Etat d'urgence en Campanie, dans le Lazio et en Lombardie après de graves incidents. L’Europe répond faiblement à ces attaques en mentionnant toujours des “actes isolés” si répétitifs qu’on finit par conclure qu’ils ne sont pas si isolés que ça mais bien le fait de groupes organisés.
Des solutions urgentes et fermes s'imposent face à ces montées extrémistes qui sont dangereuses pour l'équilibre européen et qui portent atteinte à la démocratie.

On peut constater que les élections européennes ont été marquées par un triomphe de la droite et du centre-droit. L’extrême-droite, face au repli identitaire, progresse réalisant un score à deux chiffres dans huit Etats membres, l'Autriche, la Belgique, la Bulgarie, le Danemark, la Finlande, la Hongrie, l'Italie et les Pays-Bas. Aux Pays-Bas, le parti de Geert Wilders arrive en seconde position et prend le relais de Pim Fortuyn qui avait atteint les 26% aux législatives de 2002. Le Royaume-Uni enverra siéger à Strasbourg pour la première fois 2 députés du BNP (British National Party): «L'Alarme orthodoxe» grecque y fait son entrée. Pendant la campagne électorale européenne, la Turquie et l'islam ont été utilisés par tous les partis d'extrême droite comme un épouvantail.

Pour la première fois de manière durable, l’extrême-droite semble en mesure de constituer un groupe politique, c'est-à-dire rassembler au moins 25 élus de plus de 7 pays différents.
La campagne électorale a donné lieu à de vrais débordements devant lesquels les gouvernements et les institutions européennes ont été prises de court. Pour la première fois en Europe, 70 ans après l'Holocauste, des néo-nazis sont apparus dans plusieurs Etats membres, des propos racistes, voire des clips de campagne comme en République tchèque ont plaidé la solution finale (à l'égard des Rroms).

La crise angoisse les Européens et les poussent à se braquer face à l’immigration, exil et accueil des réfugiés passent à la trappe dénonçant vivement “l’Europe passoire”. Avec la crise et la montée du chômage, les partis d'extrême droite font campagne contre la mondialisation et contre les politiques européennes

Le slogan du Parti de la Liberté néerlandais a été : «Moins d'Europe, plus de Pays-Bas, jamais de Turquie». Il a recueilli 17% des voix. Partout ces arguments ont été largement utilisés, parfois à des fins internes compliquées comme en Belgique où les différents partis d'extrême-droite recueillent 28,5% des suffrages, mais aussi en Autriche (17%), en Hongrie (14,7%), au Danemark (14,8%) et même en Italie où la Ligue du Nord rassemble 10,22% des électeurs malgré les gesticulations berlusconiennes dans la même direction. Alors que la gauche et l'extrême gauche auraient pu bénéficier des excès libéraux révélés par la crise financière, c'est l'extrême droite qui la supplante dans le discours protestataire.

Les déçus du post-communisme se rabattent sur des droites extrêmes et qui progressent surtout dans les milieux populaires . On croyait l’extrême droite fasciste ou néonazie marginale, force est de constater qu’elle prend de l’ampleur et s’organise sur un mode si identique qu’il faut se demander s’il n’existe pas une coordination au niveau européen.
Aussi bien en Tchéquie, en Italie, qu’en Hongrie et récemment en Irlande du Nord, il y des similitudes dans la façon d’attaquer les Rroms qui laissent songeurs et qui porterait à croire qu’il y a une forme de rassemblement autour d’une idéologie commune, avec des plans d’attaques organisés qui ne sont pas le fait de groupe isolés comme la presse tenterait de le faire croire. On observe un ralliement des anti-européens qui fait recette dans les formations politiques nationalistes. Le terrorisme brun semble se nourrir aux mêmes sources celles de Aryan Nations ou The Order.
Les nationalistes xénophobes s’organisent et progressent soutenus par une population en proie à la crise, au chômage, on se rallie autour de symboles réunificateurs dans une Europe instable. Préférence nationale, arrêt de l’immigration, renvoi des étrangers (quitte à les chasser ou les exterminer) opposition à la mondialisation et à toute supranationalité, l’Union européenne fait le lit des extrémismes nationalistes.
Le profil type des nationaux-populismes est un homme appartenant aux milieux populaires, de faible niveau de qualification et d’éducation- chômeur potentiel et frappé de plein fouet par la récession.

En Europe centrale et orientale, les partis se rattachant à ce courant ont une conception ethniciste de l’identité, souvent combinée avec des revendications territoriales irrédentistes (grand-hongrois ; grand-roumain). Hostilité agressive aux minorités nationales en Roumanie et qui représentent un quart de la population du pays, exaltation du nationalisme roumain. On va jusqu’à adopter des positions révisionnistes exaltant le régime fascisant du Maréchal Antonescu et niant l’holocauste des Juifs de Roumanie et de Moldavie.

L’anticommunisme de ces mouvements d’extrême-droite les conduits souvent à réclamer la réhabilitation des dirigeants profascistes d’avant-guerre (comme en Slovaquie, où le Parti national slovaque, SNS, revendique l’héritage de l’évêque collaborateur Tiso), voire ­- dans les pays baltes (Lettonie) -­ à considérer les complices des nazis comme des patriotes. Plusieurs de ces partis, comme le SNS et le Parti radical serbe (SRS), ont participé à des gouvernements, tandis que Romania Mare, hybride de nationalisme droitier et de nostalgie de l’ère Ceaucescu, est le second parti de Roumanie.

La faillite économique et sociale des méthodes ultralibérales de transition vers l’économie de marché, la crainte des conséquences de l’entrée dans l’Union européenne, combinées avec la persistance de l’antisémitisme et du racisme anti-roms, sont les causes principales de leur succès.

(sources : Slate.fr- Article l’Europe immobile face à l’extrême-droite)
http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/extrême-droite

La télévision publique tchèque a retiré de l'antenne un spot de campagne du Parti National, un parti d'extrême-droite. Ce spot pour les européennes parlait d'une solution finale à la question rrom.



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26/06/2009

Rroms et Rompubblica : tous des subversifs selon Silvio !

449832132.jpg Silvio et son harem !





















Silvio Berlusconi a appelé les entrepreneurs à ne plus faire de publicité dans le quotidien La Repubblica qui a diffusé des informations sensibles le concernant, de près ou de loin, il ne souhaite aucun commentaire sur son “harem” composé de femmes qui dansent, virevoltent, usent et abusent de leurs charmes payés ou pas par Silvio. Mais la presse ne se laisse pas démonter, des nouvelles paraissent tous les jours sur le fameux “harem” berlusconien. A son tour, il menace la presse de frapper bas, très bas, c’est-à-dire au portefeuille, là où ça fait très mal.


Silvio se se sent victime d’une "campagne de haine”. Sur la haine, il en connaît un bout du reste pour l'avoir souvent pratiquée. Le second quotidien italien après le Corriere, le journal la Reppublicca est traité de subversif . Le groupe de presse l’Espresso auquel est rattaché La Repubblica prévoit d’intenter une action à l’encontre de Berlusconi qui ne respecte par la liberté de la presse et du coup le titre gagnait 9% à la bourse de Milan. Le groupe L'Espresso contrôle également l'hebdomadaire du même nom, un des deux principaux en Italie avec Panorama, propriété de la famille Berlusconi.

Les révélations fracassantes on les connaît, celles en lien avec la jeune Noémie, mineure à l’époque où ils se seraient connus. Les résidences du président du conseil deviendraient le rendez-vous privilégiés des «Rufians, maquereaux, courtisans et prostituées» on parlerait même de cocaïne. Silvio se défend véhément - Payer moi ? Jamais ! Séduire et conquérir devrait suffire – un tantinet auto-suffisant Cavaliere. La call-girl Patrizia d’Addario n’aurait-elle attirée que par les liftings de Silvio ?

Times se demande carrément si Silvio ne serait pas tout bonnement impuissant, ceci expliquant tout cela. “Papounet” aurait des défaillances. Le journal n’y va pas de main morte à l’encontre de la main baladeuse du Cavaliere: « phallocrate standard de dessin animé. Mâle italien pompeux, vain, gonflé... et sexuellement insécurisé, qui s'est auto-proclamé un bon coup pour les femmes."

Est-ce à cause de cette incapacité à prouver sa virilité que Silvio s’attaquerait aux plus faibles, aux plus précarisés ? Montrer sa force de puissance pour cet "impuissant notoire". Le masque du bouffon tombe. On apprend par quelques indiscrétions qu’il aurait mis à disposition son avion officiel pour inviter une danseuse de flamenco, aime-t-il vraiment le flamenco gitan ? Alors encore un peu de flamenco Silvio, d'une femme, qui elle, a vraiment de la classe !




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25/06/2009

Qui sont ces groupes fascistes qui s'en prennent aux Rroms en Irlande du Nord ?

pd1652984-1.jpgLes hommes qui se sont attaqués aux Rroms à Belfast se réclament d'un groupe fasciste, raciste, appelé Combat 18 - 18 initiale d'Adolf Hitler (1 = A pour Adolf - 8= H pour Hitler - position des lettres de l'alphabet numérotées = 18 pour Adolf Hitler) - ils sont issus du groupe armé Blood and Honour et revendiquent la suprématie blanche, né-nazis particulièrement violents. Implantés en Irlande du Nord, protestants qui défendent la Britannité du Nord, et haissent les étrangers -On passe en 1996 de 41 crimes et délits raciste à 1'000 attaques racistes en 2008. En Europe on voit des groupes extrêmistes essaimés un peu partout en proie à de vieux démons - Faut-il s'en inquiéter ? - Qui sont-ils vraiment ? Les gouvernements ont-ils encore le contrôle sur ces groupes ? Autant de questions qui méritent des réponses urgentes pour éviter une dérive xénophobe violente issue de groupes organisés au niveau européen , puissants, militarisés et haineux capables d'attaquer et même de tuer si on les laisse faire comme on vient de le voir récemment en Irlande.

Le C18 est international, il sévit en Slovaquie, en Angleterre, en Serbie, en Irlande, en Scandinavie, en Allemagne et ailleurs vraisemblablement.

Organisation nazi-britannique formée en 1992, après des réunions entre les membres du groupe Blood and Honour. Le 18 contenu dans leur nom est généralement employés par les groupes néo-nazi, et est dérivés des initiales d'Adolf Hitler : A et H sont la 1er lettre et 8ème lettres de l'alphabet. Il a été créé en réponse aux antifascistes sur des réunions de la Partie Nationale Britannique (BNP) et d'autre groupe d'extrême droite. Certains journalistes disent qu'au contraire, il aurait été créé par le service de sécurité interne britannique MI5 pour critiquer la BNP et pour attirer les néo-nazi les plus violents au Royaume-Uni. Le C18 aurait servi au MI5 pour filtrer les groupes paramilitaires loyalistes en Irlande du Nord. Ainsi, il aura eu une « permission » de blesser les antinazis dans l'Est londonien et de brûler les librairies de gauche, les vols de renseignements permettaient de dresser des listes de centaines de victimes potentielles. Cette liste incluait des noms de membres du Parlement, celui du chef du parti libéral-démocrate, Paddy Ashdown, chef principal de la police de Londres, Richard Wall. Elle comportait aussi une vingtaine d'informations sur les techniques de fabrication des bombes. Une copie de cette lettre fut récupérée et donnée aux membres de l'équipe de lutte anti-C18, la police fit une descente chez les chefs du C18 (Charlie Sargent et Will Browning). Charlie Sargent fut responsable d'attaque contre les membres de l'équipe du BNP, qui s'opposaient à leur trafic d'armes et de drogues. En 1998, Charlie Sargent a été condamné pour le meurtre d'un membre de son groupe C18 en 1997. Entre 1998 et 2000, des douzaines de membre du C18, au Royaume-Uni, ont été arrêtés par la police sur de divers faits, dans plusieurs opérations conduites par la cour d'Ecosse en coopération avec MI5. Parmi les personnes arrêté : Steeve Sargent (frère de Charlie), deux soldats britannique, Darren Theran (régime de parachute), Karl Wilson (1er bataillon et 1er de la reine), et bien d'autre... Plusieurs de ceux-ci ont été arrêtés, et emprisonnés par la suite.


Pendant avril 1999, David Copeland (22 ans) a effectué une campagne de bombardement en voulant viser les noirs, asiatiques, et la communauté gay à Londres. Le 17 avril 1999, une bombe éclate dans Brixton, et les semaines suivantes une ruelle de Londres fut aussi bombardée, par trois bombes remplies de clous.


Aujourd'hui, Will Browning est le seul leader du C18, il aurait essayé, en 2000, d'organiser une campagne de lettres piégées à partir du Danemark. Mais trois personnes, qui faisaient parti du C18, ont été arrêtées. Ces trois personnes ont appris que l'ancien leader du C18, Charlie Sargent, informait la police sur les activités du C18.


Le 30 avril une troisième bombe a tué trois personnes, y compris une femme enceinte, et blessé plus de 100 personnes. D.Copeland a été arrêté le 30 juin 2000.
(source http://www.blogg.org/blog-10327-themes-les_skinheads-80778.html)




Une interview intéressante d'Anthony Bellanger



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22/06/2009

Agressions haineuses à Belfast contre les Rroms

19.36.jpgAttaques racistes en Irlande du Nord à l’encontre des Rroms. Depuis une semaine, les Roumains d'Irlande du Nord subissent des attaques racistes de la part d’un groupe paramilitaire loyaliste du Village. Intimidation, injures, menaces , ce groupe a déjà été impliqué pour des actes d’ordre raciste similaires, ils affirment pour leur part n’y être pour rien.

Une vingtaine de familles rroms originaires de Roumanie ont dû fuir de chez elles à Belfast après avoir subi des agressions plusieurs nuits de suite. Sous leurs fenêtres des groupes extrêmistes sont venus scander des slogans racistes en faisant le salut nazi, brisant les fenêtres et martelant les portes.

Les Rroms agressés ont d'abord cherché refuge mardi 16 juin dans une église du sud de Belfast. Ils ont ensuite été transférés temporairement par les autorités dans un centre de loisirs ailleurs dans la ville.

Depuis que les familles rroms ont fui de chez elles, la Police d'Irlande du Nord (PSNI) a aidé les services sociaux et des associations locales à les reloger temporairement.
La maire de Belfast Naomi Long a condamné ces attaques et a exhorté les habitants du quartier à soutenir leurs voisins. "Chaque citoyen a le droit de vivre sans peur ni intimidation", a-t-elle déclaré.

Le ministère roumain des Affaires étrangères "a fermement condamné tout acte raciste ou extrémiste et a appelé les autorités britanniques à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter que de tels actes ne se renouvellent".

BBC News romanian flee homes in Belfast



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24/05/2009

"Roms, Sintis et Yéniches" - Le livre qui fait mal

sriimg20090511_10682691_0.jpg Thomas Huonker historien et spécialiste des Yéniches en Suisse (swissinfo)

Un livre qui éclaire sur les relations qu'a entretenue la Suisse avec l'Allemagne nazie et sur sa politique pas tendre du tout à l'égard des réfugiés.
Une récente étude a démontré que la Suisse a été l'un des premiers Etats européens à restreindre la liberté de mouvement des Tsiganes qui s'accompagnait de l'interdiction de transporter des " Tsiganes " par train ou bateau à vapeur, a été maintenue par les autorités helvétiques après le début de la Seconde Guerre mondiale. Les frontières leur seront fermées dès 1906. Ces mesures d'entrée restrictives seront encore renforcées suite aux persécutions perpétrées par l'Allemagne nazie dès 1933. A cette époque, la politique de refoulement des Tsiganes d'un pays à l'autre rappelle, en partie, ce qui se passe aujourd'hui. L'attitude des autorités helvétiques vis-à-vis des gens du voyage est illustrée dans cet ouvrage par le suivi de plusieurs destinées individuelles. Enfin, ce livre passe en revue la politique suisse à l'égard des Roms, Sintis et Yéniches jusqu'à nos jours. Dans l'entre-deux-guerres, le refoulement de Roms et de Sintis étrangers ou apatrides a été pratiqué par la plupart des Etats européens. Ainsi, les polices des différents Etats renvoyaient, en toute illégalité, les " étrangers indésirables " vers les pays voisins.
Sédentarisation de force, fichage systématique . Avant l'arrivée au pouvoir des nazis, les " élites dirigeantes " helvétiques ont participé diligemment à la collaboration internationale policière visant à institutionnaliser la restriction maximale de mobilité des " Tsiganes ".
Cette coopération active se perpétua après l'avènement du Troisième Reich, alors que se préparait la déportation vers les camps de la mort des " Tsiganes ". La disparition d'archives cruciales, ajoutée à d'autres difficultés de recherche et définition, a rendu impossible une étude quantitative des refoulements de " Tsiganes ". Toutefois, les cas individuels exposés ici illustrent la substance de la politique suivie.
Le refus de reconnaître la nationalité suisse à des " Tsiganes " menacés de déportation et de mort est emblématique à ce propos. Dans sa postface, Thomas Huonker trace des trajectoires individuelles de " Tsiganes " à partir de sources découvertes après la rédaction de l'ouvrage. L'analyse de l'anti-tsiganisme helvétique est ainsi confortée ; au même titre que les relations des instances administratives et politiques suisses les plus élevées avec le régime nazi.

commentaires sur le livre source swissinfo.ch

Rroms, Sintis et Yéniches - La politique tsigane suisse à l'époque du national-socialisme de Thomas Huonker et Regula Ludi dans Editions Page Deux



Un article intéressant de Thomas Huonker -

Article paru dans "Le cartable de CLIO", No.4/2004, Lausanne, p.130-136)


« Jusqu’à la ceinture dans le grand marais ».

Roma, Sinti et Yéniches en Suisse, quelques aspects d’une persécution de longue durée

par Thomas Huonker, FNRS, Zurich[1]

En Suisse, comment les Yéniches, Sinti et Rom ont-ils été traités ? Les informations dont nous disposons sont très inégales. Mais ce qui frappe dans cette histoire, en Suisse, pour ces groupes ethniques, c’est le fait qu’il ne leur était vraiment pas facile d’exister. La Suisse avait été le premier État d’Europe à interdire la présence des Tsiganes, appelés les « Zeginer » ou les « Heiden » (les « Païens »), dans les cantons primitifs. Une décision a ainsi été prise à Lucerne, en 1471, par l’assemblée législative de ce temps-là, la « Tagsatzung »[2]. Elle interdisait d’« héberger ou [de] loger » les nomades. Cette politique de défense contre les Rom, dont les premiers groupes, venant de l’Europe du Sud-Est, et de l’Inde quelques siècles plus tôt, étaient arrivés en Suisse vers 1418, allait persister pendant exactement cinq cent ans. Il n’y a en effet guère un peu plus d’une trentaine d’années, en 1972, que les autorités suisses ont fini par renoncer à cette interdiction de séjour et de transit pour les Rom, Sinti, Manouches, etc., sur leur territoire.

Cette posture défensive permanente à l’égard de ce groupe ethnique, et de ses divers sous-groupes, trouvait son origine dans une série de représentations qui les diabolisaient. Elles s’observaient et étaient diffuses dans de nombreux autres pays, pesant lourdement sur la vie quotidienne des Rom. En 1525, par exemple, les autorités fribourgeoises avaient capturé et torturé un Rom. Sous la torture, les magistrats lui avaient fait avouer à peu près tout ce qu’ils souhaitaient. Il déclara par exemple que tous les Rom étaient des assassins et des malfaiteurs et qu’ils formaient une société secrète. Pour les autorités de l’époque, il n’y eut aucun doute, un tel malfaiteur méritait la mort !

Mais le pire devait encore arriver. Ainsi, les délégués du Canton de Schwytz ont-ils déclaré à la Diète de 1574, à Baden, que ces païens étaient tous des voleurs, et leurs femmes toutes des sorcières. Ce qui devait inaugurer une nouvelle politique envers les nomades. Jusque-là, en effet, on les capturait, on les torturait, on leur brûlait un stigma sur le corps et on les chassait hors de Suisse. Seuls ceux qui étaient repris une seconde fois étaient tués, soit pendus, roués ou décapités, par l’autorité juridique. Cette séance de la Diète de 1574 inaugura par contre une nouvelle stratégie contre les Rom, celle de l’extermination. L’autorité fédérale ordonna donc que chaque canton prenne les mesures nécessaires pour éliminer ces gens. Cependant, les délégués de Schwytz signalèrent à leurs compatriotes que ces « Zegyiner » se cacheraient tellement bien dans les montagnes qu’il serait assez difficile de les trouver.

Dans les faits, les autorités suisses laissèrent souvent la vie sauve à ceux qui étaient assez forts pour être vendu aux galères des rois de France, de Savoie ou aux républiques de Venise ou de Gênes.

Le système d’identification des nomades chassés hors de la Suisse au moyen de marques brûlées sur la peau, de coupures sur les oreilles ou d’autres mutilations similaires fut aussi combiné avec des listes nominatives de nomades. Elles incluaient les femmes et les enfants.

Certains fonctionnaires, comme ceux de Bâle, dessinaient à la main une croix ou d’autres symboles, comme des petits gibets, dans ces listes qui ont été parfois conservées sous forme de livres imprimés.

Pour la période plus récente, l’espoir de l’historien quant à une évolution positive de cette politique de tolérance-zéro envers les nomades grâce au triomphe des idées libérales - liberté, égalité, fraternité - en Helvétie, après la chute des institutions d’Ancien Régime à Berne, Bâle, Lucerne, Soleure, Fribourg etc. n’est que très partiellement confirmé par les sources.

La République, une et indivisible, sous les couleurs rastafari (les couleurs du drapeau de la République helvétique étaient le jaune, le rouge et le vert), mit certes fin à la torture, ce qui constitua sans doute un grand progrès pour les Tsiganes. En outre, à condition de payer une somme dûment établie, le droit d’être citoyen suisse, dès 1798, s’étendit, au moins en théorie, à chaque homme chrétien vivant en Suisse et de bonne réputation, ce qui incluait en principe les nomades qui voulaient devenir des citoyens sédentaires. Mais la notion de réputation ne manqua pas de poser problème, de même que les sommes qu’il fallait payer pour devenir suisse. Cela dit, il semble quand même que quelques vanniers, rémouleurs et colporteurs réussirent à devenir des citoyens. Alors que d’autres se retrouvèrent contre leur gré, comme autrefois, soldats des armées françaises, cette fois sous Napoléon 1er. La plus grande partie de la population nomade présente en Suisse poursuivit par conséquent sa vie clandestine et hors-la-loi dans les marais et les forêts.

Au cours du XIXe siècle, la situation sociale effective des nomades en Suisse fut peut-être pire que jamais. Dans les cantons régénérés, les gibets et les bourreaux avaient enfin disparu, mais il y avait par contre de plus en plus de policiers - la plupart des corps de police suisses ayant été constitués au début de ce siècle. Et au cours des crises frumentaires des années 1817 et 1847, les vanniers, rémouleurs, colporteurs ou musiciens nomades furent évidemment les premiers à perdre leurs moyens de survie. De plus, de nouvelles théories prétendument scientifiques virent le jour qui proposaient d’en finir avec ce genre d’hommes. Suivant les pratiques de l’Absolutisme en France et en Autriche, mais en combinaison avec certaines idées pédagogiques, on séparait aussi les enfants des nomades qui étaient capturés de leurs familles, pour les transformer, sous des noms d’emprunt, en des individus conformes aux valeurs sédentaires. En 1825, à Lucerne, suite à un procès concernant la mort (restée obscure) d’un politicien anticlérical, toute une grande famille nomade fut mise en prison. Clara Wendel, la plus connue de la famille, confessa chaque crime dont elle était accusée par les procureurs. Elle finit ses jours dans la clinique psychiatrique lucernoise de St. Urban. Les enfants de ce groupe furent alors placés séparément dans de « bonnes familles » sous l’égide de la Société suisse d’utilité publique. Quelques-uns de ces « Gaunerkinder »[3], comme on les appelait à Lucerne, furent placés en Romandie. On retrouve par exemple l’un d’entre eux dans un pensionnat d’Estavayer-le-Lac sous son nouveau nom de Sébastien Freund. Dans des lettres conservées aujourd’hui aux Archives d’État de Lucerne, ces enfants déploraient la séparation de leurs familles et cherchaient à retrouver leurs parents, frères et sœurs.

Sébastien Freund, enlevé de sa famille à l’âge de 4 ans, écrivit ainsi aux autorités lucernoises, le 7 février 1842, alors qu’il avait juste 20 ans : « Je vous prie de me bien expliquer comment mon père et ma mère sont morts s’ils sont morts ou s’ils existent encore, où ils sont, ce qu’ils font », en ajoutant que ces questions « me tourmentent sans cesse ».[4]

Dans une circulaire du 25 mai 1843, le Conseil d’Etat de Neuchâtel évoquait de son côté :

« Une bande assez considérable de ces malheureux vagabonds connus en Suisse sous le nom de heimatloses et qui, chassés de lieu en lieu par les polices des Cantons orientaux, sont entrés sur notre territoire dans la nuit du 30 avril au 1er Mai sous la direction de la Gendarmerie bernoise. C’est pour la première fois, fidèles et chers Confédérés, que les yeux de notre population et les nôtres étaient frappés du pénible spectacle que nous a offert la vue de ces infortunés. »[5]

Le secrétaire de la Direction de la Police centrale de Neuchâtel, un certain A. Favre, ajouta à cette circulaire du 25 mai le protocole de son interrogatoire du 27 juin 1843. Il concernait quelques membres de ce groupe de vanniers qui avait été chassé par les polices de plusieurs cantons. Le vannier Jacob Reichenbach y raconte la vie quotidienne de sa famille pendant un mois :

« Jacob Reichenbach […] a été amené à la direction le 13 courant, de la Borcarderie, ainsi que sa femme et ses six enfants, par les soins de particuliers bienveillants qui ont fourni un char pour les transporter à Neuchâtel.

D(emande). Où il a été depuis le 8 mai dernier […] ?

R(éponse). Que déjà ce même jour il a été arrêté par des gendarmes vaudois et fribourgeois ; ainsi que la famille Waible, et qu’on les a fait coucher à Coudrefin.

D. Ce qu’il est devenu le lendemain ?

R. Que les gendarmes l’ont conduit en bateau sur le territoire bernois à travers la Broie ; qu’il est allé sur le grand marais, ayant de l’eau jusqu’à la ceinture ; qu’il a dû faire six voyages successifs d’une demi lieue pour porter sur son dos chaque de ses enfants à travers les eaux qui recouvraient le marais.

D. Où ils ont couché cette seconde nuit ?

R. Sur le marais ; qu’étant tout mouillés, qu’ils ont fait du feu pour se sécher, mais que déjà le même soir un gendarme bernois est revenu à quatre heures du matin pour leur donner l’ordre de partir, ne pouvant les conduire lui-même, vu la quantité d’eau qu’il avait sur les marais ; qu’alors ils se sont dirigés du côté de Chiètres, et qu’ils ont couché dans le grand marais sur le territoire fribourgeois.

D. Ce qui leur est survenu le quatrième jour ?

R. Que les deux gendarmes de Chiètres sont arrivés de grand matin et les ont refoulés sur le marais bernois ; qu’ils y sont resté jusqu’à la nuit, n’ayant rien à manger ; et qu’ils ont profité de l’obscurité pour se diriger du côté de Laupen, où ils ont couché dans une forêt.

D. Ce qu’il se rappelle du cinquième jour ?

R. Que comme il faisait mauvais temps, que son enfant était malade, et que lui-même était indisposé, il est resté deux jours à la même place ; que là Waible et sa famille l’ont quitté pour aller plus loin.

D. Ce qu’il est devenu le huitième jour ?

R. Qu’un gendarme fribourgeois l’a arrêté et reconduit sur la frontière bernoise du côté de Chiètres ; qu’il s’est rendu à Chiètres, pour y consulter un médecin au sujet de son enfant ; et que comme il revenait, le gendarme l’a de nouveau arrêté et reconduit avec sa famille sur les marais bernois ; qu’ils y sont couchés jusqu’ à près de minuit ; et qu’ensuite ils se sont dirigés du côté d’une forêt non loin d’Anet.

D. Ce qu’il a fait ce neuvième jour (17 mai) ?

R. Qu’il a pu rester tranquille pendant plusieurs jours dans les forêts.

D. De quoi il vivait pendant ce temps ?

R. Du produit de quelques paniers qu’il faisait et que sa femme allait vendre dans les villages, tout en demandant des pommes de terre et du lait des paysans.

D. Où il a été dès lors ?

R : Que les gendarmes bernois l’ont conduit de Cerlier à travers le lac ; après huit heures du soir, sur le territoire neuchâtelois aux environs du Landeron ; qu’il a couché au bord du lac. Ce devait être le 1er juin, vu que le gendarme Marindaz les a arrêté le 2 et a voulu les conduire au pont de Thielle, où ils ont été refusés par le M. Stouky, ce qui a engagé Marindaz à leur faire passer la frontière du côté de la Neuveville. Ils ont logé à l’hôpital de cette dernière ville, la nuit du 2 au 3 juin, et ont été conduits le lendemain matin sur ce pays à travers la montagne. Le gendarme de Lignières les a arrêtés le soir du même jour et les a reconduits le lendemain 4 courant, du côté de Prêles. Le même jour ils ont déjà été arrêtés par le gendarme de Nods, et ont été refoulés sur ce pays à une certaine distance du village de Lignières. Le soir ils sont retournés d’eux-mêmes dans le canton de Berne et se sont dirigés du côté du Val-de-St-Imier, où ils ont été arrêté deux fois par la gendarmerie bernoise que les a reconduits sur les frontières de ce pays. Enfin ils sont venus à travers les Montagnes du Val-de-Ruz jusqu’à la Borcarderie, d’où on les a amenés le 13 courant à la Direction. »[6]

Au cours de cette même année 1843, les Confédérés eurent à débattre d’un nouveau concordat concernant les « heimatloses » (un terme bien connu en allemand après le livre d’Hector Malot[7]). Ils eurent à choisir entre un principe de tolérance (mettant fin à la chasse policière), l’inclusion d’une partie au moins de cette population en tant que citoyens, la déportation de tous ces gens pour aider la France à coloniser l’Algérie ou encore leur utilisation pour cultiver les marais entre les lacs de Neuchâtel, Bienne et Morat.

L’instauration d’un régime radical-libéral moderne en Suisse, seul pays d’Europe qui modifia ses institutions à la suite des révolutions de 1848, eut d’emblée des conséquences pour les « heimatloses » avec la loi fédérale de décembre 1850. Elle obligeait les cantons et les communes à accepter les nomades suisses comme des citoyens, sauf ceux qui seraient considérés comme des étrangers après une enquête du procureur fédéral. Ceux-là, on les refoulerait hors de Suisse, quitte à briser des liens familiaux, qui n’étaient de toute façon même pas régularisés par le mariage, puisque les « heimatloses », les sans-papiers de l’époque, n’avaient pas de droits, pas même celui de se marier. Par une procédure minutieuse, recourant aux premiers photographies policières et à de longues interrogatoires, le procureur fédéral analysait minutieusement les liens éventuels des nomades avec des cantons ou des communes spécifiques. Le cas échéant, les cantons ou les communes sollicités n’acceptaient de nouveaux concitoyens qu’à contre-cœur, faisant preuve d’une résistance juridique de longue durée, en recourant au Tribunal fédéral et en essayant, souvent avec succès, de forcer les indésirables à l’émigration vers l’Amérique. Des membres des familles nomades suisses ont ainsi dû attendre d’être acceptés comme citoyens suisses jusqu’en 1916, plus de soixante ans après la loi de 1850.

La Constitution fédérale et son libéralisme, avec l’introduction en 1848 du droit de transit et de libre circulation sur tout le territoire suisse pour les Tsiganes, s’est heurtée aux traditions et à la résistance des corps de polices cantonaux. Les cantons parvinrent ainsi, en 1888, à mettre fin à cette période de relative tolérance et à faire fermer les frontières pour les Rom, Sinti, Manouches et Yéniches étrangers. En 1906, une loi suisse fut même adoptée pour interdire le transport de Tsiganes par voie ferroviaire ou par des bateaux à vapeur.

En 1913, la procédure standard à l’encontre des Rom, Sinti, Manouches ou Yéniches étrangers qui étaient entrés clandestinement en Suisse était la suivante : on séparait les familles, moment particulièrement traumatisant, en isolant les hommes dans le pénitencier de Witzwil - où l’on colonisait des marais. Les femmes et les enfants étaient placés dans des homes de charité, par exemple de l’Armée du salut à Genève.

Comme les autorités le reconnaissaient ouvertement, ces mesures avaient été prises pour mieux dissuader et mieux identifier les Tsiganes. La police fédérale et les polices cantonales tenaient un registre de Tsiganes avec photographies, empreintes digitales, en coopération avec le registre de Tsiganes de la police de Munich et, dès 1923, avec Interpol.[8]

Pendant les douze années du régime nazi en Allemagne, qui allait pratiquer l’extermination de tous les Tsiganes d’Europe que les bourreaux purent capturer, ce qui fit un demi-million de morts parmi ce groupe de victimes du régime hitlérien, la Suisse a maintenu cette fermeture des frontières, ainsi que sa coopération avec Interpol, transféré en 1940 de Vienne à Berlin et presidé par Heydrich, élu avec les voix des délégués suisses[9]. Ainsi, aucun Tsigane cherchant à échapper à l’extermination n’a été accepté comme réfugié en Suisse. Il n’y eut que de très rares exceptions, comme ces trois familles sinti arrivées plus tôt, dans les années 1920, de l’Italie et de la France, que les autorités suisses ne parvinrent pas à refouler dans ces pays, puisqu’ils étaient tout de suite aussi radicalement renvoyés en Suisse, ce qui donna même lieu à de véritables batailles entre la milice fasciste italienne et la police suisse[10]. Le cas tragique du jeune Sinto allemand Anton Reinhardt, qui cherchait à se sauver en Suisse en traversant le Rhin à la nage en août 1944, est typique. Évadé de l’hôpital de Waldshut, où la Gestapo et les médecins préparaient sa stérilisation forcée, il parla ouvertement aux autorités suisse de sa peur d’être déporté à Auschwitz. À cette date (août-septembre 1944), on connaissait bien sûr clairement le destin des déportés. Mais les autorités suisses le firent quand même refouler en Alsace, alors encore occupée par les Allemands. La police allemande arrêta Reinhardt et le mit dans le camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Il parvint à s’enfuir une nouvelle fois, mais un groupe de SS l’arrêta, alors qu’il avait dix-sept ans, et le fusilla quelque jours avant la fin de la guerre[11].

La fermeture des frontières suisses pour tous les Tsiganes, et tous ceux que les douaniers ou la polices identifiaient comme tels, s’est poursuivie jusqu’à 1972. Les protestations de quelques diplomates ou journalistes étrangers, informés par des Rom de cette discrimination, n’ont pas ébranlé cette tradition suisse de très longue durée.

De la même manière, les méfaits de « l’œuvre d’aide aux enfants de la grand-route » se sont prolongés à l’encontre des Yéniches jusqu’en 1973, moment des interventions de Sergius Golowin et Hans Caprez. Cette « œuvre d’aide », organisée dans le cadre de la Pro Juventute, aura enlevé, de 1926 à 1973, au moins 619 enfants, retirés à leurs familles pour être placés dans des familles sédentaires, dans des homes et des institutions comme Bellechasse, à Fribourg, où les jeunes Tsiganes étaient forcé de cultiver les marais de la région. Cette opération fut planifiée de façon précise, avec des généalogies et des listes complètes des familles yéniches présentes dans le pays[12].

Lorsqu’on étudie rétrospectivement cette opération de destruction systématiques des familles yéniches en Suisse, le comble du cynisme est sans doute atteint par le fait que le fondateur de « l’œuvre d’aide aux enfants de la grand-route », qu’il a dirigée de 1926 à 1958, un certain Alfred Siegfried qui fut tuteur de centaines d’enfants yéniches, n’était pas n’importe qui. En effet, deux ans auparavant, en 1924, il avait été licencié du service scolaire du lycée de Bâle pour cause d’abus sexuel commis contre des élèves[13]. Son successeur à la tête de « l’œuvre», le psychologue Peter Döbeli, allait être lui aussi condamné, en 1959, pour les mêmes raisons, mais il devra quitter son poste[14].

Enfants enlevés de force à leurs familles afin de leur retirer tout contact avec leur culture d’origine, femmes stérilisées à leur insu, telles sont les réalité de la politique suisse à l’égard des Tsiganes qui ont mené, en 1986, le président de la Confédération Alphons Egli à présenter des excuses officielles et à engager une - modeste - procédure d’indemnisation.

Après cette action dévastatrice, masquée jusqu’en 1973 sous les traits pernicieux d’une organisation caritative, les Yéniches, Sinti et Roma de Suisse sont enfin parvenus à se doter d’organisations légales. La première de ce genre, la « Radgenossenschaft der Landstrasse », a été fondée en 1975 et publie depuis lors son journal, « Scharotl » - ce qui signifie « roulotte » en langue Yéniche. En novembre 2003, la « Radgenossenschaft » a mis sur pied un centre de documentation de la culture yéniche à Zurich[15]. En 1997-1998, les Rom vivant en Suisse ont également fondé leur propre organisation. Quant à la reconnaissance de ces groupes comme minorités, la disponibilité des ressources et subventions, leur intégration dans la vie politique, leur scolarisation etc., il nous faut bien constater qu’ils restent toujours marginalisés et qu’ils vivent souvent dans des situations de discrimination directe ou indirecte. Cependant, il faut espérer que les Yéniches, Manouches et autre groupes tsiganes, en particulier les millions de Rom qui se trouvent dans l’Europe des l’Est, sont sur la voie d’une meilleure reconnaissance et du respect de leurs droits en tant que personnes humaines.









[1] Thomas Huonker, * 1954, historien à Zurich, auteur de plusieurs livres, responsable du projet de recherche du fonds national suisse No. 4051-69207 « En route entre persécution et reconnaissance. Formes et vues d’inclusion et d’exclusion des Yéniches, Sinti et Rom en Suisse de 1800 à nos jours ».

e-mail : thomas.huonker@spectraweb.ch

website: www.thata.ch

[2] « Issu du latin dies (« jour »), comme l’italien dieta, le mot diète s’utilise depuis 1500 pour des assemblées fédérales, mais aussi pour celles de certains cantons ou ligues. Il s’explique par le fait que la réunion est fixée pour tel jour ; on retrouve cette idée dans les termes allemands de Tagsatzung (littéralement « fixation d’un jour »), Tagleistung ou Tag, qui apparaissent à la fin du XVe s. et s’imposent au XVIIe s. Encore employé de nos jours en Autriche, le mot Tagsatzung a aussi pu désigner dans la première moitié du XIXe s. un Parlement cantonal (Kantons-Tagsatzung) ». Extrait de l’article « Diète fédérale » du Dictionnaire historique de la Suisse, www.lexhist.ch/externe/protect/francais.html.

[3] « enfants fourbes »

[4] Archive de l’Etat Lucerne, AKT 24/58 C.3

[5] Archive de l’Etat Lucerne, AKT 24/58 B.2

[6] Archive de l’Etat Lucerne, AKT 24/58 B.2



[7] Son livre Sans famille a été publié en allemand sous le titre Heimatlos.

[8] Laurent Greilsamer, Interpol. Policiers sans frontières, Paris, Fayard, 1997, surtout le chapitre « La chasse aux tziganes, pp. 12ff. ; Thomas Huonker et Regula Ludi, Roma, Sinti und Jenische. Schweizerische Zigeunerpolitik zur Zeit des Nationalsozialismus, Zürich, Chronos Verlag, 2001, pp.41-50. Cet ouvrage qui n’a malheureusement pas été traduit en français constitue le volume 23 des rapports de la Commission Indépendante d’Experts Suisse-Deuxième Guerre mondiale. Voir le site www.uek.ch/de/publikationen1997-2000/romasint.pdf.

[9] Ibid., pp.48ss.

[10] Ibid., pp.72-791.

[11] Ibid., pp.81-84.

[12] Sylvia Thodé-Studer, Les Tsiganes suisses, la marche vers la reconnaissance, Lausanne, Réalités sociales, 1987 ; Marielle Mehr, Âge de pierre, Paris, Aubier-Montagne, 1987 ; Thomas Huonker, Fahrendes Volk - verfolgt und verfermt. Jenische Lebensläufe, Zurich, Limmat Verlag, 1987. Cet ouvrage contient dix interviews de Jenisches placés hors de leur famille par l’« Œuvre d’aide » ; Laurence Jourdan, « Chasse aux Tsiganes en Suisse », Le Monde Diplomatique, octobre 1999, p.8 ; Walter Leimgruber, Thomas Meier et Roger Sablonnier, L’œuvre des enfants de la grand-route, Berne, Archives fédérales, 2000 ; Bernadette Kaufmann, Enfants dans la tourmente. Résumé de l’étude historique « L’œuvre des Enfants de la grand-route », édité sur mandat de l’Office fédéral de la culture, Lausanne, Éditions ÉÉSP, 2003.

[13] Thomas Huonker et Regula Ludi, Schweizerische..., op.cit., p.43.

[14] Thomas Huonker, Fahrendes Volk..., op.cit., p.244.

[15] Voir le site www.radgenossenschaft.ch.


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11/05/2009

France TV condamnée pour incitation à la haine raciale à l'égard des Rroms

Ce jeudi 7 mai 2009, la 17e chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Paris a rendu sa décision concernant l’affaire de l’émission «Délinquance : la route des Roms ». M. Yves-Marie Laulan, intervenant à l’émission, ainsi que Marc Tessier, ancien PDG de France télévisions, ont été condamnés à des peines d’amende et à des dommages-intérêts. Les associations rroms, qui avaient initié la procédure par une plainte simple au procureur de la République se disent à moitié satisfaites par la décision.

C’est certes une première judiciaire : France Télévisions condamnée pour incitation à la haine raciale, qui plus est, grâce à l’initiative d’une série d’associations rroms qui ont saisi la justice.

Cependant, faut-il inciter au génocide pour être condamné ? Car les propos d’Yves-Marie Laulan, le seul intervenant à l’émission à être condamné, plus qu’une incitation à la haine, correspondent à une incitation au génocide. M. Laulan avait en effet affirmé entre autres que « pour bien faire », il faudrait « soustraire ces enfants » à leurs familles.

En revanche, le fait de parler de « criminalité organisée à base clanique ou ethnique », de « Dalton » qui « tirent sur tout ce qui bouge », dire que « ces gens-là sont effroyablement dangereux » (Xavier Raufer) n’a pas été jugé comme incitant à la haine raciale. Pas plus qu’imprimer sur l’écran « Délinquance : la route des Roms » et systématiquement ramener la discussion vers les réseaux mafieux et la dangerosité des Rroms, comme Yves Calvi l’a fait.

Les associations rroms estiment qu’il s’agit d’un premier signal positif pour faire barrage à l’antitsiganisme dans les médias, mais restent déterminées à poursuivre leurs actions, y compris en justice.

Un site internet a été consacré à l'émission 'Délinquance: la route des Roms', sur lequel sera publié entre autres l'intégralité du jugement, dès qu'il sera en notre possession http://www.leracismealecran.info/
Source la voix des Rroms

Pour visionner l'émission incriminée


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30/04/2009

Il n'y a pas que les Rroms qui ont en marre de Silvio, sa femme aussi !

0,,6592351,00.jpg Le Harem de Berlusconi


Promotion canapé, le "harem de Berlusconi", engagement de call-girls, d'anciens mannequins; tout est bon pour Berlusconi lorsqu'il s'agit de récupérer des voix. Sa femme l'attaque pour son goût des jolies filles en politique et s'en prend à lui violemment dans un mail envoyé à Ansa, agence de presse nationale, elle y dénonce le soutien de son mari à des candidates aux européennes de juin dont le principal mérite serait d'être belles.
"Je veux qu'il soit clair que moi et mes enfants sommes les victimes et non les complices de cette situation. Nous devons subir et cela nous fait souffrir", ajoute Veronica Lario qui a eu trois enfants avec Silvio Berlusconi. Tout ceci ne représente qu'un divertissement supplémentaire de l'empereur." Pour le sénateur italien Paolo Guzzanti, qui a quitté le parti de Berlusconi, cette affaire “accrédite l’idée qu’en Italie on peut faire carrière grâce à des faveurs sexuelles”. L’entrée d’une ancienne showgirl dans le gouvernement avait déjà fait des vagues.

Une jeune ministre espagnole de l'égalité Bibiana Aido quant à elle, a estimé dans le journal El Pais que "ce serait bien" si le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi allait chez un psychiatre, après ses moqueries sur le gouvernement espagnol à majorité féminine.


Décidément, il n'y a pas que les Rroms qui ont des problèmes avec Berlusconi, dit le goujat.

Berlusconi et les femmes !!!

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La reine Silvia de Suède ne peut s'empêcher de sourire devant les singeries de Silvio

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29/04/2009

La Slovaquie stérilise de force des femmes rroms



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Accusées de faire trop d'enfants, les Roms sont persécutées à l'hôpital.

«Le docteur m'a dit que, si je devais avoir une troisième césarienne, je ne survivrais pas. J'ai répondu que j'étais jeune et que je voulais avoir encore des enfants. Mais les infirmières répétaient la même chose. Avant d'être emmenée dans la salle d'opération pour accoucher par césarienne de mon second enfant, ils m'ont apporté trois papiers à signer. Sinon ils disaient qu'à la prochaine naissance l'enfant mourrait d'étouffement.» Stela, jeune femme rom originaire du village de Letanovce (est de la Slovaquie), a alors signé une autorisation de stérilisation : «J'avais 19 ans, j'avais envie de vivre.» Témoignage publié en 2003 déjà.
En 2009, la pratique continue, les allégations de stérilisation forcée n'ont pas cessé. A cela s'ajoute le travail forcé.

Des assocations demandent l'arrêt de ces pratiques et prient instamment le gouvernement slovaque de mettre en place une commission indépendante composée d'expert-es internationaux et de la société civile, qui permettrait une enquête en toute transparence sur cette pratique et une indemnisation des victimes.


AFP | 28.04.2009 | 18:13 Huit femmes rroms stérilisées de force

Au moins deux autres plaintes sont en cours d’examen devant la Cour européenne pour des stérilisations forcées, invoquant cette fois la violation de l’interdiction de traitements inhumains et dégradants.

Dans l’affaire jugée mardi, les magistrats européens ont condamné à l’unanimité la Slovaquie pour violation du droit au respect à la vie privée garanti par la Convention des droits de l’Homme.

Les huit requérantes avaient subi dans deux hôpitaux de l’est du pays un traitement à la suite duquel aucune d’elles n’a pu procréer de nouveau. Elles soupçonnaient ces établissements de leur avoir fait subir, pendant leur accouchement par césarienne, une procédure de stérilisation.

En 2002, l’accès à leur dossier médical fut refusé à leurs avocats qui assignèrent les hôpitaux en justice. En 2003, ces hôpitaux furent sommés par la justice slovaque d’autoriser les requérantes à consulter leurs dossiers, mais ces femmes n’eurent que le droit de prendre des notes manuscrites sans photocopier les documents.

Dans son arrêt, la Cour a estimé que les requérantes souhaitaient obtenir des photocopies de documents renfermant des informations à caractère personnel les concernant, et que, de ce fait, elle n’avaient pas à en expliquer précisément la raison.

Selon les juges européens de Strasbourg, les autorités slovaques n’ont pas justifié par des motifs suffisants l’impossibilité pour les plaignantes de faire des photocopies des documents. La Slovaquie se voit aussi reprocher le caractère tardif de l’entrée en vigueur d’une loi sur la santé adoptée en 2004 répondant à l’exigence des requérantes. La Cour a alloué à chacune d’elles 3.500 euros pour dommage moral.




18:21 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

26/04/2009

Silvio, ni ange, ni démon, mais juste un peu....

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CON ...............................................................................................................


Silvio et Maria Carfagna, ministre de l'égalité des chances peints par l' artiste et architecte palermitain Filippo Panseca.




et très paresseux.............................................perdu dans les prix des meubles Ikea pour les sinistrés de l'Aquila - un canapé italien deux places 120 Euros, un lit double 150 euros, des rideaux de douche 30 Euros , il s'est endormi ZZZZZZZZZZZ - ZZZZZZZZZZZZZZZZ..........RRRRRRRR............

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25/04/2009

Football raciste : "Un Italien noir , cela n'existe pas !" et "Infâme Zingaro"

C'est avec cette brillante phrase que les supporters de la Juventus s'en sont pris à Balotelli en scandant "Un Italien noir, cela n'existe pas." alors que Balotelli est bien né à Palerme de parents ghanéens et joueur de l'équipe nationale âgé de 18 ans. Il a répondu par un magnifique goal. Pour sa part La Juventus a écopé d'un match à huis clos en championnat d'Italie

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Quant à Zlatan Ibrahimovic, l'attaquant suédois, il s'est fait arrosé copieusement de l'insulte de " sale Tzigane", et d'une banderole brandie sur laquelle on pouvait y lire "Infame Zingaro" le stade olympique a largement raillé ses origines balkaniques.

Platini, ancien joueur de la Juventus, lors d'une conférence de presse à Rome a déclaré que la mission de l'UEFA est aussi de dénoncer le racisme et demande " à ce que le jeu soit suspendu pendant dix minutes lorsque de tels événements se produisent" et il insiste "Il faut du courage quand il y a du racisme dans les tribunes.

Les faits qui se sont produits samedi ont dépassé les bornes et sont considérés comme des faits graves

Les cas de racisme ne sont pas rares dans le football italien et débouchent habituellement sur de petites amendes. Mais la gravité des incidents de samedi a poussé les autorités à punir sévèrement la Juventus et les organisateurs sont prêts à modifier le règlement pour permettre l'arrêt des matches en cas de chants racistes.

Apprécions le goal de Balotelli et le fait que le le football doit être apprécié pour ce qu'il doit être, un beau sport qui mérite d'être protégé des poussées xénophobes et racistes :





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24/04/2009

Des camps de semi-internement dans la France de 2009 |

Depuis 2006, dans le département de Seine-Saint-Denis existe un concept qui a été nommé depuis peu « village d’insertion pour les Roms ». Derrière ce vocabulaire béat, se cachent en effet des camps de semi-internement. Au nom du principe de la liberté et de la dignité humaine, l’association « La voix des Rroms » dénonce ce genre d’initiative et appelle toutes les autres associations, et notamment celles qui interviennent auprès des Rroms, à en faire de même. Pour informer le public sur ce sujet, l’association a créé un blog http://villagedinsertion.blogspot.com où figure entre autres un bref rapport envoyé aux institutions européennes des Droits de l’Homme sur ces dérives



En automne 2006, une Maitrise d’œuvre urbaine et Sociale (MOUS) est mise en place dans la ville d’Aubervilliers au bénéfice de quelques familles rroms originaires de Roumanie. Il s’agit de l’installation de bungalows dans lesquels sont placées ces familles, suivies socialement par des associations agréées par la préfecture de Seine-Saint-Denis. Le même type de projet est mis en place un an plus tard à Saint-Denis, et en 2008 un autre à Saint-Ouen. A chaque fois, le même mode opératoire : une enquête sociale menée par Pact Arim, une sélection selon des critères annoncées par la sous-préfecture de Saint-Denis et pas vraiment respectés, et surtout environ 90% des personnes interviewées qui reçoivent des obligations de quitter le territoire français. Les 10% sélectionnés sont placés sous surveillance dans des lieux fermés, gardiennés 24h/24 et interdits d’accès à toute personne extérieure, que ce soit de leurs familles, à des amis et même à des médias.

Il a fallu quelques mois aux gestionnaires de ces lieux pour trouver un nom à leur affaire. Ce fut « village d’insertion ». Or peut-on appeler « village » un lieu fermé, où le grand-père ne peut pas accueillir son petit-fils d’un an ? Peut-on parler d’« insertion » lorsque la préfecture, partie prenante dans ces projets d’une durée prévue de trois ans, ne délivre pas de titre de séjour ni d’autorisation de travail aux personnes qu’elle prétend « insérer » ? Peut-on parler d’« insertion » lorsque ces personnes n’ont aucun contact avec l’extérieur ?

« La voix des Rroms » et d’autres associations rroms de France ont alerté le Commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, l’Agence des Droits Fondamentaux de l’Union européenne et la Commission européenne, à qui ces associations ont adressé une note sur le traitement des Rroms en France à travers les « aires d’accueil pour les gens du voyage » et les « villages d’insertion pour les Rroms ». Cette note, ainsi que d’autres documents écrits et audiovisuels, sont disponibles sur le site http://www.villagedinsertion.blogspot.com

« La voix des Rroms » lance un appel à la société civile, et notamment aux associations qui s’intéressent aux Rroms migrants à se positionner face à ce qui semble bien être une bombe à retardement. En ces temps de crise, la publicité trompeuse sur des prétendus « projets d’intégration des Rroms » risque en effet de donner naissance à une vague raciste comme celle que nous observons depuis deux ans en Italie. L’adage « qui ne dit mot consent » prend dès lors tout son sens.

Ci-dessous, un débat TV entre le président de La voix des Rroms et le sous-préfet de Saint-Denis à ce sujet



Source La VOIX DES RROMS

12:10 Publié dans Solidarité | Tags : villages d'insertion, samir mile | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

23/04/2009

FOOTBALL RACISTE ? LA SOLUTION, INTERROMPRE LE MATCH –

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Les tribunes sont assurément à l’image de la société italienne - Haine, racisme, insultes. Le stade n’est finalement peut-être qu’une représentation de ce qui se passe depuis quelques mois en Italie, sous l’égide d’un gouvernement d’extrême droite mené par Silvio Berlusconi. Elu sur un programme que l’on peut résumer par “les Rroms dehors”, Berlusconi et son gouvernement continuent de stigmatiser les étrangers, coupables selon eux de tous les maux du pays. Quand ce même président possède une bonne partie des chaînes de télé italiennes, ce n’est pas étonnant que le bourrage de crâne fonctionne à plein régime. Les groupuscules nazillons s'en donnent à coeur joie.

Michel Platini, président de l’UEFA, promet de prendre le taureau par les cornes : “Quand ce genre de situation se produira, la rencontre sera suspendue pendant 10 minutes et des annonces seront faites à l’intérieur du stade. Et si le problème persiste le match sera arrêté. Il faut faire preuve de courage quand le racisme frappe dans une enceinte. C’est la mission de l’UEFA.” Des paroles répétées depuis des années en forme d’effet d’annonce.

Des supporteurs de la Juventus ont continué de s'en prendre au joueur de l'Inter Milan Mario Balotelli en marge de la demi-finale retour de la Coupe d'Italie, à Turin, entre la Juve et la Lazio, quatre jours après les incidents survenus en Championnat. Deux groupes de supporteurs ont continué d'insulter le joueur d'origine ghanéenne, qui n'était pourtant pas sur le terrain, en chantant "Balotelli est un fils de p.
..". La Juventus a déjà été sanctionnée d'un match à huis clos après les chants et cris racistes de ses supporteurs qui avaient visé le jeune attaquant de l'Inter samedi en Championnat, au Stadio Olimpico de Turin.


La direction de la Juventus Turin s'est excusée pour des chants et cris racistes de ses supporteurs, qui ont particulièrement visé l'attaquant de l'Inter Milan Mario Balotelli, 18 ans, samedi en championnat (1-1).
"Au nom de la Juventus et de la grande majorité de nos supporteurs, je veux condamner sévèrement les cris racistes contre le joueur de l'Inter Milan Mario Balotelli", a déclaré le président de la Juve, Giovanni Cobolli Gigli, dans un communiqué publié dimanche soir. Balotelli, international espoir italien, est né de parents ghanéens et a été adopté par une famille italienne. "Il n'y a ni excuse ni justification pour ce type de comportement (...) des incidents comme celui-là sont inexcusables", poursuit le président du club: "Nous devons ensemble essayer de promouvoir une culture sportive fondée sur le respect de l'adversaire et la lutte contre le racisme". Balotelli, victime d'un coup de pied du milieu de terrain de la Juve Tiago, s'est effondré, provocant l'expulsion de Tiago et la fureur des supporteurs turinois, qui l'ont couvert de cris et d'injures racistes pendant le reste du match. La police étudie des vidéos du match pour tenter d'identifier les responsables. "Des affaires comme celles-ci ne peuvent se produire sans que des mesures soient prises", a déclaré Sergio Campana, le président du syndicat italien des joueurs. "Cette démonstration de racisme, de surcroît contre un joueur italien, est absolument inacceptable", a-t-il poursuivi. "On ne s'attend pas à quelque chose de ce genre dans une ville civilisée comme Turin", a-t-il dit. "Nous parlerons de tout cela lors de la prochaine réunion de la Fédération italienne. Je ne sais pas encore quel type de décisions nous allons prendre mais nous ne laisserons certainement pas passer de tels débordements", a-t-il conclu.
Marcello Nicchi, président de l'association italienne des arbitres (Aia), a estimé que les incidents de samedi étaient "très sérieux".




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Mario Balotelli. C’est le nouveau nom de la lutte anti-racisme en Italie. Samedi soir, lors du choc entre la Juventus Turin et l’Inter Milan, l’attaquant italien de l’Inter est victime d’insultes et de cris racistes de la part d’une frange de supporters turinois. Déstabilisé et dans le collimateur des joueurs de la Juve puisqu’il est à l’origine de l’expulsion de Tiago, l’attaquant est sorti par José Mourinho, conscient que son joueur n’est plus dans des conditions psychologiques acceptables pour continuer le match.

Les condamnations

Rapidement l’attitude de certains supporters de la Juve est dénoncée. C’est d’abord José Mourinho, interviewé sur Sky à la fin du match qui se lamente de ces cris racistes ! Puis les invités de l’émission suivant le match Juve-Inter. Puis les joueurs des deux camps. Puis Massimo Moratti, qui après avoir vu le match à la télé, envoie un communiqué à la presse en expliquant qu’il est choqué, par ces injures racistes. Il précise que s’il avait été au stade, il aurait demandé à son équipe de quitter la pelouse. Rapidement cette affaire fait le tour de l’Italie. Le soir même, Coboli Gigli, président de la Juventus, présente ses excuses au nom du club et de la majorité des supporters turinois.

Tous unis contre le racisme

Le président de la Ligue de Football italienne (Lega Calcio), Antonio Matarrese, s’est déclaré attristé par cette nouvelle affaire de racisme. Il précise qu’il faudrait envoyer un signal fort - comme Massimo Moratti - en arrêtant un match et voir où cela mènerait. “Il ne faut plus parler et débattre mais agir” toujours selon Matarrese. Le président de l’association des joueurs italiens (AIC), Sergio Campana, attend des signes de la part de la fédération italienne de football (FIGC) et de la Lega Calcio. “Nous avons reçu beaucoup d’appels de joueurs qui manifestent leur soutien à Mario Balotelli et qui nous demandent d’agir. Nous ne metterons pas cette affaire de côté. Ces manifestations racistes sont inacceptables !”
Les hommes politiques, pas à une récupération près, ont aussi livré leur version. Le Ministre de la Défense, Ignazio La Russa, souhaite que l’on donne des consignes aux arbitres : tout d’abord on convoque les capitaines, et si cela continue, le jeu est arrêté. La Ministre de la Jeunesse, Giorgia Meloni, a même parlé de honte pour le pays et de cris racistes entonnés par des gens bien cachés dans la masse des supporters.

Balotelli, seul joueur concerné?

Samedi soir, Mario Balotelli, joueur d’origine africaine mais italien de nationalité n’a pas été le seul à être pris en grippe par les supporters de la Juventus. En effet, Zlatan Ibrahimovic, attaquant suédois, d’origine Bosniaque (par son père) et Croate (par sa mère) a lui aussi été victime d’injures racistes. Tout le match, Zlatan fut traité de "Tzigane". Une insulte qui revient fréquemment dans les stades italiens. Des vidéos ont d’ailleurs été postées sur Youtube, voir cet exemple avec le match de samedi soir.




Balotelli à moitié responsable?

Tout le monde est unanime. Tout le monde? Non. Un irréductible ex-entraîneur de l’Inter, Gigi Simoni, avance une autre théorie : “Samedi, je n’ai pas entendu un seul cri envers Muntari (ndlr : il aurait pu citer Chivu, roumain, ou encore Vieira). Je pense que tous les sifflets étaient plus pour l’attitude de Balotelli, que pour sa couleur de peau. Quand un joueur a un comportement incorrect, les autres suivent. Balotelli doit une bonne fois pour toute arrêter de provoquer tout le monde, des adversaires à ses coéquipiers, des entraîneurs aux supporters. Je suis d’accord avec la proposition de Moratti mais Balotelli est le premier à menacer et provoquer.” Même son de cloche chez Gigi Buffon, gardien de la Juve : “Nous, joueurs, devons faire attention à ne pas avoir des comportements qui pourraient faire réagir certains supporters. Balotelli est un bon joueur mais il doit faire attention à ce que son caractère ne devienne pas son talon d’Achille.” Il est vrai que Balotelli a un comportement irritant et s’était déjà confronté aux supporters de la Roma en allant les provoquer sous leur tribune et récoltant, là aussi, des injures racistes. Les ultras de la Juventus ont par ailleurs lancé un communiqué reprenant les arguments de Simoni, et expliquant que le comportement du joueur est à l’origine des sifflets. Mais pour Zlatan, pas un mot dans ledit communiqué…

Un cas unique en Italie?

Balotelli n’est pas le premier joueur à être victime de cris racistes. On peut citer pêle-mêle : Zebina, Dabo, Juan, Chivu, Vieira, Seedorf, … pour les plus récents ou Marc Zoro pour le plus médiatique. Lors de la saison 2005-2006 et au cours du match Messine-Inter, le joueur ivoirien, lassé d’être insulté par tout le parcage intégriste, avait pris le ballon à la main décidant d’interrompre le jeu en signe de protestation. Alors qu’il voulait quitter le terrain, les joueurs des deux équipes avaient réussi à le convaincre de reprendre le jeu.
La pelouse n’est pas le seul endroit où les symboles de la montée en puissance du racisme est visible. Les tribunes restent l’endroit privilégié pour faire passer un message ignoble. Ainsi croix celtes et croix gammées pullulent sur les traditionnelles bâches des groupes Ultra. La guerre des banderoles accouche souvent aussi de sentiments navrants : les Juifs d’un côté (Lazio, Roma), les Africains de l’autre (Hellas Vérone, …) !

Un cas unique en Europe?

L’Italie est-elle un cas unique? Evidemment non. Pas plus loin qu’à Lyon et Metz, le championnat de France a été confronté à ce fléau. Ouaddou d’un côté, Mensah de l’autre. La différence est que ces actions sont le résultat d’actes individuels. Si à Turin, une grande partie de stade imitait les cris de singe, à Metz et à Lyon, ce sont un supporter messin et un supporter havrais qui avaient provoqué le scandale. En Espagne, Samuel Eto’o ou Fred Kanouté sont régulièrement pris pour cible. Les matchs de Coupe d’Europe sont également une belle tribune pour des imbéciles en mal de sensations fortes, comme le groupe Ultra Sur qui avait immité un singe à chaque fois que Drogba touchait un ballon.

La prévention ne marche pas?

Stand Up, Speak up avec Nike et une ribambelle de stars n’aura donc servi à rien. Pas plus que les différentes actions où chaque année les joueurs rentrent sur le terrain avec des t-shirts “Non au racisme”. Si la prévention sympathique ne marche pas, il faut donc passer à une forme de lutte plus répressive.

Les clubs entre indignation et tolérance?

Si les présidents des clubs concernés sont les premiers à s’excuser ou monter au créneau, il s’agit souvent d’actions médiatiques pour montrer que non, leurs clubs ne peuvent pas être associés au racisme. Mais derrière cette façade se cachent le business et les rentrées d’argent. S’attaquer à un ou deux groupes de supporters provoquera des recettes aux guichets en baisse. Et puis dissoudre des associations n’aura pour but que de les mettre en liberté en tant qu’indépendants. C’est deux fois plus dangereux selon certains spécialistes.

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Quelles sanctions?

Rarement, les instances italiennes auront réagi aussi rapidement, la candidature de l’Italie pour l’Euro 2016 n’y étant certainement pas étrangère. La Lega Calcio a en effet décidé de sanctionner la Juventus Turin d’un match à huit clos. A noter que cette sanction a déjà été donnée au club de l’Hellas Vérone pour injures racistes envers Ferdinand Coly, alors à Pérouse, lors du match de Série B entre ces deux équipes en 2005.
La Juventus Turin a décidé de faire appel de cette décision. Courageux pour dénoncer mais pas question d’assumer du côté de la Vieille Dame. La lutte commence aussi par là. Ne pas faire appel de cette décision aurait été un signe fort de la part de l’un des plus grands clubs italiens.


(Source: coupfranc.fr)

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Le Canada, terre d’asile pour les Rroms

La multiplication des attaques à l’égard des Rroms en République tchèque les poussent à demander l’asile politique pour “persécution” au Canada, plus précisément à Toronto où réside une communauté importante de Rroms de la République tchèque.

La suppression de visa pour le Canada a entraîné une arrivée massive des ressortissants tchèques, membres de l'Union européenne, ils obtiennent facilement le statut de réfugié au Canada. Au Canada, où la communauté rrom compterait 100 000 personnes, les demandeurs de statut de réfugié peuvent bénéficier très rapidement d'une protection sociale, d'un permis de travail et de l'accès aux écoles pour les enfants. Il y a plus de demandes d’asiles déposées par des citoyens tchèques que par des Irakiens ou des Afghans.

"Depuis dix-sept mois, 1 500 Roms tchèques ont réclamé l'asile politique au Canada, et 95 % des demandes traitées sont acceptées", constate Paul Saint-Pierre, directeur du Centre communautaire rrom de Toronto, passage quasi-obligé des Tsiganes tchèques, hongrois ou roumains qui émigrent au Canada. . L’augmentation n’est pas anodine : selon les statistiques officielles, 993 % de hausse en un an, avec 853 demandes d’asile en 2008. Avant le sommet entre l’UE et le Canada début mai dans la capitale tchèque, le sujet vient compliquer les relations entre Prague et Ottawa.

"En République tchèque, dénonce Paul Saint-Pierre, la situation est terrible pour les Rroms. La première raison de ces départs est due à la discrimination. Des skinheads et des néonazis sèment la terreur, alors que le gouvernement ne fait rien pour les protéger." Une situation que Prague dément. Selon Radio Canada, pour évaluer la situation de ces "inadaptables", comme les appellent de plus en plus souvent les politiciens tchèques, une commission canadienne est en train d’enquêter sur les conditions de vie des Roms en République tchèque, afin d’étudier si les requêtes sont justifiées. En attendant, dans un contexte ou les défilés xénophobes se multiplient, ils sont toujours plus à s’envoler pour Toronto, où ils sont accueillis dans le centre communautaire rrom.



INTERDIT AUX TZIGANES



Ils ont fui la République tchèque fin mars, parce que quelques jours plus tôt, à un arrêt d'autobus de Pilsen, cinq skinheads avaient menacé leur bébé, injurié puis battu les parents avant de s'enfuir. La police n'a jamais enregistré leur plainte.: bac à sable qu'on ne peut approcher parce que "pas blancs", restaurants "interdits aux Tziganes", un voisin policier qui les harcèle, les traite de "porcs noirs" et jette ses ordures devant leur porte... Auquel s'ajoute une situation socioéconomique particulièrement défavorable pour cette communauté souvent marginalisée.

Au Canada, où la communauté rrom compterait 100 000 personnes, les demandeurs de statut de réfugié peuvent bénéficier très rapidement d'une protection sociale, d'un permis de travail et de l'accès aux écoles pour les enfants.

Sources Le Monde - Radio Prague

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20/04/2009

Quand les clandestins, c'étaient nous les Italiens - Enfants mendiants et clandestins ! (2 ème partie)

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Parcours douloureux marqués de préjugés, d'expulsions, d'incarcérations, de mauvais traitements aux conséquences fatales. Ces parcours individuels qui deviennent publics grâce à l'exposition « Traces de l'émigration de Parme et d'Italie, entre le XVI et XX siècle », organisée par les Archives d'État de Parme. Plus de cents documents exposés partant de 1545 à 1973 et qui décrivent les Italiens à l'époque où ils furent émigrants.


Le racket sur le dos des enfants montagnards transformés en mendiants et qui disparaissent à tout jamais qui sait où. Des différentes communes rurales montagnardes, entre 1845 et 1847, 2022 mineurs s’en allèrent. 512 ne revinrent jamais. Parmi eux, Eligio Caramboli, né à l'Hospice de la Maternité de Parme, le 4 février 1835 et de parents inconnus. Mort sur les routes de Londres où il avait été forcé et contraint de quémander.

Enfants loués à des adultes en échange d’un peu d'argent. Émigrés forcés, leurs maîtres les envoyaient mendier sur les places de Londres et de Saint Petersbourg. Frappés, maltraités s’ils ne ramenaient pas suffisamment d’argent. Des centaines d'enfants de l’Appenin parmesan disparurent ainsi dans la seconde moitié du XIX ème engloutis dans les filières du racket des bébés-mendiants. Leur histoire a été reconstituée par des spécialistes des Archives d'État de Parme en s’appuyant sur les dénonciations de police, lettres et documents des ambassades.

Pour Eligio Caramboli, c’était un destin tout tracé. D’abord l’orphelinat, puis confié à la famille Varsi qui comme beaucoup à cette époque adoptait des enfants pour avoir des bras à bon prix pour les aider. Cependant Eligio était trop faible, une bouche de plus plutôt qu’autre chose. Ainsi on décida de le faire partir avec un des hommes qui s’apprêtait à émigrer. Soulagement pour les familles qui se débarrassaient ainsi des enfants devenus une charge trop lourde pour elles. Ces enfants, naturels ou adoptés, seraient devenus ainsi des commerçants ambulants de babioles ou des musiciens, ils auraient cherché fortune dans les villes du monde et après un an ou deux, selon le revenu du contrat signé, la famille aurait reçu un petit salaire mensuel. Eligio alla à Londres accompagné d’un homme du nom de Pietro Scartazza qui ensuite le confia à Giacomo Basini, lui-même d'abord parti de Boccolo comme apprenti musicien et devenu " patron". À Londres il avait à son service différents jeunes de la montagne qu’il traitait comme esclaves : ils devaient jouer de l’accordéon sur les routes et quémander. Pour ceux qui ne ramenaient pas assez de butin, une cruelle punition les attendait: piqués, laissés à jeûn, forcés de dormir dehors. Eligio fut abandonné en route pieds nus, à moitié nu, affamé, affaibli , endurant le cruel hiver de la fin 1857. Il fut retrouvé par son compatriote, un parmesan qui tentera de l'aider et de le rapatrier en Italie, malheureusement trop tard. Lui-même, à son tour avait été loué à un émigrant et il avait fini entre les mains de Basini. Néanmoins, il réussit à s’enfuir et devenir menuisier.
Plein de pitié, il écrivit une *lettre aux autorités de Parme implorant : "Je vous prie de faire savoir au père et la mère de Eligio qu’ils devraient bien réfléchir avant d'envoyer un fils à des assassins, des canailles, des brigands qui ont le coeur dur comme celui d’un tigre". Il demandait, à ce que quelqu’un entame des démarches pour que le garçon puisse revenir à Varsi. L' ambassade se mit en quête de retrouver le jeune, mais il était trop tard : le garçon était déjà mort "d'un mal de poitrine". L'histoire d'Eligio est remontée à la surface après un siècle et grâce à des documents conservés dans les archives d'État de Parme et qui montrent comment disparurent sur les routes d' Europe des centaines et des centaines d'enfants montagnards. Vendus, loués, forcés à émigrer par des hommes sans scrupules, destin très semblable à celui de tant d'enfants qui aujourd'hui mendient dans nos villes.

traduction libre du texte de Stefania Parmeggiani

http://parma.repubblica.it/dettaglio/baby-mendicanti-e-clandestini-quando-i-romeni-eravamo-noi/1618020?edizione=EdRegionale


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La lettera "Aiutate vostro figlio è nelle mani di un assassino" de Giovanni Pirolli, emigrato a Londra dal parmense, trova e soccorre Eligio,

"Vi faccio sapere che il vostro figlio Eligio, è venuto a Londra con Pietro Scartazza e messo in casa di Giacomo Basini, detto Biracca. Sono a dirvi che il vostro figlio non lo rivedrete più se non gli mandate i denari [...] per venire a casa perché è moribondo, non è più capace di stare in piedi dalla debolezza; che è morto di fame per le contrade, senza scarpe ai piedi, senza vestiti e dorme per le contrade con questi freddi. Martedì [...] l'ho trovato coricato per la contrada incapace di alzarsi in piedi; c'era della gente intorno che gli faceva delle domande, ma lui non capisce nulla della lingua inglese.

Io l'ho visto, l'ho preso e l'ho condotto in una casa, vicino al fuoco, gli ho fatto dare da mangiare e dopo parlava. Gli ho detto vieni con me che ti porterò a casa. Ma lui mi ha risposto che non voleva andare a casa perchè lo avevano picchiato. La polizia per ben tre volte lo aveva trovato e riportato a casa. Il suo padrone, mentre erano presenti gli agenti, non gli aveva detto niente, poi una volta rimasti soli, gli aveva gridato di andare fuori da casa sua, che era un vagabondo e se non aveva la fortuna di far danari doveva morire; aveva infine preso un bastone, lo aveva battuto e cacciato in strada. Vi prego di far sapere al padre e alla madre di questo che [dovrebbero pensarci bene] prima di mandare un figlio con assassini, canaglie, briganti che hanno il cuore come una tigre. Pure io, Pirolli Giovanni, prima mi trovavo insieme a questi assassini, poi appena ho trovato un altro padrone sono andato via a imparare a fare il falegname. Sono più contento così, di essere fuori da quella casa infernale, che se avessi guadagnato qualunque somma. Sono a pregarvi di prendere cura di vostro figlio.

Addio Pirolli Giovanni.

11:04 Publié dans Solidarité | Tags : parme, orphelins, italiens, clandestins, mendiants | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |