11/02/2010

LES MENDIANTS VOUS AIMENT - Keep cool !

 

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CE N'EST QU'UN AU REVOIR !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un grand merci à Fab William Alexander et avec tous mes encouragements pour ce talentueux jeune photographe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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03/02/2010

Maroni ou le despotisme néronien

stor_17476849_59060.jpgPréfet de Venise limogé à cause des Rroms - Au centre de cette affaire, le transfert d'un groupe de Sinti vers les  maisons de la commune. Pour Cacciari , il s'agit d'une : "Vendetta politique" - Même Galan critique Maroni.

 

Pour les rroms il a désobéi à la Lega et est démis de ses fonctions.

de ROBERTO BIANCHIN

VENISE - A cause d'une "impolitesse" à l'encontre du ministre de l'intérieur, le préfet perd sa place de travail. Il a commis l' »erreur » de ne pas s'opposer à l'installation de trente huit familles de nomades dans le village de Mestre construit expressément pas la Municipalité d'une dépense estimée à hauteur d'un montant de  2,8 millions et sévèrement  contestée par  la Lega. Pour cette raison,  Michele Lepri Gallerano, 64 ans, napolitain, préfet de Venise, depuis à peine quatre mois,  a été demis de ses fonctions par Roberto Maroni. Pour l'instant il sera placé «  hors rôle » à  la Présidence du Conseil. Ensuite, annonce le Conseil des ministres, il deviendra commissaire de l'État pour la Région de Sicile.

La raison officielle, selon le vaste réseau de préfets de toute l'Italie, ne fait aucune mention de camps nomades. Mais pour le Maire Massimo Cacciari, qui juge la destitution « d'une gravité exceptionnelle », c'est exactement de cela qu'on accuse le préfet. «  Il a été limogé pour des raisons exclusivement politiques, c'est une vendetta politique ». Il est du même avis le Gouverneur de Vénétie du Pdl Giancarlo Galan : «  Mala tempora currunt. Ça me choque  la nouvelle qu'un brave serviteur de l'État ait  été «de manière bureaucratique «  démis. Parfois il m'est arrivé à moi aussi de critiquer ce préfet , mais il n'est jamais arrivé qu'après mes critique il y ait eu une mutation ». Du même avis,  un autre représentant du Pdl, le sénateur Maurizio Saia parle de « trouble et préoccupation », et de motivations totalement incompréhensibles » .

 

D'ailleurs , explique Cacciari, le préfet n'aurait  pu en aucun cas empêcher l'implantation des nomades, qui avait été légitimement décidée par la Municipalité spécialement après que le vieux camp ait été déclaré complètement inutilisable par l'Asl en raison  de « gravissimes carences hygiéniques et sanitaires ». Le nouveau village avait été autorisé aussi par des sentences du Tar et  par le le Conseil d'État suite aux recours de certains comités de citoyens opposés à l'implantation. C'est pour ça que le Maire parle de « décision indécente » de la part d'une politique «  brute, intolérante et stupide », et d'une «  vulgaire revanche politique qui se targue de frapper un fonctionnaire de l'État dont  la loyauté est prouvée et qui n'a commis aucune faute ».

Contre ce village, une série de petites maisons préfabriquées avec un pitch pour les roulottes, où l'été dernier avaient été transférés les tziganes d'ethnie Sinti , depuis le vieux croulant camp nomade à la périphérie de Mestre, ce furent la levée de boucliers du  Carroccio, qui avait mis en scène  diverses manifestations. La présidente leguiste  de la Provence de Venise , Francesca Zaccariotto, avait demandé l'intervention du préfet. «  Je m'étais fait porte-parole du Ministre Maroni dans cette demande d'une inspection pour vérifier les modalités de passage entre la vieille et la nouvelle structure, mais ma demande était restée sans réponse, explique la Zaccariotto, laquelle aujourd'hui ne pleure certainement sur la destitution du préfet : «Il est évident que toutes les évaluations et les vérifications du cas on été faites ».

Surgi donc le centre gauche. Pou le PD c'est une «  décision qui consterne, vulgaire dans la forme et violente dans la substance politique ».

Iginio Michieletto, conseiller régional du PD, parle de « l'utilisation leguiste du pouvoir » qui transforme les institutions en «Bras armé des secteurs plus xénophobes d'un gouvernement engagé en une guerre contre toute pratique d'humanité ». Pour le représentant  des Verts Gianfranco Bettin, un de trois représentants du centre gauche candidat à succéder à Cacciari, c'est «  la nouvelle intolérante caste padane que veut les autorités : à la place du fédéralisme ils préfèrent les fédéraux «  Pour le PRC il s'agit du «  énième acte d'abus de pouvoir «  et  L'IDV annonce qu'il soumettra  le cas devant le  Parlement

http://www.repubblica.it/cronaca/2009/12/18/news/sui_rom_...

Asl = Azienda sanitaria locale

Verdi =  les verts

PD      = Partito Democratico

PRC   = Partito della Rifondazione Comunista

IDV     = Italia dei Valori

PdL    = il Popolo della Libertà

 

((aimablement traduit en français par Luzia)

photo du préfet  Michele Lepri Gallerano


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02/02/2010

Comment on devient mendiant !

La destruction d'habitations à Rho (Milano)  appartenant à des  Rroms et dont les enfants nés en Italie étaient en partie scolarisés. Che vergogna !!!

22:16 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (10) | |  Facebook | | | |

22/01/2010

Lettre ouverte au Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève

Genève, le 21 janvier 2010

Monsieur le Président du Conseil d'Etat, Mesdames et Messieurs les Conseillers d'Etat,

La présente fait suite à la publication de votre communiqué de presse d'hier annonçant que le Conseil d'Etat charge la police d'interpeller et d'appréhender les mendiants accompagnés d'enfants ou les mendiants mineurs, de signaler ces cas au Service de Protection des mineurs (SPMi), de conduire les mineurs avec ou sans leurs parents au sein de ce service qui pourrait prononcer une clause péril, c'est-à-dire le retrait immédiat du droit de garde des parents sur l'enfant et le placement de celui-ci.


L'association MESEMROM entend dénoncer vivement ces mesures incisives et injustes prises à l'encontre des Rroms de passage à Genève avec leurs enfants.


Nous nous indignons que le Conseil d'Etat n'ait pas tiré les leçons de l'histoire en marchant dans les pas de Pro Juventute, plus précisément dans ceux de l'Oeuvre des enfants de la grande route qui a sévi de 1926 à 1973.


Est-il besoin de rappeler que sous le couvert d'une motivation sociale, des centaines d'enfants tziganes ont été, à l'époque, arrachés à leur famille et placés dans des familles d'accueil. Les activités de l'Oeuvre des enfants de la grande route ont unanimement été qualifiées par la suite comme étant un génocide culturel.


Nous déplorons aussi que cette décision du Conseil d'Etat ait été prise à la hâte et sans aucune concertation avec les acteurs de la société civile proches de la population visée.


Partant sans doute d'un bon sentiment, elle heurte cependant le sens commun dans la mesure où elle revient à une nouvelle mesure discriminatoire et arbitraire frappant une population vivant, faute d'interventions nationales et internationales efficaces, dans des conditions de précarité et de misère extrêmes.


Nous rappelons  que les Roms mendiant à Genève ne séjournent dans notre ville que pour une durée très limitée. S'ils vivent sans logement et sans emploi, ce n'est certes pas par choix délibéré. L'émigration, assortie de la mendicité, constitue un acte de survie en réponse aux discriminations (dont celle de l'accès au marché du travail) dont sont victimes les Roms, notamment en Roumanie.


C'est dans le contexte des instructions que vous avez données que ce matin, à 6 h 30, des policiers du poste de police de la Servette sont intervenus à l'Armée du Salut et ont emmenés trois enfants âgés de 9, 6 et 3 ans, alors qu'ils dormaient et se trouvaient en sécurité avec leur mère.


Malgré nos interventions tout au long de la journée, nous n'avons pas pu savoir ce qu'il est advenu tant de cette maman que de ses enfants, alors que leur père est au désespoir et que nous ne pouvons répondre à ses questions légitimes.


De manière plus générale et forts d'une vision pragmatique, nous demandons aux autorités genevoises de préciser le but réellement visé - qui ne saurait être un nouveau moyen de tenter de les exclure de notre ville - et d'exposer la suite des mesures qu'elles proposent, celles-ci ne pouvant se résumer à appréhender et à retenir/détenir enfants ou parents.

Si nos autorités souhaitent, avec un certain angélisme, assurer des conditions de vie et une éducation appropriée à ces enfants, il conviendra de leur accorder un droit de séjour à long terme, de même qu'à leurs parents, ce qui présuppose aussi des logements et des possibilités de travail.

Une fois de plus, nous attirons l'attention des autorités sur le fait que des mesures coercitives, voire des sanctions pénales, n'apporteront en aucun cas une solution à une problématique liée à la misère, qui ne peut être résolue qu'avec une collaboration active et positive, sur place, des autorités des pays d'origine des Rroms se trouvant à Genève.

Ce n'est que par des interventions politiques efficaces, voire des appuis financiers, sur place, visant à l'éradication des injustices sociales et des discriminations dans ces pays que les autorités genevoises contribueront à ce que les enfants Rroms puissent, à terme, être scolarisés et qu'ils puissent bénéficier des bienfaits de l'éducation.

Nous formulons enfin le vœu que l'histoire sombre de la Suisse ne se répète pas à l'occasion de cette dernière prise de position qui déploie des effets d'une injustice inacceptable et dont les aspects pratiques et le suivi à long terme nous laissent pantois.

Vous remerciant de l'attention que vous porterez à la présente, nous vous prions de croire, Monsieur le Président du Conseil d'Etat, Mesdames et Messieurs les Conseillers d'Etat, à l'assurance de notre haute considération.

Pour MESEMROM

Doris Leuenberger, Membre du comité
Dina Bazarbachi, Présidente

Source : http://www.mesemrom.org/

 

12:41 Publié dans Solidarité | Tags : mesemrom, genève, mendiants rroms | Lien permanent | Commentaires (20) | |  Facebook | | | |

21/01/2010

Le kidnapping officiel des enfants rroms

photo-1340105-L.jpgLa Suisse n'a rien retenu des leçons de l'histoire. Souvenez-vous, de 1926 à 1973, la fondation Pro Juventute et sa scandaleuse  oeuvre d'entraide "Les enfants de la grand-route", dont le but était de lutter contre le "vagabondage" en séparant les enfants jenisch de leurs parents.   600 enfants ont été ainsi placés chez des parents nourriciers, dans des homes pour enfants, des orphelinats, des cliniques psychiatriques et des maisons d'éducation. Cette oeuvre d'entraide a bénéficié du soutien des autorités cantonales, mais aussi de la Confédération. Face aux dégâts psychiques, aux souffrances infligées aux familles, dès 1985, des efforts ont été entrepris pour réparer le tort causé aux personnes concernées et des excuses à la pêle.

 En 2010, on s'assied et avec un magnifique mépris sur ce chapitre peu glorieux de l'histoire suisse, et on occulte en  tournant  la page. Oublier  et recommencer tout comme avant.  En décrétant des mesures tout aussi aberrantes qui démontrent le refus absolu de voir des gens vivre autrement.  Des mesures qui ne mèneront à rien, si ce n'est alourdir déjà la facture de l'assistanat alors que de nombreux  Suisses n'y ont même pas accès. Derrière, cette volonté, c'est surtout vouloir  stigmatiser les pauvres qui mendient en les menaçant d'enlever leurs enfants.   Sous prétexte d'aider, on  véhicule et on applique des clichés avec les mêmes motivations qu'autrefois, une motivation pas  sociale pour deux sous mais plutôt eugénique. Quelle protection des enfants ? On a vu des enfants emprisonnés l'été passé, des campements détruits par la police, des enfants réveillés à l'aube dans leur bunker et arrachés à leurs parents.

Derrière les arguments bienfaisants, c'est toute la politique du compassionnel  caritatif détestable qui engendrera bien des maux à long terme. Ne menons pas une politique qui nous forcera juste à devoir présenter nos excuses  encore une fois face à notre incurie.  La solution doit être pensée et appliquée au niveau européen et avec les pays concernés et dont son originaires les rroms.

La prochaine étape ? La stérilisation des femmes rroms  peut-être. Il n'y a qu'un pas !

 

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10/01/2010

Le purgatoire français des Rroms d'Europe

 

290338.jpgLe 16 novembre 2009, dans le centre de Montreuil, rue de Paris, face au palais des congrès qui abritera neuf jours après le Salon du livre pour la jeunesse, trente hommes femmes et enfants trop visibles sont chassés par la force publique d'une friche où ils habitent dans des baraques, détruites sur le champ. Affolés, ils poussent alors en colonne des charriots où sont rassemblés des restes de leur habitat détruit par les autorités jusqu'à un abri sauvage plus loin dans la ville, où dorment des clochards. Des chiens et leurs maîtres en uniforme d'une société de sécurité leur en ferment l'entrée. Ils poursuivent jusqu'à un terrain étroit où ils campent la nuit, cachés au milieu de leurs effets, et sont réveillés le jour par des agents de la mairie et de la police qui leur ordonnent de fuir.

Affaiblis par la force publique qui les harcèle, les prive de sommeil, de nourriture, d'hygiène, ils reforment pendant plusieurs jours la petite colonne qui erre puis s'arrête sur un trottoir entre la friche purgée des ruines de leur ancien logis et la halle Marcel-Dufriche où le ministre de la culture M. Mitterrand et la sénatrice-maire Mme Voynet célèbrent l'ouverture du Salon. Un des hommes de la colonne avance et menace de se brûler face à la ligne d'hommes en armes, CRS rieurs et grimaciers, qui l'écartent de la foule des spectateurs.

La nuit tous rentrent au trottoir proche où ils survivent sous la pluie contre le mur du chantier d'une future synagogue où, quelques jours après, un arrêté de "désinfection" est affiché. Il est certifié sur papier exécutoire par la maire Mme Voynet, et annonce dans la bouche des agents qui viennent l'exécuter une opération de dératisation. La colonne se reforme et avance jusqu'au square de la République où des agents de police viennent les forcer sur ordre de la mairie de quitter le lieu au prétexte qu'y jouent des enfants non-roms.

290339.jpgSi ces Roms originaires d'Alba Iulia en Roumanie prennent au fond de leur désolation la figure de fantômes, c'est que la politique dont ils sont l'objet est une fabrique de revenants. C'est une machine juridique dont le moyen est de criminaliser la présence des êtres afin de produire et reproduire leur disparition. La circulaire de 2006, signée par Claude Guéant  pour le ministère de l'intérieur, relative aux conditions de séjour et de travail des ressortissants roumains à l'entrée de leurs pays dans l'Union européenne soumet leur accès au travail à une procédure impossible qui, dans son principe, entrave sa fin. Ce qui leur reste alors comme moyen de subsitance et d'habitation là où ils ont le droit d'être, tombe sous le coup des deux lois Sarkozy sur la sécurité et l'immigration qui achèvent de les exclure du champ des droits civiques.

Dans l'esprit et dans la lettre, cette juridiction exceptionnelle est similaire à celle instituée par le décret-loi Daladier du 2 mai 1938 sur la police des étrangers. Les conséquences jusqu'ici sont, d'une part, le développement sur le territoire français d'une persécution irrationnelle des Roms roumains et bulgares, d'autre part, la falsification du nombre d'expulsions annoncées au ministère de l'identité nationale par la répétition des disparitions de ceux dont le retour est, en vertu de la juridiction européenne, le droit. La logique de cet esprit veut que le fichage biométrique par prélèvement ADN sur base raciale est virtuellement effectif dans le corps de la loi, mais rendu inactuel par la condamnation officielle, par les instances européennes, d'une action similaire de l'Etat italien.

La dernière conséquence de cette juridiction purgative, c'est la formation à l'iniative de municipalités d'opposition d'un dispositif qui retient à chaque purge un dixième environ de la population destinée à disparaître en la maitenant en vie dans d'étranges purgatoires qui portent le titre de "villages d'insertion".

Le prèlèvement de la fraction sur le nombre de la purge est arbitré par une maîtrise d'œuvre et suivant des critères sociaux et sanitaires qui décident du partage entre la rétention d'une présence privée de droits et sa disparition revenante. Ces villages pour fantômes ont la forme matérielle le plus souvent de baraquements alignés sur plusieurs rangs fermés par une enceinte. Une seule porte étroite est ouverte et gardée par des chiens et leurs maîtres en uniforme de société privée par où seuls les êtres inscrits comme hébergés sont libres de passer. A tout autre vivant l'accès est interdit. Le bâti est apporté par l'ancienne Société nationale de construction de logements pour les travailleurs algériens (Sonacotra) dont l'histoire est celle d'un conflit violent entre hébergés et hébergeants. L'ambition des concepteurs de ces dispositifs est de les voir s'étendre à l'ensemble du territoire au motif que leur expansion sera à la mesure de la croissance interne et rentable de leur maîtrise.

290349.jpgUn purgatoire est une zone qu'inventent les vivants pour se défendre du retour parmi eux de ceux qu'ils ont fait disparaître, dans l'attente d'un enfer dont ils ne reviendront pas. Ces villages d'insertion sont en fait et en droit similaires à des "centres de séjour surveillé" tel celui de Gurs ouvert en mars 1939 par le gouvernement d'Edouard Daladier, qui dans le mouvement de sa très rapide mutation enferme de nombreux fantômes fabriqués par le décret-loi du 3 mai 1938, dont la philosophe juive allemande Hannah Arendt. Si le contexte de 1939 est celui d'une menace d'invasion par un ennemi militaire, le Reich, le contexte de 2009 est celui de la formation abstraite d'un ennemi imaginaire, l'islam, dont les Roms pourraient être partie de la cinquième colonne.

Si les camps sont à l'aurore de l'Europe reconstruite, les signes actuels et actifs de sa ruine indiquent qu'ils peuvent aussi bien être le lieu de son prochain crépuscule. Tant que des Etats d'Europe manifesteront les signes de sa ruine des Roms et d'autres manifesteront les stigmates de leur désolation.

Pierre Chopinaud est traducteur de la langue romani

Source : http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/11/le-purg...

 

PHOTO  : Fab William Alexander http://fabwilliamalexander.darqroom.com.

07:04 | Tags : pierre chopinaud, fab william alexander | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

09/01/2010

Kosovo : jours amers pour les Rroms expulsés d’Europe occidentale

rroms_expulsion0004-229e5.jpgAfin d’être un jour éligible au processus de libéralisation des visas avec l’Union européenne, le Kosovo vient de signer des accords de réadmission avec plusieurs pays de l’UE, dont la France. Cependant, les conditions d’accueil demeurent catastrophiques pour les ressortissants du Kosovo expulsés d’Europe occidentale, notamment pour les minorités ethniques. "A noter que roms et les juifs sont encore interdits de se porter candidat aux élections."

Une correspondante,  Serbeze Haxhiaj, témoigne :

Alors que le gouvernement du Kosovo vient de signer de nouveaux accords avec les pays européens pour la réadmission des sans-papiers kosovars, Faik Idrizi n’a toujours pas assez d’argent pour nourrir sa famille. Ce rrom de la région de Gjakovë/Djakovica a été récemment rapatrié d’Allemagne. Il y vivait avec sa femme et ses trois enfants. Âgé d’une quarantaine d’années, Faik se retrouve aujourd’hui dans une cabane en bois à Skivjan avec, pour tout revenu, quarante euros d’aide sociale par mois. « Ici, il n’y a pas de travail. Si ça continue, mes enfants vont mourir de faim. Est-ce l’objectif des pays qui nous rapatrient ? », demande Faik, qui pensait qu’en tant que Rrom du Kosovo, il serait « épargné » par les autorités allemandes.

Non à l’accord de réadmission avec le Kosovo !

Les accords de réadmission sont une des conditions du processus de libéralisation des visas. Le Kosovo tente de respecter ces conditions, même s’il ne fait pas concrètement partie du processus, étant donné que cinq pays de l’Union européenne ne reconnaissent toujours pas l’indépendance du pays.

Le gouvernement du Kosovo a signé dernièrement des accords de réadmission avec l’Albanie, la Belgique, la France, l’Allemagne, la Suisse et la Norvège. Au ministère de l’Intérieur et au ministère du Travail et du Bien-être Social, personne ne connaît le nombre exact des kosovars qui devraient être rapatriés l’année prochaine. Fisnik Rexhepi, conseiller du ministre de l’Intérieur, fait savoir que depuis 2002, quelque 4.000 kosovars ont été rapatriés chaque année. « Environ 30.000 personnes de toutes nationalités ont été rapatriées pendant cette période », ajoute-t-il. Ismet Hashani, ministre-adjoint au ministère du Retour n’a pas non plus d’idée précise du nombre exact de sans-papiers qui pourraient être rapatriés.

Néanmoins, selon certaines évaluations, quelque 70.000 Kosovars devraient être prochainement rapatriés. L’enjeu est bien évidemment la réintégration de ces personnes, qui n’arrivent pas à s’accommoder aux mauvaises conditions de vies, surtout les rapatriés de la communauté RAE.

Zylfi Merxha, député rrom à l’Assemblée nationale du Kosovo, s’oppose au rapatriement des Rroms du Kosovo. « La situation économique est généralement désastreuse au Kosovo, mais c’est sans aucun doute la communauté rrom, ashkali et égyptienne qui vit la situation la plus difficile. L’Union européenne et les gouvernements respectifs européens doivent trouver une solution pour ces personnes avant de procéder aux réadmissions », revendique Merxha.

En effet, l’exemple de Fadil Maxhuni, qui vit avec sa mère, sa femme et ses deux enfants dans une tente à Skivjan donne raison au parlementaire rrom. « Que voulez-vous que je fasse ? Le froid approche et je ne sais pas quoi faire. Dois-je apporter mes enfants gelés devant la porte du maire ou du Premier ministre ? », dit cet expulsé rrom d’Allemagne. Le ministère du Travail et du Bien-être social n’a pas pu héberger la famille Maxhuni plus d’une semaine. Le ministre Nenad Rašić explique qu’en raison du manque d’argent, le gouvernement kosovar ne peut prendre soin des rapatriés. « Le processus de rapatriement est maintenant lancé plus concrètement. Seule l’Allemagne va rapatrier environ 10.000 rroms et d’autres sans-papiers du Kosovo », prévient Rašić.

Pour les spécialistes de l’économie kosovare, le rapatriement des sans-papiers kosovars va détériorer encore plus la situation économique et sociale du Kosovo. « Il ne s’agit pas seulement de problèmes de nature politique ou économique, mais aussi sociaux. Les rapports sociaux vont se tendre encore plus, étant donné le taux élevé de pauvreté au Kosovo », explique l’économiste Safet Gërxhaliu. En parallèle, les responsables municipaux prévoient aussi des problèmes sérieux d’hébergement. « Une partie de leurs maisons qui furent totalement détruites pendant la guerre n’ont pas été reconstruites », s’inquiète Gani Toska, responsable du Bureau pour les Communautés au sein de la municipalité de Peja/Peć.

Alors que les experts locaux exigent des programmes concrets de réintégration et de resocialisation pour que le processus de réadmission se transforme en une opportunité et non pas en un cercle vicieux de migration continue, le Kosovo reste toujours le pays le plus pauvre d’Europe. Selon les dernières statistiques de la Banque Mondiale, plus de 45% des habitants du Kosovo vivent dans la pauvreté, dont 15% sous le seuil d’extrême pauvreté.

Écoutez sur Balkanophonie :
Les Rroms bulgares et roumains, des citoyens européens victimes de la culture du chiffre (1/2)
Les Rroms bulgares et roumains, des citoyens européens victimes de la culture du chiffre (2/2)

 

Source :  http://balkans.courriers.info/article14284.html

leTraduit par Belgzim Kamberi
Mise en ligne : vendredi 8 janvier 2010

10:11 Publié dans Solidarité | Tags : rroms du kosovo | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

07/01/2010

Villages d'insertion pour les Rroms - Les camps de la honte !

knowledge-against-prison.gif75% du budget des villages d'insertion est consacré au gardiennage et à la surveillance alors que les statistiques en 2009 démontrent que la part dévolue au gardiennage des administrations pénitientiaires en France n'a été que de 35,9%, soit plus de deux fois inférieure !

Depuis 2006, des « villages d’insertion pour les Rroms » sont mis en place dans des villes de la Seine-Saint-Denis. Y sont placées des familles sélectionnées après une enquête sociale menée par Pact Arim, une association mandatée par la préfecture. Les bénéficiaires, Rroms roumains et bulgares, n’obtiennent aucun titre de travail de la préfecture et ne peuvent donc travailler légalement. Pour ce faire, ils doivent suivre, comme tous leurs concitoyens, la procédure mise en place à la veille de l’entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l’Union européenne, qui dans les faits rend l’obtention d’un titre de travail quasiment impossible.

Ces derniers jours une information a fait surface depuis le fond opaque où sont développés ces projets pilotés conjointement par la préfecture, des municipalités de gauche, des entreprises et la solidarité bienveillante d’associations dites « humanitaires » qui bouchent les trous  ou forment des judas : 75% du budget de ces villages est consacré au gardiennage et à la surveillance. En effet, des vigiles de sociétés privées sont chargés de garder ces lieux fermés, dont l’accès est interdit à toute personne extérieure, sauf autorisation spéciale délivrée par le gestionnaire.
Ces éléments révèlent que la finalité réelle de ces projets est le contrôle et la surveillance d’une partie des Rroms migrants originaires de Roumanie et de Bulgarie, quand la partie restante, la majorité, est condamnée  à courber l’échine sous la matraque et s’en aller. D’une part les lois  privent des hommes et des femmes, entre autres, de leur droit élémentaire au travail, d’autre part ces projets font croire que la seule manière d’insérer les « hors-la-loi » qu’elle a fabriqués est  de les coincer « dans des villages d’insertion pour Roms ». L’accompagnement social vers l’emploi de personnes qui n’ont pas le droit de travailler relève du camouflage de cette politique d’enfermement et de contrôle menée par les autorités. Cette politique exclut simplement les Rroms qu’elle prétend insérer du champ d’application de la déclaration des droits de l’homme, donc de l’humanité. Que fait la société civile ?
Le collectif Romeurope, rassemblant des associations dites de soutien aux Rroms et financé par la Fondation Abbé Pierre, ne s’est jamais exprimé au sujet de ces projets. Une vingtaine d’associations, pour la plupart membres de ce collectif, dénonçaient fin 2009 l’expulsion de 2200 Rroms de leurs lieux de vie dans la région parisienne. Cependant, aucune mention n’est faite dans le communiqué des « villages d’insertion », par ailleurs présentés comme des alternatives à ces expulsions répétées.
Un article de l’Humanité cite M. Malik Salemkour, vice-président de la Ligue des Droits de l’Homme : « Si encore ces expulsions avaient pour but de mettre ces personnes dans un dispositif pour les prendre en charge… Mais ce n’est pas ça ». Quelques jours plus tard, le 29 décembre, dans un autre article intitulé « Villages d’insertion, un début de solution ? », M. Salemkour s’exprime en ces termes : « Ils sont clairement discutables, autant l’accompagnement social d’insertion par le travail et le logement est une bonne chose, autant il y a lieu de s’interroger sur sa logique ethnique puisque, dans ces villages, il n’y a que des Roms. ». Peut-on rester dans la langue de bois pendant qu’on considère des humains comme de la matière première ? Car « s’interroger » est une chose, répondre à ses questionnements c’en est une autre. Qualifier quelque chose de « discutable » c’est une chose, la discuter réellement c’en est une autre. Pourquoi M. Salemkour, la LDH, Romeurope etc. ne discutent pas ce sujet et ne répondent pas aux questions qu’ils se posent? Qu’est-ce qui les retient ?
La voix des Rroms a demandé par courrier adressé le 29 décembre 2009 à toutes les associations signataires du communiqué susmentionné de prendre une position claire et publique sur les « villages d’insertion », comme La voix des Rroms l’a fait depuis 2007. Sans réponse au 4 janvier, elle a renvoyé un rappel, mais le silence se poursuit.
Dans ces conditions, La voix des Rroms demande à toutes les structures se disant soutenir « les Rroms migrants » : Soit de dire publiquement, clairement et rapidement leur position vis-à-vis des « villages d’insertion », soit de se taire une bonne fois pour toutes et de ne plus « s’indigner » des conséquences d’un traitement qu’elles refusent de dénoncer.

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06/01/2010

De l'or pour Madonna

49a113c618bf3.jpgLe «roi» des Rroms, le Roumain Florin Cioaba, a annoncé mardi qu'il offrirait une plaque en or à la star américaine Madonna pour la remercier de son message contre les discriminations envers les Rroms adressé l'été dernier à l'occasion d'un concert à Bucarest.

«Madonna a un très grand mérite. Elle a pu sensibiliser le monde entier aux discriminations» dont sont victimes les Roms, a déclaré M. Cioaba au cours d'une conférence de presse à Sibiu, où il réside.

Selon l'agence de presse roumaine Mediafax, la plaque a été commandée à un bijoutier d'Italie et sera fabriquée en or de 24 carats.

«Nous avons voulu lui donner un cadeau pour lui exprimer notre reconnaissance pour ce qu'elle a dit», a précisé M. Cioaba, qui s'est unilatéralement proclamé «roi» des Rroms.

En août, Madonna s'était déclarée «attristée» par les «discriminations envers les Rroms et les Tziganes, très présentes en Europe de l'Est». Plusieurs milliers de spectateurs sur les quelque 60 000 présents au concert avaient hué la chanteuse américaine après son discours.

 

En Roumanie, malgré une amélioration sur ce plan, les Rroms sont toujours l'objet d'un ostracisme, sept Roumains sur dix ne voulant pas qu'un Rrom fasse partie de leur famille, selon une étude publiée en septembre dans le cadre d'une campagne gouvernementale contre les discriminations.

Pour sa part, Amnesty International avait dénoncé l'année dernière l'absence de mesures de la part des autorités roumaines contre les discriminations envers les Roms, «un problème largement répandu et profondément ancré dans les mentalités».

 

AFP - Roumanie - Bucarest

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17/12/2009

Invalidité des amendes infligées aux Rroms à Genève

ats

images-3.jpgGenève Mesemrom, l'association de défense des Rroms à Genève, a remporté une victoire devant la justice. Une irrégularité quant à la notification des amendes a pour conséquence que des milliers d'entre elles seront annulées. Cinq personnes ont été libérées.

Dans la mesure où la police avait considéré que les Roms verbalisés n'avaient pas de domicile fixe, leur nom avait été publié dans la Feuille d'avis officiel. Or il s'agit d'une irrégularité de notification, puisque leur adresse figure sur leur carte d'identité roumaine, a indiqué Dina Bazarbachi, présidente de Mesemrom.

Sur cette base, l'avocate a notamment fait opposition en juin auprès du Tribunal d'application des peines et des mesures, les amendes impayées d'un Rom ayant été converties en peine privative de liberté. Le tribunal lui a donné raison et libéré l'homme après six jours de détention illicite. Malgré cette décision, le Ministère public a envoyé plusieurs personnes en prison et fait appel.

Dans un arrêt de principe que l'association a reçu, la Cour de justice a confirmé le jugement du Tribunal d'application des peines et des mesures. Cinq personnes ont été immédiatement libérées, selon Dina Bazarbachi. Mais l'arrêt concerne aussi des milliers d'amendes de Roms notifiées depuis 2008, date de l'entrée en vigueur de la loi interdisant la mendicité à Genève.


L'argent saisi devra être restitué, estime l'avocate, qui va demander des indemnités à la justice pour les personnes emprisonnées. Et de relever que chaque inscription d'une contravention dans la FAO coûte 90 francs.

 

Crédit photo Eric Roset http://www.eric-roset.ch

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Invalidité des amendes infligées aux Rroms à Genève

ats

images-3.jpgGenève Mesemrom, l'association de défense des Rroms à Genève, a remporté une victoire devant la justice. Une irrégularité quant à la notification des amendes a pour conséquence que des milliers d'entre elles seront annulées. Cinq personnes ont été libérées.

Dans la mesure où la police avait considéré que les Roms verbalisés n'avaient pas de domicile fixe, leur nom avait été publié dans la Feuille d'avis officiel. Or il s'agit d'une irrégularité de notification, puisque leur adresse figure sur leur carte d'identité roumaine, a indiqué Dina Bazarbachi, présidente de Mesemrom.

Sur cette base, l'avocate a notamment fait opposition en juin auprès du Tribunal d'application des peines et des mesures, les amendes impayées d'un Rom ayant été converties en peine privative de liberté. Le tribunal lui a donné raison et libéré l'homme après six jours de détention illicite. Malgré cette décision, le Ministère public a envoyé plusieurs personnes en prison et fait appel.

Dans un arrêt de principe que l'association a reçu, la Cour de justice a confirmé le jugement du Tribunal d'application des peines et des mesures. Cinq personnes ont été immédiatement libérées, selon Dina Bazarbachi. Mais l'arrêt concerne aussi des milliers d'amendes de Roms notifiées depuis 2008, date de l'entrée en vigueur de la loi interdisant la mendicité à Genève.


L'argent saisi devra être restitué, estime l'avocate, qui va demander des indemnités à la justice pour les personnes emprisonnées. Et de relever que chaque inscription d'une contravention dans la FAO coûte 90 francs.

Crédit photo Eric Roset http://www.eric-roset.ch

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08/12/2009

Lyon - Des Rroms s'associent pour défendre leurs droits

"Si nous obtenons les mêmes droits que les Italiens ou les Espagnols, les Rroms n’exerceront plus les activités illicites qui leur sont nécessaires aujourd’hui pour vivre. Aujourd’hui, on a rien, c’est normal qu’on fasse la manche !”.

Des-Roms-lyonnais-s-associent-pour-defendre-leurs-droits_large.jpgIl s’appelle Onofrei Miclescu et vit depuis quinze ans en France, dans l’agglomération lyonnaise. Comme tous les autres Rroms de l’Est, il connaît les bidonvilles et les squats. Mais lui a eu plus de chance. Après l’expulsion en août 2007 du squat de La Soie où il vivait parmi 500 autres personnes, il a été relogé par la mairie de Villeurbanne.

Désormais, il vit dans une petite maison avec trois de ses enfants, à quelques encablures du terrain. Pour autant, il n’a pas oublié les autres qui continuent à errer. En mai 2007, il a créé son association, Caravana Romilor qui vise à “défendre les Rroms pour l’accès à leurs droits à l’emploi, à la scolarisation, à la formation, au logement ou à la santé” mais également à “changer l’image des Rroms en France et dans l’agglomération”. Pour l’instant, son association recrute essentiellement parmi les Rroms de Craiova, ville du sud de la Roumanie dont lui-même est originaire. Actuellement, ses “associés” squattent dans l’ancienne usine de Saint Jean Industries, avenue Viviani à Vénissieux.

C’est en matière de logement que les Rroms de Caravana Romilor ont le plus avancé. Ils demandent une “platz” (un terrain) pour y installer des mobil homes. “Il faudrait que les habitants touchent les prestations familiales de la CAF et un petit revenu pendant quelques mois pour apprendre le Français et se former. Ce n’est pas impossible. Nantes et Paris l’ont fait”, précise Onofrei Miclescu. Deuxième revendication majeure : le droit au travail encore fortement limité jusqu’en 2012. “J’ai travaillé en Roumanie comme conducteur professionnel. Mais ici, avec la taxe que les entreprises doivent payer, il m’est difficile de trouver un emploi”. Le président de l’association fait “une promesse au préfet” : “si nous obtenons les mêmes droits que les Italiens ou les Espagnols, les Rroms n’exerceront plus les activités illicites qui leur sont nécessaires aujourd’hui pour vivre. Aujourd’hui, on a rien, c’est normal qu’on fasse la manche !”.

Article Burlet Laurent source
http://www.lyoncapitale.fr/lyoncapitale/journal/univers/A...

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04/12/2009

Hongrie- Altercation entre Rroms et des membres de Új Magyar Gárda

85362043.jpgDes Rroms et des membres de l’extrême-droite se sont affrontés courant novembre à Sajóbábony, un bourg de 3’000 habitants situé dans le Nord-est de la Hongrie. Les Rroms ont tenté de perturber la tenue d’un meeting du Jobbik, parti fasciste d’extrême-droite anti-Rrom qui incite la population à la haine.
Apprenant que des membres de la Magyar Garda –officiellement interdite et renommée Uj Magyar Gárda après sa dissolution par les tribunaux ( ils portent les mêmes uniformes qu’auparavant et sont soutenus par le président du parti nationaliste Jobbik, Gabor Vona et le prêtre calviniste Lóránt Hegedûs, connu pour ses déclarations extrémistes) se dirigeaient vers le village, des Rroms se sont armés pour leur faire face. Ils ont brisé les vitres d’une voiture et molesté un député du MSZP qui avait autorisé la manifestation.
La réaction rapide de la police a permis d’éviter un affrontement direct entre les deux groupes. Mais, comme l’a constaté le porte-parole de la police locale, Bertalan Gaskó, « L’incident aurait pu facilement tourner à la tragédie si nous étions arrivés un peu plus tard« .

La police a fermé les routes autour de la ville et est parvenue à faire cesser la bagarre entre les deux groupes en quelques heures. Pourtant, suite à cet événement, la police a porté plainte contre 11 Rroms mais seulement deux membres de la Új Magyar Gárda. Selon la Société pour le droit à la liberté (Társaság a Szabadjogokért, TASZ), les autorités ne traitent pas les deux groupes dans le respect de l’égalité. Elles ont ainsi préféré feindre d’ignorer que les extrêmistes portaient les uniformes, pourtant interdits, de la Magyar Gárda et avaient adopté un comportement menaçant à l’égard de la minorité rrom. La police s'est expliqué en soulignant que les habitants de Sajóbábony ne s’étaient plaints que des Rroms.

Le porte-parole du gouvernement hongrois, Domokos Szollár, a estimé que l’action de la Magyar Garda était « inacceptable » et constituait une provocation à l’encontre de la population Rrom locale. Le leader de l’opposition de droite, Viktor Orban, s’est habilement démarqué des positions du gouvernement qui a, selon lui, échoué à protéger tous ses citoyens et de l’extrême-droite qui tente de se substituer à l’Etat. « Chacun devrait se sentir en sécurité, indépendamment de son origine et de sa condition, et c’est le devoir de l’Etat d’assurer cette sécurité.« .


Le « péril démographique » en cause


C’est par le facteur démographique que beaucoup de Hongrois justifient leurs craintes d’une évolution négative des relations avec la minorité Rrom. Les cris d’alarme qui dénoncent régulièrement la vitalité de la natalité de la population Rrom, en comparaison de la démographie déclinante du reste de la population, entretiennent le pessimisme quant à l’amélioration de la situation économique et sociale du pays, ainsi que la peur d’une dilution de l’identité hongroise dans une société multi-ethnique.

Il est de ce point de vue surprenant de constater que, dans sa dépêche rapportant les résultats de ce sondage, l’agence de presse hongroise MTI avance le chiffre de « presque un million », concernant le nombre de Hongrois d’origine Rrom alors que les sondages précédents font généralement état soit de « 400.000 à 600.000″ soit d’ »un demi-million » d’individus. Au dernier recensement général de la population, en 2001, un peu plus de 200.000 personnes ont déclaré leur appartenance à cette minorité.

Un sondage de l’institut Szonda Ipsos, publié vendredi dernier sur le site fn.hu, révèle que la moitié de la population hongroise s’attend à une détérioration des relations entre Rroms et non-Rroms. 51% des 800 personnes sondées estiment que les relations communautaires entre la majorité hongroise et la minorité Rrom vont empirer dans un futur proche. 30% d’entre elles ne s’attendent pas à une évolution significative, tandis que 7% font preuve d’optimisme, estimant que les liens entre les deux communautés vont se resserrer.

Un peu plus de la moitié des sympathisants du parti de droite FIDESz (52%) et 43% de ceux du parti socialiste MSzP s’attendent à une détérioration des relations communautaires. Sans surprise, ce sont les sympathisants du parti d’extrême-droite Jobbik qui sont les plus enclins à prévoir une escalade dans le conflit (76%) entre Rroms et non-Rroms. La stratégie de provocation du Jobbik, un parti anti-Rroms qui alimente la peur et les ressentiments vis-à vis de cette communauté, fonctionne, semble-t-il, parfaitement.

Ce sont les moins de trente ans, les étudiants et les chômeurs qui apparaissent les plus pessimistes. La moitié des répondants a déclaré ne pas savoir quel parti politique serait le plus à même de gérer les tensions actuelles. Parmi les partis cités, la FIDESz recueille la confiance de 20% des personnes interrogées, contre 8% pour le parti socialiste et le Jobbik.


http://www.hu-lala.org/?p=2937
http://www.jfb.hu/node/1169

23:15 Publié dans Résistance | Tags : Ùj magyar garda | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

08/11/2009

20 ans après la chute du mur de Berlin, il faut agir pour défendre les droits humains


20070306noye-1.jpg Les migrants noyés dans l'indifférence européenne

Vingt ans après la chute du mur, les gouvernements européens doivent prendre des dispositions d’urgence pour lutter contre les atteintes aux droits fondamentaux des migrants, des demandeurs d’asile, des détenus et des minorités, a déclaré Amnesty International ce vendredi 6 novembre dans un communiqué de presse.

« Alors que la chute du mur de Berlin a été le symbole de l’ouverture des frontières, l’Europe réagit actuellement aux défis que représentent les migrations en faisant du continent une forteresse, a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

« Des personnes fuyant la pauvreté, les violences ou les persécutions auxquelles elles étaient en butte dans d’autres parties du monde ont été littéralement rejetées à la mer. »

En mai 2009, la vie et la sécurité de centaines de migrants et de demandeurs d’asile voyageant à bord de trois bateaux en Méditerranée ont été mises en péril, d’abord par une querelle entre les autorités italiennes et maltaises au sujet de leur obligation de répondre à des appels maritimes de détresse, puis par la décision du gouvernement italien de renvoyer ces personnes en Lybie, sans évaluer la protection dont elles pouvaient avoir besoin.

Les gouvernements européens doivent également prendre davantage de mesures pour enquêter sur les allégations de torture, de mauvais traitements et de détentions injustifiées en rapport avec la « guerre contre le terrorisme » menée sous l’égide des États-Unis, a ajouté Amnesty International.

« Dans la nouvelle Europe d’après la chute du mur, les droits humains sont à nouveau menacés. Cette fois, ils sont victimes d’États qui affirment que même les plus fondamentaux d’entre eux, notamment le droit de ne pas être soumis à la torture, doivent être sacrifiés sur l’autel de la lutte antiterroriste », a déclaré Nicola Duckworth.

Après les attentats du 11 septembre, l’Europe a accueilli des prisons secrètes gérées par l’Agence centrale du renseignement (CIA) des États-Unis, où des personnes ont été victimes de disparitions forcées, détenues dans des conditions assimilables à une forme de torture et soumises à des méthodes d’interrogatoire abusives.

À la suite de révélations en août dernier, des appels ont été lancés en direction des autorités polonaises et lituaniennes pour les engager à enquêter sur des allégations selon lesquelles des « détenus de grande valeur » avaient été incarcérés et interrogés en secret par la CIA dans des centres de détention situés sur leur territoire, et ce jusqu’à la fin de l’année 2005.

Les défis auxquels l’Europe est actuellement confrontée en matière de droits humains ne sont cependant pas tous nouveaux.

« C’est scandaleux, mais les fruits des vingt années de croissance économique et d’unité politique accrue qui ont suivi la chute du mur de Berlin n’ont pas été partagés équitablement entre tous. De graves problèmes de racisme et de discrimination restent profondément enracinés au cœur de l’Europe moderne. », a souligné Nicola Duckworth.

La situation des Rroms est peut-être l’exemple le plus frappant des discriminations endémiques qui subsistent en Europe. Cette population reste largement exclue de la vie publique dans tous les pays.

En Europe de l’Est, les Roms ont souvent été les premiers à perdre leur emploi lors de la privatisation des entreprises publiques. Leur pauvreté est encore aggravée par des expulsions forcées illégales.

Dans certains pays comme la Slovaquie et la République tchèque, les Rroms sont toujours surreprésentés dans les établissements scolaires destinés aux élèves présentant des handicaps mentaux, et on continue à les tenir à l’écart en les plaçant dans des écoles ou des classes accueillant uniquement des enfants roms et offrant un enseignement de moindre qualité. Les autorités n’ont pas pris de mesures efficaces et claires pour mettre fin à cette ségrégation à caractère raciste au sein du système éducatif.

Vingt ans après la chute du mur, Amnesty International continue à reconnaître comme prisonniers d’opinion des journalistes et des défenseurs des droits humains arrêtés pour avoir tenté d’exercer leur droits fondamentaux aux libertés d’expression, d’association et de religion en Azerbaïdjan, en Biélorussie, en Moldavie, en Ouzbékistan, en Russie et au Turkménistan.

« À Berlin, aujourd’hui, il ne reste pas grand-chose du mur physique qui, il y a vingt ans, symbolisait la division et la répression. Il reste toutefois des murs qui font que certains sont plus égaux que d’autres quand il s’agit de jouir de la totalité de leurs droits fondamentaux, a déclaré Nicola Duckworth.

« Néanmoins, malgré les menaces, les tentatives d’intimidation et les placements en détention, des défenseurs des droits humains, portés par cette même énergie qui a jeté à bas le mur de Berlin, continuent à se battre dans toute l’Europe pour défendre leur vision d’un continent où les droits de tous seront respectés. »

09:34 Publié dans Solidarité | Tags : amnesty international, pauvreté, migrants, rroms, exclusion | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

02/10/2009

Agression raciste en Autriche- Appel à témoins


Bonjour,

Nous relayons ici un message venant de Romano Centro, en Autriche. Si vous êtes vous-même ou bien si vous connaissez les personnes concernées, veuillez contacter cette association, dont les coordonnées figurent ci-dessous.

Cher Monsieur, chère Madame,

Dans la nuit du 1er au 2 aout 2009, des membres de la communauté rrom de France ont subi une agression en Autriche dans la région de Tyrol.

Ces Rroms venus de France étaient arrivés dans la petite ville d’Ainet avec 13 caravanes. Sur place, ils ont demandé une autorisation au maire afin de passer la nuit dans la ville. Le maire de la ville leur a accordé l’autorisation de passer la nuit dans la ville sur un site situé prés d’un terrain de sport. Au cours de cette même nuit, sur le terrain de sport, était organisé un festival par le club de sport de la localité, suivi d’un concert de rock du groupe « Foxcocks ». Apparemment, le groupe de rock était animé d’un sentiment anti-Rrom.

Apres le concert, des jeunes armés de gourdins ont saccagé des caravanes dont certaines fenêtres ont été brisées. Effrayés par ces événements les Rroms ont appelé la police. A leur arrivée, la police tenta de stopper les jeunes, seulement les Rroms ne souhaitaient plus passer la nuit sur le site. Ils ont été amenés, à leur demande, sur un autre site situé aux alentours d’une station de train près de la ville de Lienz.

Les autorités de la ville d’Ainet ont essayé en vain d’étouffer cet incident, mais un journaliste publia un article 10 jours après que les évènements eurent lieu. Le maire et la police ont confirmé l’incident tout en essayant de minimiser son impact.

Quelques semaines plus tard, un avocat remit un rapport au bureau du procureur général.

Actuellement, notre objectif (le « Romano Centro » en coopération avec une ONG engagée dans le respect des droits de l’homme ainsi que le journal « Biber ») est de retrouver les auteurs de ces actes.

Le maire et la police soutiennent qu’ils n’ont remarqué aucuns signalements sur les caravanes. Ce n’est que quelques temps après qu’ils ont constaté que les Rom étaient français.

Malheureusement, mes collègues et moi du « Romano Centro » n’avons aucun contact avec des ONG françaises qui militent pour la cause des Rom en particulier ou le respect des droits de l’homme en général.

Nous vous serions reconnaissants si vous nous apportez votre aide en publiant cette information dans votre journal ou la relayant par tout canal d’information possible (site internet, réseau interactif etc.).

Pour toute information ou renseignement supplémentaire vous pouvez nous contacter aux adresses électroniques suivantes :

Andrea.haerle@romano-centro.org

Barbara.tiefenbacher@gmx.at

Avec nos sincères remerciements,

Barbara Tiefenbacher S/c Viennese Romani NGO Romano Centro

Mag. Barbara Tiefenbacher

AT: 0043 664 73602048

CZ: 00420 608241972

23:18 Publié dans Solidarité | Tags : rroms, autriche | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |