31/10/2011

HONGRIE - Les larmes du ghetto de Gyöngyöspata

P1040385.JPG

Jeudi 13h- Tout est calme dans ce village de 2'800 habitants, trou du cul de Judas, dont personne n'aurait dû en entendre parler . Gyöngyöspata est rarement mentionné sur les cartes routières et pourtant ce petit village est devenu le centre de tous les regards depuis que les milices Véderö au printemps y ont installé leur camp d'entraînement avec laser, berger allemand, matraque et surtout toute leur haine. Par la suite Jobbik, le mouvement d'extrême-droite néo-fascisant s'est imposé par la force à la tête de la mairie et a décidé de lancer son programme en transformant le ghetto - un parmi les 1'100 répertoriés en Hongrie-  où habitent 450 Rroms en laboratoire-test et en forçant les Rroms aux travaux obligatoires.

 

 

P1040390.JPGUn calme étrange après la tempête médiatique , les rues sont désertes, même chats et chiens semblent faire profil bas, un silence qui plane et qui en dit long.  Une voiture de police ralentit , il paraît que nous venons de croiser de peu la  visite de Gábor Vona, chef du parti Jobbik, là,  5 minutes plus tôt et qui a  fait un passage-éclair dans le ghetto certainement pour apprécier l'avancée de son programme-pilote. Le ghetto se situe en bas du village, il faut emprunter une pente raide et méchante de terre battue pour parvenir au milieu des quelques maisons délabrées. Ce sont 126 familles vivant sur trois générations qui se répartissent dans une vingtaine de maison. Les routes,  des chemins de terre sont à peine dessinées. Les  maisons du ghetto se situent à proximité d'une rivière dont chaque crue fait des ravages et peut  se targuer d'avoir déja noyé bien des gens.

 

P1040396.JPG

Janush, nous attend, à notre arrivée,  il surgit précipitamment de chez lui et nous montre la caméra de surveillance installée sur le poteau électrique,  droit sous ses fenêtres. Les policiers tournent autour de notre voiture.  Notre hôte nous happe littéralement à l'intérieur de la maison. Les deux uniformes s'éloignent un peu hésitants mais ne peuvent guère intervenir, nous sommes en visite privée chez un particulier.

Janush Farkas senior est  vice-président du Mouvement national Rrom des droits civils.  Comme il se plaît à le souligner, il est  un paysan investi depuis 21 ans dans la vie politique pour sa communauté et personne ne pourra lui enlever cette expérience.  Le Martin Luther King de Gyöngyöspata, il crie à la révolte depuis que les milices ont débarqué dans son village devenu le fief de l'extrême-droite.  Leur vie déjá si précaire ne ressemble dorénavant à plus rien, du moins, on ne peut plus appeler cela une vie. Sa femme, ses enfants et le reste du village  restent traumatisés par le défilé de ce terrible mois d'avril, où une nuit, 7'500 hooligans hongrois supporters du Újpest scandaient d'une voie sombre et caverneuse, à  faire trembler les murs, "Ria- Ria-Hungaria!", en tenant des torches et en marchant au pas militaire le bras tendu à la façon des hitlériens.   Ils venaient provoquer ce ghetto de pauvres, le commissaire affolé a du donner ordre aux Rroms de tous rester cachés chez eux et surtout de ne pas sortir sous peine d'être battus, voire tués. Il montre son coeur qui depuis cette nuit,  va mal, s'emballe pour un rien,  sa femme, Clara,  doit prendre des anti-dépresseurs. Des dizaines d'autres familles, se sont enfuies pour le Canada. C'est devenu un lager ce ghetto, sur le modèle de ceux qui se trouvaient être en Pologne selon le témoignage des  proches de Janush qui ont vécu dans les  camps.

Mais lui, Janush ne partira jamais : "la Hongrie, c'est mon pays, je suis Hongrois, cela fait 600 ans que nous sommes là. Ni  les crues  de la rivière, premier fléau, ni Jobbik , le second, ne nous feront quitter ce pays et ce village. Malgré la terreur physique, psychique, spirituelle, nous ne renoncerons pas à la Hongrie.

P1040425.JPG

Ils utilisent une méthode de harcèlement constant auprès des Rroms du ghetto. 4 policiers sont engagés à plein temps pour nous contrôler et nous amender de facon arbitraire. Pour exemples, une femme pousse la poussette de son enfants au bord de la route parce que les trottoirs sont quasi inexistants ou troués de nids-de poule et inaccessibles pour un véhicule á roulettes. Les policiers lui infligent une amende pour n'avoir pas utilisé le trottoir. Un enfant de 5 ans fait pipi au bord du chemin de terre, et encore une autre amende, elles pleuvent comme la septième plaie d' Egypte.  On nous reprend d'un côté,  ce que l'on vous donne de l'autre. Ici, c'est l'apartheid. des amendes de 10'000 (environ 33 euros) , 35'000 forint Hongrois à donner, alors qu'on n'a même plus de quoi manger.

Concernant les enfants, on nous envoie des psychologues qui après des tests concluent  qu'ils sont  sont arriérés mentaux et qu'ils doivent aller dans les classes spéciales, tout ceci parce que dans les classes hongroises normales, ils ne veulent pas de nos enfants. D'autres psychologues de Budapest, totalement neutres,  viennent et disent tout le contraire, que nos enfants sont vifs et intelligents.

Il y a un racisme, une ségrégation insidieuse qui empoisonne la vie des gens.  Et ce sont toujours quoiqu'il arrive les Rroms qui ont tort, il n'y a pas de justice. Depuis la chute du régime communiste, nous sommes plus seuls que jamais, discriminés et abandonnés à notre sort. Au moins avant nous pouvions tous travailler, emprunter de l'argent à la banque, nous avions des petits salaires, mais des emplois fixes, c'était un vrai système plus démocratique que celui actuellement mis en place.

P1040427.JPG

Après les dernières crues, trois familles ont du être relogées ,  la Croix-Rouge avait réuni de l'argent pour la construction de maisons ailleurs dans un autre quartier avec des Hongrois. Ceux-ci se sont farouchement opposés à leur arrivée. Et la campagne de haine de racisme via sa chaîne TV  Barikad (Barricade) Jobbik sa campagne haineuse et destructrice n'a rien arrangé.  Ils ont profité de la mort de Josef Toth, un villageois,  qu'on a retrouvé pendu chez lui pour nous faire porter le chapeau. Mais Josef, un vieux retraité qui s'entendait bien avec nous, même il nous rendait des services en nous véhiculant sur ses machines agricoles contre quelques pièces,  n'a jamais eu le moindre problème. Jobbik a déclaré qu'il s'est pendu parce qu'on l'avait torturé. Heureusement, l'enquête de police a conclu aux vraie raisons de son   suicide entraîné, en réalité,  par un cancer déjá trés avancé et que Josef ne le supportait plus et c'est ainsi que nous tous , à notre étonnement, nous avons appris qu'il était très malade, qui l'aurait soupçonné, cet homme, cet ami qui n'a pas pu partir avec son secret  ?

Nous quittons Janush pour nous rendre auprès des travailleurs Rroms recrutés pour le nouveau programme de travaux forcés.

P1040475.JPG

C'est l'heure de la pause des travailleurs, à  grandes enjambées on parcourt les 5 kilomètres qui nous mènent au sommet de la colline là ou travaillent une quarantaine des Rroms. Cette colline si riante aux dégradés chauds et chatoyants d' un automne encore joyeux, si généreux en lumière et en éclat doré.  Le carillon léger des cloches de l'église du petit village fend l'air et parvient jusqu'à nous comme un triste glas. Lugubre tocsin annonciateur des libertés bientôt enterrées. Un carillon léger enseveli sous le bruit de bottes lourdes et écrasantes, témoins de l'omniprésence d'un extrémisme assourdissant et qui transforme tout en fureur épouvantable.

 

 

 

 

P1040480.JPGOn arrive essouflés, les travailleurs prennent leur pause, ils sont assis entrain de discuter et de fumer. Lorsqu'on leur demande ce qu'ils en pensent de ce travail forcé,  les Rroms eux haussent les épaules, impossible de savoir ce qu'il faut en penser.De toutes les façons, ils n'ont pas le choix.  Pour 8-10 heures par jour, ils gagnent environ 150 euros par mois, le salaire miminum est d'environ 350 euros . Ils sont répartis en deux groupes, un premier groupe qui défriche le chemin de terre avec de vieux outils et avec leurs mains au sommet de la colline, il paraît que des milices y installeront une base militaire pour observer et surveiller en bas de la colline le ghetto confiné avec aussi des caméras de surveillance. Ces  travailleurs rroms  ont aussi travaillé pour le compte de propriétaires  pour débroussailler les chemins privatifs. Un second groupe est chargé de participer á la rénovation du poste de police de Gyöngyöspata.

 

 

 

P1040484.JPG

Une dame âgée de 57 ans est assise et discute de ses  conditions de travail, de toutes les facons, elle sait qu'elle n' a pas le choix, elle est grand-mère de six petits-enfants et il faut bien les nourrir. Mais, elle espère vraiment tenir jusquà la retraite, en espérant réussir à continuer à   travailler dans ces conditions difficiles.

Une Hongroise du village faisait remarquer que ce programme établit par le Jobbik n'a aucun sens. On occupe bêtement les Rroms avec l'argent du contribuable pour leur faire faire des travaux dont on verra les résultats que dans dix ans (il est aussi prévu de leur faire planter des arbres ). Alors que Jobbik  s'il prétend trouver des solutions et bien qu'il relance un vrai programme économique comme réouvrir les usines de la région, la raffinerie de sucre et de proposer du travail á tout le monde, pas seulement aux Rroms mais aussi aux Hongrois. Aujourd'hui, nous avons tous besoin de travailler, au lieu de cela, avec leur idée bête,  ils arrivent encore á jeter l'argent de nos taxes par la fenêtre.  Elle soupire un peu lasse :"Ce travail qu'on leur fait faire est un non-sens."

 

P1040496.JPG

Pour un autre Rrom de Budapest, c'est comme obliger un condamné à creuser sa propre tombe pour ensuite le flinguer et le pousser dans la fosse, ces travaux en vue de la préparation du camp des milices ou des militaires allez savoir et de la rénovation du commissariat de police se résument á cette image. Les Rroms sont des condamnés qui creusent leur propre tombe !

Il est l'heure de repartir, nous redescendons quasiment en courant parmi les hautes herbes pour nous diriger droit sur le ghetto.

Un fait troublant qui me dérange, je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Dans la cuisine quelque chose qui dérange, qui titille ma conscience, qui perturbe l'âme. Je tâtonne, repasse tout en revue; l'horloge, les photos de mariage, le vieux frigo qui hoquette à force d'être vide, le formica grenat de la table, les  peintures jaunes du mur, la lampe suspendue, les expressions sur les visages tantôt souriants tantôt tristes.  De mémoire je revois tous les détails, les  après les autres. Et ça y est, enfin, ça remonte à la surface  ! Lorsque Janush, aussi grand-père  est allé chercher ses petits-enfants á la sortie de l'école et qu'il les a ramenés á la cuisine, il n'y a rien qui  cuisait, ni réchauffait, ni grillait, ni mijotait, ni bouillait sur le gaz. Ces enfants de retour de l'école allaient juste devoir se contenter d'un morceau de pain. Il faut bien se serrer encore davantage la ceinture pour les payer les amendes arbitraires.

 

Suite á venir ,  interviews: avec Agnes Osztolykan, parlementaire Rrom. Jeno Zsigó, sociologue, musicien et éditeur du site  Andodrom.

Kristof Domina, chercheur à  l'Athena Institute de Budapest, qui est un observatoire  des mouvements extrémistes

P1040508.JPG

P1040513.JPGP1040470.JPG

P1040433.JPG

P1040478.JPG

P1040446.JPG

 

P1040448.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photos D. Chraïti

Cet article et les photos sont soumis au droit d'auteur et  ne peuvent  être utilisés qu'après approbation de l'auteur dchraiti@infomaniak.ch

02:51 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

13/10/2011

Gyöngyöspata - Le laboratoire-test du néo-fascisme

thimage.aspx.jpegLe village Hongrois de 2'800 âmes se trouve à moins de 100 km de Budapest au Nord du pays, bourgade qui  donne froid dans le dos. Il est devenu un laboratoire-test  des méthodes fascistes du Jobbik qui a gagné l' élection municipale  partielle grâce au coup de force des milices qui ont tout simplement installé, Oszkár Juhász, en poussant l'ancien maire à démissionner.

Ce village aux allures de carte postale revêt un manteau d'un brun douteux, après les défilés des milices fascistes de Magyar Garda et des Véderö (Forces de défense pour un avenir meilleur ) issus de l'ancienne faction interdite Magyar Garda,  après l'installation d'un camp d'entraînement en mars  de ces  milices en bottes noires qui défilent en chantant des chants militaires, voilà revenu le temps du "STO", Service du travail obligatoire qui vise principalement les Rroms contraints de travailler et qui rappelle les pires heures de l'histoire.

Ce petit village est devenu le symbole de la montée de l'extrême-droite qui a su imposer ses méthodes. Le travail par la coercition des Rroms tenus de travailler sous la menace de ne plus toucher les allocations sociales durant trois ans. Ces mêmes rroms exclus qui vivent dans des maisons délabrées au milieu des chemins de terre battue qui à la moindre pluie se transforment en torrent de boue.

Des "camps de protection de l'ordre public" sont prévus. Les Rroms seront tenus d'y présenter un laisser-passer pour entrer et sortir du camp sous menace de ne plus en sortir à vie en cas de non-respect de ces règles.

Crânes rasés, uniformes noirs, insignes fascistes, des milices provoquent les villageois Rroms, urinent  devant leur maison sous le regard amusé des policiers complices. Ces milices sont,  aujourd'hui, parties et de nombreux rroms aussi.

Il est urgent de se poser la question : Qui pourra arrêter ces manoeuvres d'intimidation et de violence à l'encontre des Rroms ? Le Jobbik fait oeuvre de rouleau compresseur que plus personne ne peut arrêter et qui ne craint plus personne.

 

L'exemple de Gyöngyöspata pourrait s'étendre aux 700'000 rroms de Hongrie et faire taches d'huile sur le reste de l'Europe.

Nous sommes en droit de nous poser la question : la Hongrie est-elle encore un pays civilisé ? Où sont donc les voix qui s'élèvent face à cette situation, ou alors plus fort, s'il vous plaît,  car on ne les entend plus sous ce bruit de bottes. Comment les Hongrois peuvent-ils accepter qu'un groupe d'extrême-droite offre au regard du monde un tel paysage de désastre et de monstruosité à l'égard d'une minorité ? Faudra-t-il après les presque camps de travail, attendre les camps de la mort pour qu'enfin cette nation se réveille et les autres Européens avec, eux,  qui semblent profondément assoupis face à une situation d'urgence qui ne fait qu'empirer tous les jours ?

Il est temps de se révolter et de s'indigner:  ce qui se passe en Hongrie est inacceptable, odieux et inadmissible !

"Quand ils sont venus chercher les Rroms, je n'ai pas protesté , parce que je ne suis par Rrom"..........vous connaissez la suite............

 

En savoir plus sur Jobbik avec l'article suivant : Jobbik un parti "pornopolitique" qui donne des leçons de citoyenneté :   http://www.hu-lala.org/2011/10/13/jobbik-un-parti-pornoli...

"Le parti d’extrême droite Jobbik a déposé mardi au Parlement un projet de loi électorale inédit. Il s’agirait de restreindre le droit de vote à ceux qui ont un niveau minimum d’éducation, comme l’a annoncé son leader Gabor Vona, lors d’une conférence de presse." Devinez qui est dans le viseur ?

 

 

 

 

 

 

 

00:03 | Tags : gyöngyöspata, jobbik | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

12/10/2011

AU BONHEUR DES DAMES

romnia-geneve-plainpalais[1].jpg
une magnifique photo signée ERIC ROSET photographe RP et un grand merci pour ce moment de joie
photo publiée avec accord du photographe

10:12 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

01/10/2011

LA HONGRIE MET LES RROMS AU TRAVAIL OBLIGATOIRE

                                                              

                                                             Article rédigé et signé par http://fr.myeurop.info  images.jpeg- Depuis le 1er septembre, en Hongrie,  le gouvernement nationaliste de Viktor Orbán oblige un millier de bénéficiaires d'allocations chômage, en majorité des Rroms, à travailler sur des chantiers publics. A terme, ce dispositif est censé toucher 300 000 personnes.

"Outils du XIXème siècle"

Sandor Szöke, à la tête du "Mouvement des droits civiques hongrois", s'est rendu sur le site de Gyönggyöspata: il décrit des conditions de travail indignes, l'absurdité de ces chantiers et l'absence de réaction de la population.

Il témoigne:

"Avant d'arriver sur le lieu de travail, les personnes doivent parcourir environ 7,5 km. Elles enchaînent dix heures de travail sur la journée. Elles nettoient un terrain boisé en vue de la construction de résidences pour la classe aisée. Les outils semblent tout droit sortis du XIXème siècle: on travaille à la faucille ! Il n'y a rien à disposition : pas d'eau, pas de toilettes, pas d'abri contre le soleil, pas de protection contre les guêpes... C'est humiliant. Le dirigeant du chantier, du parti d'extrême-droite Jobbik, n'a pas hésité à brusquer une dame de 58 ans à demi-paralysée pour qu'elle aille plus vite. La paye est de 180 euros bruts mensuels, pour un travail qui aurait pu être fini en une après-midi par des tracteurs."

Camps de travail pour Rroms?

Si le lieu de travail est à plus de 35 km, les travailleurs pourraient, alors, être obligés de dormir sur place dans des containers transformant alors, bel et bien, les chantiers en camps de travail.

 

Retour des grands travaux

Principale cible de ce programme : les Roms dont le taux de chômage avoisine les 50 % - faiblement qualifiés et victimes de discrimination à l'embauche, pousse de nombreuses  de familles à vivre  de l'aide sociale.

Mille chômeurs sont pour l'instant réquisitionnés pour participer à des travaux d'aménagement, sous peine d'être privés de leurs allocations. Ils sont répartis sur six lieux, de véritables "labos-test" avant l'extension du dispositif à des centaines de milliers de personnes dans les prochains mois. La Commission européenne a déclaré le 20 septembre ignorer l'existence de tels travaux.

Ce projet de travail obligatoire qui figurait dans le programme du parti Jobbik (extrème droite) a été repris par la droite nationaliste. Pire encore: le plan présenté par le gouvernement prévoit la construction de centres de logements collectifs, pouvant être dans certains cas des containers aménagés pour les personnes dont le lieu de résidence serait trop éloigné des chantiers.

Et pour surveiller ces camps, Viktor Orban, le premier ministre hongrois, a eu une très bonne idée : des policiers fraîchement partis à la retraite pourraient assurer la sécurité...",

Main-d'œuvre bon marché pour investisseurs chinois

Si certains sites d'extrême gauche ne se privent pas de comparer ce plan avec les méthodes fascistes - les camps de travail obligatoires gardés par des policiers ramènent aux pires heures de l'Histoire européenne - le Tageszeitung souligne, quant à lui, que "ce n'est pas un hasard si l'annonce de ces mesures intervient après la visite du Premier ministre chinois, Web Jiabao à Budapest.  La grande puissance asiatique veut racheter la dette hongroise mais aussi investir dans l'industrie et les projets d'infrastructures du pays". Et la possibilité de bénéficier d'une main-d'œuvre bon marché ne serait pas pour lui déplaire.

Le spectre du "camp de travail obligatoire" justifie les propos lancés par Daniel Cohn-Bendit, qui début juillet, aux termes d'une présidence hongroise ponctuée de polémiques, s'en était pris directement à Viktor Orban l'accusant de "dégrader l'Europe".

Je défendrai toujours la Hongrie contre les remarques et critiques, de Bruxelles ou d'ailleurs. La Hongrie n'est pas subordonnée à Bruxelles, Bruxelles n'est pas le centre de commandement de la Hongrie",

avait alors répliqué le dirigeant hongrois. Sauf qu'il est parfois de sinistres références qui devraient, on l'espére, obliger Bruxelles à taper du poing sur la table...

A l'annonce du programme en juillet, le quotidien allemand Die Tageszeitung estimait :

Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour comprendre que cette mesure vise principalement les Roms".

Szandor Szöke a pu le vérifier à Gyönggyöspata:

Sur les quarante travailleurs du chantier, 39 sont des Roms. En réalité, les Hongrois 'de souche' ont trouvé des justificatifs pour échapper à ce travail forcé. Ce que ne peuvent évidemment pas faire les Roms."

Ce n'est pas un hasard si le village de Gyönggyöspata est en pointe de la nouvelle politique. En avril dernier, une milice formée par le parti d'extrême-droite Jobbik avait défilé pour intimider les Roms et affirmer sa politique sécuritaire. Une démonstration de force qui a manifestement plu à la population puisque le Jobbik a gagné les élections municipales il y a un mois et demi.

Le peuple hongrois sans réaction

La dernière fois qu'un programme visait un groupe racial, c'était dans le début des années 1940 !",

s'insurge Sandor Szöke. Des propos qui peuvent sembler alarmistes, mais qui trouvent un écho dans certains détails du programme. En effet, le gouvernement  projette à terme d'encadrer les travaux forcés par des anciens de la Police et de l'Armée. A Gyönggyöspata, le parti Jobbik met peu à peu en place une gendarmerie,  un corps disparu en 1945 qui traîne une sinistre réputation... C'est cette gendarmerie qui mettait les juifs dans les wagons en partance pour les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale ; elle encore qui sévissait lors de la dictature communiste. Mais le plus étonnant de l'affaire reste l'absence de réaction du peuple hongrois. Sandor Szöke explique:

Le populisme du gouvernement se nourrit de l'ignorance de la population, et inversement. La Hongrie n'a pas suffisamment travaillé sur son Histoire, donc celle-ci se répète. De 5 000 à 25 000 militants, tout au plus, s'affichent ouvertement contre ce programme. Le problème principal tient au fait qu'il n'y a pas d'opposition, pas d'alternative politique valable. Le Parti socialiste hongrois, le MSZDP, est vieillissant. Ses membres ne proposent plus rien, ils s'entredéchirent dans des luttes internes. De l'autre côté de l'échiquier, on trouve le Jobbik, crypto-fasciste et antiparlementaire... Enfin,la presse est muselé par les lois récentes instituant une pseudo-déontologie que doivent respecter les médias sous peine d'être sanctionnés financièrement."

Sources  : http://fr.myeurop.info/2011/09/26/le-travail-obligatoire-...

 

Lundi 19 septembre, le dossier du 20h de France 2 était  consacré aux travaux d'intérêt général des chômeurs -

 

21:26 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

20/09/2011

HISTOIRE DU PEUPLE RROM EN COLOMBIE -Chronique d'une violence sur un peuple invisible (1)

 

Butsule.jpgLa fin de kumpania de Itagüí

Le vieux Frinka (65 ans) était un homme respectable et non seulement dans la kumpania de Itagüí où il vivait mais aussi auprès d'autres kumpniyi du pays. Ses 65 ans lui donnaient l'expérience suffisante pour contribuer à résoudre les conflits et controverses qui se présentaient au sein de  son peuple.

En 1986, en un jour et un mois qui ne peuvent pas être précisés par la mémoire, pris  au dépourvu Frinka traversait une rue près du quartier Santa Maria en Itagüí , il fut poignardé  mortellement sur le dos, causant sa mort de manière instantanée. Le coup de couteau lui avait été donné avec tant de force et précision qui lui atteint  le cœur , « Avant de s'effondrer et de tomber au sol, il était déjà mort » , dit son fils Fardy.

Fardy signale en plus que son chef de clan familier avait été à plusieurs reprises menacé pour qu'il cesse d'investiguer auprès des autorités sur l'état et l'évolution des recherches . Certains Rroms pensent que les menaces que la famille pointent derrière cet assassinat se trouvaient des gens de grand pouvoir, liés à des organisations mafieuses.

Les menaces ont eu  leur effet, puisque la famille garda le silence, ne recommença plus à aller auprès des autorités et  le crime de cet honorable Rrom resta impuni.

L'étrange mort de Frinka a marqué le commencement de la fin de la kumpania d'Itagüí, laquelle après plusieurs décennies d'existence et en sa plus grande splendeur, fini pour se dissoudre du à ce que les chefs de clan des familles devant l'augmentation démesurée de la violence déclenché par le Cartel de Medellín dans sa guerre déclarée contre l'État, craingnant  pour leurs vies, se sont vus forcés de se déplacer vers d'autres villes du pays et vers l'étranger , principalement l'Argentine, le Venezuela et le Mexique. Ce déplacement de chefs de clan des familles Rrom qui composaient cette kumpania est passé totalement inaperçu et personne n'a trouvé étrange que les voyageurs Rrom finirent par s'en aller du lieu.

 

GitanosCaldereros.jpgJulupe, le doublement survivant

 

C'était pendant l'an 2008, Julupe ( 38 ans), voisin de la kumpania de Ciénega d'or ( Córdoba) qui au moment où il était en train de se reposer dans une modeste habitation de Pueblo Nuevo ( Córdoba) fut violement agressé par trois hommes inconnus qui entrèrent à l'intérieur de la maison et qui sans dire un mot se jetèrent sur lui, lui donnant une monumentale raclée, le laissant à terre, puis les agresseurs  le croyant mort, abandonnèrent  le lieu comme si de rien n'était.

Julupe se trouvait en Pueblo Nuevo en tant que part d'un groupe qui une semaine auparavant  avait entrepris dans toute la région ce qu'ils savaient mieux faire : faire du commerce avec des montures, chaises et outils. Ses familiers racontent que ça allait tellement bien ce voyage d'affaires , que  en peu de temps il avait réussi à acheter trois petits (luminaires ? lampes ?) et une motocyclette qu'il utilisait dans ses déplacements.

Un témoignage déclare que Julupe avait été signalé auprès  des groupes armés illégaux crées suite à la démobilisation des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) lesquels agissent en larges zones de Córdoba comme faisant part des toiles logistiques des rebelles et que pour cette raison l'ordre d'assassinat avait été émis.

De nos jours Julupe vit encore en Ciénega de Oro mais les séquelles de l'agression auxquelles il  avait survécu par miracle, l'ont laissé incapable pour le reste de sa vie de travailler : il a des difficultés à bouger et un poumon affecté lui déclenche des permanents problèmes respiratoires.

Même au coeur des grandes difficultés économiques que sa famille traverse, malgré que les toiles de réciprocité et aide mutuelle de sa kumpania se soient mobilisés en sa faveur, Julupe, qui survit maintenant à  la vie même, avec entêtement insiste et rêve malgré  que son cas restera couvert pour toujours pas l'ombre de l'impunité.

PORTRAIT 1

 

Traits de l'histoire d'un "peuple sans histoire "

 

En accord avec le Procès Organisationnel  du Peuple Rrom (Gitan) de Colombie (PRORROM), un préliminaire parcours à travers l'histoire des Rrom, on doit prendre en considération huit moments clefs.

En un premier moment (1492 et 1570), la couronne espagnole pas seulement a permis l'entrée des Rrom à ses colonies américaines mais elle a songé au fait que la solution au  « Problème Rrom » dans la péninsule Ibérique allait passer par leur massive déportation vers les terres « à peines découvertes »

En un deuxième moment qui  s'est caractérisé par le fait que  l'immigration Rrom ver les Amériques a eu lieu de manière illégalle et clandestine (1570) à partir de l'ordre donné par Felipe II interdisant l'entrée des Rroms aux colonies d'outre-mer et exigeant  leur capture et déportation massive vers les  métropoles de tous ceux qu'allaient être trouvées sur ces terres .

Les Rrom alors, passèrent entre les mailles d'extrêmes contrôles coloniaux en se convertissant en un des principales groupes de populations qui furent connus come les « sous la pluie » terme utilisé à l'époque pour se référer aux passagers clandestins et aux émigrants irréguliers qui arrivaient en Amérique.

Un troisième moment de la présence Rrom apparait associé à l'allusion  réitérée dans les documents coloniaux des normes dirigées à mettre en règle ceux qu'on appelle les « vagabonds » lesquels avec leur façon de vivre nomade, libre et sans attachement pour la terre, défiaient systématiquement l'ordre colonial. Étant donné les efforts de la couronne espagnole pour assimiler les  Rroms à un modèle standard de soumis obéissant , la couronne arriva même à interdire l'utilisation du ethnonyme Gitano et autres similaires, on peut ainsi affirmer que sous le terme « vagabundos » se cachaient parmi d'autres groupes d'habitants les Rroms.

 

En un quatrième moment il faut tenir en compte que dans le commun dénominateur de certaines régions de ce qu'aujourd'hui est la Colombie , il y a eu l'existence d'une variété de « rebelles » , c'est à dire de groupes proches de gens qui vivaient en marge de l'ordre établi et que avec les  des années passées avaient réussi à configurer des petites sociétés alternatives au système de dénomination en vigueur  à cet époque. Entre les « rebelles » il y avait beaucoup de clans familiaux Rrom.

 

Le cinquième moment, autour de la moitié du siècle XIX, situe la période dans laquelle la propre histoire oral documente les clans de familles Rrom arrivés d'Espagne plus précisément de Catalogne et France qui arrivèrent en Colombie. Les témoignages des vieux Rroms confirment que dans le contexte des guerres d'Indépendance il était fréquent de voir des caravanes de groupes Rrom qui avaient des itinéraires établis le long des différents pays de l'Amérique du Sud.

Un sixième moment clé se suit approximativement entre 1821 et 1851, période pendant laquelle en Colombie et autres pays de la région décrétèrent d' importantes lois orientées pour l' abolition de l'esclavage, lesquelles  faisaient allusion de  préférence à celles que subissaient les descendants d'africains, pouvaient s'étendre aussi à celles qui supportaient d'autres peuples en d'autres lieux de la planète qui pouvaient entrer dans le pays.

Sans aucun doute cette situation a encouragé l'arrivée de nombreux groupes familiaux de Rroms, provenant surtout de Roumanie, lesquels entraient au pays en fuyant l'esclavage et parce que récemment ils avaient été libérés et ils arrivaient là à la recherche de nouveaux horizons

Le Septième moment peut se situer entre 1880 et 1950 quand les successifs gouvernements de Colombie adoptaient différentes dispositions légales pour  en même temps chercher de promouvoir l'immigration et la création de colonies d'européens dans le pays, tout en  interdisant l'entrée de peuples déterminés et groupes de population considérés comme indésirables.

Aux Rroms a été prohibée l'entrée au pays, indépendamment de la nationalité qu'ils avaient. Pourtant, malgré ces prohibitions et comme ils l'avaient déjà fait en d'autres époques, plusieurs groupes familiaux Rrom arrivèrent au pays, certains avec la volonté de s'établir et d'autres uniquement avec l'intention de continuer leur itinérance vers d' autres pays moins racistes et beaucoup plus tolérants.

Un huitième moment a lieu dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale quand certains petits groupes familiaux Rrom provenant principalement de Grèce, Russie et Serbie, arrivèrent au pays pour se sauver du O Porraimos littéralement « la dévoration », cet-à-dire, le génocide du peuple Rrom perpétué par les nazis en Europe. Cette date a été la dernière vague transatlantique de clans familiaux Rrom qui est arrivée au pays.

 

* Reporters de Colombie est une initiative de moyens pour la Paix, la Papale Université Javeriana et le Cinep-Programme pour la Paix. qui réunit journalistes de différentes régions du pays engagés à  couvrir de manière responsable  le conflit armé et les efforts de construction de la paix en Colombie.  www.reporterosdecolombia.net

 

**Les noms on été changés à la  demande des interviewés .

----------------------------------------------------------

 

Merci à Luzia pour l'aide à cette longue  traduction

 

 

SOURCE :

http://www.revistanumero.com/index.php?option=com_content&view=article&id=725

00:00 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

18/09/2011

HISTOIRE DU PEUPLE RROM EN COLOMBIE -Chronique d'une violence sur un peuple invisible

 

COPIA1.jpg"Nous, les Rroms n'avons qu'une seule  religion : La liberté

Pour elle, nous renonçons à la richesse, au pouvoir, à la science et à la gloire.

Nous vivons chaque jour comme s'il était le dernier ."

Loin d'être étrangers ou récemment arrivés, les Rroms (Gitans) habitent dans ce pays  appelé aujourd'hui  Colombie, depuis l'époque de la domination hispanique de nombreux  siècles avant l'établissement de l'actuelle République. Originaires du nord de l'Inde, vers l'année mille de notre ère, les Rroms représentèrent la plus grande diaspora de nos jours qui n'en finit plus et que les a disséminés par les cinq continents.

L'arrivée  des Rroms vers l'Amérique s'est simultanément réalisée  avec l'invasion de ce continent par les Européens. On a pu  établir  que Christophe Colomb dans son troisième voyage en Amérique (1498) a inclus dans  son équipage quatre Rroms - identifiés à l'époque comme Egyptiens. Ils fuyaient la condamnation à mort ou la prison à vie en Espagne en acceptant le travail forcé dans les galères en route vers ce qu'on croyait être les  Indes en réalité l'Amérique.

De cette  époque à aujourd'hui le peuple Rrom dérange. Un peuple qui s'est trouvé confronté violemment au conflit armé interne de la Colombie. Des reporters de la Colombie, dans un partenariat avec la "Revista Numero", a voulu contribuer à la mémoire collective nationale, le vécu d'un peuple, souvent invisible aux yeux des Colombiens, mais qui a subi les effets du conflit armé comme des  millions d'entre eux.

 

Une mémoire et une résistance

Le peuple Rrom construit sa mémoire à partir des événements qui revêtent une signification pour son groupe propre. Dans des cas exceptionnels, il se remémore un fait historique d'un pays pour autant qu'il ait une répercussion sur sa propre histoire et qui permet de retracer une période de sa vie constitutif de son monde culturel et familier.

Par exemple un Rrom relate le fait qui serait arrivé il y a dix ans en se souvenant de la noce son fils mineur, alors qu'un autre Rrom pour se rapporter aux événements similaires pourrait prendre comme référence la réalisation d'une Kriss Romani (tribunal propre aux Rroms) à travers lequel a été jugé le cas d'un parent impliqué.

Chaque groupe familial Rrom tisse sa propre  histoire en faisant appel presque exclusivement aux référence qu'il a construites au cours de sa vie culturelle et familial , et en accordant aux mêmes événements des interprétations différentes selon un événement familial, tel que tel père a marié son fils et tel  grand-père qui a participé à une Kriss.

La mémoire des Rrom est sélective et malléable, dirigée pour le temps présent de façon fonctionnelle, ce temps présent dans lequel ils vivent et rêvent. Comme tout peuple nomade qui se  concentre que sur ce qui est réellement indispensable dans l'instant présent. Ils ne se surchargent pas de façon additionnelle pour être bien là ici et maintenant.

Aussi ce qu'il advient du  souvenirs qui permettent de  donner une forme et un contenu à sa mémoire, les Rroms ne peuvent pas s'offrir le luxe de s'attacher aux morts dans un lieu sédentarisé. Après avoir accompli les rituels que la tradition ordonne d'accompagner ses défunts de vie à trépas, les Rrom laissent définitivement derrière eux les morts pour éviter de créer un pont entre le monde des morts et des vivants et créer ainsi un déséquilibre dans le monde culturel des Rroms.

Face à ses morts, les Rros déploient un sentiment ambivalent qui va de  la crainte ouverte qui les envahit devant l'éventualité que ces esprits décident de revenir pour dévoiler un déshonneur passé ou présent, jusqu'au respect profond que l'on garde pour  les êtres intimes de la famille.

Sur la relation que les Rroms établissent avec leurs morts émerge deux questions. La première est que en pratique, les cimetières sont convertis en lieux tabou, et la deuxième, est qu'il n'y a pas  pire offense pour un clan familial  Rrom que ses morts soient dérangés par la colère d'un membre vivant d'un autre clan. Ils évitent ainsi de déranger la mémoire des morts et empêcher que leur présence vienne interférer dans le cours normal de la vie culturelle, sociale et économique.

A cette particularité du rapport aux morts, d'autres craintes sont enracinées, celles que les Rrom ont  pour  les institutions de la société majoritaire et surtout par la manière qu'on les Gadge (non rroms) de résoudre les conflits et controverses, des  scène d'hostilité de l'époque suffisent à inciter les Rroms à évoquer des faits violents dont ils ont été  victimes dans le contexte du conflit armé interne colombien.

Tableau désolant. Nous avons affaire à un groupe collectif qui ne veut pas surcharger sa mémoire avec des souvenirs douloureux, et qui ne lui plaît pas d'éveiller et moins d'en parler à propos de ses morts et qui sentent  que les gadge fouillent toujours dans  les vies de façon qu'on ne saurait décrire.

Malgré cela , à travers  PRORROM, le Processus Organisationnel du peuple Rrom, s'est établi un contact avec quelques membres de la communauté Rrom qui craignent de diffuser des fragments d'histoire  vécues de très de près ou relayées par  d'autres Rrom de cas de victimes du conflit armé.

 

Un peuple nomade subissant les assignations à résidence

mama_de_Lupe2.jpgEstebo, Carmenza et Yenni **, les trois Rroms qui ont offert leurs témoignages afin que ces fragments d'histoires de violence ne se perdent pas avec le passage inexorable du temps, constatent d'une même voix que le peuple Rrom est sorti de l'invisibilité coutumière dans laquelle il était plongé par un fait des plus paradoxal : c'est « grâce » au conflit armé interne qu'ils se sont rendu visibles, et c'est de cette même façon que les acteurs armés - légaux et illégaux - avec le gouffre de violence politique qu'ils ont déclenché, ont fini par affecter à ce conflit une telle importance qu'il n'y a jamais eu d'antécédents pareil dans l'histoire du pays.

C'est ainsi qu'un peuple traversa sans encombres toutes les multiples guerres civiles bipartisanes qui annoncèrent l'arrivée du XXe siècle.  Transcendant sans difficultés les actions armées de « Chulavitas » et de « Pajaros » perpétrées pendant l'époque nommée « Violence » des années cinquante, celui-ci supporta sans grands problèmes l'émergence et la consolidation de différentes organisations de guérilla. Le peuple trouva également le moyen d'esquiver les conséquences des guerres du narcotrafique du milieu des années 80, sans échapper pour autant au scénario de terreur générale provoqué durant des décennies par le phénomène des paramilitaires dont le pays n'a toujours pas réussi à se débarrasser.

Dans une communication envoyée le 25 juin 2006 de la « kumpania » de Bogota  à monsieur Walter Kalin, rapporteur  spécial des Nations Unies pour le Déplacement Interne, qui se trouve  dans des missions en Colombie,  Ana Dalila Goméz Baos, Coordinatrice  Generale de PRORROM, a écrit ceci : «  à la suite du conflit armé, on configure des territoires du pays où les Rroms exerçaient leurs activités économiques traditionnelles, lesquels par peur - soit dérivées de facteurs objectifs ou subjectifs - ne se font plus ou du moins pas avec la même fréquence et la même intensité qu'auparavant. Cette situation a été assumée par certaines kympeniyi (groupes familiaux différents faisant alliance pour vivre ensemble et partager les rituels de deuil) comme une sorte de confinement, qui, en empêchant la mobilité, a affecté leurs activités économiques, actuellement à des niveaux de précarisation jusque là jamais vu. Paradoxalement, alors que le nombre de personnes déplacées dans le pays a grandi ostensiblement depuis quelques temps, les Rroms qui, part leur nature se déplacent d'un lieu à l'autre, n'ont pu le faire comme autrefois. »

Estebo, loquace par excellence, a les mots précis pour décrire avec éclat la réalité que son peuple vit. Face à la question qui fut pour les Rroms la conséquence directe du conflit armé interne, il médite un moment et nous livre cette affirmation simple mais accablante : "notre pays s'est rétréci".

(Un grand merci à Julia Chraïti-Martin pour l'aide à la traduction du deuxième paragraphe)

 

PROCHAINEMENT SUITE LE TEMPS DE CONTINUER LA TRADUCTION

El fin de la kumpania de Itagüí

 

SOURCE :

http://www.revistanumero.com/index.php?option=com_content&view=article&id=725

 

 

 

 

 

11:18 | Tags : rrom de colombie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

14/09/2011

Sommet des maires sur les Rroms - bâtir la confiance mutuelle sur le terrain

image_gallery.jpegCommuniqué de presse du Conseil de l'Europe CG015(2011)

Strasbourg - Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe organisera un Sommet des Maires,  le 22 septembre 2011 à Strasbourg (France) pour traiter de la situation des Rroms et des Gens du voyage, dont le nombre est estimé entre 10 et 12 millions. Ce premier sommet des maires est une réponse à la discrimination croissante à l'encontre des Rroms en Europe et à leur marginalisation économique et sociale. La Déclaration de Strasbourg sur les Rroms, adoptée par la Réunion de haut niveau des Etats membres du Conseil de l'Europe, le 20 octobre 2010, a insisté sur l'importance de l'action locale et régionale pour améliorer leur situation.

Les débats porteront essentiellement sur les relations entre les collectivités locales et régionales et les communautés rroms, l'objectif étant d'apporter des solutions concrètes et novatrices aux problèmes rencontrés. A long terme, il s'agit de créer un réseau paneuropéen, qui fournira une information sur le nombre croissant d'initiatives locales et régionales et servira de cadre de coopération pour les différents acteurs de terrain.

Le Sommet des Maires sur les Roms, sur le thème « Bâtir la confiance mutuelle sur le terrain », est organisé en coopération avec le Représentant spécial du Secrétaire Général du Conseil de l'Europe pour les questions relatives aux Rroms, Jeroen Schokkenbroek, et en partenariat avec la Ville de Strasbourg et le réseau de villes du Club de Strasbourg. Il réunira des représentants des communes, régions et réseaux traitant activement de la situation des Rroms ou qui souhaitent s'y intéresser plus activement, des organisations et des élus rroms, ainsi que d'autres institutions concernées par ce sujet.

Le Sommet sera ouvert dans l'hémicycle du Palais de l'Europe par le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe Thorbjørn Jagland, le Président du Congrès Keith Whitmore, le Président de l'Assemblée parlementaire Mevlüt Çavusoglu, un représentant du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe et le maire de Strasbourg et Président du Club de Strasbourg Roland Ries.

Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Thomas Hammarberg et le Représentant Spécial pour les questions relatives aux Rroms dirigeront la séance plénière sur les obstacles à l'inclusion des Rroms, séance qui sera suivie par des ateliers sur l'intégration par l'éducation, la lutte contre les préjugés, la gestion de la diversité culturelle et l'égalité d'accès au logement, à la santé et à l'emploi où les participants pouront échanger leurs expériences et exemples de bonnes pratiques.

Le Sommet se conclura par des débats sur la volonté des collectivités locales et régionales de s'engager dans une action en faveur des Rroms et sur le financement des activités d'intégration. Parmi les personnalités invitées à s'adresser aux participants figurent notamment les commissaires européens László Andor et Viviane Reding, le président du Forum européen des Rroms et Gens du Voyage Rudko Kawczynski et le vice-président de l'Union internationale rrom Nicolae Gheorghe, les députées européennes Lívia Járóka et Hélène Flautre, ainsi que des représentants de la Banque de développement du Conseil de l'Europe et de l'Open Society Found.

 

Les thèmes abordés par le « Sommet des maires sur les Rroms-Bâtir la confiance mutuelle sur le terrain » :


- Les actions institutionnelles en faveur de l'inclusion des Roms
- Inclusion des Roms : quels obstacles ?
- L'égalité du droit à l'éducation
- Lutter contre les préjugés, gérer la diversité
- Egalité de traitement dans l'accès au logement, aux soins médicaux et à l'emploi
- Un engagement local et régional pour le futur
- Financement des activités pour l'inclusion des Roms

 

Et si Genève y participait pour trouver ensemble des solutions concrètes et novatrices ? Je viens de recevoir la réponse, un délégué pour Genève partira à Strasbourg. Bravo !

 

 

 

 

19:51 | Tags : sommet des maires sur les rroms | Lien permanent | Commentaires (8) | |  Facebook | | | |

03/09/2011

UN TRAMWAY NOMMÉ DÉRIVE

lesconvoisdec83f-3bed6.jpgMercredi dernier à 6h30 , un camp rrom a été évacué puis dirigé vers  une rame de la RATP afin d'évacuer des rroms illégalement installés en Seine Saint-Denis. Une manière de réguler le trafic, justifie très embarrassée la direction. Les forces de l'ordre auraient ensuite escorté la centaine de personnes évacuées jusqu'à la gare RER de Noisy-le-Sec.  On dénombrait autant de CRS et de policiers  que de rroms, 9 cars de CRS les suivront sur tout le trajet.  C'est bien sous contrainte que les Rroms ont effectué ces  3 heures de convoyage, séparant les familles qui se sont perdues ainsi, des enfants traumatisés et séparés de leurs parents qui  ne pouvaient monter que par groupe de 10 dans le tramway.

L'idée émana d'un cadre RATP en mal de promotion qui proposa la solution du  "convoi" estimant qu'elle permettait de ne pas engendrer de retard. Des employés de la compagnie ont été choqués par cette scène et qui rappelle que la gare de Bobigny a déjà été le théâtre de déportations durant la seconde guerre mondiale. La CGT a dénoncé ces "méthodes scandaleuses et inhumaines" invitant ses membres à refuser toute collaboration avec ce type de pratiques et qu'ils ne deviennent" pas les supplétifs des  sales besognes" . D'autres voix en colère  rappellent que la RATP n'a pas à faire le travail de la police.  Une triste affaire qui rappelle les plus sombres heures de l'histoire et qui prouve une fois de plus que le danger est toujours là , les monstres d'hier ont leurs héritiers assurément.

Ces scènes ont été assimilées aux trains transitant par Drancy vers les camps de la mort, la rafle du Vel d'Hiv, le triste rôle de la SNCF dans le convoyage des déportés  "Amalgames scandaleux" dénoncés par le Ministre de l'Intérieur Claude Guéant pour qui la déportation  dérangeait moins que l'amalgame. . Le vrai scandale réside surtout dans la multiplication des scènes qui permettent la comparaison peut-on répondre à cette géhenne de Guéant, réputé pour ses discours proches FN, ce sacré  vieux cheval qui murmure à l'oreille de Sarko des inepties. Et que ne ferait-on pas et que n'accepterait-on pas au nom de la politique sécuritaire ?

Fortes dénonciations de tous les organismes engagés contre le racisme.

"Cette traque inhumaine menée par l'Etat contre les plus précaires est inacceptable", écrit la LDH dans un communiqué.

SOS Racisme a dénoncé "les dérives anti-républicaines à répétition des plus hauts responsables de l'Etat et exige qu'une enquête soit menée sur les conditions de cette odieuse opération aux relents xénophobes".

Le MRAP a déploré que "la RATP renoue avec ces périodes honteuses où des agents de services publics, avec excès de zéle, se mettaient au service de l'ignoble" lors d'un épisode qui "illustre la dérive xénophobe et raciste qui gangrène la société".

 

Je m'indigne, tu t'indignes, il/elle  s'indigne, nous nous indignons, vous vous indignez, ils/elles s'indignent.

 

L'heure est à l'indignation !

Photo Agoravox . Une parodie du film "Les convois de la honte" signé Nicolas Sarkozy

 

321115_245114045526731_244107782294024_651207_6291354_s.jpg

 

Concernant l'utilisation d'un tramway de la RATP pour expulser des Roms, la présidente du FN a estimé qu'il s'agissait là "d'une polémique stérile". "Parce que ce serait mieux en camion ?", a-t-elle ironisé, déplorant qu'on ne s'attache qu'à la forme et pas au fond des problèmes d'immigration en France.

Source facebook La Voix des Rroms

 

10:39 | Tags : ratp, claude guéant, rroms, crs | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook | | | |

01/01/2011

Baxtalo Nevo Bersh! Bonne Année!

_DSC0348.jpg


Merci à Eric Roset pour cette photo

12:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

16/12/2010

LE PEN ET LA PENETTE - I NUOVI MOSTRI

 

Medium_marine-le-pen.jpg- Dis, Papa, et si on faisait des voix sur le dos des Musulmans

- C'est bien ma fille, j'en ai fait sur le dos des Juifs, ça rapporte gros aussi,  en France. Si on les additionne, ceux qui détestent les Juifs et ceux qui détestent les Musulmans, on aura toute la France à nos pieds couchée par terre à entraver la circulation:  c'est notre fonds de commerce.

- Et les Rroms, t'en penses quoi  ?

- Laisse tomber ! Sarkon s'en occupe déjà, ça ramène rien  à part des problèmes ! Ma fille, je suis fière de toi, tu ressembles bien à ton Papounet chéri !  Dans Paris-Match t'as fait fort. Gentille Maman, joli caniche, jolie petite chatte abandonnée et recueillie par tes bons soins en Espagne, ça fait pleurer les gens d'émotion, des photos comme ça.

- Papa ! Ces journalistes ce sont des sacrés salauds, y en a un qui m'a traitée de "gentille petite chèvre" ou la "fille du Diable"

- Ben ! Qui c'est le Diable ?

- Ben,  toi !

- Des cons ces scribouillards !  Mais je peux bien être fier de toi, on sait bien que des chiens ne donnent pas des chats, t'es une sacrée chienne comme ton chien de père ! On peut être fiers tous les deux d'avoir offert cette sacrée portée de molosses à la France, aux mâchoires tenaces, et quand on tient le morceau on ne le lâche plus ! Allez ma fille, viens que j't'embrasse, continue comme ça sur les traces de ton père !

- Et après les musulmans, je fais quoi ?

- T'inquiètes mon chou !  y a les homos, les handicapés, les Africains,  y a assez pour voir venir, on a du pain sur la planche toi et moi  avec tous ces gens qui occupent la France !

images-1.jpg

 

 

Chantons en choeur  : Vive la France libérée !

 

19:10 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

15/12/2010

DESSINE-MOI L'EUROPE FASCISTE DE 2010 - "Le racisme de l'extrême-droite révèle son manque de "modernité"

skinhead.jpg  "A celles et à ceux qui seraient tentés par ce chemin, il faut rappeler avec force et insistance qu'au bout de ce chemin-là, il n'y a que des drames. Qu'ils s'épargnent donc ce qui pourrait devenir la plus désagréable et la plus tenace de leurs expériences : le réveil hébété et honteux de ceux qui, après avoir failli, n'ont plus que leurs remords pour seul viatique."

Maurice Bardèche, le premier propagateur français, avec Paul Rassinier,  du négationnisme de la Shoah, aimait se référer à la Révolution française afin de convoquer au service de son abjecte théorie une page glorieuse de notre histoire.

C'est la même mécanique que Marine Le Pen vient d'employer en associant à l'"Occupation" la présence des musulmans dans notre pays. Se référant à la laïcité et en appelant à la République, Marine Le Pen opère un renversement de la pensée qui serait comique s'il n'avait pour but de camoufler, sous la "Résistance" à laquelle elle convie implicitement, une pensée raciste et liberticide.

La ficelle paraît un peu grosse, venant d'une des figures majeures du Front national dont le président, Jean-Marie Le Pen, qualifiait en 2005 l'Occupation nazie que subit la France de "pas si inhumaine que cela". Le même Jean-Marie Le Pen qui - sans même remonter à ses multiples condamnations pour apologie de crimes de guerre, apologie de crimes contre l'humanité, racisme, antisémitisme et négationnisme, pas plus qu'à l'éloge funèbre qu'il fit de Maurice Bardèche - riait au premier rang du spectacle de Dieudonné lorsque ce dernier offrit au négationniste Robert Faurisson un écrin scabreux au Zénithe de Paris.

Désormais lestée de cette sortie au racisme patent, l'extrême droite "respectable" dont Marine Le Pen était censée incarner la naissance vient de se fracasser sur l'autel des ressorts politiques profonds de cette partie de l'échiquier politique. Tout comme elle se fracassa lorsque, en Italie, le magistère institutionnel et la tribune publique qu'offrit Silivio Berlusconi à la Ligue du Nord créèrent dans la Péninsule une ambiance de pogroms et permirent que fussent avancés au niveau gouvernemental des projets - tels que le tatouage des Roms - que l'on croyait ensevelis sous les décombres du mussolinisme. Et l'ambiance créa, comme souvent lorsqu'elle s'abat avec une durée suffisante sur un territoire, des passages à l'acte, en l'espèce des crimes racistes.

En Italie comme en France, l'extrême droite porte en elle le crime. C'est de cette famille politique dont Marine Le Pen brigue le leadership. Il est utile de rappeler cette triviale réalité, tant elle se trouve brouillée concernant cette femme dont les journalistes et les adversaires encensent et redoutent la modernité. Moderne, Marine Le Pen ? Sans doute au regard d'un père ringardisé autant par son âge que par des références datées. Mais, pour celle qui ne renie rien de l'héritage paternel, la logique reste la même : trouver l'ennemi intérieur qu'il faudra expulser ou exterminer pour sauver la patrie en danger. Italiens, Polonais, Juifs, Portugais, Espagnols, Africains, Maghrébins... Tous ont eu à connaître les diatribes d'une extrême droite qui leur promettait la vindicte publique.

Et là où Marine Le Pen manque encore un peu plus de "modernité", c'est qu'elle n'est finalement pas si éloignée que cela des haines recuites et des hantises mal camouflées de son père. Il n'y a, dans la sortie de Marine Le Pen, aucune volonté de défendre une laïcité que les composantes catholiques intégristes du Front national vomissent et qui ne s'accommode en aucun cas d'une stigmatisation des origines qu'elle repousse philosophiquement.

En réalité, la corde sur laquelle joue Marine Le Pen, c'est celle, en une réminiscence de la rupture qu'engendra la guerre d'Algérie, de la crainte de l'inversion du rapport colonial.

Ça n'est pas tant le musulman que Marine Le Pen exècre que l'image de l'ancien colonisé dont les enfants s'affirment progressivement comme des citoyens à part entière dans notre société. Car, à n'en point douter, la sortie de Marine Le Pen ne concerne pas les prières dans la rue qu'elle prétend contester. Cette sortie concerne la présence sur notre territoire de personnes d'origine maghrébine qui revendiquent leur statut de Français là où cette femme politique d'extrême droite ne peut voir que des citoyens accidentels et illégitimes dont il faudrait révéler l'usurpation. D'ailleurs, si ces populations "occupent" la France, n'est-ce pas parce qu'elles sont, aux yeux de Marine Le Pen, composées d'étrangers à bouter hors du sol national ?

BOUC ÉMISSAIRE

L'envoi de ces messages plus ou moins subliminaux par Marine Le Pen n'est pas très dur à démonter. Ce qui l'est plus, par contre, c'est le ressort sur lequel joue Marine Le Pen, et qui renvoie à la fonction et à la stratégie de l'extrême droite : libérer les individus de l'impératif moral sur lequel les civilisations modernes et démocratiques ont fondé leur dynamisme et assuré la paix civile, à savoir la nécessité pour chacun de considérer l'Autre comme son égal.

Et cette libération, dans une approche tout aussi classique pour l'extrême droite, s'opère avec une admirable constance par la désignation d'un bouc émissaire que l'on demandera aux populations déstabilisées par la crise économique et sociale d'haïr, faute, pour elles, d'avoir la certitude suffisante de pouvoir agir sur les causes réelles de leurs malheurs.

Il est en effet plus facile de s'attaquer à son voisin d'origine étrangère qu'aux mécanismes de la finance internationale. Plus facile mais aussi plus minable ! D'où la convocation de la thématique de l'"Occupation" qui permet de faire passer pour du courage ce qui n'est que lâcheté puisque le bouc émissaire, c'est celui qui est suffisamment faible dans la société pour ne pas pouvoir se défendre à armes égales face aux agressions dont il est la cible désignée. En décrétant cette "Occupation" comme une réalité, Marine Le Pen espère s'adjoindre la cohorte des lâches qui sublimeront leur poltronnerie - qu'ils n'acceptent pas comme leur propre reflet - en un acte glorieux de résistance aux Arabes.

A celles et à ceux qui seraient tentés par ce chemin, il faut rappeler avec force et insistance qu'au bout de ce chemin-là, il n'y a que des drames. Qu'ils s'épargnent donc ce qui pourrait devenir la plus désagréable et la plus tenace de leurs expériences : le réveil hébété et honteux de ceux qui, après avoir failli, n'ont plus que leurs remords pour seul viatique.

Dominique Sopo, président de SOS-Racisme

Source

09:35 | Lien permanent | Commentaires (14) | |  Facebook | | | |

05/12/2010

ANNEMASSE -MAIS OUVREZ LES SALLES DE TOUTE URGENCE !

sdf-1.jpgAnnemasse : Samedi- 23h15- La température affiche entre -8 et - 10 degrés. Un froid glacial sibérien qui  vous pénètre dans les os et  qui vous glace l'âme.  On emprunte un passage le long de l'immeuble de la Banque Laydernier, proche de l'église St-André, un couloir sombre à travers lequel s'engouffre le vent. Une dizaine de matelas sont parterre à même le sol gelé, une quinzaine de rroms se préparent à dormir dehors.  Ils sont emmitouflés:  gants, bonnets, couvertures, sacs plastique. Ils ne bougent plus pour ne pas laisser entrer l'air dans leur lit de fortune. Parmi eux des enfants, des personnes âgées. Ils passeront assurément la nuit dehors, et les températures ne feront que baisser pour atteindre - 12 - 15 degrés.

Ils arrivent encore à nous saluer tandis que nous passons devant eux. On leur souhaite bonne nuit  avec cette gêne au fond de la voix.   C'est étonnant de voir ce campement improvisé derrière une banque, un contraste entre la devanture élégante de l'entrée de l'immeuble et derrière des pauvres qui se blotissent les uns contre les autres pour affronter la nuit glaciale.

La salle Martin Luther king n'est pas bien loin, cette salle qui porte le nom d'un grand défenseur des droits de l'homme qui rêvait d'un monde équitable et qui s'est battu pour les Droits sociaux.  On se dit que la commune aurait pu l'ouvrir pour accueillir ce groupe  ou le diriger vers d'autres salles.

Il ne reste plus qu'à espérer qu'aucun d'eux ne mourra de froid dans la nuit. Parce que le froid tue et chaque hiver apporte son lot de SDF qui meurent dans ces basses températures .

Mais ouvrez donc les salles !!  Comment peut-on accepter de laisser dormir des gens dans la rue ?  C'est vrai qu'à Noël on adore faire la charité mais pour là-bas, ailleurs, pour tous ceux qu'on ne voit pas et qui soulagent nos consciences tandis que des hommes, des femmes et des enfants dorment dans la rue sous nos yeux au risque de ne jamais plus se réveiller .

 

 

23:04 | Lien permanent | Commentaires (7) | |  Facebook | | | |

24/11/2010

SARKON ET BERLUSKON I NUOVI MOSTRI - Coup bas à Basescu

927447-1099216.jpgMon petit Nicolino, come stai ? Dis-donc tu l'as vu le Rrom ?

- Mais qui,  Silvio ?

- Mais Traian Basescu ! Il est venu me casser les pieds. Je lui ai dit t'es pas fou de venir nous emmerder à Lisbonne avec tes Rroms ? Sei pazzo ?  Ma che cazzo !   Il a insisté, j'ai fini par le virer.

 

 

 

 

sark.jpgEt moi Silvio,  après un journaliste que j'ai traité de pédophile, voilà pas que le Roumain se ramène pour me parler des Rroms. J'te jure il m'a énervé, il ne voit même pas que j'étouffe entre Bettencourt, Clearstream et Karachi. J'ai été ferme : "Casse-toi le Roumain avec tes Rroms ou je te pète la gueule.  La France est déjà dans le jus jusqu'au cou et moi avec".  Et ce "pédophile" de journaliste qui venu me demander si j'avais un problème avec Basescu et y en même un qui a osé me dire  que s'il y avait un problème de taille en France, c'était moi.   Ces gens qui viennent tout le temps vous poser des questions alors qu'on a jamais de réponses précises à donner. Silvio, mon pote, t'as bien fait de l'avoir aussi éjecté . Et toi tu t'en sors comment mon grand? La petite mineure marocaine t'as pas trop plombé ?

 

- Non ti preoccupi mon p'tit Nico, moins que ton affaire avec Bettencourt. Les Italiens ont la mémoire courte et c'est mieux  comme ça,  y a trop de scandales en Italie, mieux vaut les oublier rapidement, sinon la tête elle va exploser.

 

 

22:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

10/11/2010

TOURISME DURABLE - La leçon des Rroms

roms.JPG

 

Un grand merci à

Eric Roset, Photographe RP
9 rue Guillaume de Marcossay
Case Postale 9
CH - 1211 Genève 4
Tél. : +41 79 273 81 72
http://www.eric-roset.ch

 

09:07 | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

06/10/2010

LES ROMS A GENEVE - un temps de partage et d'échange

Rom1.jpg

JEUDI 7 OCTOBRE 2010, PAROISSE DU SACRE-COEUR

18, Rue Général-Dufour

18h

LES ROMS  A GENEVE : UN TEMPS DE PARTAGE ET D'ECHANGE

 

Photo Eric Roset

 

 

 

 

 

 

 

 

Rom2.jpg

01:08 | Lien permanent | Commentaires (17) | |  Facebook | | | |