BIENVENUE CHEZ LES RROMS - Page 2

  • Rrom, Gitan, Tsigane, d'une confusion à l'autre (2)

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    Même si pour la plupart des Européens il semble possible d'interchanger allégrement les mots "Rroms", "Tsiganes" et "Gitans", ces trois vocables ne recouvrent pas les mêmes réalités dans les faits. Nous reviendrons sur leurs différences qui sont bien plus que des nuances et nous nous contenterons pour le moment de détailler ici l'étymologie et l'Histoire de chacun de ces trois mots.

    Aujourd'hui, l'endonyme "Tsigane".

    TSIGANE : On sait que le mot "Tsigane" (< grec Αθίγγανος "non touché") désignait initialement les membres d'une secte dualiste de l'Empire byzantin, composée surtout d'Arméniens et ayant disparu de cet espace avant l'arrivée des Rroms. Leur "intouchabilité" était un privilège, car ils se disaient "purs" – aux antipodes de la notion indienne d'intouchabilité en tant qu'impurs, deux approches opposées qui ont élé confondues par des ignorants du XIXe siècle. Ce qui est moins connu, c'est l'hostilité ouverte entre l'Église grecque byzantine proprement dite et les Églises plus orientales, surtout arméniennes mais aussi syriaques, nestoriennes et autres. Il faut dire que l'aversion entre ces Églises et Byzance était telle que ces dernières se sont bien des fois alliées aux Sarrasins (c'est-à-dire ici aux Turcs seldjoukides, venus récemment et accompagnés par les proto-Rroms) contre l'Église orthodoxe grecque et son pouvoir. Ceci suggère fortement qu'Αθίγγανος a été utilisé par les Grecs comme insulte religieuse vis-à-vis non seuelement des Arméniens, mais de ces diverses Églises perçues comme hérétiques et adverses, rivales. Or, lorsque les ancêtres des Rroms arrivent dans l'Est de l'Anatolie avec les Seldjoukides, ils sont séduits par la spiritualité et surtout par les églises des Arméniens, dont la magnificence évoque pour eux les splendeurs des temples indiens – tranchant sur la sobriété austère des mosquées des pays musulmans traversés depuis l'Inde jusqu'aux espaces orthodoxes. Ceci crée un lien fort entre ces Indiens et les Arméniens, d'où l'extension aux Rroms du terme péjoratif Atsingane (évolution de Αθίγγανος) "mécréant, sectaire, hérétique" ciblant les orthodoxes de l'Est de l'Asie mineure dans le vocabulaire grec. Le mot entre aussi en géorgien. Plus tard Atsingane disparaît du grec courant pour subsister en grec des chancelleries phanariotes des deux principautés danubiennes de Moldavie et Munténie-Olténie (Ţara Românească) avec le sens social d'esclave – ceci sans dimension ethnique puisqu'il s'appliquait tout aussi bien aussi aux esclaves non-rroms, comme les Băieşi (originellement des Roumains du sud de la Serbie venus dans les deux principautés). En effet, les Rroms arrivés dans ces principautés ont été légalement réduits en esclavage du XIVe siècle à 1855 et 1856 respectivement. Du grec des chancelleries, ce mot est passé au roumain sous la forme de ţigan, tandis qu'en grec il était remplacé par κατσιβέλος. La première étape passe donc par un contexte orthodoxe. Du roumain, ţigan s'étend aux langues voisines et plus lointaines : bulgare et serbe циганин, hongrois cigány (anciennement czigány), tchèque cikán, slovaque cigán, polonais cygan (dial. cegon), russe цыган, lithuanien čigonas, letton čigāns, puis aux langues germaniques Zigeuner, norvégien sigøyner, suédois zigenar etc... Dans les pays respectifs, il perd bien sûr son sens de statut social d'esclave (qui n'y existe pas) et prend une valeur socio-ethnique. D'un autre côté les emprunts directs au grec gardent le "n" original à la fin de la première syllabe : turc çingene (ottoman çingāne چنكانه) et italien zingaro. Du roumain, le mot entrera en français (surtout sous la plume des auteurs étrangers) en tant que cigain, vocable qui n'a guère de succès face aux dénominations plus courantes de Romanichel et Bohémien. Le mot tsigane arrive en France en 1855 dans le contexte de la musique lors de l'Exposition Universelle mais assez vite la "mode hongroise" apporte avec elle la graphie tzigane, censée évoquer l’orthographe hongroise de l’époque – si exotique, sinon sauvage, pour les Français : czigány (aujourd’hui cigány).

    Suivent des périodes confuses où les autorités françaises évitent les dénominations ethniques, jugées anticonstitutionnelles, et vont promouvoir des noms se référant à un mode vie plus supposé que réel : nomades, camps-volants, gens du voyage (GdV), voyageurs etc. Le but est bien entendu de nier le patrimoine et l'identité des Rroms et de dissimuler les persécutions qui les visent. Lorsqu'en 1953 le conseiller d'état Pierre Join-Lambert et ses proches décident de consacrer une association à ce peuple, sans en nier l'ethnicité mais sans pour autant utiliser les termes de Romanichel et Bohémien, ils vont chercher tsigane, comme "politiquement correct" (et alors un peu savant, donc plus neutre) et fondent l'Association des Études Tsiganes – un peu sur le modèle de la Gypsy Lore Society des Britanniques, de 80 ans son aînée. C'est de cette manière que le mot s'est répandu dans le français des acteurs sociaux de cette mouvance puis dans la presse.

    Le mot est retourné en Grèce sous la forme τσιγγάνος, qui est emprunt occidental savant, comme le trahit l'accent sur le ά – alors que le mot grec médiéval était accentué sur le ί. Il n'y a donc pas continuité entre Αθίγγανος et τσιγγάνος. Le mot grec le plus populaire est γύφτος, apparenté à Gitan.

     

    Quelle différence entre Rrom, Tsigane et Gitan?  Une définition proposée par mon invité et livrée en trois billets distincts,  par Marcel Courthiade, professeur à l’Inalco, l’Institut national des langues et civilisations orientales, responsable des études linguistiques Rromani, commissaire à la langue et aux droits linguistiques de l’union Rromani internationale.

     

    Prochain billet l'endonyme Gitan

     

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  • Rrom, Gitan, Tsigane, d'une confusion à l'autre (1)

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    image_mini.pngQuelle différence entre Rrom, Tsigane et Gitan?  Une définition proposée par mon invité et livrée en trois billets distincts,  par Marcel Courthiade, professeur à l’Inalco, l’Institut national des langues et civilisations orientales, responsable des études linguistiques Rromani, commissaire à la langue et aux droits linguistiques de l’union Rromani internationale.

    Même si pour la plupart des Européens il semble possible d'interchanger allégrement les mots "Rroms", "Tsiganes" et "Gitans", ces trois vocables ne recouvrent pas les mêmes réalités dans les faits. Nous reviendrons sur leurs différences qui sont bien plus que des nuances et nous nous contenterons pour le moment de détailler ici l'étymologie et l'Histoire de chacun de ces trois mots.

    Aujourd'hui l'endonyme "Rrom".

    RROM : Le mot Rrom (souvent simplifié en Rom) est issu du sanscrit tardif ड़ोम्ब [ḍomba] ou [ṛomba][1], féminin ड़ोम्ब्नी [ḍombnī] ou [ṛombnī] "musicien (en particulier, et au départ "percussioniste" – on sait l'importance des percussions dans la musique indienne)", puis plus généralement "artiste, bayadère, acteur/actrice de théâtre sacré dans les temples" (en ce qui concerne l'ambivalence de la première lettre en sanscrit (ḍ ou ṛ), elle s'explique du fait que pratiquement toutes les langues indiennes du nord négligent la différence entre les consonnes [ḍ] et [ṛ] mais elles opposent clairement ces deux lettres à [r] roulé ordinaire). Le passage d'un sens d'identité artistique au nom de l'ethnie, du peuple, ainsi qu'au sens de "mari, époux (rrom)", est peut-être lié au nombre important d'artistes au sein de la population déracinée de Kannauj en 1018 – et dont la profession était manifeste, ce qui a pu frapper les habitants des territoires traversés et expliquer l'extension de ce mot à l'ensemble du contingent.

    Contrairement à ce que l'on peut lire un peu partout, le mot "Rrom" n'est nullement un néologisme inventé par des politiciens contemporains, puisqu'on en relève la première occurence en 1385 sous la forme Romiti dans le récit de voyage en Terre Sainte du moine florentin Lionardo di Nicollò Frescobaldi à l'occasion de son passage à Methoni, enclave vénitienne du Péloponèse. La forme Ρομίτης [romitis] est toujours en usage en grec moderne. C'est cette racine qui est à la base de Romanichel (en anglais Romanichal), de rromani sel litt. "peuple rrom".

    A l'exception de quelques groupes (surtout en Espagne, France, Royaume uni et Allemagne) la quasi totalité des Rroms utilisent quotidiennement le mot Rrom pour se référer à leur propre ethnie, de la Grèce à la Finlande et de la Russie au Nouveau Monde.

    Rappelons pour finir la justification de la graphie recommandée avec double "rr" (graphie souvent raillée par ceux qui manquent d'information): la langue rromani distingue avec autant de clarté deux types de "r" que le français distingue "v" de "b" (distinction non perçue par les Espagnols, ce qui n'empêche pas la différence entre "viens" et "bien") ou bien "l" de "r" (distinction non perçue par les Japonais, ce qui n'empêche pas la différence entre "élection" et "érection"). Le "r" roulé du rromani s'écrit "r simple" (il provient du sanscrit [r]) alors que l'autre s'écrit "rr double" (il provient d'autres consonnes). Il se trouve – tout à fait par hasard, que le son écrit "rr" apparaît à l'initiale du mot Rrom, d'où cette graphie du nom ethnique des Rroms.

    Il ressort de ces considérations que le terme le plus adapté serait Romanichel – s'il n'avait été chargé depuis longtemps de connotations insultantes par les populations riveraines. Il est difficile de revenir sur cette évolution et le mot Rrom peut désormais de le remplacer avantageusement, d'autant que Romanichel est sémantiquement un collectif ("peuple rrom") abusivement utilisé au singulier pour désigner un membre de ce peuple et manquant de féminin.

     

    [1] Presque toutes les langues indiennes négligent la différence entre les lettres [ḍ] et [ṛ] (il s'agit de "rétroflexes" c'est-à-dire de consonnes prononcées avec la pointe de la langue retournée en arrière en touchant le palais) mais elles opposent clairement ces deux lettres à [r] roulé ordinaire.

     

    La suite prochain billet - Tsigane

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  • Quand Indira Ghandi revendiquait son lien de parenté avec les Rroms

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    Indira Ghandi.pngLe discours de feue Mme Indira Ghandi permet de rappeler que pour cette année du Millenium de la sortie des Rroms de l'Inde, des liens étroits ont déjà été tissés avec le berceau d'origine des Rroms. 2018,  sera l'occasion de retracer ce long exil, par des manifestations tout au long de l'année;  des expositions, des conférences, des séminaires et présenter une vraie  Histoire des Rroms au-delà de tous les clichés et de tous les stéréotypes.

    Discours de bienvenue de l'ex-Premier ministre indien Mme Indira Ghandi, le 29 octobre 1983, lors de l'inauguration du deuxième festival international des Rroms à Chandigarh, Inde.

    Monsieur le Gouverneur, Monsieur Sait Balić, Monsieur Rishi, distingués invités et chers amis rroms:

    Bienvenue au peuple rrom à Baro Than. Certains d'entre nous se sont déjà rencontrés et d'autres sont de nouveaux visages mais tous sont ici dans un même esprit d'amitié. Pourquoi suis-je ici ? Parce que je ressens un lien de parenté avec les Rroms. J'ai toujours admiré leur amour de l'aventure, leur proximité avec la nature et surtout leur courage et leur résilience.

    Des Rroms éminents de différents pays sont avec nous aujourd'hui et, à travers eux, le festival contribuera au renforcement des liens déjà profondément enracinés entre les Rroms et leurs frères et sœurs indiens.

    Il y a 15 millions de Rroms répartis dans le monde entier. Leur histoire est une histoire de peines et de souffrance. Mais c'est aussi une autre histoire : celle du triomphe de l'esprit humain sur l'adversité. Les persécutions que les Rroms ont affrontées avec tant de courage pendant près de mille ans, marquée de notre temps par la folie génocidaire d'Hitler, fait d'eux un exemple de courage et d'endurance. Ces qualités sont aussi associées à l'Inde, qu'ils considèrent comme leur foyer d'origine.

    Les Rroms d'aujourd'hui conservent leur identité et l'ont même revivifiée. Mais ils se sont bien intégrés également dans les sociétés où ils vivent aujourd'hui et ils sont une chance pour les pays auxquels ils appartiennent actuellement, car ils leur apportent couleur et spontanéité, mais aussi un goût ineffable pour la vie.

    Les divers peuples leur ont donné des noms différents mais les Rroms sont une communauté internationale dans le vrai sens du terme et ils sont donc un peuple qui convient idéalement pour contribuer à la compréhension internationale et à la paix dans le monde. Après leur premier Congrès mondial à Londres en 1971, ils sont devenus de plus en plus conscients de leur identité spécifique et de leur rôle particulier.

    La musique fait partie intégrante de leur être et elle a puissamment contribué au développement des traditions musicales de l'Orient comme de l'Occident. Mais les talents des Rroms sont variés. Ils imprègnent chaque facette de la vie. Durant de longues années, les préjugés et la persécution ont dissimulé leur culture et très longtemps ils n'ont pu avoir accès à la reconnaissance et au respect qui leur étaient dus. La qualité de cette culture est maintenant acclamée. C'est le monde entier qui y gagne. Avec la soif actuelle à la fois de nouvelles idées et d'héritages anciens, les aspects remarquables de la culture rromani vont toucher le cœur d'un public de plus en plus large.

    Le dictionnaire multilingue rromani a permis de codifier leur langue et le semestriel "Rroma" a également aidé à sensibiliser les autres communautés à cette culture.

    C'est une bonne chose que ce Festival se tienne ici, car le peuple rrom a une affinité avec ce pays. La culture rromani a à la fois imprégné et absorbé les patrimoines spécifiques de nombreux pays et peuples. Elle conserve aussi des souvenirs d'éléments de la civilisation indienne. Cet internationalisme représente une valeur particulière à notre époque.

    L'Inde a pour sa part également souffert de l'ignominie de la servitude et de la myriade de maux qui l'accompagnent, mais elle est maintenant indépendante et relève la tête. Son immense trésor de sagesse antique est ouvert sur le monde, faisant partie du patrimoine commun de l'humanité. Les Rroms constituent une partie de ce trésor. Ils sont un exemple vivant de la capacité de l'humanité à surmonter les tourments. En Inde, nous avons toujours

    été fiers de notre tradition culturelle grandiose et ininterrompue. Pourra-t-elle maintenant résister aux assauts terribles des temps modernes ?

    Les Indiens soutiennent l'effort des Rroms dans l'enrichissement de la culture humaine, ces Rroms qui sont un exemple de nationalisme au sein de l'internationalisme, au- delà des préjugés, là où un grand cœur considère tous les humains comme une grande famille, vivant dans l'harmonie, la confiance et la paix.

    Mes meilleurs vœux pour votre Festival et pour votre séjour en Inde.

     

    Upre Rroma! Rroma Zindabad !! Sastipe !! (Longue ovation et acclamations du public)

    Note : Le nom de l'Inde est Bharat, du nom du héros légendaire. et le mot a été compris par plusieurs militants rroms d'ex-Yougoslavie comme Baro Than "Grand Lieu"; Mme Gandhi en était informée – d'où ce clin-d'œil.

     

    Paix à la mémoire de feue Indira Ghandi,  abattue le 31 octobre 1984,  soit presque jour pour jour, un an après ce discours.

     

    PS Merci à Marcel Courthiade de m'avoir envoyé l'article.

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  • 2018 - Le millénaire Rrom de la sortie de l'Inde

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    7f9553b22e78f262275b6d56e640a94e.jpgLe 21 décembre 2018, la communauté Rrom de par le monde commémorera le millénaire de sa sortie de l'Inde.

    Une occasion de rappeler tout au long de l’année que les Rroms ont une histoire, une origine, une langue et surtout une mémoire historique. La langue rromani a traversé, les pays, les continents, les siècles et elle demeure plus vivante que jamais parmi ses enfants qui continuent à la parler, de l’Orient à l’Europe, de l’Afrique à l’Amérique; une langue qui leur permet de continuer à communiquer entre eux indépendamment du pays où ils se trouvent.

    Une occasion de comprendre que nous découvrons une culture riche, plurielle, mosaïque, une culture qui a traversé toute l’histoire et ses grandes épopées, partout où il y a un événement historique on trouvera un Rrom qui a su résister, se confondre, se fondre dans le conflit et ressortir plus fort que jamais dans ce qui le constitue, une identité inviolée jusqu’en 2018.

    Une occasion de découvrir un peuple vu autrement que sous l’angle de l’étroit stéréotype des préjugés, de la confusion et de la stigmatisation,  parce que les Rroms peuvent donner des leçons au monde, le seul peuple qui ne s’est jamais battu et n’a jamais formé une armée, mais qui a su résister à toutes les guerres et à toutes les batailles et cela depuis 1000 ans. 

     

    « Entre 1001 et 1027, Mahmoud lui-même, sultan de Ghazni (de 999 jusqu’à sa mort en 1030 attaqua 17 fois l’Inde, au cours de 17 raids, non pas pour conquérir de nouvelles terres, ni pour y porter une religion ou une politique nouvelle, comme il s’en vantait, mais seulement pour piller les richesses. Dans toutes les villes qu’il prenait, il abattait habituellement les hommes et souvent aussi les femmes, et systématique toute la population en représailles lorsque le roi local avait fui à l’annonce de son approche.

    Il est très étonnant que, lorsqu’en décembre 1018 il attaqua et conquit la ville de Kannauj, que haut lieu de culture et d’économie, une ville étalée sur six kilomètres le long sur le Ganges. Non seulement les brāhmaṇes les plus instruits été appelés "de Kanyakubdja (de Kannauj)" mais la ville avaient atteint là-bas un niveau très élevé de ce que nous appelons aujourd’hui la démocratie et les droits de l’homme tandis que la richesse économique en faisait de facto la capitale, le cœur du pays. et alors que le roi Rajpal avait fui à l’annonce de l’arrivée du sultan, il ne tua pas beaucoup de gens, mais au contraire conduisit la majorité d’entre eux jusqu’au Zaboulistan : 53.000 prisonniers de très haute qualification dans divers métiers (musique, théâtre, architecture, parfums, travail de l’or et de l’argent, stratégie etc.), à pied, enchaînés, jusqu’à Ghazni et pour créer une nouvelle dynastie, celle des Ghazneli ou Ghaznévides .

    Ghazni devait devenir « la capitale du monde » et pour cela le sultan a épargné les prisonniers pour utiliser leur savoir-faire .

    On lit souvent qu’il n’existe pas de sources sur la déportation des Rroms de Kannauj. Ce n’est pas vrai : on dispose d’environ 20 fragments arabes et persans soit sur ce sujet, soit sur le contexte global. Et il y a aussi d’autres éléments qui jettent de la lumière sur l’Histoire, d’abord il y a la langue rromani : comme l’a montré Ralph Turner en 1927, elle provient du segment médian de la plaine du Ganges, et sa forme ancienne était semble-t-il proche de la langue ancienne connue sous le nom de "prakrit śauraseni", lequel a donné naissance aux langues braj et awadhi – sur la base desquelles a été construite le hindi moderne. De nos jours, le rromani est une des langues le plus proches du sanscrit, plus encore que le hindi qui a intégré massivement des éléments persans.

    Mais la source principale de nos connaissance est l’histoire de Mahmoud, telle que l’a écrite son secrétaire privé, Abu Naser al-’Utbi sous le titre de "Kitab al-Yamini" (Yamin ud-Daulah "bras droit de la dynastie, surnom affectueux que le calife de Bagdad avait donné à Mahmoud). Al-’Utbi décrit comment Mahmoud a pris la route pour Kannauj le 27 septembre 1018 avec 31.000 soldats, en abandonnant "la douceur du sommeil et le confort de sa demeure" et comment il est arrivé le 20 décembre devant la porte principale de Kannauj.

     

    En un jour, le 21 décembre 1018, les musulmans ont tout détruit dans la cité, les sept forteresses qui la défendaient, ils se sont emparés des biens et ont capturé les habitants, pour les conduire à pied jusqu’au Zaboulistan à travers le dur hiver de 1018-1019.

    Al-’Utbi rapporte dans son ouvrage sur l’Inde que parmi les déportés de Kannauj, il y avait des clairs et des sombres – ce qui peut expliquer les différences de teint entre Rroms aujourd’hui.

    Un autre point est que parmi les prisonniers de Mahmoud étaient représentées de nombreuses professions et toutes les varṇa, depuis les prêtres (brāhmaṇes) jusqu’aux paysans et aux ouvriers (shudra), ainsi que beaucoup de gens à l’extérieur des varṇas : c’est la raison pour laquelle la langue rromani est encore vivante mille ans plus tard. Des groupes sociaux différents ont été pris dans la déportation – et on sait qu’une langue reste vivante plus longtemps lorsque les groupes qui la parlent sont socialement hétérogènes, ceci d’autant plus que parmi eux on rencontre des gens cultivés, conscients de la valeur de leur langue et de leur patrimoine culturel. Comme on peut le constater, les langues d’autres réfugiés meurent au bout de deux ou trois générations car les locuteurs ne voient dans leur langue que le côté pratique de la communication et rien d’autres, tandis que le rromani, jusqu’à aujourd’hui, mille ans après la sortie de l’Inde, reste très vivace et plein de force dans toute l’Europe et au-delà, en dehors d’elle.

    Malheureusement (ou bien heureusement) les proto-Rroms, qui était surtout hindouistes, ou hindous – comme les appelaient péjorativement les musulmans, ne pouvait pas (ou ne voulait pas) faire ce que leur demandait Mahmoud le musulman. Il y avait des différences très importantes entre leurs cultures : parmi les proto-Rroms on avait au premier plan l’ahiṁsa (c’est-à-dire de ne pas tuer ni violenter les autres, de ne pas leur faire de mal) et le respect vis-à-vis des diverses religions et confessions, tandis que Mahmoud était un meurtrier impitoyable et qu’il voulait porter partout la religion musulmane – du moins telle était son discours. Alors quand il y a vu la contradiction, très rapidement il les a vendus aux riches seigneurs et commerçants du Khorassan (régions septentrionales de son royaume). Tout porte à croire en effet que très vite après 1018 (peut-être dans les années 1020-1030) Mahmoud Ghaznavi s’est děbarrassé de ces gens qu’il avait apportées de force de Kannauj, lorsqu’il a vu qu’ils n’exécutaient pas ce qu’il demandait d’eux."

    C’est ainsi que commencera le lent exil des Rroms qui suivront des routes différentes mais tous originaires des bords du Gange, arrivés en Europe par l’Asie et le Bosphore.

    Extrait du texte de Marcel Courthiade que je remercie au passage.

    Enseignant de langue et civilisation rromani (INALCO) et commissaire aux droits linguistiques de l'Union rromani internationale, auteur d'une "Histoire des Rroms" qui retrace la longue épopée de la sortie de l'Inde du peuple rrom.

    Le programme vous sera transmis au fur et à mesure de l’année 2018 .

     

     

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  • Les poétesses du peuple Rrom - Combien de chants étouffés dans leurs gorges ?

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    1-2.jpgBien peu de gens savent  qu'au sein du peuple rrom, les femmes ont été parmi les premières à écrire et qu'elles sont aujourd'hui pratiquement les seules. Nous pourrons entendre en original rromani et traduction française cinq des principales auteures de ce peuple méconnu, dans un échange sur la position et le rôle de la femme dans la société rrom des quelques pays d'Europe représentés. Ce sera aussi l'occasion de présenter la modeste anthologie "Combien de chants étouffés dans leurs gorges ? – Voix féminines dans la poésie des Rroms" (plus de 50 textes de deux douzaines d'auteures) et de promouvoir le projet "Une voix en ligne pour la littérature rromani" qui permet d'écouter en ligne des centaines d'enregistrements littéraires avec le texte rromani et la traduction française (projet soutenu par le Ministère de la Culture et de la Communication – Direction générale à la langue française et aux langues de France).

     

    Le foin

    L’herbe a une senteur de foin

    Le foin me transporte

    Dans une délicieuse langueur

    Au temps où je rêve

    De rester toute la nuit

    Pieds nus-cheveux défaits

    Cachée dans un village

    Perdu de la surface du monde

    Mon Dieu, dans une couche de foin

     

    Cette langueur je la connais bien

    Elle brûle en moi

    Chaque fois que l’été s’en va

    Que je vois les brins d’herbe se faner

    Entre les fleurs sauvages

    Il m’appelle

    Il m’attend au-delà du temps

    Ce village pour la nuit

    Là-bas dans les immenses rochers

    Le foin en moi est souffrance

    (…)

    Pourquoi ne puis-je dormir

    Pieds nus-cheveux défaits

    Dans le foin qui me veut

    Juste une nuit que je dorme là-bas

    Là où l’herbe sent le foin.

     

    Luminița Cioabă

    écrivaine roumaine de langue rromani

     

     

    Jeanne GAMONET (France – présente)
    Jeta DUKA (Albanie – présente)
    Luminiţa CIOABĂ (Roumanie – présentée par Ema Dei)
    PAPÙŚA (Pologne [1910-1987] – présentée par Mireille Perrier)
    Sali IBRAHIM (Bulgarie – présente)
    Valeria YANISZEWA (Russie – à confirmer)
    Modératrices: Diana KIRILOVA & CANDELA
    Musique: Ismet JAŠAREVIĆ (Serbie – violon)


    date lieu adresse heure
    11 déc. Médiathèque Matéo Maximoff 59, rue de l'Ourcq 75019 Paris 19:00-21:00
    12 déc. Hôtel de ville de Clichy-sous-Bois
    (salle Charlotte Petit) Avenue Allende, près de la Place du 11 Novembre 1918 93390 Clichy 19:00-21:00
    13 déc. Maison de la Poésie 157 Rue Saint-Martin 75003 Paris 18:00-20:00

     

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  • GITANS DU NORD DE L'AFRIQUE

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    Depuis la première projection en 2007, lors d’une soirée commune à « Traversées tziganes » et à « Made in Maroc », Luc Thiébaut a continué sa collecte de souvenirs et d’informations. Des cultures peu connues et souvent méprisées, une diversité qui fait   la richesse de la France, du Maghreb et de leur histoire commune.
     

    Nous évoquerons : 

    Tziganes et arabes dans le figure de l’ «Autre » ;

    Les fondements algériens du concept de "nomades " dans la législation française ;

    Gitans d’Egypte dans l’imaginaire européen et dans le cinéma égyptien ;

    El Andalous et les Gitans;

    Les Gitans du Maghreb sous la colonisation et dans la littérature  française ;

    Les groupes sociaux perçues comme  gitans dans l’ Algérie d’aujourd’hui  

    ...

     

    présenté par Maison de la Méditerranée

    https://www.maisondelamediterraneerennes.com/m%C3%A9moires/tziganes-du-nord-de-l-afrique/?logout=1

     

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  • Les Gitans du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord

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    gawazi.jpgEn Afrique du Nord, il faut rappeler que ce ne sont ni des Juifs, ni des Berbères, ils ne parlent pas l’hébreu ni le tamazight bien qu’ils puissent avoir appris et l’un et l’autre et l’arabe, mais peut-être des Rroms ou pas du tout qui auraient appartenu véritablement à ces descendants d'origine indienne .

      Ils auraient quitté les rives de l’Indus ou le Sindh au XVème siècle pour venir par la route du Nord, jusqu’en Espagne, soit ils appartiennent à la toute première vague antécédente qui dès le X et XIème siècle avec les troupes Mongols, arriveront  par l’Afghanistan et l’Iran et que l’on voit vivre encore aujourd’hui dans tout le Moyen-Orient et appelés Doms parlant le Domari,(sans qu'on soit sûr de leur origine Rrom - la langue Domari est très éloignée du Romani)  une langue du sous-continent indien ou Nawars par les Arabes, terme qui fait référence au feu parce qu'autrefois ils étaient  forgerons et maréchal-ferrants.

    Surnommés, Beni Adass en Algérie et devenus un terme péjoratif pour décrire tout nomade, certains venaient de Tunisie en 1962 et dont les femmes mendiantes et voyantes étaient surnommées en Algérie guezenettes. Il se pourrait aussi que ce soient des groupes exclus que l'on traitait de "Gitans" sans qu'ils le soient, en réalité.

    On a identifié très tôt, les célèbres Ghawazi d’Egypte qui faillirent mettre en déroute l’armée de Napoléon, les soldats hypnotisés par ces danses orientales que l’on appellera ensuite la danse du ventre et dansées par ces femmes magnifiques dans les harems puis dans les lieux publics par la suite et lors de mariages ou de rituels religieux soufis, étonnamment encore autorisés lors des moulids  Un proverbe égyptien fait référence à ces danseuses "la vie est comme les Ghawazee, elles ne dansent qu'un instant pour chacun." mais elles ne se possèdent pas. 

    A l’époque des pharaons, des danseuses sont déjà dessinées nues et arborant une ceinture autour de la taille, les Rroms y auraient importé les premiers chevaux. On les croyait alors venus d’Egypte, ce qui leur vaut l'appellation de Gitans (qui vient de l’Egypte) , puis Bohémiens parce que venus de Bohème, mais à l'origine, ils sont  tous de l’Inde et ce sont bien ces danseuses-là qui amèneront les castagnettes utilisées déjà par les Ghawazi d’Egypte que l’on croira espagnoles et l’art du tatouage qui se répandra dans tout l’Orient.

    Les Rroms ou Doms  du Moyen-Orient et de l' Afrique du Nord nous sont peu connus. Ils ont suivi les grands courants, chassés par les guerres, la faim, les génocides, ils gardent tous ceux issus de la route du Nord et ceux issus de la route du Sud , les mêmes traditions, une langue rromani ou Domari en arrière-fond, des langues indiennes venues autrefois du Punjab et du Rajasthan , le goût pour les arts et la musique, le spectacle de rue, la voyance. Ces deux groupes sont distincts l'un de l'autre.

    Partis plus tôt que leurs frères rroms de la route du Nord, on voit dès le XIème siècle déjà des Droms en Iran, les musiciens y sont invités en masse. Al Firdusi, philosophe et historien perse mentionne dans son livre des Rois, l’arrivée en 1010, de 12'000 musiciens rrom dans la cour du roi Bahrâm Djour et à sa demande.

    Les Beni Addas d’Algérie ont souvent été confondus avec des tribus berbères, on les trouve encore, mais très peu,  à Oran ou à Constantine, ils pratiquent la voyance et des tours de magie dans les parcs ou dans la rue. Sont-ils pour autant des Rroms ?

    Ibn Khâldoun, né à Tunis d’une famille originaire du Yémen et établie en Andalousie, comme Léon l’Africain décrivent déjà ces populations qui se distinguent par les arts et la musique et se différencient des autres tribus. Ibn Khâldoun premier sociologue de son temps et qui rédige « Une histoire des Berbères » réalise qu’un peuple proche mais différent existe proche des hilaliens et issus des Balkans.

    Après la guerre d’Algérie, arrivés en nombre à Marseille, on les surnommera les gitans pied-noirs venus de Tunisie et d’Algérie. Dans le campement Fenouil, terrain qui accueillera de nombreux réfugiés, on réalise que certains "Rroms" (le sont-ils vraiment?) venus d’Algérie parlaient encore l’espagnol et dansaient le flamenco, une lignée qui a quitté l’Espagne et l’Inquisition, un pont existait déjà entre l ‘Andalousie maure et les pays d’Afrique du Nord, il suffit de voir le parcours d’Ibn Khâldoun.

    En Syrie, les Doms ont fui la guerre et se sont réfugiés dans les pays voisins, parfois ils se disent seulement syriens pour ne pas être stigmatisés, au Kurdistan, ils se disent Kurdes et son appelés Qurbat, Zott en Iran, Ghorbat en Irak,  un groupe actif de Dom s'est établi à Jérusalem, mais un fin observateur connaissant la langue rromani, ou domari aura de la peine à reconnaître un lien étroit entre les deux,

    Les Rroms du Moyen-Orient est un volet encore peu connu, tant on les a confondus avec des peuples nomades ou bédouins, ou berbères ou que sais-je encore. La recherche ne fait que commencer.

    Mais comme partout, depuis toujours, depuis la nuit des temps, les Rroms ne se laissent pas dénombrer de manière précise, car quant on commence à les compter, ils savent qu’ils risquent de disparaître et que c'est le seul objectif du recensement. 

    Combien de Gitans au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ? Seuls eux  peuvent y répondre. Un chiffre de cinq millions a été avancé au Moyen-Orient avec une majorité en Syrie.

    Sujet peu renseigné par des sources écrites, nous avons toutefois beaucoup de traces orales en Afrique du Nord qui doivent encore être vérifiées.  Donc continuez à témoigner de ce que vous savez selon la tradition orale. 

     

    Pour ma part, j’ai croisé les voyantes alors que j’étais petite peut-être d'origine tsigane, sans preuve scientifique, en Tunisie et on ignorait qu’elles l’étaient, les attribuant à un groupe berbère, elles allaient d’une maison à l’autre dire la bonne aventure en lisant les lignes de la main. Elles sortaient toujours d’un air mystérieux de leur sein un sachet rempli d’herbes magiques pour envoûter ou enlever le mal. Tous les matins, une « degezze » s’arrêtait devant mon portail et j’adorai la regarder, elle tenait pour moi du mystère et nourrissait tout mon imaginaire.

    En Egypte, j’ai pu voir les Ghawazi danser dans des cabarets, je n’avais jamais vu un tel spectacle et ce fut la première et la dernière fois. Je pense que les Islamistes ont fait le reste du travail et les effacer du paysage égyptien.

    En Italie, dans les camps rroms, j’ai identifié un groupe familial de  personnes qui auraient pu être des gitans d’Algérie qui parlaient, le rromani (ils l'auraient peut-être appris dans le camp avec des vrais Rroms)   l’arabe, le français et l’italien, ils faisaient du café à l’oriental assis sur des tapis en écoutant Om Kalthoum. J'étais stupéfaite de découvrir qu'il y aurait pu avoir des Rroms d'Algérie dans un camp italien, tous d’une beauté saisissante et j'ignorai même que des Rroms auraient pu se trouver en Afrique du Nord ou au Moyen-Orient.

    Il est trop tôt pour affirmer de façon sûre quoi que ce soit, il y a une probabilité qui reste à être démontrée, d'une présence Rrom en Afrique du Nord (il aurait pu être évident qu'ils auraient fui l'Inquisition comme les Juifs, eux-mêmes pourchassés) au Moyen-Orient, idem, ils suivaient les routes de l'exil, au fur et à mesure des siècles sur les 1000 ans, depuis leur sortie de l'Inde en 1018.

     

    Les Banat Mazin de Luxor, les dernières Ghawazi (1967)


    3u-Massin sisters, Luxor, Egypt--some of the last performing Ghawazee.jpg

     

     

    THE ROMANI TRAIL  

    https://www.youtube.com/watch?v=OqgjYybGllY


     

    Nawar de Jordanie


     

    El gitana del desierto 

     

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  • Personne de chez nous ne doit voter pour cette femme !

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    "Mes bons Manouches et Voyageurs, Ma bonne famille, personne de chez nous ne doit voter pour cette femme !" Appel aux siens de Niki Lorier, 100 ans, survivant du Génocide !

    En magnifique langue Manouche sous-titrée !

    Ecoutez-le bien ! 

    "Je ne veux plus que cela arrive

    Vous êtes des gens d'honneur et nous restons des gens d'honneur. 

     


     

    Ounen romené Sinté Kané miro dat o Niki ilo 100 berch pouro und bis kané nor ilo i tchatcho morch. Mer am a lota pal lesté. Katé an o valché und an i Europa o nazi kamélé glane té vel. Mer mouka men ga té krel und kouramen té djala poudega ! Kané chounen miro pral und mo dat ap kaï vidéo.

     

    EDERLEZI de GORAN BREGOVIC pour la Saint-Georges le 6 mai, fête des Rroms des Balkans :
    podcast

     

    Sa o Rroma babo òro khelèna
    Òro khelèna, dive kerèna
    Sa o Rroma daj!e
    Sa o Rroma babo babo
    Sa o Roma o daje
    Sa o Roma babo babo
    Ederlezi, Ederlezi
    Sa o Rroma daj!e

    Sa o Rroma babo, e bakren ćhinèna
    A me ćorro, dural beśàva

    Rromano dive, amaro dive
    Amaro dive, Ederlezi

    Av te ane, babo, amenqe bakro
    Sa o Rroma babo, bakren ćhinèna
    Sa o Rroma babo babo
    Sa o Rroma o daj!e
    Sa o Rroma babo babo
    Ederlezi, Ederlezi
    Sa o Rroma daj!e

     

    Tous les Rroms dansent la ronde
    Ils dansent la ronde, ils font la fête
    Tous les Rroms, maman
    Tous les Rroms, papa, papa
    Tous les Rroms, ô maman
    Tous les Rroms, papa, papa
    Ederlezi, Ederlezi
    Tous les Rroms, maman

    Tous les Rroms, papa, sacrifient l'agneau
    Et moi, pauvre de moi, je reste à l'écart
    Le jour des Rroms, notre jour
    Notre jour, Ederlezi

    Viens nous apporter, Papa, un agneau
    Tous les Rroms, papa, sacrifient l'agneau
    Tous les Rroms, papa, papa
    Tous les Rroms, ô maman
    Tous les Rroms, papa, papa
    Ederlezi, Ederlezi
    Tous les Rroms, maman

     

    All my friends are dancing in a ring
    Dancing in a ring, celebrating
    All the Rroms, mommy
    All the Rroms, dad, dad
    All the Rroms, oh mommy
    All the Rroms, dad, dad
    Ederlezi, Ederlezi
    All the Rroms, mommy

     

    All the Roma, dad, slaughter lambs
    But me, poor, I am sitting apart
    Rromani day, our day
    Our day, Ederlezi

    Come and bring, Dad, a lamb for us
    All the Rroms, dad, slaughter lambs
    All the Rroms, dad, dad
    All the Rroms, oh mommy
    All the Rroms, dad, dad
    Ederlezi, Ederlezi
    All the Rroms, mommy

     

     

     

     

    Lien permanent Catégories : Développement durable 8 commentaires
  • Les Rroms de Colombie à l'épreuve de la paix

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    DSC00502.JPGBogota- Un Rrom représentant de sa Kumpania (patrigroupe familial), -  ils sont une dizaine venus de tous le pays - ,  se lève devant les membres du Ministère de l’intérieur colombien  et les interpelle, la séance qui se déroule dans une salle de réunion d'hôtel, a pour but d'écouter les revendications des Rroms dans le cadre du processus de paix signée à Cuba, à la Havane  avec les FARC et de sa mise en pratique. Une paix tirée au forceps et pour laquelle de nombreux Colombiens interrogés trouvent que les négociations ont été mauvaises, mais que mieux  vaut  mettre le poing dans sa poche pour les générations futures et offrir la paix à leurs enfants malgré la douleur des morts et des déplacés. 

    Pour les Rroms, c'est la première opportunité historique  de sortir de l'ombre, les accords de paix prévoyant une place pour les indigènes dont les Rroms et leurs droits entiers, sans exclusion et sans discrimination avec une reconnaissance totale de leurs spécificités. Ils ne veulent pas manquer le train en marche. 

    Le chef  interroge la délégation gouvernementale colombienne : 

    "Que savez-vous de la culture rrom, que savez-vous de notre langue ?  Que savez-vous de nous, on n’a jamais existé à vos yeux. Combien sommes-nous, le savez-vous ? Pour vous,  nous sommes un peuple invisible, nous sommes le peuple de l'ombre" . En face, profond silence ! 

    Avec les accords de paix et la mise en place d’un processus rapide d'implémentation des accords et  de leur mise en oeuvre gouvernementale appelée “Fast track” et qui met fin à plus d'un demi-siècle de conflit armé, les Rroms de Colombie ont décidé de sortir de leur statut d’invisibles et d’entrer dans l’Histoire par la grande porte. La tâche est grande tant ils sont peu connus. On en recense plus de 4'000 en Colombie, six millions en Amérique latine. 

    Consultation politique, reconnaissance de leur statut de groupe ethnique par la création d’une circonscription qui leur serait propre, la 17ème sur les 16 autres qui regroupent des réalités territoriales spécifiques, le peuple itinérant ne veut pas rentrer dans cette logique administrative qui ne leur correspond en rien. Etre associés sans distinction aux autres groupes ethniques leur paraît impossible.

    DSC00505.JPGDroit à l’éducation, droit à la santé, droit à la reconnaissance de leur identité propre, de leur langue, de leurs coutumes. Ils expliquent comment ils ont vécu le conflit armé, les déplacés, les assassinats, même invisibles, ils ont été frappés de plein fouet, et eux aussi, comptent  leurs morts et leurs disparus. L'homme qui est assis à côté de moi, raconte, la voix étranglée,  la disparition de son frère et de toute sa famille sauvagement assassinés dans leur finca. Quelles réparations jusque-là ?  L'Unité des Victimes, n'a même pas pris sa demande en considération.

    Ils demandent aux representant du gouvernement de pouvoir participer aux discussions à la Havane qui se tiendront prochainement pour défendre la paix, eux qui ont toujours été un peuple de paix, ils veulent s’assurer d’être associés aux discussions et non plus rester les exclus, les rejetés, les laissés-pour compte.

    A la commission nationale du dialogue du peuple Rrom, organe de consultation des Rroms, les femmes y sont très présentes, elles parlent tantôt en romanès,  tantôt en espagnol. 

    Invisibles pour la Colombie mais aussi pour le reste du monde. Aujourd’hui, on dénombre plus de 6 millions de Rroms en Amérique latine. Les premiers débarqués en Colombie, sont arrivés lors du troisième voyage de Christoph Colomb vers le Nouveau Monde, en 1498. Embarqués de force, ou clandestins fuyant l’Espagne, interdits d’y mener leur mode de vie sous menace d’emprisonnement, fuyant l’esclavage en Valachie, fuyant le nazisme, les Rroms sont arrivés par vagues successives  au cours des siècles.

    En Colombie, pour la première fois, ils veulent eux aussi participer à  la construction de cette nouvelle ère porteuse de paix, ils veulent devenir acteurs de leur vie et prendre ce tournant historique. Il leur aura fallu attendre six siècles pour passer de l’ombre à  la lumière. 

    Baxt tai sastimos

    Les femmes, intellectuelles engagées et Rroms prennent la parole 

    DSC00476.JPG

    DSC00483.JPG

     

    A lire

    Les droits spécifiques des minorités ethniques et culturelles dans l’Accord de paix entre les FARC-EP et le Gouvernement colombien du 24 août 2016
    Droits des minorités (Colombie)

    https://revdh.revues.org/2526

  • L'odyssée des Rroms de Colombie

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    5844329.image_.jpg"Sont passés et passent encore en Inde quelques gitans et vagabonds, qui utilisent leurs coutumes, leur langue, et continuent à vivre de manière déconcertante parmi les Indiens, qu'il est facile d'influencer par leur simplicité naturelle et qui dans ces royaumes de Castille (sur laquelle notre justice ne parvient pas à effacer les dégâts qu'ils causent) sont si préjudiciables qu'il est nécessaire qu'en Inde, à ces grandes distances, que ce soit ce peuple ou d'autres, qui parviennent à couvrir ou dissimuler des vols, d'appliquer le moyen le plus efficace pour combattre un contact si pernicieux avec des gens si mal inclinés. Envoyons aux vice-rois, présidents, gouverneurs et à nos juges et prévenons-les avec le plus grand soin que nous les informons que nous connaissons véritablement la présence dans les provinces, de Gitans, ou vagabonds paresseux et sans emploi, qui pratiquent leurs coutumes, parlent leur langue, professent leur art et leurs mauvais traitements, volent et font de la magie, puis envoyons ceci dans les royaumes, qu'on les ramène sur les premiers navires avec leur femme, enfants et domestiques et qu'ils n'aient plus aucune raison , sous aucun prétexte de revenir en Inde, ou dans les îles adjacentes."

    Loi approuvée par Felipe II en Elvas, le 11 février 1581

    Arrivés après maints exploits en Amérique latine lors du troisième voyage de Christoph Colomb, malgré les navires encalminés, après avoir échappés aux corsaires, à la faim, à la maladie, à la soif, les Rrom posent les pieds sur le sol sud-américain, un 13 juillet 1498.
    Les conquistadores confondirent d'abord le Nouveau Monde avec l'Inde et ce continent qu'ils voulaient peupler à tout prix, les fit craindre que des Rroms puissent exercer une mauvaise influence sur ces Indiens en voie de conversion forcée et réduits à l'esclavage et leurs efforts d'imposer "leur civilisation" réduits à néant.

    D'abord expulsés et emmenés vers le Nouveau Monde, les voilà donc interdits et menacés d'être ramenés en Espagne. Les Gitans s'enfoncent alors dans les terres pour échapper au décret qui menace de les ramener dans ce royaume où l'Inquisition continue à frapper les innocents. Ils deviennent par conséquent invisibles, une invisibilité qui a perduré tout au long des siècles et qui s'étend jusqu'à aujourd'hui sous d'autres formes.

    Initialement venus de l'Inde au XVème siècle de la région du Pundjab et Sindh (Pakistan), ils fuyeront d'abord l'invasion violente de l'Islam en se déplaçant vers l'ouest du pays, - ce sont des castes d'artisans originaires depuis des milliers d'années de la rive orientale de l'Indus- , les conquêtes mongoles les pousseront à nouveau plus loin, vers l'Europe cette fois-çi où leur art et savoir-faire sont accueillis à bras ouverts dans une Europe encore moyenâgeuse.

    Les Rroms de Colombie continuent à parler leur langue d'origine, le Romanès dont les racines sont le sanskrit et à notre plus grande surprise, on les voit continuer à fabriquer entre autres objets en cuivre, des samovars, un savoir-faire transmis de père en fils et ce depuis les rives orientales de l'Indus.

    samovar.pngOn recense plus de 4'000 Rroms en Colombie, plus de 6 millions en Amérique latine, une majorité au Brésil. Les traditions sont restées bien ancrées, les enfants apprennent en plus de la langue du pays dans lequel ils vivent, la langue de leurs ancêtres et les artisans continuent à fabriquer ces objets en cuivre qui se vendent sur les marchés comme des objets d'art tant ils sont d'une facture parfaite. Un art transmis d'une génération à l'autre.

     

     

     

     

    Le drapeau des Rrom proche de celui de l'Inde , une roue dans les deux cas.

    DRAPEAU RROM

    La roue rouge, chakra, avec 16 rayons

    280px-Flag_of_the_Romani_people.svg.png

    DRAPEAU INDIEN

    Au centre Chakra d'Ashoka , une roue bleue avec  vingt-quatre rayons.

    bdab1901f469441ba59a7829076a331b.jpg

     

    A lire

    Les droits spécifiques des minorités ethniques et culturelles dans l’Accord de paix entre les FARC-EP et le Gouvernement colombien du 24 août 2016
    Droits des minorités (Colombie)

    https://revdh.revues.org/2526

  • Samaritain de La Courneuve - Mieux vaut un bidonville que le néant !

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    bidonville-main.jpgLe projet de fermeture imminente du bidonville Samaritain de La Courneuve, où vivent 80 familles,  soit 300 habitants,  relance le débat de quel habitat pour les plus précaires. Comment loger des migrants qui ont tout laissé derrière eux.  Pour les moins imaginatifs, certains sont même allés à proposer d' enterrer vivants des réfugiés dans des abris de protection civile, comme à Genève. 

    Férue de Hundertwasser, je soutiens que la question du logement doit rester au cœur du débat humaniste et d’autant plus lorsque ces abris de fortune construits au fur et à mesure des années finissent par créer un espace dans lequel chacun, tant bien que mal s’est reconstruit une vie; a établi un rapport de voisinage, et a vu naître des cours de jeux improvisées. Et on s’étonne de voir qu’une organisation sociale tissant des liens entre les uns et les autres a pris corps au milieu de cet enchêvetrement de tôle et de bois, de masures qui prennent des allures de pièces, puis de chambrettes, des pièces qui reconstituent tant bien que mal nos logements, avec cuisine et pièces communes.

    Dans les années 1960, on voyait arriver des Algériens engagés pour leurs bras venir par milliers et entassés dans des baraquements, l’Etat s’est cru obligé de les confiner dans des immeubles gris, faits de ciment et de tristesse. Des bâtisses sombres de lignes droites  qu'avait en horreur l'artiste-architecte autrichien "  La ligne droite est un danger créé par l’homme car elle est étrangère à la nature de l’homme, de la vie, de toute création … "

    Quelques décennies plus tard, on les explosera  à la dynamite, convaincus que faire vivre des personnes dans des cages à lapins les isolent, les destructurent, les  réduits à vivre dans des ghettos susceptibles de n’engendrer que de la violence et qui excluent  au lieu d’intégrer.

    Pour ma part, je me souviens  dans les années 90, des bidonvilles, en Italie,   dans lesquels vivaient des Rroms ayant fui la guerre en Yougoslavie. Cabanes, roulottes, puis une organisation sociale qui émerge du chaos.  Des plantes devant les maisons, des chats, des chiens, des poussins, des enfants qui jouent. Chacune des familles avait l’impression de s’être reconstruite  grâce à une ingéniosité sans pareille , un lieu où il faisait presque bon vivre, où l’on se sentait  presque chez soi. Il fallait naturellement installer, l’électricité et l’eau courante pour que le bidonville devienne enfin vivable.

     

    Détruire tout cela pour aller où, aujourd’hui ? Travailler avec acharnement sur l’exclusion et détisser les relations créées entre les familles qui vivent au Samaritain depuis des années, là où des enfants sont nés et ont grandi ?

     

    Les architectes soucieux d’écologie pourraient s’inspirer des bidonvilles pour analyser et comprendre comment sur la base de rien, on recrée du lien à partir de peu, une convivialité  reconstituée au milieu du bric et du broc tissé de couleurs. 

    Mieux vaut un bidonville aménagé  qui continuera à s’améliorer que de bousculer ce fragile équilibre pour finalement ne se soucier que d’une chose : cacher la misère ! La réduire en poussière à coups de pied rageurs.

     

    Faire disparaître des bidonvilles, à défaut d’autre vision, n'est pas une solution car rien n’est vraiment proposé en contrepartie, si ce n’est une destruction radicale du peu qui existe et qui a pris timidement forme.

     

    Manque de vision, manque d’humanisme. Hundertwasser, médecin de l'architecture   ! Au secours.

     

    L'idée d'un concours d'architecture : quel habitat idéal pour des réfugiés et des personnes précaires ?

     

     

     

     

     

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  • Non à l'expulsion du Samaritain à Courneuve - 300 familles menacées

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    cifeJEuhBmUazit-800x450-noPad.jpgUne pétition qui a réuni déjà plus de 36'000 signatures, il en faut 50'000 pour faire cesser cette absurdité qui consiste à vouloir fermer le plus vieux bidonville d'Île-de-France et  qui abrite 300 familles. 

    C'est à Jozsef Farkas, 17 ans, volontaire en service civique à l'association "Les enfants du Canal" que l'on doit cette initiative.  Sélectionné pour la prochaine édition de "The Voice", il risque entretemps de devenir SDF avec toutes les autres familles.

    La Fondation Abbé Pierre et l'ONG Médecins du Monde ont conçu un projet pour améliorer leurs conditions de vie en mettant en place l'eau courante, l'enlèvement des ordures et aussi un accompagnement social pour que ces personnes puissent quitter le bidonville, comme ils le souhaitent, et retrouver une vie normale. Bien qu'ayant rencontré le soutien de nombreux acteurs (la DIHAL, le préfet délégué à l'égalité des chances, la communauté Plaine Commune etc), le projet est mis en danger par la demande d'expulsion formulée par le maire de La Courneuve.

     Relayée par l'Association La Voix des Rroms, cet appel fait écho dans toute la France, pour permettre à des personnes de vivre dans la dignité. 

    "Au nom des enfants, des femmes et des hommes de la « Place du Samaritain », je demande à tous les Courneuviens et à tous ceux qui croient au potentiel unique de chaque individu à qui on laisse sa chance de signer et partager cette pétition pour faire prendre conscience à Gilles Poux, aux membres de son conseil municipal et à son groupe politique du danger dans lequel il nous met tous malgré le fait que, pour une fois, toutes les conditions sont réunies pour nous permettre de nous en sortir."

    Soutenons-les  en signant la pétition suivante  adressée au Maire de la Courneuve, Gilles Poux :

    https://www.change.org/p/annuler-l-expulsion-des-résidents-du-samaritain-dans-les-rues-de-lacourneuve

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  • Le lynchage de Darius : chronique d’un effondrement moral

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    Un arrêt sur image s’impose , photo insoutenable,  personne sensible s’abstenir, que vous pouvez trouver sur internet sous google/images/  Darius Lynchage. La photo dont la France a honte et qu’elle tente de cacher à tout prix, voire  à coups de menace du Parquet ! Il est devenu nécessaire de regarder la barbarie dans les yeux, y faire face avec courage pour ne pas la laisser ramper et agir dans l’ombre.

     Un rassemblement a eu lieu vendredi 27 juin, à Pierrefitte devant la mairie,  pour y dénoncer le racisme d’Etat.  L’information circule si rapidement, on aimerait vite passer à autre chose, un nouveau scoop, un nouveau drame. Je vous propose de ralentir le rythme et de réfléchir à ce qui s’est passé avec le lynchage du jeune Darius, on ne peut pas passer là-dessus comme chat sur braise.  C’est l’effondrement moral qui se profile et augure des périodes les plus sombres, lorsque l’empathie n’est plus qu’une figure de style vide de tout sens. Il est difficile de trouver les mots pour décrire un acte d’une telle  barbarie, signe d’une déshumanisation et d’un pas qui a été franchi dans le racisme. Un pas autorisé par le gouvernement qui a laissé dire et faire depuis des années,  et ce pas-là de trop ne concerne plus uniquement les Rroms mais peut toucher n’importe lequel d’entre nous.  Quand on songe que l’AFP a tenté misérablement de justifier le fait que la victime a été en quelque sorte responsable de son lynchage,  pour stigmatiser davantage un jeune sorti d’une clinique psychiatrique et tenter de  justifier un acte injustifiable.  Pour preuve qu’il n’y a plus de frontières, ni de filtres.  La France se lâche  et lâche ses démons sans complexes.  Elle a refusé de reproduire ou laisser diffuser  les clichés du jeune agonisant, en menaçant  le Daily Telegraph qui la floutera après l'avoir publiée sous le titre "The picture that wil shock France" et exigeant qu'elle retire ce qui est devenu sans doute le symbole d'une France à la dérive. Certes,  l’horreur est insupportable à montrer, mais on n’hésite à la laisser faire et ensuite à la cacher. 

    Aujourd’hui,  c’est un Rrom qu’on a laissé carboniser, agonisant dans un caddie, demain qui sera le suivant ? 

     

    Le  Groupement Justice et Paix pour tous les Darius des quartiers a  exposé aussi sa position à la presse  que voici :

     

    Vendredi 13 juin, Georghe C., dit Darius, 16 ans, Rrom, de nationalité roumaine, a été sauvagement battu et laissé agonisant dans un chariot en bordure du quartier ruiné de la « cité des poètes » à Pierrefitte en Seine-Saint-Denis. Cette agression indique que la classe politique a fait franchir à l’ensemble de la société française un seuil supplémentaire vers sa désintégration.

    La société civile consciente et active attend de la classe politique un sursaut et une remise en question radicale de l’exercice de sa fonction.  Sans quoi, le mal dont est pris le corps social progressera encore par ses deux extrémités suivant un processus d’auto -alimentation: d’une part croissance de la peur et banalisation de la violence dans la population et d’autre part croissance de l’idéologie raciste/fasciste dans les élites politiques, économiques et culturelles.  C’est au progrès de cette idée que servirait une guerre raciale où s’abîmerait la population.

    Le maire socialiste de Pierrefitte, premier responsable de l’abandon des hommes, des femmes et des enfants, sur le territoire, dont élu, il est en charge, sans mot aucun pour la victime et sa famille,  appuie dans ses déclarations à la presse les soupçons de larcin pesant sur le jeune homme. Il prive donc d’ores et déjà son corps mourant de l’état de victime, excluant, - en conscience,  - que justice puisse lui être rendu, délivrant ainsi un véritable permis de tuer, et augmentant la violence à tous les niveaux.

    Depuis dix ans, le discours public procède à la déshumanisation d’hommes, de femmes, et d’enfants, étrangers résidants, dans une extrême précarité sur le territoire de France, et publiquement identifiés comme « Rom ».  S’il est un motif raciste à l’acte atroce dont Darius est la victime il est à chercher dans cette déshumanisation, initiée et entretenue par les élites, au plus haut niveau de l’Etat.

    La persécution par les pouvoirs publics des bidonvilles où vivent quelques milliers de Rroms roumains et Bulgares, est en réalité l’aspect le plus spectaculaire de la violence politique faite aux habitants de tous les quartiers populaires, parmi lesquels les habitants abandonnés de la « cité des poètes », privés d’emplois, de logements décents, de droit à l’éducation et à la culture, et stigmatisés comme « immigrés »,  « musulmans », « sauvageons ».

    Au-delà du traumatisme et de l’immense tristesse, de la douleur qui revient à sa famille, et auquel doit se joindre, dans le plus grand respect, le plus grand nombre, la justice doit être impérativement rendue ! Ce drame doit servir d’ultime alerte ! Si la violence politique infligée à tous les habitants des bidonvilles comme des quartiers ne cesse immédiatement en actes et en mots, il se pourrait bien que l’image interdite du corps martyrisé du jeune Darius, meurtri dans un caddie en zone urbaine sensible, préfigure l’état où sera dans un avenir prochain l’ensemble de la République  en péril.

  • République tchèque- Rassemblement néo-nazi pour le 1 er mai 2014 à Usti Nad Labem

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    neonacisti8.jpgLe parti extrémiste Justice social des travailleurs (DSSS- Dělnická strana sociální spravedlnosti) a  annoncé sa marche à travers la ville d'Usti Nad Labem, au Nord de la Bohème, au confluent de l'Elbe et de la Bilina,    et ce jusqu’au ghetto rrom de PŘEDLICE. 500 nazis venus du parti extrême droite NPD d’Allemagne, et Slovak Solidarité de Slovaquie (Slovenská pospolitost - SP) seront largement représentés pour cette journée de défilé, du 1 er mai 2014.  

    Les membres de DSSS et son leader Tomans Vandas ont  aussi invité les néo-nazis ukrainiens qui s’excusent de ne pouvoir participer à cette marche de la peste brune  compte tenu de la situation tendue en Ukraine.

    Un événement devenu dorénavant une  tradition;  celle   de  voir défiler dans le quartier défavorisé de PŘEDLICE, ghetto en partie habité par des Rroms, des hordes de néo-nazis. 

    Des programmes d’encadrement par le clergé et des psychologues sont prévus à l’attention des enfants rrom pour les distraire pendant ces marches menaçantes et chargée de violence tandis que l'organisation Rrom antifasciste tchèque Konexe  se prépare à contrer ces mouvements néo-nazis. 

    La police a de la peine a estimer le nombre exact des  membres de partis d’extrême-droite. Toutefois, elle reste sur ses gardes et interviendra si nécessaire.

    Le rassemblement  néo-nazis s'est organisé principalement  via les réseaux sociaux,  toile très bien constituée et parfaitement relayée au niveau européen, principalement en  Europe centrale. 

    Le ghetto de Predlice à Usti Nad Labem connaît chaque année ces marches qui s’arrêtent à 200 mètres de maisons des familles rrom terrorisant ainsi les habitants de ce quartier défavorisé, constitué  en partie  d'appartements sans eau courante et sans chauffage, dans lesquels les familles s’entassent,  à défaut de pouvoir de trouver de logements ailleurs. Une douzaine d’immeubles sont déjà condamnés et auraient dû être détruits depuis fort longtemps.

    Pris entre la pauvreté et les manifestations de haine nazie, la population de PŘEDLICE  prise entre le marteau et l’enclume, craint des débordements dangereux lors de ces  manifestations. 

    La peste brune s’exprime sans retenue et s’organise au niveau européen sans rencontrer aucun frein à son expansion : jusqu’où ira-t-elle ? Le zoo de Usti Nad Labem qui peine à faire venir des animaux sauvages, trouverait, là,  une occasion unique  et bon marché de remplir ses cages vides de fauves féroces.  

     "o racisto kamel y confùzia sar o ruv kamel i muxli"

     

  • Genève - Marcher avec les Rroms

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    Pour lutter contre les préjugés, les stéréotypes, les discriminations et surtout lutter contre l'ignorance et tenter de comprendre :

    Une exposition de Eric Roset, photographe engagé auprès des Rroms, lui-même parle le romani. A travers cette exposition, l'artiste  nous offre un autre regard et nous permet d'appréhender un peuple qui continue à échapper à la  compréhension d'un grand nombre. 


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