08/07/2008

Nous nous sentons si seuls

Mon nom est Jovic Juvica. Je suis accordéoniste, fils d'accordéoniste et petit-fils de violoniste, originaire de Belgrade. En Italie depuis 30 ans, j'ai eu huit enfants dont deux sont morts. Vous me demandez de quoi sont-ils morts ? Il hausse les épaules, il sont morts, c'est tout ce qu'il y à dire.
Moi-même, mes enfants, petit-enfants et arrières-petits enfants ne possédons aucun document officiel en Italie, malgré cela mes enfants ont suivi l'école obligatoire. Actuellement, ils travaillent tous. Nous vivons de notre musique depuis toujours et résidons dans un camp à Milan.

Aujourd'hui, et depuis l'ordonnance de Berlusconi, les temps sont devenus durs pour nous les Roms. Nous craignons d'être fichés, nos empreintes digitales relevées. Mêmes celles de nos enfants le seront comme pour les grands criminels, les maffieux, les terroristes.

Certains Roms sont déjà parqués dans des réserves pareils aux Indiens d'Amérique. Mais vous avez vu le résultat en Amérique ? Les Indiens souffrent. Ils ont accusé une jeune Rom roumaine d'avoir tenté de kidnapper un enfant à Naples, de toute évidence ce n'était pas une Rom. Qu'importe cela suffisait à stigmatiser un peuple entier. La presse n'a pas démenti.

Dites-le ! Vous la raconterez mon histoire. Expliquez à votre peuple combien nous nous sentons seuls face à cette politique de haine, de racisme et de xénophobie.

Laissez-moi moi vous jouer un air d'accordéon. Merci ! N'oubliez pas de raconter l'histoire des Roms d'Italie.

17:24 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (20) | |  Facebook | | | |