30/11/2018

Les Rroms, une nouvelle diaspora indienne ?

IMG_1450.JPGNew Delhi- Pour cette 2 ème journée consécutive sur le Millénaire des Rroms qui s'est encore déroulée au Musée National de New Delhi, diverses thématiques ont été abordées, centrées davantage sur la jeunesse et l'éducation.
Les valeurs véhiculées par les familles, l'identité interculturelle et la notion d'intégration ont été présentés par Maja Familjić de Serbie, artiste et poète active dans le champ de l'éducation et de l'intégration.
L'exemple des enfants rroms intégrés presque d'office dans des classes pour enfants avec handicap mental rappelle un peu des pratiques semblables en Hongrie. Sonia Styrkacz a bien mis en évidence le cercle vicieux, les parents rroms ont peur de mettre leurs enfants en maternel pour leur éviter la stigmatisation par le personnel accompagnant, en primaire les enfants commencent l'école avec cette forte impression que les parents craignent cette institution et que leurs professeurs les condamnent à l'échec en insistant sur le fait qu'ils ne seront jamais de bons étudiants, finalement les jeunes qui n'ont aucune raison d'avoir confiance en eux donnent raison à tout le monde en renonçant à l'école.
Ibraim Dzemail quant à lui s'est concentré sur l'importance de la poésie et de la littérature pour les rroms et la responsabilité qu'ont les poètes de garder le rromani comme une langue vivante et la nécessité de persévérer dans cette voie.

Un passage par l'Allemagne survolé par Emmanuela Dimova Gombar couvre les 600 ans depuis lesquels les Sinti sont installés en Allemagne fuyant les agressions des Musulmans au huitième siècle sur les bords de l'Indus contre 150 ans pour l'arrivée des Rroms. En 1982, Helmut Schmidt reçoit pour la première fois en Allemagne une délégation rrom et accepte de nommer le génocide des Rroms et Sintis.

En fin de journée, la délégation entière a été reçue au Ministère des affaires extérieures par la Ministre Sushma Swaraj dans une salle de conférence où chacun s'est présenté lors d'un tour de table. Elle a demandé un rappel historique sur les conditions de l'exode, vérifié les conditions des Rroms en Europe puis a annoncé le scoop suivant: Après consultation auprès du gouvernement, la décision sera prise d'associer les Rroms à la diaspora indienne sans devenir pour autant citoyens indiens avec toute la protection dont ils pourraient  bénéficier. Les Rroms forment bien une diaspora, c'est-à-dire un déplacement de population numériquement conséquent (compté en dizaines voire en centaines de milliers) qui ont amené des gens à partir. Les jeunes rroms pourront aussi alors bénéficier de bourses d'études et être formés par des experts aux nouvelles technologies. La délégation rrom a accueilli les déclarations de la Ministre en une salve d'applaudissements.

Plus de 20 millions de Rroms répartis dans le monde seraient concernés par cet éventuel projet d'intégration à la diaspora indienne.

@photos D.Chraïti

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29/11/2018

New Delhi - Le millénaire rrom

IMG_1406.JPGNew Delhi- Une délégation composée d'une trentaine de Rroms parmi lesquels de grandes figures intellectuelles se sont réunis à New Delhi. Qui vient de l'Autriche, de l'Allemagne, de la Russie, de l'Espagne, de la France, de la Serbie, de la Croatie, un rassemblement hors du commun pour commémorer les 1000 ans  de l'exode des Rroms de l'Inde nommé O Baro Telaripen en langue rromani.

Pour cette occasion millénaire, un programme sur plusieurs jours s'étalant du 28 au 30 novembre 2018 a été mis sur pied par l'International Council for International Cooperation, une ONG créée par Antar Rashtriya Sahayog Parished-Barat et qui s'est fixé pour mission la promotion universelle de la fraternité résumée par un "Vasudhaiva kutumbakam" - le monde entier est une grande famille. En février 2016, l'ONG organisait sa première conférence internationale sur la culture rrom en collaboration avec le Indian Council for cultural relations (ICCR) autre partenaire de la conférence actuelle accompagné du Musée National de New Delhi qui accueille la délégation en ses murs.

Ce qui devrait être une tour de Babel avec des rroms venus du monde entier ne l'est pas avec leur langue commune qui est le rromani qu'ils partagent entre eux tous tout en parlant aisément chacun trois ou quatre autres langues. Cette souplesse linguistique surprend, au fur et à mesure de la conversation, on peut passer d'une langue à l'autre et s'adapter rapidement aux nouveaux interlocuteurs qui entrent dans la conversation.

Lors de cette première journée un programme chargé a balayé le contexte historique, un survol de mille ans présenté par le Professeur Marcel Courthiade; de l'identité à l'origine, de l'exode à l'exclusion, du rapprochement linguistique entre le Rromani et le sanscrit. Un film de 26 minutes nous a montré  Esma Redžepova à Kannauj, sur les traces de l'histoire de son peuple et qui nous chante un "Gelem Gelem" chargé d'émotion et qui plonge la salle de conférence entière en un silence religieux au souvenir de cette grande dame disparue,  il y a peu de temps. Sur la lancée, Diana Kirilova, anthropologue et philosophe présente les similitudes entre les coutumes et la façon de vivre des Indiens du Nord et des Rroms. Anka Dalipovska, Présidente du Centre d'intégration du peuple rrom en Croatie et active auprès de l'union européenne présente après une synthèse de l'histoire des Rroms dans les Balkans, la politique inclusive menée en Croatie grâce aux fonds européens. D'autres interventions soulignent la discrimination subie par les Rroms, la culture et l'identité. La  Kriss Romani  présentée par Dalila Gomez, rrom de Colombie et la survivance d'un mécanisme traditionnel de justice qui préserve l'individu et la communauté et qui s'est adapté avec le temps sans se laisse dénaturer quant au fond qui consiste à rendre justice. Un survol de l'histoire du flamenco par Nicolàs Jimenez Gonzàlez, un héritage assurément rrom et que certains s'arrachent en tronquant l'histoire.

Du côté indien, on compte aussi de grands spécialistes penchés sur l'histoire de ces frères retrouvés après 1000 ans d'absence et à qui on assure un accueil chaleureux, professeurs universitaires, écrivains, le coordinateur de ces rencontres magiques, Zameer Anwar, assistant chercheur au Centre for Roma Studies and cultural relations mène d'une main de maître le déroulé de ces rencontres.

Quant à moi, je suis partout le groupe avec curiosité et intérêt et observe les retrouvailles fraternelles où chacun cherche  à travers l'autre, les signes distinctifs qui les ramènent à la source commune de cette même terre, de ce même berceau, l'Inde.

Le deuxième jour des conférences se tiendra aussi à New-Delhi puis un départ en bus pour Lakhnau et ensuite Kannauj, l'endroit précis d'où est parti l'exode.

@photos D.Chraïti

A suivre......

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