05/12/2011

Des millions de francs pour stigmatiser la misère ?

faim.jpgA la veille de la journée internationale des droits de l'homme qui aura lieu le 10 décembre, un collectif d'associations et de partis politiques * lance une pétition visant à abroger la loi interdisant la mendicité à Genève. A  cet effet, vous êtes cordialement invités à une conférence de presse : cette conférence lancera officiellement une pétition visant à abroger la loi anti-mendicité (LPG 11 A).

Dans notre canton, mendier pour survivre constitue une infraction et peut être puni par une amende. Si celle-ci n'est pas payée, elle est alors convertible en peine privative de liberté. Ainsi, à Genève, on peut être amendé et jeté en prison, lorsque l'on ose solliciter la générosité des passants en mendiant. Une société respectueuse des droits fondamentaux ne devrait pas punir une personne parce qu'elle est pauvre et obligée de demander l'aumône.

D'autre part, cette loi répressive touche principalement les Roms, déjà exclus de toutes prestations sociales, contribuant ainsi à renforcer leur stigmatisation. Preuve de son inutilité, aucune baisse du nombre de mendiants n'a été observée depuis l'entrée en vigueur de cette disposition légale tandis que l'existence de groupes criminels organisant la mendicité à Genève a été également infirmée par un rapport de police datédu 15 octobre 2007.

Comble de son absurdité, l'application de cette loi se révèle très onéreuse : selon le Conseil d'état, la criminalisation de la mendicité a coûté trois millions de francs au cours de la période examinée de seulement 18 mois, sans compter les frais de justice et de fonctionnement de la police. En réalité, l'ensemble des coûts engendrés à la charge des contribuables pourrait avoisiner les 20 millions de francs suisses ! Cet argent devrait être utilisé de manière bien plus constructive et appropriée.

 

Mendier n'est pas un choix, mais une question de survie.

Le JEUDi 8 DECEMBRE 2011

à 11h - MAison DES ASSOCIATIONS

15 rue des savoises, 1205 Genève, salle Steve Biko

 

En présence de :

- Alain Bolle, Directeur du Centre

social protestant

- Dina Bazarbachi, avocate et membre

de l'association Mesemrom

- Bernard Rordorf, pasteur et professeur

à la Faculté de théologie de Genève

- Olivia Le Fort, avocate et consultante juridique

 

Alain Bolle, Dina Bazarbachi, Bernard Rordorf

et Olivia Le Fort expliqueront les motivations

qui les ont conduits à s'organiser en collectif

afin de lancer une pétition visant à abroger la loi

interdisant la mendicité à Genève.

Cette disposition légale 11 A LPG, adoptée en

novembre 2007 par le Grand Conseil genevois,

criminalise la mendicité et viole les droits de

l'homme. Une loi, qui en plus d'être profondément

inhumaine, discriminatoire et stigmatisante envers

les personnes précarisées, se révèle complètement

inefficace et coûteuse pour le contribuable.

 

* Membres du collectif : AGORA, ALCIP, Aspasie,

ATD Quart Monde, Caritas Genève, Carrefour-Rue,

CETIM, CODAP, Collectif sans papiers, COTMEC, CSP,

Espace Solidaire Pâquis, FAGE - Fédération associative

genevoise, FIAN, Mesemrom, Les Verts genevois,

LSDH - section Genève, OPP, Opre Rrom, Parti Socialiste

genevois, Quakers Genève, SolidaritéS, StopEx.

 

Pour toute information : Thibaut Lorin 077/405.18.26

et contact@mesemrom.org

 

 

 

 

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Commentaires

La mendicité n'est interdite qu'aux pauvres, tandis que les riches la pratiquent à plus grande échelle !

Écrit par : bof | 06/12/2011

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