07/11/2011

Les gangs néo-nazis en Hongrie - une cartographie de la terreur

images.jpegPour Kristof Domina, directeur et chercheur à  Athena Institute qui est un  observatoire des mouvements extrémistes en Hongrie, on dénombre aujourd'hui  16 groupes actifs, organisés en groupes sociaux. Pour la plupart, ils se revendiquent d'un héritage nazi et se nourrissent au répertoire du mouvement fasciste. Pour d'autres, ce sont des nostalgiques de la suprématie hongroise, ils jouent sur le racisme extrême alimenté par la haine des minorités, avec dans le viseur la haine des Rroms, des Juifs et  des homosexuels. Rien de nouveau sous la bannière haineuse de ces groupuscules parfois armés.

Pour l'instant, la plupart d'entre eux jouent sur la peur des Roms pour obtenir des voix électorales.  On observe depuis quatre et cinq ans une radicalisation du discours et des passages à l'acte, avec entre autres l'assassinat commis sur des dizaines de Rroms un peu partout dans le pays, des menaces sont aussi faites à l'égard des Juifs lors de rassemblements populistes. Des personnalités sont représentées sur des affichettes et collées sur des réverbères en mentionnant qu'elles seront pendues.

Après la chute du régime communiste et la liberté d'expression enfin retrouvée et restreinte jusque là, ces groupuscules ont profité de se constituer en réseaux organisés, actifs sur les réseaux internet via des serveurs américains pour la plupart et qu'il a été impossible d'interdire.  Difficile de dire si les partis extrémistes les soutiennent financièrement, les financements occultes sont difficilement traçables. Mais ils recrutent avec des outils de communication efficaces, multilingues, et trouvent leurs recrues aussi bien auprès des jeunes issus du monde rural et au chômage qu'auprès  des skinheads et des hooligans, ils se connectent avec d'autres groupes ailleurs à l'étranger notamment en Norvège où le tireur,  Anders Behring Breivik, est aussi entré en contact avec certaines de ces milices.

La fin de l'ère communiste a engendré un vide de cadre récupéré par ces mouvements radicaux qui profitent de cela pour mener leur campagne haineuse contre la mondialisation, l'Union Européenne, l'immigration. Un repli nationaliste face à l'inconnu, des peurs alimentées sur le dos des groupes minoritaires qui font office de point de ralliement pour cette idéologie fasciste qui a besoin de se nourrir de victimes pour exister.

Kristof Domina précise que le fil rouge n'est pas toujours clair, qu'il n'y a pas de ligne bien définie, ni de programme spécifique si ce n'est l'extermination pure et simple des Rroms associés à des maladies, tout le répertoire médical des maladies infectieuses a été utilisé par ces néo-nazis. Toutefois, il constate avec étonnement que face aux discours haineux, la population ne s'en scandalise même plus, comme si les menaces avaient été intégrées comme un élément normal de la pensée courante, assimilée comme un fait évident, ce en quoi réside peut-être le grand danger induite par la passivité de ceux qui par leur silence ne se révoltent même plus comme si ils adhéraient de façon passive à l'horreur qui se prépare sous leurs yeux.

Le processus de radicalisation est bien entamé et avance à grands pas, difficile de contrer ces extrémistes, ils sont en concurrence entre eux et c'est à qui osera le plus passer à l'acter et compter avec fierté les morts. Les Rroms ont déjà fait les frais de cette concurrence acharnée de à qui sera le plus haineux pour ensuite  se targuer d'avoir cassé du Rrom, même des enfants ont été tués par ces miliciens.

Le gouvernement hongrois peine à avoir une attitude claire face à l' émergence de ces groupes xénophobes et dangereux, serait-il tout simplement dépassé ?  Le fait est qu'il  ne les interdits pas ou avec une telle mollesse juste ce qu'il faut pour calmer la pression internationale. Le groupe extrémiste Jobbik a obtenu des sièges dans ce gouvernement et entend bien s'imposer même par la force le réduisant au silence.

 

eszestamas.jpg

 

Jeudi passé, à Gyöngyöspata, Tamás Eszes, chef de la milice paramilitaire  "Véderő"de laquelle il avait démissionné le 16 octobre,  s'est suicidé par pendaison. Il s'était présenté comme maire de cette ville avant d'être écarté par Jobbik, le parti d'extrême-droite, durant les élections de juillet.

Tamás Eszes s'est notamment fait remarquer en mars lorsqu'il scandait avec ses miliciens que la police ne pouvait plus défendre le village contre les "crimes tsiganes". Il a frappé le  candidat Jobbik vainqueur, Oszkár Juhász et sur ces faits, a été arrêté par la police.

Intéressant d'analyser que Jobbik s'appuie et utilise les bras armés pour les évincer dès que ses membres parviennent au pouvoir.  Ceci expliquerait le suicide de Tamás Eszes,  manipulé et utilisé comme marche-pied. Les haineux ne se font pas de cadeaux, les loups s'entredévorent  !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20:14 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.