01/10/2011

LA HONGRIE MET LES RROMS AU TRAVAIL OBLIGATOIRE

                                                              

                                                             Article rédigé et signé par http://fr.myeurop.info  images.jpeg- Depuis le 1er septembre, en Hongrie,  le gouvernement nationaliste de Viktor Orbán oblige un millier de bénéficiaires d'allocations chômage, en majorité des Rroms, à travailler sur des chantiers publics. A terme, ce dispositif est censé toucher 300 000 personnes.

"Outils du XIXème siècle"

Sandor Szöke, à la tête du "Mouvement des droits civiques hongrois", s'est rendu sur le site de Gyönggyöspata: il décrit des conditions de travail indignes, l'absurdité de ces chantiers et l'absence de réaction de la population.

Il témoigne:

"Avant d'arriver sur le lieu de travail, les personnes doivent parcourir environ 7,5 km. Elles enchaînent dix heures de travail sur la journée. Elles nettoient un terrain boisé en vue de la construction de résidences pour la classe aisée. Les outils semblent tout droit sortis du XIXème siècle: on travaille à la faucille ! Il n'y a rien à disposition : pas d'eau, pas de toilettes, pas d'abri contre le soleil, pas de protection contre les guêpes... C'est humiliant. Le dirigeant du chantier, du parti d'extrême-droite Jobbik, n'a pas hésité à brusquer une dame de 58 ans à demi-paralysée pour qu'elle aille plus vite. La paye est de 180 euros bruts mensuels, pour un travail qui aurait pu être fini en une après-midi par des tracteurs."

Camps de travail pour Rroms?

Si le lieu de travail est à plus de 35 km, les travailleurs pourraient, alors, être obligés de dormir sur place dans des containers transformant alors, bel et bien, les chantiers en camps de travail.

 

Retour des grands travaux

Principale cible de ce programme : les Roms dont le taux de chômage avoisine les 50 % - faiblement qualifiés et victimes de discrimination à l'embauche, pousse de nombreuses  de familles à vivre  de l'aide sociale.

Mille chômeurs sont pour l'instant réquisitionnés pour participer à des travaux d'aménagement, sous peine d'être privés de leurs allocations. Ils sont répartis sur six lieux, de véritables "labos-test" avant l'extension du dispositif à des centaines de milliers de personnes dans les prochains mois. La Commission européenne a déclaré le 20 septembre ignorer l'existence de tels travaux.

Ce projet de travail obligatoire qui figurait dans le programme du parti Jobbik (extrème droite) a été repris par la droite nationaliste. Pire encore: le plan présenté par le gouvernement prévoit la construction de centres de logements collectifs, pouvant être dans certains cas des containers aménagés pour les personnes dont le lieu de résidence serait trop éloigné des chantiers.

Et pour surveiller ces camps, Viktor Orban, le premier ministre hongrois, a eu une très bonne idée : des policiers fraîchement partis à la retraite pourraient assurer la sécurité...",

Main-d'œuvre bon marché pour investisseurs chinois

Si certains sites d'extrême gauche ne se privent pas de comparer ce plan avec les méthodes fascistes - les camps de travail obligatoires gardés par des policiers ramènent aux pires heures de l'Histoire européenne - le Tageszeitung souligne, quant à lui, que "ce n'est pas un hasard si l'annonce de ces mesures intervient après la visite du Premier ministre chinois, Web Jiabao à Budapest.  La grande puissance asiatique veut racheter la dette hongroise mais aussi investir dans l'industrie et les projets d'infrastructures du pays". Et la possibilité de bénéficier d'une main-d'œuvre bon marché ne serait pas pour lui déplaire.

Le spectre du "camp de travail obligatoire" justifie les propos lancés par Daniel Cohn-Bendit, qui début juillet, aux termes d'une présidence hongroise ponctuée de polémiques, s'en était pris directement à Viktor Orban l'accusant de "dégrader l'Europe".

Je défendrai toujours la Hongrie contre les remarques et critiques, de Bruxelles ou d'ailleurs. La Hongrie n'est pas subordonnée à Bruxelles, Bruxelles n'est pas le centre de commandement de la Hongrie",

avait alors répliqué le dirigeant hongrois. Sauf qu'il est parfois de sinistres références qui devraient, on l'espére, obliger Bruxelles à taper du poing sur la table...

A l'annonce du programme en juillet, le quotidien allemand Die Tageszeitung estimait :

Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour comprendre que cette mesure vise principalement les Roms".

Szandor Szöke a pu le vérifier à Gyönggyöspata:

Sur les quarante travailleurs du chantier, 39 sont des Roms. En réalité, les Hongrois 'de souche' ont trouvé des justificatifs pour échapper à ce travail forcé. Ce que ne peuvent évidemment pas faire les Roms."

Ce n'est pas un hasard si le village de Gyönggyöspata est en pointe de la nouvelle politique. En avril dernier, une milice formée par le parti d'extrême-droite Jobbik avait défilé pour intimider les Roms et affirmer sa politique sécuritaire. Une démonstration de force qui a manifestement plu à la population puisque le Jobbik a gagné les élections municipales il y a un mois et demi.

Le peuple hongrois sans réaction

La dernière fois qu'un programme visait un groupe racial, c'était dans le début des années 1940 !",

s'insurge Sandor Szöke. Des propos qui peuvent sembler alarmistes, mais qui trouvent un écho dans certains détails du programme. En effet, le gouvernement  projette à terme d'encadrer les travaux forcés par des anciens de la Police et de l'Armée. A Gyönggyöspata, le parti Jobbik met peu à peu en place une gendarmerie,  un corps disparu en 1945 qui traîne une sinistre réputation... C'est cette gendarmerie qui mettait les juifs dans les wagons en partance pour les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale ; elle encore qui sévissait lors de la dictature communiste. Mais le plus étonnant de l'affaire reste l'absence de réaction du peuple hongrois. Sandor Szöke explique:

Le populisme du gouvernement se nourrit de l'ignorance de la population, et inversement. La Hongrie n'a pas suffisamment travaillé sur son Histoire, donc celle-ci se répète. De 5 000 à 25 000 militants, tout au plus, s'affichent ouvertement contre ce programme. Le problème principal tient au fait qu'il n'y a pas d'opposition, pas d'alternative politique valable. Le Parti socialiste hongrois, le MSZDP, est vieillissant. Ses membres ne proposent plus rien, ils s'entredéchirent dans des luttes internes. De l'autre côté de l'échiquier, on trouve le Jobbik, crypto-fasciste et antiparlementaire... Enfin,la presse est muselé par les lois récentes instituant une pseudo-déontologie que doivent respecter les médias sous peine d'être sanctionnés financièrement."

Sources  : http://fr.myeurop.info/2011/09/26/le-travail-obligatoire-...

 

Lundi 19 septembre, le dossier du 20h de France 2 était  consacré aux travaux d'intérêt général des chômeurs -

 

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Commentaires

Cela sent le fameux STO plein nez!Parcontre il est étonnant qu'il ne soit jamais fait mention depuis la fin de la guerre des gosses Polonais qui furent placés dans notre pays,dont l'église catholique avait la charge puisque c'est elle qui les plaçait et octroyait même de l'argent aux familles les ayant recueillis comme valets.Eux aussi ont droit à une part de ce souvenir tout comme pour les Femmes RROMS qui furent jetées vivantes aux mains nazies afin de tester des pratiques qui encore de nos jours se révèlent actuelles.On ne peut parler de ces camps sans re-pernser au passé.Le monde est bien mal en point.Et que fait L'UE?rien comne d'habitude attendant sans doute que la Suisse prenne position c'est à se demander si l'UE a force de faire d'immenses bêtises pour rester polie a peur désormais d'entreprendre quoique ce soit.Des enfants Suisses ont payé le prix fort suite aux deux conflits 14-18 et 39 -45,tant qu'ils pourront témoigner ils le feront car alors porte-paroles de ceux qui sont morts sans avoir osé parler et pour ceux qui se sont suicidés!
Se battre pour de l'énergie atomique quant on voit ce que les plus jeunes d'aujourd'hui devront porter sur leurs épaules de demain,moralement parlant ,on a vraiment du temps à perdre
Pauvre Monde ,pauvres Humains

Écrit par : tiendonc | 02/10/2011

"La Commission européenne a déclaré le 20 septembre ignorer l'existence de tels travaux." Pourquoi ?
"Sauf qu'il est parfois de sinistres références qui devraient, on l'espére, obliger Bruxelles à taper du poing sur la table..." Oui, quand ???
En vous remerciant vivement pour la rédaction de ce billet.

Écrit par : Myriam Hagen | 02/10/2011

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