20/09/2011

HISTOIRE DU PEUPLE RROM EN COLOMBIE -Chronique d'une violence sur un peuple invisible (1)

 

Butsule.jpgLa fin de kumpania de Itagüí

Le vieux Frinka (65 ans) était un homme respectable et non seulement dans la kumpania de Itagüí où il vivait mais aussi auprès d'autres kumpniyi du pays. Ses 65 ans lui donnaient l'expérience suffisante pour contribuer à résoudre les conflits et controverses qui se présentaient au sein de  son peuple.

En 1986, en un jour et un mois qui ne peuvent pas être précisés par la mémoire, pris  au dépourvu Frinka traversait une rue près du quartier Santa Maria en Itagüí , il fut poignardé  mortellement sur le dos, causant sa mort de manière instantanée. Le coup de couteau lui avait été donné avec tant de force et précision qui lui atteint  le cœur , « Avant de s'effondrer et de tomber au sol, il était déjà mort » , dit son fils Fardy.

Fardy signale en plus que son chef de clan familier avait été à plusieurs reprises menacé pour qu'il cesse d'investiguer auprès des autorités sur l'état et l'évolution des recherches . Certains Rroms pensent que les menaces que la famille pointent derrière cet assassinat se trouvaient des gens de grand pouvoir, liés à des organisations mafieuses.

Les menaces ont eu  leur effet, puisque la famille garda le silence, ne recommença plus à aller auprès des autorités et  le crime de cet honorable Rrom resta impuni.

L'étrange mort de Frinka a marqué le commencement de la fin de la kumpania d'Itagüí, laquelle après plusieurs décennies d'existence et en sa plus grande splendeur, fini pour se dissoudre du à ce que les chefs de clan des familles devant l'augmentation démesurée de la violence déclenché par le Cartel de Medellín dans sa guerre déclarée contre l'État, craingnant  pour leurs vies, se sont vus forcés de se déplacer vers d'autres villes du pays et vers l'étranger , principalement l'Argentine, le Venezuela et le Mexique. Ce déplacement de chefs de clan des familles Rrom qui composaient cette kumpania est passé totalement inaperçu et personne n'a trouvé étrange que les voyageurs Rrom finirent par s'en aller du lieu.

 

GitanosCaldereros.jpgJulupe, le doublement survivant

 

C'était pendant l'an 2008, Julupe ( 38 ans), voisin de la kumpania de Ciénega d'or ( Córdoba) qui au moment où il était en train de se reposer dans une modeste habitation de Pueblo Nuevo ( Córdoba) fut violement agressé par trois hommes inconnus qui entrèrent à l'intérieur de la maison et qui sans dire un mot se jetèrent sur lui, lui donnant une monumentale raclée, le laissant à terre, puis les agresseurs  le croyant mort, abandonnèrent  le lieu comme si de rien n'était.

Julupe se trouvait en Pueblo Nuevo en tant que part d'un groupe qui une semaine auparavant  avait entrepris dans toute la région ce qu'ils savaient mieux faire : faire du commerce avec des montures, chaises et outils. Ses familiers racontent que ça allait tellement bien ce voyage d'affaires , que  en peu de temps il avait réussi à acheter trois petits (luminaires ? lampes ?) et une motocyclette qu'il utilisait dans ses déplacements.

Un témoignage déclare que Julupe avait été signalé auprès  des groupes armés illégaux crées suite à la démobilisation des Autodéfenses Unies de Colombie (AUC) lesquels agissent en larges zones de Córdoba comme faisant part des toiles logistiques des rebelles et que pour cette raison l'ordre d'assassinat avait été émis.

De nos jours Julupe vit encore en Ciénega de Oro mais les séquelles de l'agression auxquelles il  avait survécu par miracle, l'ont laissé incapable pour le reste de sa vie de travailler : il a des difficultés à bouger et un poumon affecté lui déclenche des permanents problèmes respiratoires.

Même au coeur des grandes difficultés économiques que sa famille traverse, malgré que les toiles de réciprocité et aide mutuelle de sa kumpania se soient mobilisés en sa faveur, Julupe, qui survit maintenant à  la vie même, avec entêtement insiste et rêve malgré  que son cas restera couvert pour toujours pas l'ombre de l'impunité.

PORTRAIT 1

 

Traits de l'histoire d'un "peuple sans histoire "

 

En accord avec le Procès Organisationnel  du Peuple Rrom (Gitan) de Colombie (PRORROM), un préliminaire parcours à travers l'histoire des Rrom, on doit prendre en considération huit moments clefs.

En un premier moment (1492 et 1570), la couronne espagnole pas seulement a permis l'entrée des Rrom à ses colonies américaines mais elle a songé au fait que la solution au  « Problème Rrom » dans la péninsule Ibérique allait passer par leur massive déportation vers les terres « à peines découvertes »

En un deuxième moment qui  s'est caractérisé par le fait que  l'immigration Rrom ver les Amériques a eu lieu de manière illégalle et clandestine (1570) à partir de l'ordre donné par Felipe II interdisant l'entrée des Rroms aux colonies d'outre-mer et exigeant  leur capture et déportation massive vers les  métropoles de tous ceux qu'allaient être trouvées sur ces terres .

Les Rrom alors, passèrent entre les mailles d'extrêmes contrôles coloniaux en se convertissant en un des principales groupes de populations qui furent connus come les « sous la pluie » terme utilisé à l'époque pour se référer aux passagers clandestins et aux émigrants irréguliers qui arrivaient en Amérique.

Un troisième moment de la présence Rrom apparait associé à l'allusion  réitérée dans les documents coloniaux des normes dirigées à mettre en règle ceux qu'on appelle les « vagabonds » lesquels avec leur façon de vivre nomade, libre et sans attachement pour la terre, défiaient systématiquement l'ordre colonial. Étant donné les efforts de la couronne espagnole pour assimiler les  Rroms à un modèle standard de soumis obéissant , la couronne arriva même à interdire l'utilisation du ethnonyme Gitano et autres similaires, on peut ainsi affirmer que sous le terme « vagabundos » se cachaient parmi d'autres groupes d'habitants les Rroms.

 

En un quatrième moment il faut tenir en compte que dans le commun dénominateur de certaines régions de ce qu'aujourd'hui est la Colombie , il y a eu l'existence d'une variété de « rebelles » , c'est à dire de groupes proches de gens qui vivaient en marge de l'ordre établi et que avec les  des années passées avaient réussi à configurer des petites sociétés alternatives au système de dénomination en vigueur  à cet époque. Entre les « rebelles » il y avait beaucoup de clans familiaux Rrom.

 

Le cinquième moment, autour de la moitié du siècle XIX, situe la période dans laquelle la propre histoire oral documente les clans de familles Rrom arrivés d'Espagne plus précisément de Catalogne et France qui arrivèrent en Colombie. Les témoignages des vieux Rroms confirment que dans le contexte des guerres d'Indépendance il était fréquent de voir des caravanes de groupes Rrom qui avaient des itinéraires établis le long des différents pays de l'Amérique du Sud.

Un sixième moment clé se suit approximativement entre 1821 et 1851, période pendant laquelle en Colombie et autres pays de la région décrétèrent d' importantes lois orientées pour l' abolition de l'esclavage, lesquelles  faisaient allusion de  préférence à celles que subissaient les descendants d'africains, pouvaient s'étendre aussi à celles qui supportaient d'autres peuples en d'autres lieux de la planète qui pouvaient entrer dans le pays.

Sans aucun doute cette situation a encouragé l'arrivée de nombreux groupes familiaux de Rroms, provenant surtout de Roumanie, lesquels entraient au pays en fuyant l'esclavage et parce que récemment ils avaient été libérés et ils arrivaient là à la recherche de nouveaux horizons

Le Septième moment peut se situer entre 1880 et 1950 quand les successifs gouvernements de Colombie adoptaient différentes dispositions légales pour  en même temps chercher de promouvoir l'immigration et la création de colonies d'européens dans le pays, tout en  interdisant l'entrée de peuples déterminés et groupes de population considérés comme indésirables.

Aux Rroms a été prohibée l'entrée au pays, indépendamment de la nationalité qu'ils avaient. Pourtant, malgré ces prohibitions et comme ils l'avaient déjà fait en d'autres époques, plusieurs groupes familiaux Rrom arrivèrent au pays, certains avec la volonté de s'établir et d'autres uniquement avec l'intention de continuer leur itinérance vers d' autres pays moins racistes et beaucoup plus tolérants.

Un huitième moment a lieu dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale quand certains petits groupes familiaux Rrom provenant principalement de Grèce, Russie et Serbie, arrivèrent au pays pour se sauver du O Porraimos littéralement « la dévoration », cet-à-dire, le génocide du peuple Rrom perpétué par les nazis en Europe. Cette date a été la dernière vague transatlantique de clans familiaux Rrom qui est arrivée au pays.

 

* Reporters de Colombie est une initiative de moyens pour la Paix, la Papale Université Javeriana et le Cinep-Programme pour la Paix. qui réunit journalistes de différentes régions du pays engagés à  couvrir de manière responsable  le conflit armé et les efforts de construction de la paix en Colombie.  www.reporterosdecolombia.net

 

**Les noms on été changés à la  demande des interviewés .

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Merci à Luzia pour l'aide à cette longue  traduction

 

 

SOURCE :

http://www.revistanumero.com/index.php?option=com_content&view=article&id=725

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18/09/2011

HISTOIRE DU PEUPLE RROM EN COLOMBIE -Chronique d'une violence sur un peuple invisible

 

COPIA1.jpg"Nous, les Rroms n'avons qu'une seule  religion : La liberté

Pour elle, nous renonçons à la richesse, au pouvoir, à la science et à la gloire.

Nous vivons chaque jour comme s'il était le dernier ."

Loin d'être étrangers ou récemment arrivés, les Rroms (Gitans) habitent dans ce pays  appelé aujourd'hui  Colombie, depuis l'époque de la domination hispanique de nombreux  siècles avant l'établissement de l'actuelle République. Originaires du nord de l'Inde, vers l'année mille de notre ère, les Rroms représentèrent la plus grande diaspora de nos jours qui n'en finit plus et que les a disséminés par les cinq continents.

L'arrivée  des Rroms vers l'Amérique s'est simultanément réalisée  avec l'invasion de ce continent par les Européens. On a pu  établir  que Christophe Colomb dans son troisième voyage en Amérique (1498) a inclus dans  son équipage quatre Rroms - identifiés à l'époque comme Egyptiens. Ils fuyaient la condamnation à mort ou la prison à vie en Espagne en acceptant le travail forcé dans les galères en route vers ce qu'on croyait être les  Indes en réalité l'Amérique.

De cette  époque à aujourd'hui le peuple Rrom dérange. Un peuple qui s'est trouvé confronté violemment au conflit armé interne de la Colombie. Des reporters de la Colombie, dans un partenariat avec la "Revista Numero", a voulu contribuer à la mémoire collective nationale, le vécu d'un peuple, souvent invisible aux yeux des Colombiens, mais qui a subi les effets du conflit armé comme des  millions d'entre eux.

 

Une mémoire et une résistance

Le peuple Rrom construit sa mémoire à partir des événements qui revêtent une signification pour son groupe propre. Dans des cas exceptionnels, il se remémore un fait historique d'un pays pour autant qu'il ait une répercussion sur sa propre histoire et qui permet de retracer une période de sa vie constitutif de son monde culturel et familier.

Par exemple un Rrom relate le fait qui serait arrivé il y a dix ans en se souvenant de la noce son fils mineur, alors qu'un autre Rrom pour se rapporter aux événements similaires pourrait prendre comme référence la réalisation d'une Kriss Romani (tribunal propre aux Rroms) à travers lequel a été jugé le cas d'un parent impliqué.

Chaque groupe familial Rrom tisse sa propre  histoire en faisant appel presque exclusivement aux référence qu'il a construites au cours de sa vie culturelle et familial , et en accordant aux mêmes événements des interprétations différentes selon un événement familial, tel que tel père a marié son fils et tel  grand-père qui a participé à une Kriss.

La mémoire des Rrom est sélective et malléable, dirigée pour le temps présent de façon fonctionnelle, ce temps présent dans lequel ils vivent et rêvent. Comme tout peuple nomade qui se  concentre que sur ce qui est réellement indispensable dans l'instant présent. Ils ne se surchargent pas de façon additionnelle pour être bien là ici et maintenant.

Aussi ce qu'il advient du  souvenirs qui permettent de  donner une forme et un contenu à sa mémoire, les Rroms ne peuvent pas s'offrir le luxe de s'attacher aux morts dans un lieu sédentarisé. Après avoir accompli les rituels que la tradition ordonne d'accompagner ses défunts de vie à trépas, les Rrom laissent définitivement derrière eux les morts pour éviter de créer un pont entre le monde des morts et des vivants et créer ainsi un déséquilibre dans le monde culturel des Rroms.

Face à ses morts, les Rros déploient un sentiment ambivalent qui va de  la crainte ouverte qui les envahit devant l'éventualité que ces esprits décident de revenir pour dévoiler un déshonneur passé ou présent, jusqu'au respect profond que l'on garde pour  les êtres intimes de la famille.

Sur la relation que les Rroms établissent avec leurs morts émerge deux questions. La première est que en pratique, les cimetières sont convertis en lieux tabou, et la deuxième, est qu'il n'y a pas  pire offense pour un clan familial  Rrom que ses morts soient dérangés par la colère d'un membre vivant d'un autre clan. Ils évitent ainsi de déranger la mémoire des morts et empêcher que leur présence vienne interférer dans le cours normal de la vie culturelle, sociale et économique.

A cette particularité du rapport aux morts, d'autres craintes sont enracinées, celles que les Rrom ont  pour  les institutions de la société majoritaire et surtout par la manière qu'on les Gadge (non rroms) de résoudre les conflits et controverses, des  scène d'hostilité de l'époque suffisent à inciter les Rroms à évoquer des faits violents dont ils ont été  victimes dans le contexte du conflit armé interne colombien.

Tableau désolant. Nous avons affaire à un groupe collectif qui ne veut pas surcharger sa mémoire avec des souvenirs douloureux, et qui ne lui plaît pas d'éveiller et moins d'en parler à propos de ses morts et qui sentent  que les gadge fouillent toujours dans  les vies de façon qu'on ne saurait décrire.

Malgré cela , à travers  PRORROM, le Processus Organisationnel du peuple Rrom, s'est établi un contact avec quelques membres de la communauté Rrom qui craignent de diffuser des fragments d'histoire  vécues de très de près ou relayées par  d'autres Rrom de cas de victimes du conflit armé.

 

Un peuple nomade subissant les assignations à résidence

mama_de_Lupe2.jpgEstebo, Carmenza et Yenni **, les trois Rroms qui ont offert leurs témoignages afin que ces fragments d'histoires de violence ne se perdent pas avec le passage inexorable du temps, constatent d'une même voix que le peuple Rrom est sorti de l'invisibilité coutumière dans laquelle il était plongé par un fait des plus paradoxal : c'est « grâce » au conflit armé interne qu'ils se sont rendu visibles, et c'est de cette même façon que les acteurs armés - légaux et illégaux - avec le gouffre de violence politique qu'ils ont déclenché, ont fini par affecter à ce conflit une telle importance qu'il n'y a jamais eu d'antécédents pareil dans l'histoire du pays.

C'est ainsi qu'un peuple traversa sans encombres toutes les multiples guerres civiles bipartisanes qui annoncèrent l'arrivée du XXe siècle.  Transcendant sans difficultés les actions armées de « Chulavitas » et de « Pajaros » perpétrées pendant l'époque nommée « Violence » des années cinquante, celui-ci supporta sans grands problèmes l'émergence et la consolidation de différentes organisations de guérilla. Le peuple trouva également le moyen d'esquiver les conséquences des guerres du narcotrafique du milieu des années 80, sans échapper pour autant au scénario de terreur générale provoqué durant des décennies par le phénomène des paramilitaires dont le pays n'a toujours pas réussi à se débarrasser.

Dans une communication envoyée le 25 juin 2006 de la « kumpania » de Bogota  à monsieur Walter Kalin, rapporteur  spécial des Nations Unies pour le Déplacement Interne, qui se trouve  dans des missions en Colombie,  Ana Dalila Goméz Baos, Coordinatrice  Generale de PRORROM, a écrit ceci : «  à la suite du conflit armé, on configure des territoires du pays où les Rroms exerçaient leurs activités économiques traditionnelles, lesquels par peur - soit dérivées de facteurs objectifs ou subjectifs - ne se font plus ou du moins pas avec la même fréquence et la même intensité qu'auparavant. Cette situation a été assumée par certaines kympeniyi (groupes familiaux différents faisant alliance pour vivre ensemble et partager les rituels de deuil) comme une sorte de confinement, qui, en empêchant la mobilité, a affecté leurs activités économiques, actuellement à des niveaux de précarisation jusque là jamais vu. Paradoxalement, alors que le nombre de personnes déplacées dans le pays a grandi ostensiblement depuis quelques temps, les Rroms qui, part leur nature se déplacent d'un lieu à l'autre, n'ont pu le faire comme autrefois. »

Estebo, loquace par excellence, a les mots précis pour décrire avec éclat la réalité que son peuple vit. Face à la question qui fut pour les Rroms la conséquence directe du conflit armé interne, il médite un moment et nous livre cette affirmation simple mais accablante : "notre pays s'est rétréci".

(Un grand merci à Julia Chraïti-Martin pour l'aide à la traduction du deuxième paragraphe)

 

PROCHAINEMENT SUITE LE TEMPS DE CONTINUER LA TRADUCTION

El fin de la kumpania de Itagüí

 

SOURCE :

http://www.revistanumero.com/index.php?option=com_content&view=article&id=725

 

 

 

 

 

11:18 | Tags : rrom de colombie | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

14/09/2011

Sommet des maires sur les Rroms - bâtir la confiance mutuelle sur le terrain

image_gallery.jpegCommuniqué de presse du Conseil de l'Europe CG015(2011)

Strasbourg - Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe organisera un Sommet des Maires,  le 22 septembre 2011 à Strasbourg (France) pour traiter de la situation des Rroms et des Gens du voyage, dont le nombre est estimé entre 10 et 12 millions. Ce premier sommet des maires est une réponse à la discrimination croissante à l'encontre des Rroms en Europe et à leur marginalisation économique et sociale. La Déclaration de Strasbourg sur les Rroms, adoptée par la Réunion de haut niveau des Etats membres du Conseil de l'Europe, le 20 octobre 2010, a insisté sur l'importance de l'action locale et régionale pour améliorer leur situation.

Les débats porteront essentiellement sur les relations entre les collectivités locales et régionales et les communautés rroms, l'objectif étant d'apporter des solutions concrètes et novatrices aux problèmes rencontrés. A long terme, il s'agit de créer un réseau paneuropéen, qui fournira une information sur le nombre croissant d'initiatives locales et régionales et servira de cadre de coopération pour les différents acteurs de terrain.

Le Sommet des Maires sur les Roms, sur le thème « Bâtir la confiance mutuelle sur le terrain », est organisé en coopération avec le Représentant spécial du Secrétaire Général du Conseil de l'Europe pour les questions relatives aux Rroms, Jeroen Schokkenbroek, et en partenariat avec la Ville de Strasbourg et le réseau de villes du Club de Strasbourg. Il réunira des représentants des communes, régions et réseaux traitant activement de la situation des Rroms ou qui souhaitent s'y intéresser plus activement, des organisations et des élus rroms, ainsi que d'autres institutions concernées par ce sujet.

Le Sommet sera ouvert dans l'hémicycle du Palais de l'Europe par le Secrétaire Général du Conseil de l'Europe Thorbjørn Jagland, le Président du Congrès Keith Whitmore, le Président de l'Assemblée parlementaire Mevlüt Çavusoglu, un représentant du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe et le maire de Strasbourg et Président du Club de Strasbourg Roland Ries.

Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Thomas Hammarberg et le Représentant Spécial pour les questions relatives aux Rroms dirigeront la séance plénière sur les obstacles à l'inclusion des Rroms, séance qui sera suivie par des ateliers sur l'intégration par l'éducation, la lutte contre les préjugés, la gestion de la diversité culturelle et l'égalité d'accès au logement, à la santé et à l'emploi où les participants pouront échanger leurs expériences et exemples de bonnes pratiques.

Le Sommet se conclura par des débats sur la volonté des collectivités locales et régionales de s'engager dans une action en faveur des Rroms et sur le financement des activités d'intégration. Parmi les personnalités invitées à s'adresser aux participants figurent notamment les commissaires européens László Andor et Viviane Reding, le président du Forum européen des Rroms et Gens du Voyage Rudko Kawczynski et le vice-président de l'Union internationale rrom Nicolae Gheorghe, les députées européennes Lívia Járóka et Hélène Flautre, ainsi que des représentants de la Banque de développement du Conseil de l'Europe et de l'Open Society Found.

 

Les thèmes abordés par le « Sommet des maires sur les Rroms-Bâtir la confiance mutuelle sur le terrain » :


- Les actions institutionnelles en faveur de l'inclusion des Roms
- Inclusion des Roms : quels obstacles ?
- L'égalité du droit à l'éducation
- Lutter contre les préjugés, gérer la diversité
- Egalité de traitement dans l'accès au logement, aux soins médicaux et à l'emploi
- Un engagement local et régional pour le futur
- Financement des activités pour l'inclusion des Roms

 

Et si Genève y participait pour trouver ensemble des solutions concrètes et novatrices ? Je viens de recevoir la réponse, un délégué pour Genève partira à Strasbourg. Bravo !

 

 

 

 

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03/09/2011

UN TRAMWAY NOMMÉ DÉRIVE

lesconvoisdec83f-3bed6.jpgMercredi dernier à 6h30 , un camp rrom a été évacué puis dirigé vers  une rame de la RATP afin d'évacuer des rroms illégalement installés en Seine Saint-Denis. Une manière de réguler le trafic, justifie très embarrassée la direction. Les forces de l'ordre auraient ensuite escorté la centaine de personnes évacuées jusqu'à la gare RER de Noisy-le-Sec.  On dénombrait autant de CRS et de policiers  que de rroms, 9 cars de CRS les suivront sur tout le trajet.  C'est bien sous contrainte que les Rroms ont effectué ces  3 heures de convoyage, séparant les familles qui se sont perdues ainsi, des enfants traumatisés et séparés de leurs parents qui  ne pouvaient monter que par groupe de 10 dans le tramway.

L'idée émana d'un cadre RATP en mal de promotion qui proposa la solution du  "convoi" estimant qu'elle permettait de ne pas engendrer de retard. Des employés de la compagnie ont été choqués par cette scène et qui rappelle que la gare de Bobigny a déjà été le théâtre de déportations durant la seconde guerre mondiale. La CGT a dénoncé ces "méthodes scandaleuses et inhumaines" invitant ses membres à refuser toute collaboration avec ce type de pratiques et qu'ils ne deviennent" pas les supplétifs des  sales besognes" . D'autres voix en colère  rappellent que la RATP n'a pas à faire le travail de la police.  Une triste affaire qui rappelle les plus sombres heures de l'histoire et qui prouve une fois de plus que le danger est toujours là , les monstres d'hier ont leurs héritiers assurément.

Ces scènes ont été assimilées aux trains transitant par Drancy vers les camps de la mort, la rafle du Vel d'Hiv, le triste rôle de la SNCF dans le convoyage des déportés  "Amalgames scandaleux" dénoncés par le Ministre de l'Intérieur Claude Guéant pour qui la déportation  dérangeait moins que l'amalgame. . Le vrai scandale réside surtout dans la multiplication des scènes qui permettent la comparaison peut-on répondre à cette géhenne de Guéant, réputé pour ses discours proches FN, ce sacré  vieux cheval qui murmure à l'oreille de Sarko des inepties. Et que ne ferait-on pas et que n'accepterait-on pas au nom de la politique sécuritaire ?

Fortes dénonciations de tous les organismes engagés contre le racisme.

"Cette traque inhumaine menée par l'Etat contre les plus précaires est inacceptable", écrit la LDH dans un communiqué.

SOS Racisme a dénoncé "les dérives anti-républicaines à répétition des plus hauts responsables de l'Etat et exige qu'une enquête soit menée sur les conditions de cette odieuse opération aux relents xénophobes".

Le MRAP a déploré que "la RATP renoue avec ces périodes honteuses où des agents de services publics, avec excès de zéle, se mettaient au service de l'ignoble" lors d'un épisode qui "illustre la dérive xénophobe et raciste qui gangrène la société".

 

Je m'indigne, tu t'indignes, il/elle  s'indigne, nous nous indignons, vous vous indignez, ils/elles s'indignent.

 

L'heure est à l'indignation !

Photo Agoravox . Une parodie du film "Les convois de la honte" signé Nicolas Sarkozy

 

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Concernant l'utilisation d'un tramway de la RATP pour expulser des Roms, la présidente du FN a estimé qu'il s'agissait là "d'une polémique stérile". "Parce que ce serait mieux en camion ?", a-t-elle ironisé, déplorant qu'on ne s'attache qu'à la forme et pas au fond des problèmes d'immigration en France.

Source facebook La Voix des Rroms

 

10:39 | Tags : ratp, claude guéant, rroms, crs | Lien permanent | Commentaires (16) | |  Facebook | | | |