16/12/2010

LE PEN ET LA PENETTE - I NUOVI MOSTRI

 

Medium_marine-le-pen.jpg- Dis, Papa, et si on faisait des voix sur le dos des Musulmans

- C'est bien ma fille, j'en ai fait sur le dos des Juifs, ça rapporte gros aussi,  en France. Si on les additionne, ceux qui détestent les Juifs et ceux qui détestent les Musulmans, on aura toute la France à nos pieds couchée par terre à entraver la circulation:  c'est notre fonds de commerce.

- Et les Rroms, t'en penses quoi  ?

- Laisse tomber ! Sarkon s'en occupe déjà, ça ramène rien  à part des problèmes ! Ma fille, je suis fière de toi, tu ressembles bien à ton Papounet chéri !  Dans Paris-Match t'as fait fort. Gentille Maman, joli caniche, jolie petite chatte abandonnée et recueillie par tes bons soins en Espagne, ça fait pleurer les gens d'émotion, des photos comme ça.

- Papa ! Ces journalistes ce sont des sacrés salauds, y en a un qui m'a traitée de "gentille petite chèvre" ou la "fille du Diable"

- Ben ! Qui c'est le Diable ?

- Ben,  toi !

- Des cons ces scribouillards !  Mais je peux bien être fier de toi, on sait bien que des chiens ne donnent pas des chats, t'es une sacrée chienne comme ton chien de père ! On peut être fiers tous les deux d'avoir offert cette sacrée portée de molosses à la France, aux mâchoires tenaces, et quand on tient le morceau on ne le lâche plus ! Allez ma fille, viens que j't'embrasse, continue comme ça sur les traces de ton père !

- Et après les musulmans, je fais quoi ?

- T'inquiètes mon chou !  y a les homos, les handicapés, les Africains,  y a assez pour voir venir, on a du pain sur la planche toi et moi  avec tous ces gens qui occupent la France !

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Chantons en choeur  : Vive la France libérée !

 

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15/12/2010

DESSINE-MOI L'EUROPE FASCISTE DE 2010 - "Le racisme de l'extrême-droite révèle son manque de "modernité"

skinhead.jpg  "A celles et à ceux qui seraient tentés par ce chemin, il faut rappeler avec force et insistance qu'au bout de ce chemin-là, il n'y a que des drames. Qu'ils s'épargnent donc ce qui pourrait devenir la plus désagréable et la plus tenace de leurs expériences : le réveil hébété et honteux de ceux qui, après avoir failli, n'ont plus que leurs remords pour seul viatique."

Maurice Bardèche, le premier propagateur français, avec Paul Rassinier,  du négationnisme de la Shoah, aimait se référer à la Révolution française afin de convoquer au service de son abjecte théorie une page glorieuse de notre histoire.

C'est la même mécanique que Marine Le Pen vient d'employer en associant à l'"Occupation" la présence des musulmans dans notre pays. Se référant à la laïcité et en appelant à la République, Marine Le Pen opère un renversement de la pensée qui serait comique s'il n'avait pour but de camoufler, sous la "Résistance" à laquelle elle convie implicitement, une pensée raciste et liberticide.

La ficelle paraît un peu grosse, venant d'une des figures majeures du Front national dont le président, Jean-Marie Le Pen, qualifiait en 2005 l'Occupation nazie que subit la France de "pas si inhumaine que cela". Le même Jean-Marie Le Pen qui - sans même remonter à ses multiples condamnations pour apologie de crimes de guerre, apologie de crimes contre l'humanité, racisme, antisémitisme et négationnisme, pas plus qu'à l'éloge funèbre qu'il fit de Maurice Bardèche - riait au premier rang du spectacle de Dieudonné lorsque ce dernier offrit au négationniste Robert Faurisson un écrin scabreux au Zénithe de Paris.

Désormais lestée de cette sortie au racisme patent, l'extrême droite "respectable" dont Marine Le Pen était censée incarner la naissance vient de se fracasser sur l'autel des ressorts politiques profonds de cette partie de l'échiquier politique. Tout comme elle se fracassa lorsque, en Italie, le magistère institutionnel et la tribune publique qu'offrit Silivio Berlusconi à la Ligue du Nord créèrent dans la Péninsule une ambiance de pogroms et permirent que fussent avancés au niveau gouvernemental des projets - tels que le tatouage des Roms - que l'on croyait ensevelis sous les décombres du mussolinisme. Et l'ambiance créa, comme souvent lorsqu'elle s'abat avec une durée suffisante sur un territoire, des passages à l'acte, en l'espèce des crimes racistes.

En Italie comme en France, l'extrême droite porte en elle le crime. C'est de cette famille politique dont Marine Le Pen brigue le leadership. Il est utile de rappeler cette triviale réalité, tant elle se trouve brouillée concernant cette femme dont les journalistes et les adversaires encensent et redoutent la modernité. Moderne, Marine Le Pen ? Sans doute au regard d'un père ringardisé autant par son âge que par des références datées. Mais, pour celle qui ne renie rien de l'héritage paternel, la logique reste la même : trouver l'ennemi intérieur qu'il faudra expulser ou exterminer pour sauver la patrie en danger. Italiens, Polonais, Juifs, Portugais, Espagnols, Africains, Maghrébins... Tous ont eu à connaître les diatribes d'une extrême droite qui leur promettait la vindicte publique.

Et là où Marine Le Pen manque encore un peu plus de "modernité", c'est qu'elle n'est finalement pas si éloignée que cela des haines recuites et des hantises mal camouflées de son père. Il n'y a, dans la sortie de Marine Le Pen, aucune volonté de défendre une laïcité que les composantes catholiques intégristes du Front national vomissent et qui ne s'accommode en aucun cas d'une stigmatisation des origines qu'elle repousse philosophiquement.

En réalité, la corde sur laquelle joue Marine Le Pen, c'est celle, en une réminiscence de la rupture qu'engendra la guerre d'Algérie, de la crainte de l'inversion du rapport colonial.

Ça n'est pas tant le musulman que Marine Le Pen exècre que l'image de l'ancien colonisé dont les enfants s'affirment progressivement comme des citoyens à part entière dans notre société. Car, à n'en point douter, la sortie de Marine Le Pen ne concerne pas les prières dans la rue qu'elle prétend contester. Cette sortie concerne la présence sur notre territoire de personnes d'origine maghrébine qui revendiquent leur statut de Français là où cette femme politique d'extrême droite ne peut voir que des citoyens accidentels et illégitimes dont il faudrait révéler l'usurpation. D'ailleurs, si ces populations "occupent" la France, n'est-ce pas parce qu'elles sont, aux yeux de Marine Le Pen, composées d'étrangers à bouter hors du sol national ?

BOUC ÉMISSAIRE

L'envoi de ces messages plus ou moins subliminaux par Marine Le Pen n'est pas très dur à démonter. Ce qui l'est plus, par contre, c'est le ressort sur lequel joue Marine Le Pen, et qui renvoie à la fonction et à la stratégie de l'extrême droite : libérer les individus de l'impératif moral sur lequel les civilisations modernes et démocratiques ont fondé leur dynamisme et assuré la paix civile, à savoir la nécessité pour chacun de considérer l'Autre comme son égal.

Et cette libération, dans une approche tout aussi classique pour l'extrême droite, s'opère avec une admirable constance par la désignation d'un bouc émissaire que l'on demandera aux populations déstabilisées par la crise économique et sociale d'haïr, faute, pour elles, d'avoir la certitude suffisante de pouvoir agir sur les causes réelles de leurs malheurs.

Il est en effet plus facile de s'attaquer à son voisin d'origine étrangère qu'aux mécanismes de la finance internationale. Plus facile mais aussi plus minable ! D'où la convocation de la thématique de l'"Occupation" qui permet de faire passer pour du courage ce qui n'est que lâcheté puisque le bouc émissaire, c'est celui qui est suffisamment faible dans la société pour ne pas pouvoir se défendre à armes égales face aux agressions dont il est la cible désignée. En décrétant cette "Occupation" comme une réalité, Marine Le Pen espère s'adjoindre la cohorte des lâches qui sublimeront leur poltronnerie - qu'ils n'acceptent pas comme leur propre reflet - en un acte glorieux de résistance aux Arabes.

A celles et à ceux qui seraient tentés par ce chemin, il faut rappeler avec force et insistance qu'au bout de ce chemin-là, il n'y a que des drames. Qu'ils s'épargnent donc ce qui pourrait devenir la plus désagréable et la plus tenace de leurs expériences : le réveil hébété et honteux de ceux qui, après avoir failli, n'ont plus que leurs remords pour seul viatique.

Dominique Sopo, président de SOS-Racisme

Source

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05/12/2010

ANNEMASSE -MAIS OUVREZ LES SALLES DE TOUTE URGENCE !

sdf-1.jpgAnnemasse : Samedi- 23h15- La température affiche entre -8 et - 10 degrés. Un froid glacial sibérien qui  vous pénètre dans les os et  qui vous glace l'âme.  On emprunte un passage le long de l'immeuble de la Banque Laydernier, proche de l'église St-André, un couloir sombre à travers lequel s'engouffre le vent. Une dizaine de matelas sont parterre à même le sol gelé, une quinzaine de rroms se préparent à dormir dehors.  Ils sont emmitouflés:  gants, bonnets, couvertures, sacs plastique. Ils ne bougent plus pour ne pas laisser entrer l'air dans leur lit de fortune. Parmi eux des enfants, des personnes âgées. Ils passeront assurément la nuit dehors, et les températures ne feront que baisser pour atteindre - 12 - 15 degrés.

Ils arrivent encore à nous saluer tandis que nous passons devant eux. On leur souhaite bonne nuit  avec cette gêne au fond de la voix.   C'est étonnant de voir ce campement improvisé derrière une banque, un contraste entre la devanture élégante de l'entrée de l'immeuble et derrière des pauvres qui se blotissent les uns contre les autres pour affronter la nuit glaciale.

La salle Martin Luther king n'est pas bien loin, cette salle qui porte le nom d'un grand défenseur des droits de l'homme qui rêvait d'un monde équitable et qui s'est battu pour les Droits sociaux.  On se dit que la commune aurait pu l'ouvrir pour accueillir ce groupe  ou le diriger vers d'autres salles.

Il ne reste plus qu'à espérer qu'aucun d'eux ne mourra de froid dans la nuit. Parce que le froid tue et chaque hiver apporte son lot de SDF qui meurent dans ces basses températures .

Mais ouvrez donc les salles !!  Comment peut-on accepter de laisser dormir des gens dans la rue ?  C'est vrai qu'à Noël on adore faire la charité mais pour là-bas, ailleurs, pour tous ceux qu'on ne voit pas et qui soulagent nos consciences tandis que des hommes, des femmes et des enfants dorment dans la rue sous nos yeux au risque de ne jamais plus se réveiller .

 

 

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