08/06/2010

LA CROIX-ROUGE, PAS SI BLANCHE QUE ÇA !

 

croix_rouge_286x284.jpgLa Croix Rouge collecte et récolte

 


Le texte distribué à Paris lors de la collecte organisée par la Croix Rouge sous forme de tract


En Europe la Croix Rouge participe aux charters organisés par l'agence européenne de contrôle aux frontières Frontex. Ces charters ont permis de déporter 1622 personnes en 2009 et il est prévu qu'ils en déportent le double en 2010. La Croix Rouge est présente sur ces vols en tant qu'observateur neutre. Grâce à elle les États européens peuvent dire qu'ils expulsent dignement et avec humanité. Les remarques éventuelles qui pourraient être faites par leur observateur ne peuvent être rendues publiques.

Ainsi, au Luxembourg, où elle participe aux charters d'expulsion. Dans un communiqué de presse publié en 2007, la Croix Rouge reconnaît que «Malgré l'absence d'une convention cadre officielle, la Croix Rouge a accompagné, depuis le mois d'aout 2007, 6 retours forcés vers Pristina, Sarajevo, Skopje, Lagos, Conakry et Abuja, comprenant des adultes célibataires et des familles avec leurs enfants. La Croix Rouge assume son rôle avec la plus grande discrétion et confidentialité sur les expulsions et les conditions rencontrées. Elle rédige par ailleurs après chaque mission un rapport confidentiel à l'intention des autorités compétentes.»

En France la Croix Rouge participe avec la même discrétion à tous les charters d'expulsion mais il n'y a pas que dans les avions qu'elle est aux côtés des flics. En effet, dans toutes les évacuations de campements Roms ou de certains gros squatts elle est présente avec les forces de l'ordre. Son sigle est utilisé comme caution humanitaire et ses véhicules transportent les expulsés pour les éloigner des lieux d'où on les a chassés ou pour les emmener au commissariat. La Croix Rouge est également rémunérée pour travailler dans la zone d'attente de Roissy, une prison où sont enfermés hommes, femmes et enfants à qui l'accès au territoire français est refusé. Aucun témoignage ne peut en sortir, cela fait partie du contrat. Si un employé se risquait à déroger à cette règle il serait poursuivi en justice par la Croix Rouge elle-même, comme Anne de Loisy pour la publication de son livre Bienvenue en France.

En Italie, la Croix Rouge assure la gestion de plusieurs centres d'identification et d'expulsion, c'est-à-dire des prisons où les personnes sans papiers peuvent être enfermées pendant 6 mois en attendant d'être reconnues pour être expulsées. Elle participe également au fichage ethnique des Roms ordonné par le gouvernement italien en allant dans les campements pour relever les empreintes de leurs habitants,

Au Danemark la Croix Rouge gère 7 des 9 centres de rétention présents sur le territoire.

En Espagne, elle accueille les réfugiés qui débarquent pour leur donner à boire puis les livrer aux flics. Elle collabore aux centres d'internement pour étrangers dont celui ouvert par le gouvernement espagnol en Mauritanie pour enfermer les candidats à l'immigration directement sur leur lieu de départ et qui, en référence aux conditions de vie infligées aux prisonniers, est surnommé Guantanamito (le petit Guantanamo).

Toutes ces activités, la Croix Rouge les cautionne. La Croix Rouge revendique les exercer dans la plus parfaite neutralité et en toute impartialité. La neutralité et l'impartialité, cela signifie que même si elle constate des «dysfonctionnements» lors d'une de ces missions d'enfermement ou d'accompagnement d'un charter de déportation, la Croix Rouge n'en fera pas part au public. Au mieux, elle rédigera un rapport aux autorités. En contre-partie de ses missions d'assistance de la police dans les centres de rétention ou les avions, comme tout collaborateur, la Croix Rouge est rémunérée. En plus de cette rémunération, elle se voit aussi distribuer des dons, la plupart de ses dons étant attribués par les gouvernements et la commission européenne. Rappelons-nous le poids de la neutralité de la Croix Rouge durant la 2e Guerre mondiale. L'organisme de charité pouvait exercer un droit de visite dans les camps de concentration. On sait aujourd'hui ce qui s'y est passé : on peut donc s'interroger sur le rôle et l'utilité réelle de la Croix Rouge.

Pour un monde sans frontières
Liberté de circulation et d'installation pour toutes et tous

 

La Croix Rouge
Quand vous entendez parler de la Croix Rouge, sans doute pensez vous à un organisme de charité qui aiderait les plus démunis partout dans le monde. En réalité la Croix Rouge est surtout une société qui prospère sur le dos de la misère humaine et aide les gouvernements quels qu'ils soient à trier, enfermer, déporter toutes celles et ceux qu'ils ont décrétés indésirables.

 

Indymedia Paris, 7 juin 2010.

 

source :

http://juralibertaire.over-blog.com/article-la-croix-roug...

 

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Commentaires

C'est tout le paradoxe des ONG ou des associations d'entraide, parfois elles sont infiltrées et détournées de leur action humanitaire par des personnes à caractère politique ou religieux ou dans ce cas, elles sont confrontées à un dilemme : doivent-elles être présentes lors de renvoi de personnes ou s'abstenir... Quand au dernier commentaire : "Quand vous entendez parler de la Croix Rouge, sans doute pensez vous à un organisme de charité qui aiderait les plus démunis partout dans le monde. En réalité la Croix Rouge est surtout une société qui prospère sur le dos de la misère humaine et aide les gouvernements quels qu'ils soient à trier, enfermer, déporter toutes celles et ceux qu'ils ont décrétés indésirables", il est tout simplement mis sous l'effet de l'émotion et pas du tout véridique presque un tantinet diffamatoire.

Écrit par : demain | 08/06/2010

Parce que les chefs mafieux rooms ne gagnent pas du fric sur le dos de leurs esclaves, que l'on voit à tous les coins de nos rues!

Non selement mandicité mais aussi prostitution!

Je vois à Genève des voitures de luxe avec des plaques roumaines, je serais très intéressé de savoir comment l'argent qui à servit à ces achats a été gagné!

Écrit par : dominiquedegoumois | 08/06/2010

@degoumois- Pourquoi, les mafieux se targuent, eux aussi, de faire de l'humanitaire ?

Écrit par : question | 08/06/2010

en tout cas du con il n'y a que toi qu'on pourrait signaler comme cas humanitaire hein...

Écrit par : luzia | 08/06/2010

Depuis quand humanitaire devrait-il rimer avec absence de lois ? c'est tout le contraire. Il est donc tout à fait logique que la Croix-Rouge intervienne dans les renvois de personnes dont le rapatriement, forcé ou non, a été légalement décidé par l'autorité dans le respect du droit international. Pour certains, l'idéal est la totale libre circulation de tous, partout. Le plus sûr chemin vers le désordre et finalement la violence quand les citoyens en viennent à régler les choses eux-même.

Pour ce qui est de la neutralité, la Croix-Rouge y est tenue dans le cadre des conflits, internes ou internationaux. En situation de paix, elle est, historiquement, un auxiliaire des pouvoirs publics. Il est donc normal qu'elle intervienne pour gérer avec humanités des situations qui le serait encore moins sans son intervention. Ce que l'auteure de l'article initial veut, c'est une Croix-Rouge anti-Etat, anti-lois et anti-règles. Un rève de gauchiste dans le pire sens que peut, parfois, avoir ce mot. L'auteurs ne connaît visiblement rien à la Croix-Rouge, à son rôle, son mandat et son activité.

Écrit par : Rolin Wavre | 09/06/2010

@Wavre : "Auxiliaire des pouvoirs publics", on s'en est bien rendu compte, quand bien même ce pouvoir est fasciste, pas de remise en question. La croix-rouge est une émanation du pouvoir, subventionnée par lui et à ses ordres, sous ses bottes si nécessaire. Elle est la vitrine "bonne conscience du pouvoir" qui l'utilise à souhait. Récemment Berlusconi a fait appel à la croix rouge pour le relevé d'empreintes des enfants Tziganes. Honte à cette institution à qui on ne devrait plus verser un sou !

Écrit par : question | 09/06/2010

@rolin- si la Croix-Rouge est "auxiliaire des pouvoirs publics" donc elle n'est pas neutre. Merci pour cette réponse qui a le mérite d'être très claire.

Écrit par : duda | 09/06/2010

Henri Dunant est venu au secours des blessés de la bataille de Solférino. Mais dans les exemples cités dans le tract -il y aurait eu des arrestations parmi les distributeurs qui devaient troubler l'ordre public - je ne vois pas la même situation.
Encore faut il vérifier les sources, ce qui n'est pas évident. La neutralité de la croix-rouge est nécessaire à sa crédibilité et donne un sens à ses interventions. Ce qui me choque, c'est qu'en France une quête nationale sur la voie publique a lieu en ce moment, et que l'argent "servira aux plus démunis"
qu'en est-il exactement ? c'est à mon avis important d'être exemplaire quand l'on fait appel à la générosité publique.

Écrit par : andrieu | 09/06/2010

La Croix-Rouge intervient également dans les pires geoles du monde... et c'est tout à son honneur d'apporter un peu d'humanité dans ces lieux.

Vouloir en faire un complice parce qu'elle accepte d'apporter de l'aide aux personnes qui ont en besoin au pire moment de leur vie.... c'est déplacé, voire .... ;)

Écrit par : Soe | 15/06/2010

Et la neutralité dans tout ça ?
"Ou on choisit la non collaboration et puis l’opposition active, pratique et déterminée ou on finit dans un guêpier fait de déclarations ronflantes et compromises, de beaux principes et de pratiques collabos, de discours aiguisés et d’équivoques intéressés. Un guêpier dans lequel chaque tension éthique se perd et avec elle aussi le sens même des mots et de notre humanité."

Croix-Rouge : la neutralité choisit toujours son camp

En Italie, le 8 août, est entré en vigueur le «Paquet Sécurité», nouvelle série de lois et mesures sécuritaires. Parmi ces mesures il y a l’augmentation de la durée de rétention des personnes dites sans-papiers : 6 mois d’enfermement contre 2 auparavant. Immédiatement, dans plusieurs CIE (centres d’identification et d’expulsion), les retenus se sont révoltés : émeutes, incendies, organisations de tentatives d’évasions collectives, grèves de la faim et de la soif.


À leur révolte ont fait écho toutes celles et ceux qui à l’extérieur luttent pour la fermeture des CIE et la liberté de circulation et d’installation en général. Ainsi, de nombreux retenus mettant en accusation le rôle des employés de la Croix Rouge dans les centres, plusieurs personnes ont occupé il y a quelques jours le siège de cet organisme à Turin. Des témoignages de personnes enfermées (entre autres un témoignage où un retenu parle du comportement de la Croix Rouge à Ponte Galleria, centre de rétention situé à Rome) ont été lus et distribués aux employés et aux passants.

Suite à cela, la CGIL-Fonction publique de Turin (pour ceux qui ne le sauraient pas la CGIL est la grosse confédération syndicale … de gôche en Italie) a pondu un communiqué condamnant l’occupation. Voici ci-dessous ce court communiqué puis la réaction des camarades qui, en Italie, luttent contre les centres de rétention :

On ne tire pas sur la Croix Rouge

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Être contre la politique raciste et xénophobe du gouvernement ne peut en aucune façon remettre en cause et accuser le travail des salariés de la Croix Rouge, qui, dans des conditions extrêmement difficiles garantissent l’assistance sanitaire aux centaines d’êtres humains reclus, dans des conditions insupportables, dans des centres qui ressemblent toujours plus à des camps de concentration.

Cela vaut la peine de rappeler que les salariés de la Croix Rouge n’appartiennent à aucun corps militaire ou armé. Au contraire, pour la majeure partie, ce sont des travailleurs précaires qui accomplissent leur devoir, luttent pour maintenir l’assistance civile et et publique à toutes les personnes en difficulté. Pour le reste il suffit de rappeler la fonction humanitaire que la Croix Rouge internationale exerce en situation de frontières comme Lampedusa pour comprendre que l’esprit qui anime les salariés de la Croix Rouge n’est certainement pas celui des prisons de Guantanamo.


Suite à cela, un texte de mise au point a été fait, accompagné d’une vidéo à faire circuler sur le rôle de la Croix Rouge dans les centres d’expulsion et d’identification italiens. Les voici :


Les clefs

Quelques faits survenus ces derniers jours nous laissent supposer qu’il y a des choses équivoques sur le rôle exact que jouent à l’intérieur de la «machine à expulser» toute une série d’organisations «humanitaires» ou «d’assistance» qui détiennent la gestion des 13 centres d’identification et d’expulsion qui sont disseminés sur le territoire. Nous parlons de la Croix Rouge bien sûr mais aussi de la Misericordia, des consortiums des coopératives Connecting People et Self pour parler des premiers noms qui nous viennent à l’esprit. À chaque fois que cette question revient sur le tapis, il y a toujours quelqu’un pour dire «Mais pourquoi vous vous attaquez à eux ?», «Si ce n’était pas eux qui soignaient les retenus ?, qui le ferait ?» Avant tout, quand on parle de la Croix Rouge on a presque l’impression que son rôle dans les centres se limite à organiser les gardes à l’infirmerie, à contrôler la date de péremption des médicaments et à veiller au rigoureux respect des «droits humains» dans les cages. Ce n’est pas comme ça.

Gérer un centre ça signifie avoir en adjudication la gestion complète. Ça signifie recevoir de l’argent du ministère et avec eux organiser la vie à l’intérieur — en dehors de la surveillance, confiée aux forces armées et à la police. La Croix Rouge qui gère les centres est responsable de tout et ce qu’elle ne fait pas directement de ses propres mains, elle l’adjuge aux autres, gardant toujours la responsabilité principale. C’est la Croix Rouge qui doit se plaindre auprès de la Camst et de la Sodeho si dans la soupe des retenus il y a des cafards ou si les épinards qui sont servis sont périmés, pas la préfecture. Pareil pour la qualité des draps et de la propreté, c’est la Croix Rouge qui est responsable. La Croix Rouge choisit comment dépenser l’argent des préfectures, comment organiser les services, opère certains choix en autonomie et d’autres en commun accord avec les responsables de la préfecture de police. Dans les centres en fait, la Croix Rouge est tellement affairée qu’elle n’a pas le temps de soigner l’infirmerie qui de fait est réduite à un distributeur automatique de psychotropes et calmants. Voilà en quoi consiste la fameuse «supervision humanitaire».

Expliquons-nous avec une image précise : dans deux des trois centres gérés actuellement par la Croix Rouge en Italie, les salariés ont en main les clefs des cages. Ils les ouvrent les cages, quand il faut, et quand il faut, ils les ferment. À Ponte Galeria à Rome et à via Corelli à Milan, chaque jour et à chaque heure, à séparer un sans-papier de la liberté il y a un salarié de la Croix Rouge avec des clefs dans les mains. Et aussi au centre Brunelleschi à Turin, même si le trousseau de clefs ce sont les policiers qui matériellement le tiennent, le rôle des salraiés de la Croix Rouge dans les CIE est celui de gardiens de prison.

Et même si ce n’était pas vrai que les salariés de la Croix Rouge ferment les yeux sur les passages à tabac ou qu’ils y participent ; si ce n’était pas vrai qu’ils rient quand des retenus désespérés se mutilent et hurlent de douleur ; si également ils n’étaient pas complices des abus sexuels contre les détenues et négligeants face aux problèmes de santé même graves des prisonniers ; si tout cela n’était jamais arrivé, si Hassan n’était pas mort sous leurs yeux indifférents et Salah et Mabruka non plus — même si tout cela n’était jamais arrivé, les salariés de la Croix Rouge travaillant dans les centres restent de toute façon des matons.

L’«impartialité», l’«équidistance» de la Croix Rouge entre l’État et les reclus est entièrement déséquilibrée par la fidélité aux lois de l’État qui enferme. Être équidistant et impartial, si on est logique, cela veut dire évaluer la possibilité de violer les lois, d’ouvrir les cages. Il est évident que ça ne peut être comme ça et et que cette «équidistance», cette «impartialité» ne sont que de vides artifices réthoriques. Quelqu’un affilié à la Croix Rouge qui voudrait donner de la substance à ces qualificatifs doit avoir la prétention que l’institution qu’il sert sorte des centres. Et la même chose vaut pour les salariés de la Misericordia de Modène ou Bologne, des coopérants de la «Connecting People» à Gorizia ou de ceux du consortium Self, de la cooperativa Albatros, de «Malgrado tutto», de Sisifo, de la Blucoop…

Notre discours n’est pas nouveau. Mais il est important de le clarifier vraiment maintenant, surtout envers ceux qui définissent les nouvelles lois sur l’immigration «lois raciales» et «camps de concentration» les CIE. Il ne doit plus y avoir d’excuses ni d’équivoques : si les CIE sont vraiment toujours plus similaires aux camps de concentration, vouloir les gérer est une chose infâme et il faut le dire haut et fort. Face à un camp de concentration, la non collaboration est le minimum et il faut savoir la revendiquer, il faut lutter pour l’élargir et aller au-delà. Et si les nouvelles lois sont vraiment des «lois raciales» les pétitions et les cortèges ne servent à rien si en plus le gouvernement applique ces lois grâce à notre propre travail.


http://juralibertaire.over-blog.com/article-36172474.html

Écrit par : question | 15/06/2010

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