22/01/2010

Lettre ouverte au Conseil d'Etat de la République et Canton de Genève

Genève, le 21 janvier 2010

Monsieur le Président du Conseil d'Etat, Mesdames et Messieurs les Conseillers d'Etat,

La présente fait suite à la publication de votre communiqué de presse d'hier annonçant que le Conseil d'Etat charge la police d'interpeller et d'appréhender les mendiants accompagnés d'enfants ou les mendiants mineurs, de signaler ces cas au Service de Protection des mineurs (SPMi), de conduire les mineurs avec ou sans leurs parents au sein de ce service qui pourrait prononcer une clause péril, c'est-à-dire le retrait immédiat du droit de garde des parents sur l'enfant et le placement de celui-ci.


L'association MESEMROM entend dénoncer vivement ces mesures incisives et injustes prises à l'encontre des Rroms de passage à Genève avec leurs enfants.


Nous nous indignons que le Conseil d'Etat n'ait pas tiré les leçons de l'histoire en marchant dans les pas de Pro Juventute, plus précisément dans ceux de l'Oeuvre des enfants de la grande route qui a sévi de 1926 à 1973.


Est-il besoin de rappeler que sous le couvert d'une motivation sociale, des centaines d'enfants tziganes ont été, à l'époque, arrachés à leur famille et placés dans des familles d'accueil. Les activités de l'Oeuvre des enfants de la grande route ont unanimement été qualifiées par la suite comme étant un génocide culturel.


Nous déplorons aussi que cette décision du Conseil d'Etat ait été prise à la hâte et sans aucune concertation avec les acteurs de la société civile proches de la population visée.


Partant sans doute d'un bon sentiment, elle heurte cependant le sens commun dans la mesure où elle revient à une nouvelle mesure discriminatoire et arbitraire frappant une population vivant, faute d'interventions nationales et internationales efficaces, dans des conditions de précarité et de misère extrêmes.


Nous rappelons  que les Roms mendiant à Genève ne séjournent dans notre ville que pour une durée très limitée. S'ils vivent sans logement et sans emploi, ce n'est certes pas par choix délibéré. L'émigration, assortie de la mendicité, constitue un acte de survie en réponse aux discriminations (dont celle de l'accès au marché du travail) dont sont victimes les Roms, notamment en Roumanie.


C'est dans le contexte des instructions que vous avez données que ce matin, à 6 h 30, des policiers du poste de police de la Servette sont intervenus à l'Armée du Salut et ont emmenés trois enfants âgés de 9, 6 et 3 ans, alors qu'ils dormaient et se trouvaient en sécurité avec leur mère.


Malgré nos interventions tout au long de la journée, nous n'avons pas pu savoir ce qu'il est advenu tant de cette maman que de ses enfants, alors que leur père est au désespoir et que nous ne pouvons répondre à ses questions légitimes.


De manière plus générale et forts d'une vision pragmatique, nous demandons aux autorités genevoises de préciser le but réellement visé - qui ne saurait être un nouveau moyen de tenter de les exclure de notre ville - et d'exposer la suite des mesures qu'elles proposent, celles-ci ne pouvant se résumer à appréhender et à retenir/détenir enfants ou parents.

Si nos autorités souhaitent, avec un certain angélisme, assurer des conditions de vie et une éducation appropriée à ces enfants, il conviendra de leur accorder un droit de séjour à long terme, de même qu'à leurs parents, ce qui présuppose aussi des logements et des possibilités de travail.

Une fois de plus, nous attirons l'attention des autorités sur le fait que des mesures coercitives, voire des sanctions pénales, n'apporteront en aucun cas une solution à une problématique liée à la misère, qui ne peut être résolue qu'avec une collaboration active et positive, sur place, des autorités des pays d'origine des Rroms se trouvant à Genève.

Ce n'est que par des interventions politiques efficaces, voire des appuis financiers, sur place, visant à l'éradication des injustices sociales et des discriminations dans ces pays que les autorités genevoises contribueront à ce que les enfants Rroms puissent, à terme, être scolarisés et qu'ils puissent bénéficier des bienfaits de l'éducation.

Nous formulons enfin le vœu que l'histoire sombre de la Suisse ne se répète pas à l'occasion de cette dernière prise de position qui déploie des effets d'une injustice inacceptable et dont les aspects pratiques et le suivi à long terme nous laissent pantois.

Vous remerciant de l'attention que vous porterez à la présente, nous vous prions de croire, Monsieur le Président du Conseil d'Etat, Mesdames et Messieurs les Conseillers d'Etat, à l'assurance de notre haute considération.

Pour MESEMROM

Doris Leuenberger, Membre du comité
Dina Bazarbachi, Présidente

Source : http://www.mesemrom.org/

 

12:41 Publié dans Solidarité | Tags : mesemrom, genève, mendiants rroms | Lien permanent | Commentaires (20) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Mesdames Leuenberger et Bazarbachi,

Bien que je salue votre engagement au sein de Mesemrom et vos préoccupations pour la communauté Rrom, je ne puis vous appuyer dans votre dénonciation des mesures prises dans ce cas par le Conseil d'Etat.

On ne peut reprocher au Conseil d'Etat de prendre les mesures nécessaires visant à protéger les enfants contraints de mendier dans nos rues, par tous les temps, avec leurs parents.

Vous parlez de "mesures incisives et injustes prises à l'encontre des Rroms de passage à Genève avec leurs enfants".."de passage.." prétendez-vous que ces personnes sont juste en vacances à Genève pour visiter notre belle ville ? Nous ne le savons que trop bien, ces pauvres gens sont les victimes de réseaux organisés et visant des buts "lucratifs". Parlant « lucrativité », ne pourrait-on pas associer la mendicité d'un enfant (et de leurs parents) à une forme de "travail". La loi suisse n’autorise pas le travail des enfants..et encore moins la maltraitance.. !

En l'état, oui la clause péril trouve tout son sens et personne ne saurait accepter que des enfants sont victimes de tels traitements-agissements que j'apparente personnellement à une forme de maltraitance.

Enfin, je ne prétends pas avoir une solution miracle pour remédier à la triste condition de la communauté Rrom, mais tant que nous continuerons à glisser quelques malheureuses piécettes dans les mains de ces pauvres Rroms, les réseaux - leurs bourreaux - continueront à profiter de la misère et de la détresse de cette communauté en toute impunité.

Bien à vous deux Mesdames et bonne chance pour votre combat.

Écrit par : Liberté | 22/01/2010

Vous avez vu le reportage diffusé par temps present sur TSR hier soir ?

Pire que ce tout ce que j'imaginais concernant l'exploitation des enfants dans le mendicité business !

Écrit par : Kultivator | 22/01/2010

L'initiative de cette lettre risque de se retourner contre leurs auteurs, car bien des gens vont se demander à qui elles essayent véritablement de rendre service.

Écrit par : Mère | 22/01/2010

Je regarde sur le net le reportage de la TRS d'hier soir, c'est encore pire que ce que l'on pouvait imaginer!

Si comme moi vous n'avez pas la télévision alors regardez le reportage sur le net, et faites ensuite un commentaire!

Écrit par : dominiquedegoumois | 22/01/2010

Mesdames de MESEROM et autres naïfs de même envergure,
Je n'ai pas attendu "Temps Présent" de hier soir pour me faire une idée précise de cette communauté de voleurs, puisqu'ils se revendiquent eux-mêmes comme tel. Défendre comme vous le faites ces hordes de brigands sans scrupules ne méritent que le rejet de notre société et ce n'est pas des acteurs de la société civiles, Mesdames, Mesieurs, de décider de la sécurité des habitants du canton. Le Conseil d'Etat a pris une sage décision, quand bien même au peu frileuse à mon goût. Et vous, les avocats(es)en mal de popularité de dire si oui ou non le peuple à raison de se protéger. Mais il est aussi vrai que vous gagner beaucoup de pognon pris sur nos impôts en défendant ces voleurs itinérants.

Écrit par : palounet | 22/01/2010

Le bulletin du jour de la police Genevoise est pas mal aussi, mais vous allez me dire qu'ils sont obligé de voler parce que c'est devenu plus difficile de mendier ? Encore que, l'un n'empêche pas l'autre:

Arrestations :
Arrestation de six personnes (une femme, deux hommes et trois adolescents), d'origine
roumaine, nés en 1958 - 1976 (F) - 1976 - 1994 - 1995 - 1997, sans domicile connu, prévenues de
vol (article 139 CPS).
Jeudi 21 janvier, en fin de journée, lors d'une patrouille préventive dans le secteur de la gare de
Cornavin, des inspecteurs de la police judiciaire ont remarqué un groupe composé de sept personnes
de type gitan roumain (trois hommes adultes, une femme et trois adolescents). Ce groupe a entouré un
homme âgé qui montait dans un bus et les inspecteurs les ont très clairement vu fouiller ses poches,
sans réussir à voler quoi que ce soit.
De ce fait, les policiers ont continué leur filature et ont observé le groupe entrer dans deux magasins du
cours de Rive. A leur sortie, depuis le rond-point de Rive, ils ont pris le bus et en sont redescendus à
l'arrêt suivant, soit au Glacis-de-Rive. A la descente du bus, ils se sont rendus à pied à la rue de la
Terrassière où ils sont montés dans un tram pour revenir au rond-point de Rive. A ce endroit, les
inspecteurs ont clairement vu un des enfants donner un porte-monnaie à l'un des hommes. Des
policiers sont alors montés dans le tram emprunté par le groupe et ont demandé si des personnes
avaient été victimes d'un vol. Une dame avec une poussette et un enfant en bas âge à l'intérieur s'est
alors rendu compte que ses deux porte-monnaie avaient disparus.
Dès ce moment, les inspecteurs ont décidé de procéder à l'interpellation de ces sept personnes.
Malheureusement, plusieurs d'entre-elles sont entrées dans un fast-food de Rive pendant que d'autres
faisaient le guet à l'extérieur. Quelques secondes après, tout le monde est sorti précipitamment de cet
établissement. L'interpellation a eu lieu à la rue Robert-Estienne où quatre membres du groupe ont obéi
à nos injonctions tandis que trois autres tentaient de prendre la fuite. Deux ont été stoppé mais un des
adultes a néanmoins réussi à fuir. Personne n'a été blessé lors de notre intervention.
Il sied de préciser que cette bande est composée de la mère des trois enfants, du père (qui a pris la
fuite) et de deux oncles des enfants.
En résumé, selon ses déclarations, la famille est arrivée à Genève il y a 8 jours et elle loge dans des
caravanes à Annemasse. Ses membres se sont rendus à plusieurs reprises en ville de Genève depuis
leur arrivée pour y commettre des larcins et ils ont reconnu avoir volé, dans des magasins, deux jupes
et de deux paires de baskets. Ils admettent également avoir détroussé la femme à la poussette et avoir
dérobé, dans le fast-food, une valise contenant un ordinateur portable. Ils reconnaissent encore avoir
tenté de dérober le portemonnaie d'un vieil homme à la montée d'un bus, sans succès.
Pendant la durée de leur audition, des repas ont été proposés à tous les membres de ce groupe. Seul
un homme a refusé de se nourrir.
Au vu de ce qui précède, l'officier de police de service a fait conduire les trois personnes majeures à la
prison et les trois mineurs à la Clairière, à disposition de juges compétents.

Écrit par : Libertas | 22/01/2010

Chère Madame,

Si je mendie dans la rue avec mes enfants, pensez-vous que la police me laisse en paix (je suis suisse)?

Écrit par : oups | 22/01/2010

La meilleure défense pour les Rroms, c'est le reportage de Temps Présent fait par un cinéaste d'origine roumaine qui dénonce le "business" honteux qui enrichit certains sur le dos des plus faibles notamment sur les enfants qui sans choix deviennent à leur tour des mendiants, voleurs à la tire ou doivent subir des mariages forcés. Mesemrom sous le couvert de défendre les Rroms entretient cette situation sur le terrain. Leur action est contre-productive car l'association prétend que séparer les enfants mendiant de leurs parents est immonde mais préfère les voir mendier contre leur gré et surtout subir la pression néfaste de leur clan.

Écrit par : demain | 22/01/2010

J'ai peine à croire que maître Bazzarbachi ai vu le reportage avant de rédiger sa lettre, là elle est carrément ridicule et c'est très bien!

Écrit par : dominiquedegoumois | 23/01/2010

"L'association MESEMROM entend dénoncer vivement ces mesures incisives et injustes prises à l'encontre des Rroms de passage à Genève avec leurs enfants."

Qu'ils y passent sans s'arrêter. Et tout sera pour le mieux.


"L'émigration, assortie de la mendicité, constitue un acte de survie en réponse aux discriminations (dont celle de l'accès au marché du travail) dont sont victimes les Roms, notamment en Roumanie."

Pourquoi mentez-vous?
Une discrimination qui permet de se faire construire des palaces et de s'acheter des voitures de luxe...

Grâce à vous l'initiative sur l'expulsion des criminels étrangers passera comme une lettre à la poste.

Écrit par : Johann | 23/01/2010

"La loi suisse n’autorise pas le travail des enfants..et encore moins la maltraitance.. !"

Apparemment les signataires n'en non rien à foutre.

La comparaison avec l'affaire Pro Juventute est malodorante.

Écrit par : Johann | 23/01/2010

Et la petite rom de 13 ans dans le reportage qui est venue 40'000 euros par son père, vierge et voleuse professionnelle, vous voyez ça comment Madame Bazarbachi?


Et l'air très désappointé du père qui n'a venu la sienne que 700 euros avant la chute du mur, il n'a plus qu'à en faire d'autres rapidement!

J'aimerais beaucoup entendre nos "poli-tocardes" de gauches sur ce problème, elles qui ont réponse à tout!

Écrit par : dominiquedegoumois | 23/01/2010

Il serait bien plus urgent d'arrêter de protéger ce J-P. G, avocat genevois ayant prostitué des gamins de 14 ans et d'avoir abusé de leurs corps !
Jean-Pierre G. n'a toujours pas fait un seul jour de prison et il a eu des relations sexuelles avec des mineurs, bien que Polanski soit en résidence surveillée avec bracelet électronique après avoir fait de la prison pour une affaire vielle de 32 ans avec une femme qui lui a totalement pardonnée et qui était consentante sans argent !
Voilà comment fonctionne la soi-disant justice helvétique et genevoise, que dire d'autre ! Jean-Pierre est libre comme tous les pédophiles bien introduits !

Écrit par : Corto | 23/01/2010

@ corto

je ne vois pas de qui/quoi vous parlez, mais en quoi ça change le problème excécrable des Roms??
Faut surtout pas toucher un cheveu aux criminels étrangers tant qu'on n'a pas mis tous les (rares) Suisses irreprochables en tôle, c'est ça?

Immigré de longue date, j'ose le dire à qui veut m'entendre: le peuple suisse est d'une exceptionnelle probité (mais que dire des Roms, brigands millénaires?!?)... la preuve par des statistiques officielles de cette semaine: alors que la Suisse connaît un taux de détenus parmi les plus bas, 70% de ceux-ci sont des étrangers ("tu m'étonnes!!!")...

Écrit par : sidymer | 23/01/2010

@ degoumois

"Et la petite rom de 13 ans dans le reportage qui est vendue 40'000 euros par son père, vierge et voleuse professionnelle, vous voyez ça comment Madame Bazarbachi?"


...qui ça? ah, la mère Baizarbakchiche sans doute?!... ;-)

Écrit par : sidymer | 23/01/2010

"avec une femme qui lui a totalement pardonnée et qui était consentante sans argent !"

Corto ment, Corto est un menteur.
Ce n'était pas une femme, elle n'était pas consentante, et elle a été droguée.


"ce J-P. G, avocat genevois ayant prostitué des gamins de 14 ans"
Corto ment, Corto est un menteur.
A 13 ans une adolescente est une femme.
A 14 ans un adolescent est un gamin.

Corto ment, Corto est un menteur.
Il se prend pour le procureur, pour le juge et pour le jury ce qu'il n'est pas.

Écrit par : Johann | 24/01/2010

Mesdames,
Au lieu de vous plaindre de la décision du Conseil d'Etat, je vous proposerais plutôt de trouver des familles d'accueil qui résident à Genève ou ailleurs en SUisse qui seraient d'accord de prendre en charge ces mendiants avec leurs enfants pour qu'il puissent véritablement s'intégrer et apprendre ce que c'est la notion du "travail" et pour les éloigner des milieux qui les exploitent.Dans votre association qui défend ces personnes vous avez certainement des tas de membres qui seraient heureux de pouvoir s'en occuper ! N'est-ce pas ?
Je ne crois malheureusement pas du tout que les mendiants dans les rues de Genève le fassent parce qu'ils sont contraints pour leur propre survie. J'ai vu de mes propres yeux que les "leurs" leur enlève le petit "gain" dans les gobelets et qu'on les dépose souvent en voiture pour leur signifier où ils devaient mendier et/ou où aller voler. DOnc il s'agit tout simplement d'un vrai traffic.
Enlever les enfants à leurs parents est peut-être une première étape pour signfier à ces gens qu'on ne tolère pas l'exploitation des enfants, également celle par leurs propres parents. C'est plutôt cela que vous devriez expliquer à vos clients que vous prétendez défendre. Et l'argent que cela coûte serait peut-être mieux investi dans un centre d'accueil surveillé pour ces personnes qui ont une réelle envie de s'intégrer.

Écrit par : Marion Garcia-Bedetti | 24/01/2010

C'est une farce, une organisation minutieuse où tous les membres du clan prennent part à l'action en général. Dans certains cas (handicaps spectaculaires, enfants), il y a en plus une odieuse exploitation! J'ai le mépris le plus profond et le plus total pour ces gens qui abusent des bons sentiments qui restent parmi nous... mais je n'ai pas bcp plus d'estime pour ceux qui sont stupides au point de continuer à entretenir ce pitoyable cinéma...

Écrit par : sidymer | 24/01/2010

Combien ça gagne de l'heure un avocat d'office et un interprète roumain-français?

C'est un business qui roule ça madame, et qui connaît pas la crise!

De l'argent lui aussi prit directement dans le porte monnaie des citoyens genevois!

Écrit par : dominiquedegoumois | 25/01/2010

pour les retardataires, ne manquez surtout pas la rediffusion du Temps présent sur les filières d'enfants roms cet a-m à 15h20!!!

(peut aussi être vu sur le site tsr.ch > chosir l'émission en haut à droite... )
Faut arrêter de déconner maintenant!...

Écrit par : sidymer | 25/01/2010

Les commentaires sont fermés.