25/09/2009

DESSINE-MOI L'EUROPE FASCISTE DE 2009- A Berlin, des néo-nazis veulent expulser les étrangers

images.jpgLes mouvements d'extrême droite allemands sont dans le collimateur de la justice de leur pays pour incitation à la haine raciale, selon l'hebdomadaire Der Spiegel. La police de Berlin a annoncé avoir perquisitionné les bureaux du parti d'extrême droite NPD, qui à la veille d'élections législatives en Allemagne a adressé aux candidats d'origine étrangères aux législatives de dimanche des lettres racistes les appelant à quitter le pays. Un porte-parole du procureur de Berlin a confirmé qu'une enquête avait été lancée à l'encontre du chef de la branche berlinoise, Jörg Hähnel, pour "incitation à la haine raciale". La branche berlinoise du NPD a reconnu avoir écrit à plusieurs personnalités politiques d'origine turque pour les inciter à "rentrer chez eux".

La lettre, qui ne porte pas mention de l'expéditeur, se présente sous la forme d'un "avis" d'un "Commissariat chargé du retour chez eux des étrangers", une administration totalement fictive, détaillant les mesures prévues pour organiser leur retour.

Le Parti National Démocratique (NPD) aurait envoyé à plusieurs responsables politiques d'origine étrangère de faux «avis de déportation», les invitant à chercher rapidement un travail dans leur pays d'origine avant d'être expulsés. C'est le dernier épisode d'une série de coups d'éclat à l'approche des élections de cette formation néo-nazie.
Les lettres, signées par un "commissariat chargé du retour des étrangers chez eux", une administration totalement fictive, étaient accompagnées des mesures prévues pour organiser leur retour. Ozcan Mutlu, un candidat d'origine turque représentant les verts dans la circonscription largement turque de Kreuzberg, a confirmé avoir reçu une telle lettre. "L'Allemagne est mon pays", a commenté cet homme de 41 ans, de nationalité allemande depuis 1990.

Le NPD, au bord de la faillite, est pratiquement absent de la campagne législative. Il ne compte aucun député au Bundestag, et n'a, d'après les sondages, aucune chance de remporter un siège aux élections de dimanche. Ce parti, le plus ancien de l'extrême droite allemande, est néanmoins représenté dans deux parlements régionaux de l'ex-Allemagne de l'Est et bénéficie à ce titre de fonds publics.

«Les étrangers vont être raccompagnés pas à pas hors d'Allemagne», détaille la missive. Les cadres du NPD ont reconnu avoir envoyé ces documents, et leur chef berlinois Jörg Hähnel est actuellement mis en examen par le procureur général de la capitale. L'organisation d'extrême droite a produit divers documents sous l'entête «Commission pour l'expulsion des étrangers».

Le partit nationaliste semble faire feu de tout bois pour attirer l'attention du public et faire scandale à l'approche des élections fédérales qui doivent débuter le 27 septembre prochain. Les sondages d'opinion ne créditent pas les nationalistes des 5% nécessaires à l'obtention d'un siège à la chambre basse du Bundestag. Le NPD est cependant parvenu a faire réélire de justesse un représentant dans l'Est de Saxe.
Le gouvernement fédéral allemand tente sans succès et depuis des mois de dissoudre ce parti politique en raison de l'inconstitutionnalité de ses accointances nazies. Mais la cour fédérale a rejeté jusqu'à présent toutes les demandes au motif que plusieurs cadres officient dans les services de renseignement, et ne peuvent donc pas être jugés ni témoigner. Selon ces mêmes services de renseignement l'organisation néo-nazie compterait environ 7 000 membres actifs, «promoteurs d'idée xénophobes, racistes et tendant à rendre sympathique le national socialisme et à réécrire l'histoire de l'Allemagne hitlérienne».

Quelque 5,6 millions de personnes issues de l'immigration auront le droit de voter aux élections législatives du 27 septembre, soit près de 9% des inscrits, selon les autorités.

Sources Der Spiegel.com - AFP - http://www.slate.fr/


09:18 | Tags : npd, berlin | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

22/09/2009

Discrimination raciale : la Suisse a encore du pain sur la planche

519098474_small.jpgPublié le 15 septembre, le rapport sur la Suisse de l’ECRI – Commission européenne contre le racisme et l’intolérance - instance indépendante de monitoring du Conseil de l’Europe dans le domaine des droits de l’homme spécialisée dans les questions de lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie, l’antisémitisme et l’intolérances, malgré les progrès accomplis, montre que nous avons encore du chemin à faire.

Selon le rapport certains points demeurent préoccupants.
“ Concernant les dispositions juridiques pour lutter contre le racisme et la discrimination raciale, la norme pénale pour lutter contre le racisme, l’article 261bis du code pénal, a été publiquement remise en cause à plusieurs reprises ces dernières années notamment par des propositions d’abrogation. Bien que, en général, cette disposition fasse l’objet d’une application satisfaisante par les autorités de poursuite et les tribunaux, il reste encore des zones d’ombre et des failles dans son interprétation, ce qui conduit à limiter son efficacité. En outre, le dispositif actuel du droit pénal en Suisse n’est pas suffisamment complet pour lutter efficacement contre tous les actes racistes.

De nombreuses sources et nombreuses études mettent en lumière des problèmes de discrimination raciale directe pour ce qui est de l'accès à l'emploi, au logement, aux biens et services, et notamment à l’assurance-automobile, ainsi que dans d’autres domaines tels que la naturalisation par voie de démocratie directe. Apparemment, les victimes seraient surtout originaires de la région des Balkans, de la Turquie ou de
l’Afrique et/ou de confession musulmane.
Face à ces discriminations, les dispositions applicables en droit suisse ne sont apparemment pas suffisantes ou présentent trop d’inconvénients. Il manque une législation antidiscriminatoire complète en droit civil et administratif. Dans ce domaine comme dans d’autres, l’étendue des pouvoirs cantonaux prévus par le droit suisse rend encore plus important le développement d’un dispositif visant à coordonner et à partager des bonnes pratiques pour lutter contre le racisme et la discrimination raciale en Suisse.
On assiste à un inquiétant durcissement dans le discours politique. En particulier, le ton du discours politique du parti de l’UDC, qui a obtenu le plus grand nombre de voix (29%) aux élections législatives fédérales de 2007, a pris ces dernières années une
tournure raciste et xénophobe se traduisant par des généralisations racistes concernant les non-ressortissants, les musulmans et d’autres groupes minoritaires dans la parole, les images et les propositions concrètes faites ou soutenues par ce parti au Parlement ou directement au peuple. Les attaques répétées des membres de l’UDC contre les droits fondamentaux des étrangers et contre l’interdiction du racisme et de la xénophobie ont conduit à un profond malaise dans la société suisse en général et au sein des groupes minoritaires en particulier.
A ce jour, les tentatives de combattre cette exploitation des peurs de certains membres de la population majoritaire se sont révélées insuffisantes pour contrer ce phénomène. En outre, les idées racistes et xénophobes disséminées par certaines figures politiques ont un effet dévastateur sur le
climat en Suisse à l’égard des groupes-cibles.
L’ECRI note la persistance de désavantages dont souffrent les enfants immigrés et d’origine immigrée dans l’accès à l’éducation en dépit de mesures prises par les autorités pour leur permettre de surmonter les obstacles linguistiques. Lorsque les enfants immigrés et d’origine immigrée sortent de l’école ils rencontrent parfois des difficultés à trouver des postes d’apprentissage en raison de discriminations résultant de stéréotypes et de préjugés à leur encontre, un phénomène qui touche également les jeunes issus de groupes tels que les Gens du voyage, les Sinti, les Yéniches et les
Roms.

Les médias suisses véhiculent parfois des stéréotypes et préjugés racistes et xénophobes et le problème de la mention dans les médias de l’origine ethnique d’une personne suspectée ou convaincue de délinquance alors même que celle-ci est sans pertinence est encore fréquent.
Mêmes s’ils demeurent marginaux en nombre, il existe des groupements néo-nazis et d’extrême droite actifs en Suisse qui manifestent parfois violemment leur hostilité envers les non-ressortissants et défendent des idées islamophobes et antisémites.
Les Gens du voyage et les membres de la communauté yéniches qui ont un mode de vie itinérant rencontrent encore des difficultés en termes de place disponibles de stationnement ou de transit. Ils continuent de souffrir de préjugés et de stéréotypes qui conduisent parfois à des discriminations. Les Roms en général souffrent en Suisse des mêmes préjugés, stéréotypes et discriminations.
Les Noirs vivant en Suisse sont confrontés à des réactions hostiles de la part de certains membres de la population majoritaire, générées par le discours de certains hommes politiques à leur encontre. Selon plusieurs sources, des Noirs ont été la cible d’abus racistes et de profilage racial de la part de membres de la police. Ce problème toucherait également d’autres personnes dont l’origine étrangère est visible.
Les non-ressortissants et les demandeurs d’asile doivent faire face à un durcissement de la législation concernant leur statut juridique, entrée en vigueur en 2008, ainsi qu’au discours politique stigmatisant de certains hommes politiques."

Pour accéder au rapport complet
http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/ecri/default_fr.asp

21:51 | Tags : racisme, suisse | Lien permanent | Commentaires (13) | |  Facebook | | | |

19/09/2009

Sentiment anti-rom en République tchèque

2009-09-15T072000Z_01_APAE58E0KDE00_RTROPTP_3_OFRWR-EUROPE-REPUBLIOQUE-TCHEQUE-20090915.JPG Un groupe de Roms à Prague.

STRASBOURG - Les propos haineux contre les Roms deviennent monnaie courante dans le discours public en République tchèque, dénonce le Conseil de l'Europe dans un rapport publié mardi à Strasbourg.
Si le phénomène concerne notamment "des responsables politiques de haut niveau, dont des ministres et des élus locaux", les Roms constituent la cible privilégiée des partis d'extrême droite, souligne le document rédigé par la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI). Ils sont également "les victimes de la plupart des actes de violence racistes, dont un meurtre commis en 2007".

Dans de nombreuses communautés, le chômage atteint ou dépasse les 90 %, tandis que le taux d'analphabétisme s'élève à 40 %, ajoute le rapport. "Malgré les diverses mesures adoptées par les autorités au niveau national, peu de progrès ont été faits concrètement ces dernières années pour améliorer les conditions de vie des Roms ou leur intégration dans la société tchèque", conclut l'ECRI.

Entre autres remèdes, la Commission suggère de contrôler plus étroitement la façon dont les autorités locales mettent en œuvre les stratégies définies nationalement en faveur des Roms et d'y associer plus étroitement leurs représentants.

Reuters le 15/09/2009

Extraits du rapport
"Cependant, malgré les progrès accomplis, certains points demeurent préoccupants.
Des craintes ont été émises que le système de justice pénale n’assure pas toujours une protection suffisante contre les infractions à motivation raciste et que l’approche adoptée par la police et le système judiciaire pour savoir si un acte repose sur des motivations racistes est souvent trop étroite. Les victimes de la plupart des actes de violence racistes, dont un meurtre commis en 2007, seraient essentiellement roms.
Des cas de violences policières à l’égard des minorités, en particulier roms, continuent d’être signalés ; au début de 2009, un vietnamien est décédé à la suite de coups reçus pendant sa garde à vue.
La République tchèque ne dispose toujours pas d’une législation complète pour lutter contre la discrimination. Par ailleurs, la Charte tchèque des libertés et droits fondamentaux ne semble pas assurer une protection efficace dans la pratique contre les cas de discrimination raciale. Une aide juridictionnelle n’est offerte, en pratique, qu’en matière pénale.
Ces dernières années, des responsables politiques aux niveaux national et local ont tenu des propos contre les roms qui ont fait l’objet d’une large publicité. Des slogans anti-roms ont été utilisés dans le cadre de campagnes électorales locales et des déclarations incendiaires d’hommes politiques semblent avoir été récompensées.
Parallèlement, les attitudes envers les roms sont extrêmement négatives, qu’elles s’expriment dans la presse populaire ou sur Internet dans le cadre de discussions en ligne sur les sites de journaux et de revues.
On observe en même temps une intensification troublante des activités de l’extrême droite en République tchèque, y compris la création, par un parti politique, d’un groupe paramilitaire en uniforme. Les manifestations répétées de groupes d’extrême-droite ont conduit à une intensification des tensions, voire à des actes violents. L’ECRI est profondément préoccupée par l’attitude agressive envers les roms affichée par un parti politique en particulier, qui soutiendrait des groupes néonazis dont les actes semblent viser délibérément à intimider la communauté rom.Malgré les diverses mesures adoptées par les autorités au niveau national, peu de progrès ont été faits concrètement ces dernières années pour améliorer les conditions de vie des roms ou leur intégration dans la société tchèque et les désavantages auxquels les roms se heurtent dans les domaines de l’éducation et de l’emploi demeurent très réels. La surreprésentation dans les écoles spécialisées et la ségrégation dans les écoles ordinaires est toujours une réalité, d’où des difficultés accrues pour sortir de la spirale des résultats scolaires inférieurs des enfants roms.
Ces facteurs sont aggravés par des difficultés de logement : la ségrégation semble se développer et dans certains cas les autorités locales sont directement responsables de l’aggravation de la situation des familles roms. Dans le domaine des soins de santé, aucune autorité de haut niveau n’a présenté publiquement d’excuses aux victimes de stérilisations forcées et aucune femme n’a été indemnisée.
En outre, le nombre d’enfants roms placés en institution est anormalement élevé et les enfants continuent d’être retirés à leur famille pour des motifs économiques et sociaux. Les parents peuvent aussi être rapidement déchus de leurs droits parentaux.
Pour ce qui est de l’asile et des migrations, les ressortissants de pays avec lesquels la République tchèque a conclu un accord de réadmission et qui sont détenus aux fins de leur réadmission n’ont pas le droit de demander la protection internationale. Il arrive aussi que des enfants accompagnés de leur famille et des mineurs non accompagnés de 15 ans et plus soient retenus. Dans le cadre des nouvelles procédures accélérées de demande d’asile dans les aéroports, il y aurait des problèmes d’accès à des interprètes parfaitement formés et compétents et la qualité des entretiens laisserait à désirer. Il est aussi plus difficile d’avoir accès à une aide juridictionnelle en temps
voulu.
Parallèlement, certains groupes s’inquiètent de ce qu’un projet pilote mis en place pour faire face à la crise économique risque de servir à stigmatiser les migrants et non à trouver une solution aux problèmes réels et complexes dus à la crise.
Si l’on dispose de chiffres sur les actes de violence inspirés par la haine, on ne dispose pas de données ventilées par origine ethnique, alors qu’elles pourraient permettre d’avoir une vision plus large de la situation globale des personnes appartenant aux divers groupes nationaux ou ethniques en République tchèque. Faute de données de ce type, les autorités ont du mal non seulement à adopter des politiques ciblées pour
réduire les inégalités, mais aussi à évaluer l’efficacité de telles mesures et, au besoin, à les adapter."


Vous trouverez le rapport complet sous

http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/ecri/default_fr.asp

15/09/2009

Emprisonnés pour l’absentéisme scolaire de leurs enfants !

tziganes.jpgLes parents de deux écoliers Rroms ont été condamnés chacun à 16 mois de prison ferme pour l’absentéisme scolaire de leurs enfants, a rapporté le quotidien Népszabadsag dans son édition de vendredi.

Jamais auparavant en Hongrie deux parents n’avaient été condamnés à de la prison ferme simultanément pour une telle raison. Les deux condamnés sont parents de six enfants dont un nourrisson de trois mois. Deux d’entre eux, scolarisés à Sajókaza, dans le nord-Est de la Hongrie, ne se rendaient plus à l’école.

L’association pour les libertés civiques « Társaság a Szabadságjogokért » (TASZ) a fait parvenir au président hongrois Laszlo Solyom une pétition dans laquelle il lui demandent d’intervenir en faveur des parents condamnés. Selon cette association, c’est l’école, où les enfants se sentaient mal, qui est à blâmer. « Sans doute en raison de leur origine Rrom, ils [les deux enfants] étaient dévalorisés et ont été victimes de violences à plusieurs reprises. », argumente-t-elle.

Cette affaire relance un vif débat sur la difficile intégration des enfants Roms dans le système scolaire hongrois. Certains pointant l’incapacité du système hongrois à les accepter quand d’autres dénoncent l’irresponsabilité parentale et une absence de volonté d’intégration de la part de la minorité Rom dans la société hongroise.

Sajókaza est un bourg de 3000 habitants situé à 30km au Nord-Est de Miskolc. Cet ancien centre minier qui n’a pas résisté aux restructurations économiques est aujourd’hui frappé par le chômage. Un tiers de sa population est Rrom et vit en périphérie du village dans des conditions misérables : leurs maisons sont délabrées, privées d’eau courante et d’installations sanitaires. Presque la totalité d’entre eux est sans-emploi et et survit avec les aides de l’Etat.
http://www.hu-lala.org/?p=1944

Cette histoire n'est pas sans rappeler ce que j'ai moi-même vu dans les camps rroms en Italie à Rome, où les familles vivaient dans des conditions précaires sans eau et sans électricité. Les enfants qui tentaient vainement de fréquenter l'école étaient discriminés, hués et insultés sous prétexte qu'ils étaient sales. Avant de forcer les parents à envoyer leurs enfants à l'école, on doit pouvoir leur offrir les moyens de les envoyer dans les meilleures conditions pour qu'ils ne subissent pas les moqueries de leurs "camarades" souvent suivies par des actes de violence.

21:24 Publié dans Solidarité | Tags : roms, hongrie, társaság a szabadságjogokért | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

04/09/2009

Entre Berlusconi et la Commission européenne rien ne va plus

art_81299.jpgMardi 1er septembre, le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, furieux des critiques contre sa politique d’immigration, a récemment menacé de bloquer le fonctionnement du Conseil européen.
En cause:
La communication d'un porte-parole anglais de la Commission, lundi, est à l'origine de l'incident. Denis Abbott avait évoqué une lettre adressée par Bruxelles à Rome au sujet du refoulement de clandestins. Dimanche, un bateau provenant de Libye et transportant 75 clandestins avait été renvoyé par la police italienne.

Il s'agit d'une simple demande d'éclaircissements, d'informations", a affirmé la Commission européenne. M. Abbott soulignait que tout être humain avait le droit d'introduire une demande en vue de se faire reconnaître comme réfugié ou de bénéficier d'une protection internationale. Cette position avait déjà été exprimée, le 15 juillet, par Jacques Barrot. Le commissaire à l'immigration avait alors indiqué qu'un Etat ne pouvait refouler un demandeur d'asile sans examiner son cas au préalable.
Bruxelles s'inquiète du risque de voir des réfugiés vulnérables, ayant des raisons tout à fait valables pour demander l'asile en Europe, être repoussés sans avoir pu faire valoir leurs droits.

“Intolérance”, “sentiment anti-européen ancré”, rétorquent certains à Bruxelles, d’autres en revanche sont plus conciliants.
Furieux de voir la Commission s'immiscer dans un dossier qui lui vaut d'être régulièrement critiqué par son opposition nationale, M. Berlusconi a menacé de "bloquer le fonctionnement de l'UE", voire de demander "la démission des commissaires" qui ne contrôleraient pas leurs porte-parole. L'énervement de M. Berlusconi a été d'autant plus grand que la Commission a déjà critiqué d'autres de ses initiatives, dont le fichage des Roms ou la création d'un délit d'immigration clandestine. En juillet, l'exécutif européen avait aussi indiqué qu'il souhaitait examiner la "compatibilité" de certaines lois italiennes avec le droit communautaire.

La réponse est venue mercredi du principal commissaire concerné, le Français Jacques Barrot, chargé des questions d'immigration.

"Nous sommes dans notre rôle (...). ça ne vaut pas la peine de s'attarder à des commentaires qui ne me paraissent pas avoir d'objet", a déclaré M. Barrot à la presse.

"Quand il s'agit de problèmes qui affectent un Etat membre (de l'Union européenne), comme l'Italie ou autre, nous devons demander un certain nombre d'explications", a-t-il ajouté.

"C'est ce que nous avons fait au début de l'été", notamment "sur la manière dont (les autorités italiennes) entendaient répondre à leur devoir d'asile" et "nous attendons maintenant" les réponses, a-t-il ajouté. Bruxelles a demandé ces explications en juillet.

Le chef de file des socialistes au Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, a pris la défense de la Commission, dénonçant dans un communiqué "l'intolérance" du chef du gouvernement italien à l'égard de Bruxelles et son "sentiment anti-européen profondément ancré".

"Jusqu'à présent, l'Europe nous a laissés seuls. Sur l'immigration, elle est très en retard", s'est plaint le ministre italien des Affaires européennes Andrea Ronchi dans une interview publiée mercredi, en dénonçant "l'égoïsme" de certains pays.

Là encore, la Commission européenne réfute tout immobilisme. "Un grief que je n'accepterai pas c'est l'inaction, car j'ai payé de ma personne pour essayer de trouver des solutions", a dit M. Barrot. En revanche, il a reconnu que les critiques italiennes étaient plus justifiées concernant l'attitude des autres pays européens qui rechignent à partager le fardeau de l'accueil des réfugiés.

La Commission a présenté mercredi un projet visant à accroître le nombre de réfugiés vulnérables d'Afrique ou du Proche-Orient accueillis dans l'UE, ce qui, espère-t-elle, pourrait aider à réduire les filières clandestines. A ce jour, seule la France a accepté de faire un geste en prenant en charge 92 migrants arrivés sur Malte.

Entre autres Sources : Le Monde et AFP
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/09/03/immigration-silvio-berlusconi-s-en-prend-a-la-commission-europeenne_1235326_3214.html

12:22 | Tags : berlusconi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |