19/09/2009

Sentiment anti-rom en République tchèque

2009-09-15T072000Z_01_APAE58E0KDE00_RTROPTP_3_OFRWR-EUROPE-REPUBLIOQUE-TCHEQUE-20090915.JPG Un groupe de Roms à Prague.

STRASBOURG - Les propos haineux contre les Roms deviennent monnaie courante dans le discours public en République tchèque, dénonce le Conseil de l'Europe dans un rapport publié mardi à Strasbourg.
Si le phénomène concerne notamment "des responsables politiques de haut niveau, dont des ministres et des élus locaux", les Roms constituent la cible privilégiée des partis d'extrême droite, souligne le document rédigé par la Commission européenne contre le racisme et l'intolérance (ECRI). Ils sont également "les victimes de la plupart des actes de violence racistes, dont un meurtre commis en 2007".

Dans de nombreuses communautés, le chômage atteint ou dépasse les 90 %, tandis que le taux d'analphabétisme s'élève à 40 %, ajoute le rapport. "Malgré les diverses mesures adoptées par les autorités au niveau national, peu de progrès ont été faits concrètement ces dernières années pour améliorer les conditions de vie des Roms ou leur intégration dans la société tchèque", conclut l'ECRI.

Entre autres remèdes, la Commission suggère de contrôler plus étroitement la façon dont les autorités locales mettent en œuvre les stratégies définies nationalement en faveur des Roms et d'y associer plus étroitement leurs représentants.

Reuters le 15/09/2009

Extraits du rapport
"Cependant, malgré les progrès accomplis, certains points demeurent préoccupants.
Des craintes ont été émises que le système de justice pénale n’assure pas toujours une protection suffisante contre les infractions à motivation raciste et que l’approche adoptée par la police et le système judiciaire pour savoir si un acte repose sur des motivations racistes est souvent trop étroite. Les victimes de la plupart des actes de violence racistes, dont un meurtre commis en 2007, seraient essentiellement roms.
Des cas de violences policières à l’égard des minorités, en particulier roms, continuent d’être signalés ; au début de 2009, un vietnamien est décédé à la suite de coups reçus pendant sa garde à vue.
La République tchèque ne dispose toujours pas d’une législation complète pour lutter contre la discrimination. Par ailleurs, la Charte tchèque des libertés et droits fondamentaux ne semble pas assurer une protection efficace dans la pratique contre les cas de discrimination raciale. Une aide juridictionnelle n’est offerte, en pratique, qu’en matière pénale.
Ces dernières années, des responsables politiques aux niveaux national et local ont tenu des propos contre les roms qui ont fait l’objet d’une large publicité. Des slogans anti-roms ont été utilisés dans le cadre de campagnes électorales locales et des déclarations incendiaires d’hommes politiques semblent avoir été récompensées.
Parallèlement, les attitudes envers les roms sont extrêmement négatives, qu’elles s’expriment dans la presse populaire ou sur Internet dans le cadre de discussions en ligne sur les sites de journaux et de revues.
On observe en même temps une intensification troublante des activités de l’extrême droite en République tchèque, y compris la création, par un parti politique, d’un groupe paramilitaire en uniforme. Les manifestations répétées de groupes d’extrême-droite ont conduit à une intensification des tensions, voire à des actes violents. L’ECRI est profondément préoccupée par l’attitude agressive envers les roms affichée par un parti politique en particulier, qui soutiendrait des groupes néonazis dont les actes semblent viser délibérément à intimider la communauté rom.Malgré les diverses mesures adoptées par les autorités au niveau national, peu de progrès ont été faits concrètement ces dernières années pour améliorer les conditions de vie des roms ou leur intégration dans la société tchèque et les désavantages auxquels les roms se heurtent dans les domaines de l’éducation et de l’emploi demeurent très réels. La surreprésentation dans les écoles spécialisées et la ségrégation dans les écoles ordinaires est toujours une réalité, d’où des difficultés accrues pour sortir de la spirale des résultats scolaires inférieurs des enfants roms.
Ces facteurs sont aggravés par des difficultés de logement : la ségrégation semble se développer et dans certains cas les autorités locales sont directement responsables de l’aggravation de la situation des familles roms. Dans le domaine des soins de santé, aucune autorité de haut niveau n’a présenté publiquement d’excuses aux victimes de stérilisations forcées et aucune femme n’a été indemnisée.
En outre, le nombre d’enfants roms placés en institution est anormalement élevé et les enfants continuent d’être retirés à leur famille pour des motifs économiques et sociaux. Les parents peuvent aussi être rapidement déchus de leurs droits parentaux.
Pour ce qui est de l’asile et des migrations, les ressortissants de pays avec lesquels la République tchèque a conclu un accord de réadmission et qui sont détenus aux fins de leur réadmission n’ont pas le droit de demander la protection internationale. Il arrive aussi que des enfants accompagnés de leur famille et des mineurs non accompagnés de 15 ans et plus soient retenus. Dans le cadre des nouvelles procédures accélérées de demande d’asile dans les aéroports, il y aurait des problèmes d’accès à des interprètes parfaitement formés et compétents et la qualité des entretiens laisserait à désirer. Il est aussi plus difficile d’avoir accès à une aide juridictionnelle en temps
voulu.
Parallèlement, certains groupes s’inquiètent de ce qu’un projet pilote mis en place pour faire face à la crise économique risque de servir à stigmatiser les migrants et non à trouver une solution aux problèmes réels et complexes dus à la crise.
Si l’on dispose de chiffres sur les actes de violence inspirés par la haine, on ne dispose pas de données ventilées par origine ethnique, alors qu’elles pourraient permettre d’avoir une vision plus large de la situation globale des personnes appartenant aux divers groupes nationaux ou ethniques en République tchèque. Faute de données de ce type, les autorités ont du mal non seulement à adopter des politiques ciblées pour
réduire les inégalités, mais aussi à évaluer l’efficacité de telles mesures et, au besoin, à les adapter."


Vous trouverez le rapport complet sous

http://www.coe.int/t/dghl/monitoring/ecri/default_fr.asp

Commentaires

Le rapport décrit des choses bien plus graves que celles que vous mentionnez, comme la stérilisation forcée de femmes romanichelles. Pourquoi ne pas en parler ?

Écrit par : j.nizard | 20/09/2009

Lire l'article : La Slovaquie stérilise de force des femmes rroms
http://roms.blog.tdg.ch/archive/2009/04/29/la-slovaquie-sterilise-de-force-des-femmes-rroms.html

Écrit par : rrom | 20/09/2009

J'ai déjà été censuré ?

Écrit par : corto | 20/09/2009

et comme les actions de notre confédération jusqu'en 1970 ! sans compter sur le silence bien helvétique, bravo de critiquer les tchèques, mais n'oublions pas le passé de la suisse, il n'est pas si ancien que ça !

Écrit par : corto | 20/09/2009

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