04/09/2009

Entre Berlusconi et la Commission européenne rien ne va plus

art_81299.jpgMardi 1er septembre, le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, furieux des critiques contre sa politique d’immigration, a récemment menacé de bloquer le fonctionnement du Conseil européen.
En cause:
La communication d'un porte-parole anglais de la Commission, lundi, est à l'origine de l'incident. Denis Abbott avait évoqué une lettre adressée par Bruxelles à Rome au sujet du refoulement de clandestins. Dimanche, un bateau provenant de Libye et transportant 75 clandestins avait été renvoyé par la police italienne.

Il s'agit d'une simple demande d'éclaircissements, d'informations", a affirmé la Commission européenne. M. Abbott soulignait que tout être humain avait le droit d'introduire une demande en vue de se faire reconnaître comme réfugié ou de bénéficier d'une protection internationale. Cette position avait déjà été exprimée, le 15 juillet, par Jacques Barrot. Le commissaire à l'immigration avait alors indiqué qu'un Etat ne pouvait refouler un demandeur d'asile sans examiner son cas au préalable.
Bruxelles s'inquiète du risque de voir des réfugiés vulnérables, ayant des raisons tout à fait valables pour demander l'asile en Europe, être repoussés sans avoir pu faire valoir leurs droits.

“Intolérance”, “sentiment anti-européen ancré”, rétorquent certains à Bruxelles, d’autres en revanche sont plus conciliants.
Furieux de voir la Commission s'immiscer dans un dossier qui lui vaut d'être régulièrement critiqué par son opposition nationale, M. Berlusconi a menacé de "bloquer le fonctionnement de l'UE", voire de demander "la démission des commissaires" qui ne contrôleraient pas leurs porte-parole. L'énervement de M. Berlusconi a été d'autant plus grand que la Commission a déjà critiqué d'autres de ses initiatives, dont le fichage des Roms ou la création d'un délit d'immigration clandestine. En juillet, l'exécutif européen avait aussi indiqué qu'il souhaitait examiner la "compatibilité" de certaines lois italiennes avec le droit communautaire.

La réponse est venue mercredi du principal commissaire concerné, le Français Jacques Barrot, chargé des questions d'immigration.

"Nous sommes dans notre rôle (...). ça ne vaut pas la peine de s'attarder à des commentaires qui ne me paraissent pas avoir d'objet", a déclaré M. Barrot à la presse.

"Quand il s'agit de problèmes qui affectent un Etat membre (de l'Union européenne), comme l'Italie ou autre, nous devons demander un certain nombre d'explications", a-t-il ajouté.

"C'est ce que nous avons fait au début de l'été", notamment "sur la manière dont (les autorités italiennes) entendaient répondre à leur devoir d'asile" et "nous attendons maintenant" les réponses, a-t-il ajouté. Bruxelles a demandé ces explications en juillet.

Le chef de file des socialistes au Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, a pris la défense de la Commission, dénonçant dans un communiqué "l'intolérance" du chef du gouvernement italien à l'égard de Bruxelles et son "sentiment anti-européen profondément ancré".

"Jusqu'à présent, l'Europe nous a laissés seuls. Sur l'immigration, elle est très en retard", s'est plaint le ministre italien des Affaires européennes Andrea Ronchi dans une interview publiée mercredi, en dénonçant "l'égoïsme" de certains pays.

Là encore, la Commission européenne réfute tout immobilisme. "Un grief que je n'accepterai pas c'est l'inaction, car j'ai payé de ma personne pour essayer de trouver des solutions", a dit M. Barrot. En revanche, il a reconnu que les critiques italiennes étaient plus justifiées concernant l'attitude des autres pays européens qui rechignent à partager le fardeau de l'accueil des réfugiés.

La Commission a présenté mercredi un projet visant à accroître le nombre de réfugiés vulnérables d'Afrique ou du Proche-Orient accueillis dans l'UE, ce qui, espère-t-elle, pourrait aider à réduire les filières clandestines. A ce jour, seule la France a accepté de faire un geste en prenant en charge 92 migrants arrivés sur Malte.

Entre autres Sources : Le Monde et AFP
http://www.lemonde.fr/europe/article/2009/09/03/immigration-silvio-berlusconi-s-en-prend-a-la-commission-europeenne_1235326_3214.html

12:22 | Tags : berlusconi | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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