02/08/2009

«La ré-émergence, en Europe, d’un racisme et d’un nationalisme violent et de plus en plus agressif .....»

31 Juillet 2009 - A l’occasion du 65ème anniversaire de la liquidation du « camp tsigane » à Auschwitz-Birkenau, le 2 août 1944, où près de 2900 Roms et Sintés ont été assassinés en une seule nuit, l’association Chachipe a demandé aux responsables politiques et aux représentants de la société civile de s’opposer avec détermination contre le racisme à l’égard des Roms. « Près de soixante-cinq ans après la victoire sur le national-socialisme, l’anti-tziganisme est toujours en vie et connaît même une résurgence. La crise économique et l’approfondissement des clivages sociaux offrent un terrain propice pour toute sorte de démagogues qui nourrissent et exploitent les craintes et la haine contre les Roms », l’association de défense des droits des Roms a déclaré.

Chachipe a exprimé ses inquiétudes face à l’adoption récente, en Italie et dans d’autres pays, de mesures qui, de façon explicite ou implicite, visent les Roms. L’association a accusé l’Union européenne de mener un double discours ; d’insister sur les droits de l’Homme et les droits des minorités dans le cadre des négociations avec les pays-candidats et dans les relations avec ses voisins, tout en étant incapable à défaut imposer ces mêmes principes vis-à-vis de ces membres.

«La ré-émergence, en Europe, d’un racisme et d’un nationalisme violent et de plus en plus agressif est extrêmement inquiétante, » Chachipe a dit. L’association s’est dit préoccupée que la présence de partis nationalistes et néo-fascistes dans les parlements conduira à une acceptation progressive de ces phénomènes qui pourraient alors s’étendre à d’autres domaines politiques. «Déjà aujourd’hui, nous avons des unités de police spécialisées dans ce qu’on considère comme le crime organisé de « bandes tsiganes », et personne ne s’en inquiète. Les Roms sont enfermés derrière des barbelés et isolés du reste de la population, et personne ne se rende compte des similitudes avec le passé », l’association a déclaré.

Pour Chachipe, il y a un lien évident entre le traitement des Roms et « l’amnésie collective» par rapport au destin des Roms sous le national-socialisme. « Parmi les victimes du national-socialisme, les Roms occupent toujours un statut de paria, » Chachipe a dit. Selon elle, il y a toujours une tendance à minimiser les souffrances de la population rom pendant la deuxième guerre mondiale, en se rapportant notamment au plus petit nombre de victimes ou en spéculant sur les raisons de leur persécution. Les intentions génocidaires des nazis vis-à-vis des Roms sont toujours contestées.

Dans ce contexte, Chachipe a repris ses critiques contre les politiques de rapatriement forcé des réfugiés roms du Kosovo en Allemagne et dans d’autres pays de l’Europe. L’association a rappelé que le Kosovo a été la scène de pogroms organisés contre les Roms en 1999 et en 2004. «Il y a eu d’autres pogroms contre les Roms, notamment en Roumanie, mais jamais à l’échelle de toute une région comme ceci a été le cas au Kosovo, » l’association a déclaré. « Les dirigeants politiques du Kosovo n’ont jamais reconnu la persécution dont les Roms ont été victimes, et ceux-ci continuent à être considérés comme des collaborateurs des Serbes par une grande partie de la population albanaise, » Chachipe a ajouté. « Au lieu de cela, ils n’ont cesse de parler de la « nouvelle réalité » au Kosovo, une réalité qui est bâtie sur le nettoyage ethnique des Roms du Kosovo. » Elle a insisté sur le fait, que les Roms qui sont expulsés au Kosovo sont condamnés à vivre dans la misère et sous la crainte de persécutions.

Chachipe a demandé au reste de la société de permettre aux Roms de retrouver leur dignité. «Les Roms ne sont pas ces éternels nomades qui se plaisent à vivre dans l’itinérance et sont incapables de mener une vie « normale » », l’association a dit. Elle a ajouté que les Roms continuent d’être exclus sur base des mêmes préjugés qui ont conduit leurs ancêtres pour les camps de la mort. « Voilà pourquoi c’est tellement important de se souvenir du passé, » Chachipe conclut, en espérant que l’expérience du passé puisse servir d’avertissement pour les générations futures.

Chachipe a.s.b.l.

Pour de plus amples informations veuillez nous contacter par mail : chachipe.info@gmail.com ou visiter notre site : www.romarights.wordpress.com


L'auteure de ce blog soutient les revendications de Chachipe et les relaie via son blog et je vous invite à en faire de même, diffuser largement ces revendications auprès de votre réseau

10:05 Publié dans Solidarité | Tags : chachipe, rroms | Lien permanent | Commentaires (12) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Pourquoi ils n'émigrent pas en Palestine? il parait une terre sans peuple, comme ils ont fait leurs cousins avant, peut être ces derniers ne veulent pas d'eux, pourtant tout les deux rabâchent les mêmes salades: Les victimes du nazisme.

Écrit par : généreux arabe | 02/08/2009

«Les Roms ne sont pas ces éternels nomades qui se plaisent à vivre dans l’itinérance et sont incapables de mener une vie « normale » », l’association a dit. Ce n'est pas le constat que nous avons en Suisse et en Europe. Les Roms sont des clans très organisées pour mendier, chaparder et voler, c'est le corps business. Ils ne cherchent ni à s'intégrer, ni à changer de vie, ni à s'instruire mais plutôt à optimaliser leurs gains immédiats. D'ailleurs, ils sont extrêmement malins pour mentir et agiles pour voler. Le choix de la Suisse est judicieux, riche encore avec des lois "molles" , peu de répression et des régulations faites par des politiciens qui ne les appliquent pas. D'ailleurs, ils ont repéré les failles administratives et juridiques si nombreuses à Genève qui leur sont favorables : avocat commis d'office, non poursuite des mineurs en cas de vol, mendicité interdite mais non réprimée, abris et soupe populaire, soins gratuits, etc...

Écrit par : demain | 07/08/2009

demain, il existe une solution au problème de ces mendiants. Dans certains pays nordiques, les "clients" des prostituées qui sur sur le trottoir sont mis à l'amende. Ici, comme il y a des gens qui ont du pognon à gaspiller, c'est à eux qu'il faut filer des contraventions ! Celui qui donne sera mis à l'amende puisqu'il a trop de fric et, comme il est domicilié à Genève, la contredanse sera expédiée à son adresse officielle. Au bout de quelques semaines, plus personne ne donnera du pognon et ces emmerdeurs foutrons le camp ! La propreté et l'hygiène seront de retour !

Écrit par : octave vairgebel | 07/08/2009

Mon point c'est que ce sont nos procédures qu'il faut changer. Si la loi interdit la mendicité comme le travail des mineurs comment se fait-il que les Roms mendient encore avec leurs enfants. Cette double infraction serait en temps normal pour chaque citoyen de ce pays punie alors dites-moi pourquoi les Roms auraient un statut particulier ? ce vide administratif et parfois juridique encourage cette communauté à rester et surtout à continuer leur business. De plus, le service de la protection des enfants devraient rentrer dans la danse car exposer ses enfants sur la voie publique pourrait être aussi apparenté à un délit de négligence à l'encontre de l'éducation d'un mineur.

Écrit par : demain | 07/08/2009

@demain

Votre raisonnement serait juste si la communautée rom était reconnue et non rejétée par nos autorité.

Gare à ne pas retomber dans les années sombres ou Caritas & Com retiraient les enfants des populations nomades pour les placer dans des familles d'acceuil.

Si on veut que les roms puissent mener une vie digne avec leurs enfants, alors donnons leurs l'accés aux logements sociaux et a des aides concrètes...

Si vous ne supportez plus de voir ses enfants dans les rues ou dans nos forêts alors militez pour que les roms soient traités en être humain par nos autorités.

Les roms n'ont pas le droit de travailler...donc ils mendient...on le ferait tous pour nourire nos enfants.

Alors svp ne tombez pas dans le populisme...vous me décevez profondement...:O(

Écrit par : sarah | 07/08/2009

"... Les roms n'ont pas le droit de travailler...donc ils mendient..."

Avec les accords de Schengen et la libre circulation des personnes, les roms (comme tous les autres européens) ont le droit de travailler en Suisse et en Europe. La mendicité n'est pas une fatalité ...

Écrit par : Clyde | 07/08/2009

encore faudrait-il qu'isl aient tous leur passeport européens... ce qui est loin d'être le cas...la Roumanie peine à leur reconnaitre une citoyenneté...et lorsqu'ils l'ont, vous vous empressez de les griffonner de vilaines annotations... c'est pas vraiment engageant pour un patron...sans parler de la sordide publicité que vous en faites dans les médias...
tout cela n'est pas fait pour faciliter leur intégration et la normalisation de leur situation...
A croire que vous faites tous pour les dégouter de venir en Suisse... n'est-ce pas ?

Écrit par : sarah | 07/08/2009

Entière d'accord avec vous, le problème reste entier dans les pays des Balkans et de l'Est où les Roms ne sont des citoyens à part entière mais nous avons en Europe de l'Ouest des gens du voyage (souvent des évangélistes) qui parcourent les territoires sans grand problème, ils sont souvent forains, font des vide greniers, ou de l'artisanat. Pour moi, ces nomades des temps modernes sont des personnes citoyennes. Vous posez un problème qui dépend de la souveraineté des Etats qui discriminent leurs minorités. Je vous rappelle que la Suisse en la matière possède 3 minorités sur son sol et que la majorité suisse allemande très majoritaire n'a jamais cherché à les anéantir et ceci est un exemple à suivre.

Écrit par : demain | 07/08/2009

tout à fait demain....mais nous devons nous substituer au moins temporairement aux dénis qui discriminent les minoritées européennes dans leur pays...sinon, il faut enterrer notre image de "terre d'accueil" de respect des minorités... vous relevez très justement le fait que nous sommes composés de 4 langues et de plusieurs minorités...En effet les alémaniques n'ont jamais cherché à anéantir nos cultures respectives. Mais en fait l'aurait-il pu ?...j'en doute, car nos zones linguistiques sont fortement rattachées au pays voisin leur correspondant.(France, Allemagne, Italie). alors que les Roms sont une ethnie à part entière, qui ont toujours vécu dans la région, certes de manière nomade, mais ils sont seuls et n'ont d'autre repère culturel qu'eux-mêmes...

Écrit par : David | 07/08/2009

C'est vrai nous nous sommes raccrochés à des cultures de proximité, de plus la religion protestante ou catholique qui était indistinctement dans divers cantons a permis aux Cantons a permis de maintenir une cohésion nationale. Pour revenir aux Roms, ils ont des territoires, des villages, une culture mais n'ont pas de statut social, du moins ils sont discriminés dans leur pays d'où le vol, la mendicité. Mais ils pourraient cultiver leurs terres, faire de la vannerie, du rempallaige de chaises, ce sont de bons artisans et musiciens, instruire leurs enfants, se prendre en charge. Il existe en Inde des castes qui sont discriminées et qui travaillent par exemple pour ramasser les poubelles et ne vivent pas de vols. Le droit des minorités existe mais la volonté de travailler honnêtement aussi et je ne pense pas que donner des aides sociales ou logements à des personnes comme évoqué plus haut, seraient la solution. D'ailleurs aucun Etat ne voudrait aujourd'hui en donner à des populations exogènes qui sont de surcroît mal perçues par sa propre population. Ce n'est pas une fatalité d'être discriminés car de nombreuses minorités ont connu des pogroms comme les Juifs mais aussi les Coptes d'Egypte et ne sont pas enfermées dans la mendicité et les larçins.

Écrit par : demain | 08/08/2009

La vraie question est de savoir pourquoi ce sont toujours les mêmes "communautés" (tziganes, roms, juives,etc...) qui ont ou qui se créent, et ce depuis des millénaires pour certaines, des problèmes avec nous.

Écrit par : panzer | 03/10/2009

J'essaie également,en tant que citoyen français et enseignant,de relayer le message de Chachipe.Un message équivalent que je trouve très rarement exprimé.Le négationnisme,l'amnésie entretenue par les Etats européens à la notable exception de l'Allemagne,favorisent l'exclusion,la misère et les discriminations dont continuent à être victimes les minorités roms.Ce problème est très révélateur de la nature politique et économique de l'Europe:un grand marché où circulent aisément les marchandises et les capitaux.Or l'Europe à laquelle beaucoup aspirent est à échelle humaine et à destination des peuples.Mais le problème n° 1 est celui de la mémoire de la seconde guerre mondiale et des persécutions épouvantables qui en ont résulté.Cette mémoire n'est pas assez enseignée ou de façon trop partielle,sélective ou incomplète.Si bien d'ailleurs que l'idéologie nazie est rarement expliquée et comprise dans les pays européens plus de 60 ans après cette tragédie !Inverser la tendance n'est pas chose inaccessible.Les Roms(toutes composantes confondues)sont probablement une illustration exemplaire de ce que l'on appelle "Européens" de par l'histoire et la géographie.Des Européens exemplaires mais privés de droits réels ;c'est pourquoi il est indispensable de mobiliser les opinions publiques et de solliciter tant les pouvoirs publics des pays membres de l'UE que les institutions européennes.

Écrit par : surmely alain | 30/08/2010

Les commentaires sont fermés.