29/04/2009

La Slovaquie stérilise de force des femmes rroms



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Accusées de faire trop d'enfants, les Roms sont persécutées à l'hôpital.

«Le docteur m'a dit que, si je devais avoir une troisième césarienne, je ne survivrais pas. J'ai répondu que j'étais jeune et que je voulais avoir encore des enfants. Mais les infirmières répétaient la même chose. Avant d'être emmenée dans la salle d'opération pour accoucher par césarienne de mon second enfant, ils m'ont apporté trois papiers à signer. Sinon ils disaient qu'à la prochaine naissance l'enfant mourrait d'étouffement.» Stela, jeune femme rom originaire du village de Letanovce (est de la Slovaquie), a alors signé une autorisation de stérilisation : «J'avais 19 ans, j'avais envie de vivre.» Témoignage publié en 2003 déjà.
En 2009, la pratique continue, les allégations de stérilisation forcée n'ont pas cessé. A cela s'ajoute le travail forcé.

Des assocations demandent l'arrêt de ces pratiques et prient instamment le gouvernement slovaque de mettre en place une commission indépendante composée d'expert-es internationaux et de la société civile, qui permettrait une enquête en toute transparence sur cette pratique et une indemnisation des victimes.


AFP | 28.04.2009 | 18:13 Huit femmes rroms stérilisées de force

Au moins deux autres plaintes sont en cours d’examen devant la Cour européenne pour des stérilisations forcées, invoquant cette fois la violation de l’interdiction de traitements inhumains et dégradants.

Dans l’affaire jugée mardi, les magistrats européens ont condamné à l’unanimité la Slovaquie pour violation du droit au respect à la vie privée garanti par la Convention des droits de l’Homme.

Les huit requérantes avaient subi dans deux hôpitaux de l’est du pays un traitement à la suite duquel aucune d’elles n’a pu procréer de nouveau. Elles soupçonnaient ces établissements de leur avoir fait subir, pendant leur accouchement par césarienne, une procédure de stérilisation.

En 2002, l’accès à leur dossier médical fut refusé à leurs avocats qui assignèrent les hôpitaux en justice. En 2003, ces hôpitaux furent sommés par la justice slovaque d’autoriser les requérantes à consulter leurs dossiers, mais ces femmes n’eurent que le droit de prendre des notes manuscrites sans photocopier les documents.

Dans son arrêt, la Cour a estimé que les requérantes souhaitaient obtenir des photocopies de documents renfermant des informations à caractère personnel les concernant, et que, de ce fait, elle n’avaient pas à en expliquer précisément la raison.

Selon les juges européens de Strasbourg, les autorités slovaques n’ont pas justifié par des motifs suffisants l’impossibilité pour les plaignantes de faire des photocopies des documents. La Slovaquie se voit aussi reprocher le caractère tardif de l’entrée en vigueur d’une loi sur la santé adoptée en 2004 répondant à l’exigence des requérantes. La Cour a alloué à chacune d’elles 3.500 euros pour dommage moral.




18:21 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Rien de bien nouveau. En Suisse nous procédions de même.
Avez vous le film "Kinder der Landstrasse" tourné en 1992.
Si vous maîtrisez l'allemand je vous suggère de lire le travail de diplôme à l'Université de Fribourg de Corinne Buchser, 41 pages richement illustrées en pdf :

http://www.fahrende.ch/Jenische.pdf

Écrit par : Gepetto | 24/06/2009

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