09/04/2009

Les Rroms de Turquie sont de la fête !

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Istanbul prépare sa grande fête “païenne” On raconte que les Prophètes Hızır et İlyas se sont rencontrés sur terre, le 5 mai afin de redonner vie à la nature. Hızır aurait bu l’eau sacrée ou eau-de-vie selon, pour devenir immortel et il aurait même rencontré Dieu ; il a le don d'accomplir des miracles et vient en aide aux personnes en difficulté en réalisant leurs souhaits. Il apporte l’abondance et la richesse quand le printemps renaît. Ce soir-là, on émet des voeux et on laisse tout ouvert (porte-monnaie, fenêtre, casserole) afin qu’Hızır, qui visite les maisons y apporte l’abondance.
Cette fête païenne originaire d’Anatolie appelé Hidrellez et tombée aux oubliettes fut relancée en 1997, grâce à un Directeur d’hôtel qui a lancé cette initiative et à tous les commerçants qui se sont mobilisés pour créer un évènement culturel qui se situe, dorénavant dans le centre historique d’Istanbul, dans le plus important quartier tzigane de la ville : Ahırkapı derrière Sultanahmet. Ahirkapi, a vu se succéder des générations de tziganes. Se joindront à cette importante manifestation d’autres groupes musicaux venus de Thrace et d’Asie Mineure. La musique et la danse sont à l’honneur.

Composé d'une vingtaine de musiciens, le Ahirkapi Roman Orchestrasi nous emmène au gré de leur musique, à travers les millénaires, de cette sonorité ancestrale qu'ils ont su garder et transmettre de génération en génération tout en l'adaptant. Au rendez-vous : zurna, qanoun, darbouka, clarinette tzigane, saz, davul, kaval, violon.

. http://www.hidrellez.org/francais.asp





Rroms de Turquie pour en savoir davantage :

Combien sont-ils ? 500 000 ou deux millions La loi prévoit toujours d’interdire l’entrée des « Tziganes nomades » sur le territoire de la République turque...


En Turquie les Rroms sont surnommés « roman ». Ce terme est utilisé en Thrace pour désigner les Rroms, appelés ailleurs en Turquie Cingene, « Tziganes ». D’autres appelations régionales sont usitées, comme Mutrip dans les régions proches de l’Iran.

La plus forte concentration de Rroms se trouve à Edirne avec quelque 30’000 personnes

Ils sont présents sur pratiquement tout le territoire national, dans le sud-est de l’Anatolie par exemple, à Mardin Ufa ou Diyarbakir. La région se trouve sur un itinéraire traditionnel de migration des Roms, qui sont également présents en Syrie et en Iran. Il y a aussi depuis toujours une importante communauté à Istanbul. Il y a aussi des villages rroms dans les régions méditerranéennes, à Antalya et Adana, ainsi que dans la région de la Mer Noire. Un autre groupe est installé à Hacibektash, en Anatolie centrale [1] Édirne et toute la province de Thrace représentent néanmoins la zone où ils sont le plus nombreux. Une partie des Roms sont arrivés des pays voisinss lors de la désintégration de l’Empire ottoman. Cependant, malgré leur présence sur tout le territoire national, ou peut-être à cause de cela, les Roms de Turquie ont souvent choisi de cacher leur identité. Par exemple, à Mardin, ils préfèrent se dire Kurdes ou Arabes, à Afyon, ils se disent Kurdes. Ce n’est qu’en parlant avec eux que l’on découvre leur origine. Discriminations sociales, professionnelles et éducatives

Quelle est leur situation professionnelle et sociale ?

En général, ils s’adonnent à des activités traditionnelles : ils sont musiciens, surtout pour les mariages, ils fabriquent des objets en osier, ils travaillent au nettoyage des villes. Il s’agit d’activités précaires, de moins en moins pratiquées, et qui ne garantissent aucune forme de protection sociale. La plupart des Roms ne sont pas inscrits à aucune des trois grandes mutuelles qui existent dans le pays. Ils détiennent en général la Carte verte, qui garantit une assistance médicale gratuite aux personnes qui n’ont pas d’emploi fixe. De manière générale, il apparaît que les Roms sont un des groupes socialement les plus défavorisés de Turquie, et parmi lesquels le chômage est massif. Dans leur cas, marginalisation économique et origine ethnique semblent coïncider.

Quels sont les problèmes spécifiques dans le domaine de l’éducation ?

En général, les familles roms expriment le désir de pouvoir offrir une bonne éducation à leurs enfants. Dans la réalité, les discriminations constituent des obstacles importants, et souvent les enfants roms, surtout les filles, abandonnent l’école au bout de seulement deux ans. De ce point de vue, Édirne représente un cas exemplaire : il existe deux écoles élémentaires connus comme des « écoles de Tziganes ». Quand une famille rom veut inscrire ses enfants dans une autre école, on la renvoie toujours sur ces deux écoles. Il s’agit donc d’une forme de ghettoïsation. En outre, sur une population de 30 000 Roms, on compte seulement huit inscrits à l’Université, un chiffre bien éloquent.

La situation des Roms se caractérise par différentes formes de discriminations dans beaucoup de pays. Quelle est la situation en Turquie ?

Comme dans beaucoup d’autres pays, les Roms sont victimes en Turquie de différentes formes de discrimination. Sur le plan législatif, la loi 2501 de 1934 [2] classe les « Tziganes nomades » parmi les catégories de personnes qui ne peuvent pas pénétrer dans le pays. En vertu de cette loi toujours en vigueur, un groupe de Roms bulgares, invités à un festival de musique en Turquie, a par exemple été récemment refoulé à la frontière. En 1993, un député d’Édirne avait proposé des amendements pour modifier cette loi, qui est en contradiction avec l’article 10 de la Constitution, qui garantit à tous l’égalité devant la loi, sans distinction de race, de langu, de religion ou de sexe. Cette loi fait des Roms des citoyens de seconde classe. Cependant, la proposition d’amendement a été repoussée par le Parlement.

Sur le plan linguistique, il y a beaucoup de traces des discriminations à l’encontre des Roms, également dans les documents et les publications officiels. En 2003, à l’initiative de l’écrivain rom Mustafa Aksu, la définition du terme « cingene », qui contenait des expressions péjoratives, a été modifiée dans le Dictionnaire turc édité par le ministère de l’Éducation nationale. Une semblable modification a été faite la même année dans l’Encyclopédie turque, qui associait au mot « cingene » des expressions du type : « sans religion, vol et prostitution ». Dans l’usage populaire, de nombreuses expressions expriment cette méfiance et ces préjudices à l’encontre des Roms.

Il existe aussi des discriminations sur le plan politique. Mustafa Aksu nous a raconté comment, il y a quelque temps, des Roms demandèrent à pouvoir s’inscrire dans divers partis politiques. D’abord accueillis avec empressement, ils ont été refusés dès qu’ils ont révélé qu’ils étaient roms. Un autre exemple de discrimination peut être trouvé à Édirne, où la municipalité développe un programme de logements pour les Roms, mais à deux kilomètres de la ville, car personne ne veut les avoir pour voisins. De façon générale, les quartiers où vivent les Rroms sont dans une situation précaire, aussi bien du point de vue de l’habitat que des infrastructures.

[1] La ville natale du fondateur homonyme de l’ordre des Bektashi. La dévotion des Rroms pour le saint soufi s’illustre par leur présence massive lors de la fête annuelle qui se déroule dans la ville.

[2] Cette loi, Iskan kanunu, a été prise pour régler l’afflux de réfugiés sur le territoire de la République turque.

http://www.balkans.eu.org/article5682.html

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