04/03/2009

La Hongrie pleure ses Rroms

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TATARSZENTGYORGY, Hongrie (AFP) — Quelques 5.000 personnes ont participé mardi à Tatarszentgyorgy (centre) aux funérailles de deux Roms, assassinés la semaine dernière alors qu'ils fuyaient leur maison incendiée, un crime qui a suscité une grande émotion en Hongrie, a constaté l'AFP.

Première minorité du pays représentant, selon des estimations, environ 6% d'une population de 10 millions d'habitants, les Roms ont été la cible officiellement de 16 attaques violentes, avec des cocktails Molotov, des grenades ou d'autres armes, l'an dernier.






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Le dernier exemple tragique en date a coûté la vie à un père tzigane et son fils de 5 ans tués à coups de fusils il y a une semaine dans le village de Tatarszentgyorgy alors qu'ils fuyaient leur maison incendiée par des cocktails Molotov.Sur la photo ci-contre, on y voit des personnes allumer des cierges.

Les cinq partis ayant des élus au parlement ont envoyé un représentant aux funérailles et des bus sont arrivés de tous les coins du pays pour acheminer les gens qui voulaient faire preuve de leur solidarité et partager la peine de la famille.

La grande majorité des participants à la cérémonie portait un oeillet blanc à la boutonnière. La cérémonie a commencé avec la musique du célèbre Orchestre des cent violons tziganes.

Le Premier ministre, Ferenc Gyurcsany, qui est à Londres actuellement et était représenté par sa femme, a proposé de procéder d'amender la Constitution pour punir sévèrement les discours incitant à la haine raciale.

"Le gouvernement va initier un amendement de la Constitution, car le Conseil de l'Europe a affirmé que nous avons laissé aller trop loin la liberté d'expression et nous ne pouvons pas nier que sous la protection de cette liberté, l'incitation à la haine contre certains groupes de la société est devenue une pratique courante", a déclaré M. Gyurcsany lundi.

En août 2008, le Conseil de l'Europe avait dénoncé le discours contre les Roms observés en Hongrie comme étant "tout à fait semblable à celui qu'employaient les nazis et les fascistes avant le début de l'extermination de masse dans les années 1930 et 1940." Plus récemment cette institution a lancé un appel à la Hongrie à renforcer la lutte contre les discriminations anti-roms.


Tatárszentgyörgy avait déjà le 9 décembre été le théâtre de manifestations racistes, 290 membres de la Magyar Gárda avaient manifesté contre les Roms dans ce village du département de Pest où la moitié des habitants est Rom, puis le 14 décembre à Kerepes. Le commandant de cette organisation para-militaire, István Dósa, s'appuyant sur l'accusation du vol du cochon d'un membre de cette organisation par un Rrom, il a justifié le choix de l’endroit par une surreprésentation des phénomènes menant à „l’explosion” de la société hongroise à Tatárszentgyörgy, comme par exemple le taux élevé de la criminalité rom et l’inefficacité de l’intégration forcée. Les participants à cette manifestation illégale ont suggéré de contrebalancer ces effets avec la ségrégation de la minorité tzigane.

Après ces évènements, le secrétaire d’État chargé des affaires roms, Aladár Horváth, a demandé au président de la République, László Sólyom, et aux dirigeants des partis parlementaires d’interdire toutes les organisations civiles et toutes les manifestations qui profitent de la démocratie et de la liberté d’expression pour effrayer et humilier leurs compatriotes. Afin de résoudre cette situation intolérable, les représentants de la communauté tzigane se sont à leur tour adressé au chef de l’État qui les a accueillis le 18 décembre. A la suite de ces évènements, László Sólyom a publié une lettre publique dans la presse, dans laquelle il critique les antisémites et ceux qui tiennent des discours haineux au sein de la Magyar Gárda. Le 17 décembre, le Parquet de Budapest a entamé des poursuites à l’encontre de la Gárda afin de dissoudre cette organisation. L’un des faits qui lui sont reprochés est notamment la tenue illégale de cette dernière manifestation.

Qui se cache derrière la Magyar Garda (Garde Hongroise) - C'est un groupe paramilitaire qui suit des camps d'entraînement et qui compte dores et déjà de notables soutiens. Milice fasciste que les libéraux ont assimilé à la Garde de Fer roumaine ou aux Croix Fléchées, le mouvement fasciste hongrois ayant pris le pouvoir en Hongrie en 1944.
La Magyar Garda est un parti communément désigné d'extrême droite par les médias, mais se considérant conservateur des valeurs chrétiennes et nationalistes, car défenseurs fervents des Hongrois. Le parti Jobbik, nom de son leader, est un parti xénophobe et clérical connu pour ses convictions antisémites, anti-Rom et homophobes. Parti d'extrême droite marginal non représenté au parlement mais présent dans plusieurs municipalités du pays. Etonnant de voir comment religion et fascisme font toujours bon ménage.



10:39 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Et dire qu'il s'agit peut-être d'un réglement de comptes entre truanderies de même ethnie, de guerre des gangs en d'autres termes... Il n'y aurait là rien d'extraordinaire.

Écrit par : Scipion | 04/03/2009

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