16/10/2008

Kosovo: l'ODM prévoit le renvoi de Rroms et de musulmans

L'Office fédéral des migrations (ODM) veut renforcer la pratique de l'asile et du renvoi pour les minorités du Kosovo. Cette mesure intervient plus de sept mois après la déclaration d'indépendance de la province serbe.

Les Roms serbo-albanais* et les musulmans slaves sont notamment concernés, a-t-il été rapporté vendredi soir dans le magazine de la télévision alémanique SF "10vor10". Au début de l'année un danger de discrimation était encore présent pour ces groupes mais la situation a désormais changé, a indiqué le porte-parole de l'ODM, Roman Cantieni. Leur statut doit à nouveau être examiné.

L'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) a elle critiqué cette décision. Un tel changement est prématuré et les conditions de vie pour les proches de minorités au Kosovo sont encore précaires, a mis en garde le porte-parole de l'OSAR, Yann Golay, également lors du magazine "10vor10".


(ats / 11 octobre 2008 01:28)

* L'expression "Rroms serbo-albanais" ne veut absolument rien dire. Les Suisses auraient-ils consommé toute leur précision dans les montres? (commentaire Voix des Rroms)

(Source : Organisation suisse d'aide aux réfugiés, Bern le 19 octobre 2005 )

Pendant les bombardements de l’OTAN et après le repli des troupes serbes en
1999, les communautés rroms avaient subi des expulsions, des meurtres, des viols et
des confiscations de propriétés. Sur un nombre initial de 150'000 Roms/Ashkali/
Egyptiens, il n’en est resté que 30'000 à 35'000 au Kosovo. En mars 2004, de violents
affrontements interethniques ont à nouveau éclaté. Plus de 4000 Serbes, Ashkali
et Rroms ont été chassés. Près de la moitié des personnes déplacées en 2004
n’ont pas encore pu regagner leur domicile.
Selon une estimation du HCR, la situation reste dans l’ensemble fragile et imprévisible
au Kosovo. Pour 2005, on ne peut pas exclure un renversement de situation et
un regain de violence. La MINUK estime que la sécurité s’est améliorée, mais
qu’elle reste fragile.
Kosovo n’est pas prêt à admettre les communautés rroms. Les problèmes que pose
l’hébergement de ces gens ne sont pas résolus, soit parce que leurs maisons ou
quartiers sont encore détruits, soit parce que leurs logements sont occupés et que
les intéressés ne peuvent pas prouver leurs anciens droits de propriété. Des conflits
avec les occupants des logements ou avec les voisins sont souvent programmés
d’avance. Les centres d’hébergement collectifs qui ont été aménagés après la
guerre pour remplacer provisoirement les maisons et appartements détruits sont
toujours habités par des membres des communautés roms.
Enfin, malgré les problèmesde saturnisme et des risques sanitaires constatés depuis l’an 2000, les
camps du nord de Mitrovica n’ont toujours pas été évacués, ce qui prouve
qu’aucune solution satisfaisante n’a été apportée aux problèmes d’hébergement.
Rien n’indique que les dangers guettant des rapatriés après le retour puissent être
reconnus et évités, ni que les personnes vulnérables trouvent un quelconque soutien
d’un côté ou de l’autre dans le cadre des rapatriements forcés d’Ashkali et
d’Egyptiens que l’Allemagne organise à destination du Kosovo depuis mai 2005.
D’après les informations recueillies par le Global IDP-Project6, il est arrivé que la
MINUK ne soit pas informée de certains rapatriements ou seulement trop tard. Les
organisations internationales n’ont pas les ressources et capacités d’évaluer les
risques sur une base individuelle, ni d’étudier la situation après le retour. Même le
transport de l’aéroport de Prishtina au lieu de destination n’est pas organisé. La
seule possibilité d’hébergement consiste généralement à s’entasser dans les logements
déjà bondés de proches. Le gouvernement kosovar (PISG) estime que le sort
des rapatriés n’est pas du ressort de sa propre administration, car il n’a pas été impliqué
dans l’accord conclu avec l’Allemagne. Ni les organisations internationales, ni
les autorités kosovares ne se voient ainsi en mesure d’assister les rapatriés pour les
questions de logement, d’aide sociale, médicale ou psychologique ou pour la reconstruction
des maisons détruites.




17:40 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

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