02/10/2008

Au-delà de la question rromani

IMG_0017-2.jpg




Marcel Courthiade
Professeur à l'INALCO,
responsable des études linguistiques Rromani,
Commissaire à la langue et aux droits linguistiques de l'union Rromani internationale, Paris


Au-delà de la question rromani

Les tentatives de négation de la langue, de l’identité, du patrimoine des Rroms ne sont pourtant pas isolées dans le monde, bien d’autres peuples en sont aussi victimes, et en réalité les racines de cette entreprise rejoignent des questions vitales qui dépassent très largement le cadre rrom : c’est la généralisation de la machine à broyer les cultures imaginée par David Rothkopf qui préconise de laminer la diversité linguistique pour assurer la « paix du businessman » ? En ce sens il y avait des précurseurs fameux, parmi lesquels le général Franco, comme le rappelle Víctor Gómez Pin : « Concrètement, la langue catalane fut exclue de tout usage officiel et limitée exclusivement à la sphère domestique. N’étaient tolérés que les éléments de la culture susceptibles d’être canalisés vers le registre folklorique, comme la danse et la musique traditionnelles, homologuées par la propagande officielle en manifestations régionales de l’Espagne unie ».
Le traitement que le nord de l'Europe cherche à imposer pour le rromani diffère fort peu de la position de Franco sur le catalan et l'euskera. A ce titre une solidarité de résistance de tous les locuteurs de langues minorisées s’impose car l’enjeu dépasse de loin la simple affirmation d’une langue même si elle est le patrimoine de 15 millions de Rroms dans le monde et à vrai dire trésor pour l’humanité entière. Car la résistance est possible.


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

16:44 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

Les commentaires sont fermés.