31/08/2008

Rroms - Ecran de fumée italien

« L’Italie est de loin le pays européen où l’on meurt le plus sur les lieux de travail, presque le double qu’en France et 30% de plus qu’en Allemagne et en Espagne. (…) On meurt deux fois plus que sur la route et huit fois plus que par meurtres. Les meurtres ont même diminué d’un tiers au cour des onze dernières années (de 1.042 cas en 1995 à 663 en 2006), alors qu’en même temps sur les chantiers et lieux de travail, l’année dernière, 1.170 ouvriers ont perdu la vie ». (rapport Censis août 2008)

Maroni à qui on connaît une sale manie de gonfler les chiffres concernant la présence des Rroms en Italie, dénonce les chiffres exagérés du rapport.

Les Rroms chassés, les ouvriers en enfer, les communistes inquiétés. La Ligue du Nord a réussi à faire croire aux Italiens que le danger venait des Rroms et des immigrants. Tandis que la machine à tuer implacable se met en place et tue officiellement Italiens et clandestins qui travaillent dans des conditions inhumaines et qui meurent dans un silence épouvantable.

La Ligue du Nord a même réussi à persuader le monde ouvrier que le danger venait essentiellement des Rroms. Mais les chefs d'entreprise ce ne sont pas eux. Ceux qui les font travailler jour et nuit. Ceux qui instaurent le travail sur appel, la précarité, qui poussent les ouvriers à devoir consommer de la cocaïne, sur le lieu de travail pour suivre la cadence infernale.
Ce ne sont pas les Rroms, ces chefs d'entreprise tueurs et protégés par la Ligue du Nord !

*"Face à cela on peut dire que la criminalité organisée, mafieuse ou pas, peut se réjouir trois fois : elle engrange des profits faramineux sur la peau des immigrés et des travailleurs au noir, même italiens, elle s’enrichit par le trafic de drogue sur la peau de ces mêmes travailleurs qu’elle exploite, directement ou indirectement, et pour couronner le tout elle peut profiter d’une classe politique qui lui fournit une absolution tant légale que morale."

Et par-dessus tout , c'est devenu la guerre, entre eux, des plus pauvres, des plus exploités. Tandis que la Ligue du Nord , à opposer les uns aux autres, arrive à les exploiter, à les opprimer et profiter de tous encore et encore davantage.

Les Rroms criminels ? - Ecran de fumée machiavélique pour cacher le vrai massacre de la classe ouvrière italienne et des immigrants clandestins réduits à l'esclavage.







*
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7055 - Excellent article de Acone Ludmila :La classe ouvrière va en enfer
http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6858 - un autre que je vous recommande : A feu et à sang - Roms, immigrants et ouvriers en Italie

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30/08/2008

Les Rroms d'abord, tous les autres ensuite !

Un fort vent d'exclusion qui souffle sur l'Europe et qui fait de l'Union européenne une prison d'où le reste du monde devrait être tenu à l'écart ,avec à l'intérieur même de celle-ci, de nouveaux critères de ségrégation pratiqués sur les Rroms, citoyens européens à part entière.

La France et l'Italie semblent s'aligner, voire se ressembler étrangement dans une espèce de bling-bling attitude qui se manifeste à travers un médiatico-politico- narcissico- show-biz.

Chasse aux Rroms en Italie, camps brûlés, expulsions massives en France. La loi sur l'immigration Hortefeux qui s'autorise à les renvoyer et les voir revenir ensuite quelques heures après et aussitôt les chiffres sont gonflés, utilisés à souhait. Le boomerang humain de Hortefeux et cité par La Voix des Rroms (http://www.blogg.org/blog-44189-date-2007-12.html)

Puis ces mêmes politiciens-voyous dégainent leurs chiffres manipulés comme des armes pour réduire l'ennemi imaginaire à néant, créer un mouvement de panique et d'insécurité chez le citoyen lambda et faire passer des lois arbitraires et liberticides pour tous.

Pour ceux qui ne s'intéressent pas aux Rroms, rien ne les y oblige ! Toufefois, nous les rendons attentifs au fait qu'après les Rroms, tous les autres suivent. L'intolérance, telle une épidémie, se répand en général très vite et frappe très fort et tous.

Après les Rroms, les communistes (lire le blog www.nord-sud.tdg.ch). Démantèlement social, les plus faibles sont davantage exclus, on crache sur les acquis sociaux sans sourciller.

Et on ne peut s’empêcher de reprendre le mot attribué au pasteur Martin Niemöller, qui fut l’une des figures marquante de la résistance contre les nazis. Ce pasteur protestant, arrêté en 1937 et envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen puis transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau, où il écrivit ces lignes que vous devez connaître ou alors c'est le moment ou jamais de les lire, de les retenir et de ne jamais les oublier :
" Quand ils ont arrêté les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste ; quand ils ont arrêté les socialistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas socialiste ; quand ils ont arrêté les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif ; quand ils sont venus m’arrêter, il n’y avait plus personne pour protester. "

Sur la liste on peut rajouter d'ores et déjà les Rroms.

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27/08/2008

Lasciami cantare! Silvio chanteur ou maître-chanteur

Silvio a envie de chanter et devinez quoi ? Des chansons d'amour avec des paroles qui nous font frémir : "l'amour qui s'éteint comme une étoile" - "qui te réveille quand la nuit est obscure comme un four " - Elles sont écrites de la main même du Cavaliere. On ne sait plus trop de quelle étoile et de quel four il veut parler.

Finalement en Italie, il y a encore un peu d'amour dans l'air. Nous pourrions proposer pour l'accompagnement le Taraf de Haïdouks, Silvio pourrait se mêler aux Lautari. Les Haïdouks , autrefois, étaient des bandits d'honneur cités dans les ballades médiévales roumaines.

Belle occasion de recevoir une magnifique leçon sur l'honneur et le courage !

Pour les voir et les entendre http://www.youtube.com/watch?v=BQn6Qb-9mD8 - Latcho Drom - Taraf de Haïdouks

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25/08/2008

"mentre la gente é occupata ad odiare i rom non si preoccupa delle tasse"



"
quello che sta succedendo in Italia é il risultato di un revisionismo e di una visione tendente a voler rifare una verginità cauzionandosi come non razzista della destra estrema italiana , oggi al comando in più di una luogo delle regioni italiane ..

prima c'è stato il giro di posizione del partito fascista del MSI italiano che si é rifatto una immagine mandando il suo capetto a Gerusalemme a dire e chiedere perdono per la deportazione di ebrei zingari omosessuali e handicappati durante la seconda guerra mondiale seguito alle immonde leggi razziali di Mussolini e della complicità del duce con Hitler ..(messa in scena alla quale nessuno ha creduto, semplicemente perché era troppo evidente che Berlusconi non poteva governare con un ministro fascista con una passato di squadrista , ne valeva la sua reputazione...oggi quel fascista é capo della camera in Italia.)partecipando cosi a un genocidio sistematico e matematico di intere popolazioni considerate come parassiti partecipando una abominazione ben più grande da installare a quell'epoca..

pochi mesi fa in Italia si cerco' di dare una strada all'anziano capo del movimento neofascista MSI, Almirante , proposta che veniva dal sindaco di Roma alemanno sindaco fascista , ed all'infuriare di indignazione dell'opinione pubblica italiana , si scusarono i fascisti di tale proposta dicendo che la comunità ebraica doveva decidere se si o no una strada a quel razzista doveva farsi e che comunque non farebbero nulla senza domandare i parere alla comunità ebraica di Italia , quindi in modo subdolo cercando di coinvolgere la comunità ebraica nella nuova manovra revisionista attuale dell'Italia che tende a volersi farsi perdonare per l'infami della deportazione e partecipe del genocidio di ebrei zingari , resistenti handicappati e omosessuali ai tempi della guerra , costringendo cosi la comunità ebraica in modo contorto a portare la colpa della mancata pace e perdono dell'errore come lo chiamano loro dell'olocausto , come se si potesse perdonare o chiamare solo " errore " la deportazione di migliaia di innocenti ai forni dei campi di sterminio..

ora con gli zingari succede lo stesso in Italia, si effettuano dei censimenti che non sono previsti dalla comunità europea, una donna incaricata dalla comunità europea andò nei campi zingari delle città di Roma e Napoli e vide in che condizioni vivevano gli zingari presenti nei territori italiani , e rese noto alla comunità europea degli abusi e mancanze al diritto umano fondamentale di quel popolo da parte delle autorità italiane , denunciando la mancanza di assistenza di scolarità e di condizioni minime di vita decente dei minori e delle donne e innumerevoli altri abusi , delle squadre della morte che tutte le sere aizzati dall'incalzare di autorità fasciste nel farsi giustizia da soli contro chi additato come parassita dalla politica fascista che i sindachi e ministri italiani stanno attuando da qualche tempo a questa parte...

si faccia noto che durante la seconda guerra mondiale si facevano anche dei censimenti su ebrei e gli si facevano portare stelle colorate , e questo con l'intenzione a futuro di sterminarli..

ora a cosa servano tali censimenti forzati con gli zingari in Italia ?, lo si intravvede chiaramente e se ne distinguono le intenzioni...

da un lato si istiga l'opinione pubblica a additare gli zingari come ladri e come delinquerti , inquinatori e violenti rapitori di bambini e che devono tornarsene al loro paese , la Romania, ma con un bemolle che é la visita della signora zingara incaricata dalla UE per vederci chiaro sul problema zingari in Italia , dove si é sentito il disagio della istituzioni nel venire a conoscenza della sua presenza nei campi di zingari ...ed il rapporto che questa deputata rumena fece alla comunità europea ...fu molto negativo...di condanna al governo Italiano .

e dall'altra si cerca di dire, li stiamo censendo per avere le loro impronte digitali cosi sappiamo chi sono , trattamento speciale dato a una etnia ! Le leggi sono democratiche e non perseguitanti le genti quando fanno parte di un processo comune a tutta la popolazione di un intero paese , quindi si dice di un trattamento speciale a una etnia , visto che tali censimenti non vengono fatti in massa al resto delle popolazioni che vivono in Italia anche clandestinamente, ed ancora meno agli italiani,e sicuramente non con la forza quindi é un trattamento dato solo e soltanto agli zingari o ai rom
quindi da qui il tono di " persecuzione" denunciato dalle vittime diventa legittimo e coerente con l'incalzare revisionista contorto e subdolo del fascistizzare delle istituzioni italiane...

disgraziatamente questa situazione di razzismo o di tentativi di veicolare razzismo contro etnie é di nuovo molto attiva in Europa e tende a creare un revisionismo che si scusa di essere razzista, ma ne domanda l'applicazione questa volta tramite cavalli di troia per instaurare senza sporcarsi le mani le persecuzioni razziali ..facendole passare per semplici e licenziosi modi di agire secondo la legge.

É tanto più facile far portare ai rom gli insuccessi di una governo o di governi vari abusivi e fallimentari , mentre la gente é occupata ad odiare i rom non si preoccupa delle tasse.."

Ringraziamo Loredana per questa testimonanzia !

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Les Rroms du Kosovo et l'urgence italienne



Merci pour le témoignage de Kosovar en Slovénie !

" Je suis actuellement en Slovénie, dans une école d`été avec des jeunes rroms, parmi lesquels quelques uns dont les familles sont originaires de Mitrovica (Kosovo). J`ai travaillé quelques mois a Prishtina et connais bien la situation sur place. Force est de constater que l`Italie présente une situation bien plus urgente que le Kosovo ou les Balkans plus généralement, au moment actuel. Il est vrai que beaucoup de maisons ont brûlé en Kosovo, tant rroms qu` albanaises ou serbes. Leur reconstruction est rendue impossible (ou bien, lorsqu`elle se fait, inadequate) pour des raisons politiques. Pourtant, l`esprit kosovar (et balkanique) aurait apporté beaucoup d`éléments de réponse à ce problème s`il avait été mis a contribution. Au lieu de cela, les internationaux qui ont géré la région pendant des années, ont apporté leurs propres schémas qui ont supplanté tout ce qu´il y avait de potentiel humain, culturel etc. sur place. Sur ce site http://rroma.courriers.info/?lang=en vous pouvez lire quelques documents de travail de Rroms et d`associations rroms apres le conflit, travail qui n´a jamais été valorisé par les autorités internationales. Il y a beaucoup à dire là-dessus, mais je me limiterai à dire seulement que la question des Rroms de Kosovo, qui rappelons-le, étaient parmi les plus avancés en Europe, en termes notamment de culture et d´instruction, a été prise en otage apres 1999, par un Etat qui voulait redorer son blason sur la scène internationale en faisant semblant de prendre les choses en main et aussi par une poignée de Rroms et autres minorités qui ont fait prévaloir leurs intérêts personnels minables dans une Kosovo privée désormais de ses intellectuels rroms, qui avaient fui ailleurs."

Pour en savoir davantage et merci à Carlitos

Le calvaire des Roms au Kosovo Marie-Pierre Lahaye 1 juillet 2003 source : B. I. Balkans-Infos N° 79
http://www.csotan.org/textes/texte.php?type=Kosovo&art_id=72

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20/08/2008

Tout de la faute des étrangers ! les 100 premiers jours de Berlusconi III

Tout de la faute des étrangers !

Promesse 1 - concernant l'installation abusive des nomades et l'éloignement de tous ceux qui ne peuvent prouver un moyen de subsistance légale et un lieu d'habitation tout aussi légal.

Les Faits 1Le ministre de l'intérieur Maroni lance une ordonnance qui prévoit le recensement des Rroms y compris les mineurs dès 14 ans par le relevé des empreintes digitales. Après les accusations de racisme par la Commission européenne et le vote négatif de l'Europarlement, l'alerte de toutes les forces d'opposition, des associations et de l'église. Le gouvernement persiste et signe et étend sa décision à tous les Italiens qui demanderont leur carte d'identité dès le 1 janvier 2010.

Les commentaires 1 .
Roberto Maroni, Ministre de l'Intérieur:
«Relever les empreintes des enfants Rroms est un priorité à laquelle on ne peut pas déroger, et cela pour protéger les citoyens. Il n'y a aucune violation des normes européennes, ni de la Charte des droits de l' enfant, violation d'aucune norme. Seulement, la nécessité de procéder à l'identification de ceux qui vivent dans les 700 camps nomades abusifs existant en Italie. Nous voulons voir qui a le droit de rester et vivre dans des conditions humaines, ceux qui ne pourront rester seront rapatriés selon la loi italienne et les directives européennes. C'est une ordonnance de protection civile qui prévoit, entre autres, le relevé des empreintes aussi aux mineurs et signée par le Conseil le 30 mai, en vigueur déjà depuis un mois. Les polémiques de ces derniers jours sont des polémiques infondées et instrumentalisées, qui ne tiennent pas compte du contenu de l'ordonnance.

Silvio Berlusconi , président du Conseil :
"Ce n'est pas vrai, faire croire que le comportement négatif de la part du gouvernement et de l'Italie à l'égard de la communauté roumaine en Italie. Il n'y a aucune discrimination. Il y a une totale et absolue désinformation."

Traian Basescu, président de la Roumanie :
«Je voudrais être sûr , pour le cas où on ne se serait pas compris, que je n'approuve pas, en grande partie, les mesures prises par le gouvernement italien. Les Rroms sont des citoyens roumains. Les citoyens roumains sont des citoyens bénéficiant pleinement des droits de l'Union Européenne et doivent être traités comme tels."

Vladimir Spidla, commissaire aux affaires sociales de l'UE :
«La grave discrimination des citoyens européens qui consisteraient à contrôler certains d'entre eux, sur une base ethnique, et contrairement à d'autres, leur demander aussi de fournir
leurs empreintes digitales pour identification par les autorités publiques. Principe d'inégalité. Tous doivent être traités de façon égale. La législation UE déclare qu'il ne peut y avoir une différence de traitement sur une base ethnique .


Famiglia cristiana, éditorial :
"Au premier passage d'examen des ministres "catholiques" du gouvernement du Cavaliere, ils se retrouvent éjectés et c'est sans appel. La dignité de l'homme équivaut à zéro. Le principe de la responsabilité de protéger la famille au sens large et la dignité de chaque homme et de chaque femme- largement évoquée par le Pape Benoît XVI à l'Onu, est bafouée. Pas un seul a levé le petit doigt pour dénoncer Maroni et ses propositions racistes de relever les empreintes digitales des enfans Rroms. On aurait donné du crédit au Ministre, si avec le recensement, il avait dit vouloir scolariser les enfants Rroms et les extraire de taudis.

Francesco Pizzetti, garant de la vie privée:
"Vous ne pouvez pas faire recours à des techniques de recensement sur des bases discriminatoires, en particulier ethniques et religieuses, qui sont contraire à l'esprit de notre Constitution et contraire à la Chartes des droits de l'homme et à celle du citoyen que notre pays a signées.

Walter Veltroni, segretario Pd:
«A partir du moment qu'il s'agit d'une décision universelle qui vaut pour tous, nous demandons que soit immédiatement suspendue la décision sur le relevé des empreintes digitales sur les nomades parce que ça n'a aucun sens.

Roberto Maroni, Ministre de l'intérieur: «Pourquoi faut- il retirer l'ordonnance sur les Rroms ? Elle demeurera applicable, parce que nous procéderons au recensement de ceux qui se trouvent dans les camps sauvages. La nouvelle norme ne change pas ce que nous sommes entrain de faire.


Les 100 jours de Berlusconi III - Extrait du texte qui concerne la discrimination faite à l'encontre des Rroms. Promesse, fait, commentaires.
guide de Alessia Grossi et Paola Zanca publié dans le quotidien l'Unita (64 pages qui passent en revue les premiers 100 jours de Sua Emittenza).


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19/08/2008

Les soutanes révolutionnaires ou les "catho-communistes"

clip_image001.jpgQue le gouvernement cesse de jouer aux petits soldats et réponde à la grave situation économique dans lequel verse le pays ! L'hebdomadaire Famiglia Cristiana hausse le ton et ça fait du bien d'entendre enfin une voix catholique s'élever contre la dérive du gouvernement fasciste de Berlusconi : parade militaire transformée en Far West urbain et qui tente de masquer toutes les autres incapacités à gérer un pays qui va droit au mur. Les "buffonate" qui servent à remplir les journaux d'un vide saisissant. Relevé d'empreintes digitales sur les enfants Rroms , d'où peut-être le choix de la photo très symbolique de l'enfant du ghetto de Varsovie, les mains en l'air devant les nazis.
L'hebdomadaire se lâche
"guerre entre pauvres" - "familles toujours plus précaires"- "renaissance du fascisme sous d'autres formes." Pour réponse, le gouvernement italien les traite de "catho-communistes" .
Le Pape Benoît XVI prévient et du coup se désolidarise : "Famiglia Cristiana n'est pas le porte-parole du Saint Siège, ni de la Conférence épiscopale italienne."
Il est vrai que le pape doit être gêné aux entournures, lui qui a félicité Silvio de faire souffler un vent nouveau sur l'Italie, on préciserait un vent mauvais !
Quant à nous, saluons le courage de ceux qui osent dénoncer, haut et fort, la dérive fasciste en Italie.

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16/08/2008

Le devoir de mémoire et de connaissance


Un texte qui été envoyé sur le blog suite à - Berlusconi - Les racines de la haine ou la frérocité - et qui mérite de reparaître.
Merci Dr Georges Yoram Federmann, citoyen psychiatre à Strasbourg, de nous rappeler à travers un discours tenu lors de la commémoration 2008 sur le Génocide Arménien, le rôle de la mémoire et le travail de connaissance pour éviter encore et encore le massacre du tiers exclu.
"
Nous avons été frappés au cours de nos recherches et de nos combats pour la reconnaissance des expérimentations réalisées sur l’homme à Strasbourg et au Struthof en 1943 par la prise de conscience que ce sont les médecins qui participent dès 1933 à la rédaction des premières lois raciales nazies (dont la stérilisation des sourds-muets), que c’est la profession qui adhère dans la plus grande proportion au nazisme et que ce sont les médecins allemands qui cumulent le plus de prix Nobel de médecine jusqu’en 1933.
Pour moi les expériences de Struthof et d’Auschwitz ne sont pas l’œuvre de médecins fous ni la conséquence d’un accident de l’histoire, ce serait fautif de ne retenir de ces tragédies que ce constat qui nous permettrait de nous situer définitivement, à partir de Nuremberg, du côté du «bien», autorisés dès lors à dénoncer le «mal».
Les choses sont beaucoup plus nuancées et je ne peux m’empêcher de poser la question du lien existant entre «la meilleure médecine du monde» et la réalisation de ces forfaits.
Les 2 éléments ne pourraient-ils pas être liés?
Par ailleurs comment intégrer dans notre recherche de compréhension l’incarnation la plus accomplie de l’idéologie médicale nazie que je situe, personnellement, plus encore au Struthof qu’à Auschwitz.
Dans le cadre de notre travail nous nous sommes toujours attachés à associer tous les groupes sociaux, politiques ou religieux qui avaient été stigmatisés par les nazis : malades mentaux, sourds-muets, Témoins de Jéhovah, homosexuels notamment et nous sommes battus pour lutter contre le relatif déni du génocide des Roms (Samudaripen en romani)
Nous avons toujours travaillé à honoré la mémoire des victimes des autres génocides du 20 ème siècle dont celui de nos frères ARMENIENS, en 1915.
Est-il pertinent d’essayer de s’identifier aux victimes, non pas pour se réapproprier leur expérience et leur témoignage sacrés et se substituer à eux, mais pour sensibiliser les générations futures à ce qu’ont pu être les «appels» des Sonderkommandos, les Musulmans, le froid, la faim, la soif, le renoncement à la pudeur et à la solidarité, la puanteur….
Est-il pertinent de s’identifier aux bourreaux et notamment aux médecins à partir du principe que l’exercice de la médecine est universel et intemporel et de la proposition de Levi : «L’oppresseur reste tel, et la victime aussi : ils ne sont pas interchangeables, il faut punir et exécrer le premier (mais si possible, le comprendre), plaindre et aider la seconde, mais tous deux, devant le scandale du fait qui a été irrévocablement commis, ont besoin d’un refuge et d’une protection, et ils vont instinctivement à leur recherche. Pas tous, mais les plus nombreux, et souvent pendant toute leur vie» (In les naufragés et les rescapés, page 25)

Qu’aurions-nous faits nous-mêmes si nous avions été médecins en 1933 en Allemagne?.
Notre mémoire d’Auschwitz doit rester vivante.
Qui en sera dépositaire quand tous les rescapés auront disparu?
Comment la reconnaître, comme l’identifier, comment l’étudier, comment la transmettre?
Y-a-t-il une pédagogie de la Shoah, y-a-t-il une pédagogie du Samudaripen?
Cette mémoire doit nous inciter à améliorer son enseignement et cela passe nécessairement par celui du contenu et de l’essence du procès de Nuremberg dans les facultés de médecine et de sciences en Europe.
Il nous faut aussi espérer que l’on puisse remettre à chaque étudiant en première année de médecine en France le rapport d’autopsie des professeurs SIMONIN, FOURCADE et PIEDELIEVRE, daté du 15 janvier 46, qui décrit méticuleusement l’autopsie, réalisée à Strasbourg de 17 sujets entiers et de 166 segments de corps appartenant à 64 personnes au moins.
17 matricules étaient déjà identifiés.
Rapport d’autopsie, dont j’ai suggéré au Président SARKOZY il y a un mois à peine, de pouvoir le remettre à chaque étudiant en médecine de première année.
Doit-on considérer cet emblématique drame comme un évènement anachronique ou en rechercher, en permanence la modernité, en mettant de manière obsessionnelle la médecine au service des plus démunis et des traumatisés d’aujourd’hui?
Sommes-nous capables de rendre Médecins du Monde inutile en revendiquant d’accueillir l’ensemble des misères de notre pays dans nos cabinets?
Nous célébrerons Yom Hashoah ,dans quelques jours, le 4 mai 2008.
Ce sera l’occasion solennelle de lire le nom de tous les juifs Bas-Rhinois qui ne sont pas revenus de déportation.
Les noms seront lus l’un après l’autre en présence de Mr Terry DAVIS.

La particularité strasbourgeoise de cette cérémonie réside dans le fait que nous tenons à associer depuis 3 ans « le devoir de connaissance » concernant le génocide des Roms
dont on estime à 600 000 le nombre de disparus du fait du totalitarisme nazi.

Nous voulons travailler à faire reconnaître le préjudice subi par ces communautés dans toute l’ Europe et notamment par le régime de Vichy.
Rappelons que « nos » derniers manouches n’ont été libérés des camps d’internement de Vichy…qu’en juillet 1946 !

Nous tenons à associer la mémoire des premières victimes du nazisme qui durent subir à partir de 1934 les stérilisations forcées : nous voulons parler des sourds muets et malentendants.
Demandez-vous comment ils ont pu témoigner de leur persécution ?
Une traductrice en langue des signes sera avec nous pour « signer ».

Nous évoquerons la liste de 210 noms de résidants des trois départements annexés ( Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle) arrêtées au titre du motif 175 (Homosexualité).
Le seul à avoir témoigné reste le Mulhousien Pierre SEEL qui nous a quittés en décembre 2005.
Nous évoquerons les 100 malades mentaux de Hoerdt et Stéphansfeld transférés le 5 janvier 1944 à Hadamar pour y être gazés dans le cadre du programme d’euthanasie T4.

Nous honorerons la mémoire des 86 victimes juives des expérimentations sur l’ Homme réalisées par le Professeur Hirt en 43.
Nous donnerons le noms des 4 victimes Sintis ,connues, des expérimentations sur le phosgène du professeur BICKENBACH.
Les médecins allemands ayant adhéré au nazisme étaient ,à Strasbourg, parmi les meilleurs du Monde.

Notre travail est certes « un travail de mémoire » mais il se veut avant tout « un travail de connaissance » qui marque un des aspects fondateurs de l’ Identité Européenne et qui nous montre l’aspect dépassé de toutes les aspirations et revendications nationalismes ainsi que de la tentation de redéfinition « d’une identité nationale » irrémédiablement archaïque, comme nous le montre bien l’œuvre de l’école d’ Aimé Césaire.

Honorer chaque nom , c'est faire honneur à la mémoire de l' Humanité entière.

Dr Georges Yoram Federmann




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13/08/2008

Berlusconi- Les racines de la haine ou la frérocité

Parfois il est indispensable de revenir à la source, pour comprendre ce qui nous anime avec tant de haine et tant de passion.
Une remarque intéressante dans un des derniers commentaires de ce blog : la haine et le racisme sont du ressort de la psychanalyse. Décidément, me suis-je dit, quelle sale manie, à vouloir mettre du divan à tous les étages.
A bien y réfléchir, à force de puiser dans les profondeurs et chercher les racines de la haine, il faut se rendre à l'évidence, il ne n'agit effectivement que d'une somme de pathologies individuelles qui peut se répercuter à un niveau national et créer un rassemblement "fraternel-fratricide" autour d'une cause commune. La chasse au tiers exclu.
En l'occurrence Rroms et immigrés en Italie, actuellement. 
Le tiers exclu, la liste en général s'allonge très vite ! Le bouc émissaire, la déshumanisation des êtres sur qui toute la décharge pulsionnelle va se libérer et qui permettra à la machine infernale de se mettre en route. La machine à délirer . "Sale X, retourne chez toi!" - "Rats, juste bons à dératiser"- "Nettoyer" -"Liquider". Cette violence pour qu’elle produise son effet de catharsis des pulsions agressives doit paraître légitime à la majorité de la communauté.
Nous sommes contraints ensuite d'assister à un triste spectacle pareil à celui de Naples : de la haie d'horreur formée par une foule haineuse, jetant des cailloux, une Italienne lance un crachat sur une jeune femme rrom - la nuit, chassée de son camp avec tous les siens - c'est l'enfant qu'elle porte dans les bras qui le reçoit sur la joue . Rires, applaudissements. Une des manifestations parmi tant d'autres à venir de la haine ! Plus de culpabilité, plus de ressenti.
Les Rroms et immigrés sont présentés, non plus comme des humains, mais réduits en objets à détruire. Slogans haineux qui résonnent plus au niveau des pulsions primaires que de la pensée - puis le Sauveur narcissique appelé Berlusconi arrive avec le paquet sécuritaire. On en connaît un autre - acte manqué - son nom m'échappe ! Il commençait par H comme Haine.
Référence aux archétypes, inconscient collectif manipulé. Les névrosés sont rassemblés, déchargés, relayés par un leader qui les déresponsabilise et de la pensée et de leurs actes de violence. En échange, il offre un cadre radical, ritualisation du meurtre du frère, parade, sons et lumière : armée, costume, série d' interdictions délirantes liberticides (les dernières en date : construire des châteaux de sable sur la plage, s'asseoir à plus de trois sur un banc public la nuit, pique-niquer sur les places publiques, fumer en plein air !)
La fraternité chrétienne devient fratricide, fréroce. Même si détruire, c'est s'autodétruire ! L'internaute qui mentionnait la psychiatrie n'a pas tort. La haine féroce est une pathologie. Espérons que les psychiatres s'inviteront à ce grand débat-combat pour la démocratie.

* Jean-Richard Freymann :"Frères humains qui…." Essai sur la frérocité

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08/08/2008

Les Rroms, nomades malgré eux !

Et bien non, vous serez déçus ! Les Rroms ne sont pas les nomades que vous imaginez.Le 90 % d'entre eux sont des sédentaires en Europe. La littérature a énormément contribué a conforter cette image du Rrom errant, parti de nulle part pour nulle part. On parle éventuellement de "nomadisme cérémoniel" partir pour un évènement religieux, une rencontre familiale, des fêtes. Mais il s'agit avant tout aussi de revenir vers le lieu fixe d'habitation. En été, on observe de plus grands mouvements en fonction des métiers.

Les millions de voyageurs européens annoncés par bison futé chaque année sur les routes françaises ou autres sont-il des nomades ? Si oui, alors nous le sommes tous.
Un phénomène intéressant est de réaliser que ce sont les chasses à l'homme, les camps brûlés qui les poussent au nomadisme. Partir, être chassés et partir encore, sans aucune chance d'intégration.

Les Rroms sont poussés sur les routes de l'incertitude, jour après jour. Nomades malgré eux !

Voici une analyse intéressante par SAIMIR MILE, Président de la Voix des Rroms (in Courrier des Balkans)

L’immigration des Rroms - entre préjugés, craintes et chances
PAR SAIMIR MILE

La migration est un phénomène qui traverse les temps. A différents degrés et en différentes périodes, toutes les populations ont migré. Pour certaines, la migration est devenue un trait caractéristique de leur identité, ou de l’idée que l’on s’en fait. (…)
Le préjugé du Rrom nomade versus l’alternative « subir ou partir »
Dans tous les cas, et pour mieux comprendre le phénomène, il faut d’emblée éliminer une idée reçue qui a encore cours dans l’esprit de certains : le soi-disant nomadisme rrom. Arrivés en Europe au 14ème siècle, les Rroms ont marqué l’esprit des autochtones et l’envoûtement a duré pendant des siècles. Voyageurs parce qu’ils venaient de loin, ils le sont resté sinon dans les faits, dans l’imaginaire collectif. Nombre d’écrivains ont dépeint cette image du Tsigane errant de par le monde sans s’arrêter vraiment nulle part. C’est le préjugé le plus répandu des Rroms : un peuple nomade et libre. Libre parce qu’en mouvement.
Pourtant, historiquement rien ne prouve que le voyage soit un trait caractéristique de l’identité rromani. Au contraire, la réalité est qu’ils se sont installés quelque part aussitôt qu’ils l’ont pu. Certes, comme l’installation n’a pas été toujours possible, des groupes rroms ont dû prolonger leur voyage et au cours de l’histoire, certains ont intégré ce mode de vie itinérant ou semi itinérant en tant qu’élément de leur identité, mais il ne s’agit là que d’un nombre limité de personnes.
Quoi qu’il en soit, s’agissant des mouvements migratoires récents en provenance des Balkans, le prétendu nomadisme tsigane en tant que moteur de ces mouvements relève de la fiction. En effet, dans les Balkans les Rroms sont sédentaires depuis plusieurs générations et ils n’ont connu le voyage que par la littérature. La cause de ces migrations est donc à chercher ailleurs, et notamment dans la dégradation de la situation après les changements intervenus à l’Est depuis 1989. En effet, le changement radical d’une économie planifiée à une économie de marché et les privatisations massives ont jeté dans la rue la majorité des Rroms dans les pays ex-communistes. Il est vrai que le changement a été un choc pour l’ensemble de la société dans ces pays, mais un fléau supplémentaire s’ajoute lorsqu’il s’agit de la minorité rrom : le racisme qui a trouvé un terrain d’expression dans la démocratisation.
Il y a, à partir du début des années 1990, un mécanisme combinant à la fois la détérioration de la situation économique, le racisme et la corruption, mécanisme qui met des pans entiers de la minorité rrom dans l’alternative difficile : supporter une exclusion totale ou partir.
Causes et formes de la migration rrom
Il ne s’agit pas là d’être exhaustif sur les causes qui mettent un certain nombre de Rroms sur le chemin de l’exil. Elles sont nombreuses et diverses et on se limitera à décrire l’essentiel. D’ailleurs, elles expliquent le fait que généralement, les Rroms émigrent en famille.
Conflits interethniques
Il s’agit pas là de conflits dans lesquels les Rroms ne sont pas partie prenante en tant que tels, mais ils se trouvent victimes des conflits ambiants. C’est ce qui s’est passé lors des conflits en Bosnie et au Kosovo. Refusant de prendre partie dans ces conflits, beaucoup de Rroms ont quitté leurs foyers et n’ont pu y retourner parce qu’ils étaient perçus comme des traîtres.
Attaques racistes 
Au début des années 1990, dans le climat général de la démocratisation, la tsiganophobie populaire a trouvé un terrain propice à s’exprimer ouvertement et violemment. C’est ainsi qu’à la suite de rixes, des villages rroms entiers ont été brûlés par des paysans roumains au milieu des années 1990. Bien heureusement, depuis lors de tels actes n’ont plus eu lieu, mais ils sont la preuve d’une ambiance particulièrement tendue qui a poussé des Rroms à partir.
L’exclusion 
Il s’agit, numériquement, de la cause première de la migration des Rroms. Comme indiqué plus haut, il s’agit parfois d’une exclusion totale de toute possibilité de survie : de l’emploi, du logement, de l’éducation, de la santé etc. Comme cette exclusion est le fait d’un ensemble de mécanismes d’ordre politique, social et économique et non pas le résultat d’une politique gouvernementale qui cherche à exclure, il n’est pas aisé d’en cerner le fonctionnement à moins de faire une analyse profonde et globale.
La recherche d’un sort meilleur pour les enfants 
C’est là quelque chose dont on ne pense pas souvent, mais qui constitue une des causes principales de la migration des Rroms. La demande des parents rroms de scolariser leurs enfants dans les écoles françaises en est le meilleur indicateur, tout comme le choix de la France comme pays de destination privilégié par les familles rroms de Roumanie, en raison notamment de la facilité pour les enfants d’apprendre le français.
Toutes ces raisons expliquent le fait que la migration rrom est familiale et l’émigration individuelle est exceptionnelle. Dans quel cadre s’inscrit cette migration ? Etant donné l’absence d’une véritable politique d’immigration en France, la seule option reste la demande de l’asile politique. Un certain nombre de demandes ont pu aboutir au début des années 1990, mais la politique d’asile est devenue plus restrictive par la suite et actuellement, à quelques exceptions près, les seules demandes ayant une chance d’aboutir sont celles des Rroms de l’ex-Yougoslavie. La Roumanie, la Bulgarie et d’autres pays de l’Europe Centrale et Orientale sont considérés comme « pays sûrs », ce qui exclut la reconnaissance du statut de réfugié à leurs ressortissants.
L’épisode des Rroms de Zamoly qui ont pu obtenir ce statut à Strasbourg en 1999 pousse pourtant à réfléchir sur le bien-fondé de la notion de « pays sûr ». Toujours est-il qu’il reste un cas isolé et généralement l’asile politique n’est pas accordé à des Rroms provenant des pays de l’Est. Ils se retrouvent donc en situation irrégulière jusqu’en 2002, lorsque l’obligation de visa d’entrée dans l’espace Schengen est supprimée pour les citoyens bulgares et roumains. A partir de cette date, la plupart des Rroms migrants en France sont en séjour régulier, mais en tant que touristes.
La crainte de l’invasion versus un flux migratoire inchangé

Lorsque la Roumanie et la Bulgarie, déjà avancées dans leurs négociations pour l’adhésion à l’Union européenne, obtiennent la suppression de l’obligation de visa pour leurs citoyens, on craint fortement une invasion des pauvres de ces pays, et notamment des Rroms. La Roumanie adopte même une réglementation spéciale pour l’occasion, instaurant des peines correctionnelles pour séjour irrégulier dans l’espace Schengen.
En France, le gouvernement fait de l’immigration irrégulière son principal terrain de bataille. On parle partout d’expulsions, on veut faire du chiffre, tendance toujours actuelle après le remaniement du gouvernement. Pourtant, si on regarde de près, tout est faux : le flux migratoire n’a pas sensiblement augmenté depuis que les Rroms de Bulgarie ou de Roumanie n’ont plus besoin de visa pour se rendre en France. On estime leur nombre à environ 5000 personnes, pratiquement le même qu’avant la suppression de l’obligation de visa.
Finalement, beaucoup de bruit pour pas grand-chose. N’aurait-on pas à faire à un moyen privilégié de détournement de l’attention du public ?
Les chances
Dans une Europe en pleine extension, les mouvements migratoires et leur mode de gestion sont un test des défis que la construction européenne doit relever. Il ne s’agit pas uniquement des migrations, mais plus largement du développement économique de l’Europe élargie et des valeurs humaines qui l’inspirent.
Il faut d’abord prendre conscience du fait que l’émigration reste un déchirement pour ceux qui y ont recours. Dans le cas des Rroms ceci est vrai autant que pour d’autres populations. D’ailleurs, ceux qui peuvent prendre le chemin de l’exil ne sont pas les plus démunis ; un bon nombre de Rroms en situation de détresse profonde n’ont pas les moyens de quitter leur pays. La politique migratoire commence donc dans la politique du développement, d’un développement juste et équitable, profitable à tous, dans ce qu’on appelle « les pays d’origine ». Une telle démarche limiterait la propension à l’émigration et éviterait à un certain nombre de candidats le déchirement que l’exil provoque.
Ensuite, il faut comprendre que faire la guerre absolue à l’immigration n’est pas une solution. Certains politiques se plaisent à dire que dans un contexte de chômage élevé, il est irréaliste de dire qu’on a besoin d’immigrants.
C’est sans compter de réalités socio-économiques évidentes : fuite des cerveaux, vieillissement de la population, désertification des zones rurales et surtout, travail clandestin. Certes, il est beaucoup plus facile et plus payant politiquement de dire qu’il y a du chômage et donc il n’y a pas de place pour des immigrés plutôt que d’expliquer tous ces phénomènes et les moyens de les gérer.
Mais il faut trouver le courage politique pour s’engager dans cette voie, sous peine de laisser s’installer des tensions qui se révéleront très nuisibles dans un avenir proche. Passons en revue très rapidement les réalités socio-économiques mentionnées ci-dessus qui sont négligés dans le discours politique :
En refusant la scolarisation d’enfants rroms dont les parents sont juridiquement « touristes » ou même en situation irrégulière, non seulement on bafoue un des droits fondamentaux de l’enfant, mais on perd l’occasion d’éduquer des citoyens européens, sans parler des talents exceptionnels qu’on rencontre chez certains enfants et qui ne trouvent pas un terrain propice à leur développement.
Dans la même veine, on ne donne pas à ces enfants et adolescents la chance de pouvoir s’insérer ultérieurement dans la vie professionnelle alors qu’on sait que dans quelques années il y aura besoin de forces actives.
Parmi les Rroms présents en France, un grand nombre a travaillé dans l’agriculture par le passé et se sont trouvé sans emploi à la suite des privatisations. Il y a là un vivier pour les zones rurales qui se désertifient ou qui se transforment en lieux de vacances perdant ainsi leur caractère. Dans ces zones comme ailleurs, nombre de Rroms, notamment des femmes, pourraient être employées dans l’accompagnement des personnes âgées, une activité qui fait partie de la culture rromani.
Enfin, un certain nombre de Rroms se trouvent dans le marché noir de l’emploi, sans aucune protection sociale, et sont souvent victimes d’escrocs qui ne leur paient pas leur dû. Ce ne sont pas eux seuls qui y perdent, mais aussi les caisses de l’Etat.

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07/08/2008

Cachez ce Rom que je ne saurais voir !

Après les Roms, voilà venu le temps de s’acharner sur l’art. L’œuvre
de Tiepolo Giambattistas sera à l’avenir voilée, et ce tableau magnifique
qui représente « La Vérité dévoilée par le temps »est devenu
insupportable au Cavaliere Les historiens de l’art suffoquent de colère et
s’indignent comment peut-on voiler « la vérité nue ? »

Cette Vérité qui dérange et qui est un hymne à la vie, allégorie romanesque qui ne trouve plus sa place dans l’univers berlusconien. Son monde se réduit en peau de chagrin : des armes, des militaires, des troupes armées, exclusion,
chasse à l’homme,racisme, xénophobie…..

Adieu la vie, adieu l'art, adieu les Roms, adieu tous les autres. Il préfère le mortifère, le sinistre monochrome brun a tout envahi. Tiepolo doit être stupéfait de réaliser à quelle point sa Vérité dérange. Cacher, voiler, masquer,dissimuler sont devenus les enjeux de la politique italienne.

La Sua Emittenza , n’en pouvait plus de la Vérité nue, elle lui était devenue insoutenable.

Le Tartuffo est devenu indigeste !

09:10 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

05/08/2008

Ce sera un peu plus de mafia et un peu moins de Rom, svp!




Une analyse intéressante dans Libération montre le lien entre
l’organisation mafieuse et les Roms de Naples soumis au pizzo- l’impôt
mafieux –Etude proposée par un consultant en criminologie au Centre
français de recherches sur le renseignement, Fabrice Rizzoli. Ses conclusions
sont édifiantes : un camp brûlé à Naples , une chasse aux Roms en vue de
la spéculation immobilière qui profite à qui ? http://www.liberation.fr/rebonds/342852.FR.php

Quel constat ! Il s’agit bien de cela, exhiber la peur du Rom pour cacher
l’incapacité du gouvernement à s’attaquer aux vrais problèmes. Une mafia
bien implantée dans tous les circuits économiques, dans les sphères les plus
hautes. Pendant ce temps, on aveugle les Italiens, on “vise un ennemi
imaginaire” – “Les Roms sont le maillon faible et permettent de cultiver
la peur pour faire oublier les vrais problèmes à nos concitoyens…”
déplore Celestini, auteur, metteur en scène et acteur de théâtre.

En attendant Berlusconi impose la commande en serveur roublard : Prenez plus
de mafia et moins de Rom, ça vous coûtera juste un peu plus cher !

07:32 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (33) | |  Facebook | | | |

04/08/2008

Le cancre Maroni envoie sa copie à Bruxelles!



Imaginez une grande classe avec l'éternel bougillon au fond. Assis près de la fenêtre et contre le radiateur, il écoute à peine. Il fulmine sans cesse, ronchonne, menace les plus petits de coups de pied à la récré, à savoir les Roms et les immigrés.
Et bien le voilà ! C'est lui notre Roberto.

La maîtresse excédée - en l'occurrence la Commission européenne - lui demande enfin de montrer sa copie avant qu'il ne la finalise. Elle est quasiment sûre qu'il fait fausse route. Elle connaît son chenapan, il lui a déjà donné tant de fil à retordre !

Travail sale, grossier, râturé, maculé de tâches d'encre, assez cracra. L'élève Roberto, n'est pas très sûr d'avoir bien compris les consignes, pas concentré pour deux sous ! Il demande à la Croix-Rouge italienne - supposée être une bonne élève et qui se laisse parfois volontiers entraîner par le cancre - de l'appuyer par une lettre - en échange, elle recevra des petits bonbons à la récré. Il veut éviter de se faire tirer l'oreille, il va quémander sa deuxième lettre à l'UNICEF pour montrer qu'il n'est pas un si mauvais élève.

On entend déjà la Commission. Maîtresse dépitée par le cancre, lâcher en soupirant à force de le répéter inlassablement :

"Elève Maroni ! Restez donc un peu assis, un peu moins de fanfaronneries, moins de menaces. Un peu de respect à l'égard des camarades qui ont besoin de s'exprimer et qui ont des choses à vous apprendre. On ne cessera jamais de vous le répéter : plus d'intégration, plus de prévention, plus d'humanité. Roberto. Humanité ! Ecrivez-moi cela, cent fois, sur le tableau noir. Prenez donc exemple sur vos camarades et appliquez les lois communautaires ! "

A mon avis, Roberto va se ramasser un mauvais point pour sa copie ! Aïe ! Aïe ! quel carnet.

14:36 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

01/08/2008

LES ROMS AU SECOURS DE BERLUSCONI

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Mes chers amis Roms,


Je porte un toast à votre courage et à ce que vous devez endurer pour moi. Lorsque j’ai été nommé président du Conseil des ministres, il m’a fallu choisir parmi les mandats les plus difficiles et opter pour celui qui m’apporterait le plus de cre-di-bi-li-té . Après avoir passé en revue les grands axes de ma politique, il m’a fallu me rendre à l’évidence. Les seuls qui pouvaient sauver ma peau étaient bien vous. Vous, mes amis Roms !

La lutte contre la mafia et à laquelle j’ai renoncé puisque tous mes amis en font partie. Le pouvoir d’achat sur lequel je n’ai aucune influence. La lutte contre la pauvreté, la misère et l'indigence, chi se ne frega ! Toutes ces préoccupations pour lesquelles je ne puis strictement rien faire n’ayant ni les compétences et encore moins d’intérêt. Heureusement, j’ai déjà définitivement échappé à la justice en me mettant à l’abri de poursuites judiciaires. Unique chose efficace que j’ai réussie à obtenir, à ce jour.

En priant Dieu à genoux, l’implorant de me montrer la voie juste et comment rassurer les Italiens. En regardant longuement la croix sur laquelle Jésus sacrifié a versé son sang pour moi. Tout à coup, une illumination extraordinaire. A la place de Jésus, j’y ai vu un Rom.
Oui ! Une révélation divine. Dieu m’avait envoyé les Roms pour me venir en aide. Vous avez été désignés, tel l’agneau sacrifié sur l’autel de la politique italienne. Immolés pour faire oublier aux Italiens que tout va à la dérive. Je me lançai , à genoux, ruisselant de larmes sur le parvis de l’Eglise, pour remercier notre Père à tous de vous avoir désignés parmi nous.

Et les Italiens sont contents de l’holocauste que je leur offre. Ils m’encensent, m’honorent, vous êtes pourchassés avec tous les autres immigrés, je leur ai envoyé l’armée dans les rues. Ils se sentent enfin aimés, compris, rassurés. Ils avaient besoin d’un père, et bien ils l’ont. Omniprésent. Je pense pour eux, je décide pour eux. L’uniforme, l’armée sont des symboles puissants de la force du père, dès à présent elle se manifeste à tous les coins de rue.

Alors, mes amis Roms, laissez-moi vous remercier de m’avoir aidé à ériger cette statue que je représente et que presque l’Italie entière adore. Par votre courage, par votre don de soi, vous serez récompensés devant les Portes de St-Pierre. Je prie tous les jours pour que vous accédiez au Paradis, sans encombre, en remerciement des services rendus à l’Italie.

Dans le fond, Chers amis Roms, vous êtes les meilleurs citoyens italiens que le pays ait jamais eus et mériteriez, pour ce haut fait, d'être médaillés.

A votre santé, levons nos verres , tous ensemble, et buvons à votre gloire !




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