13/08/2008

Berlusconi- Les racines de la haine ou la frérocité

Parfois il est indispensable de revenir à la source, pour comprendre ce qui nous anime avec tant de haine et tant de passion.
Une remarque intéressante dans un des derniers commentaires de ce blog : la haine et le racisme sont du ressort de la psychanalyse. Décidément, me suis-je dit, quelle sale manie, à vouloir mettre du divan à tous les étages.
A bien y réfléchir, à force de puiser dans les profondeurs et chercher les racines de la haine, il faut se rendre à l'évidence, il ne n'agit effectivement que d'une somme de pathologies individuelles qui peut se répercuter à un niveau national et créer un rassemblement "fraternel-fratricide" autour d'une cause commune. La chasse au tiers exclu.
En l'occurrence Rroms et immigrés en Italie, actuellement. 
Le tiers exclu, la liste en général s'allonge très vite ! Le bouc émissaire, la déshumanisation des êtres sur qui toute la décharge pulsionnelle va se libérer et qui permettra à la machine infernale de se mettre en route. La machine à délirer . "Sale X, retourne chez toi!" - "Rats, juste bons à dératiser"- "Nettoyer" -"Liquider". Cette violence pour qu’elle produise son effet de catharsis des pulsions agressives doit paraître légitime à la majorité de la communauté.
Nous sommes contraints ensuite d'assister à un triste spectacle pareil à celui de Naples : de la haie d'horreur formée par une foule haineuse, jetant des cailloux, une Italienne lance un crachat sur une jeune femme rrom - la nuit, chassée de son camp avec tous les siens - c'est l'enfant qu'elle porte dans les bras qui le reçoit sur la joue . Rires, applaudissements. Une des manifestations parmi tant d'autres à venir de la haine ! Plus de culpabilité, plus de ressenti.
Les Rroms et immigrés sont présentés, non plus comme des humains, mais réduits en objets à détruire. Slogans haineux qui résonnent plus au niveau des pulsions primaires que de la pensée - puis le Sauveur narcissique appelé Berlusconi arrive avec le paquet sécuritaire. On en connaît un autre - acte manqué - son nom m'échappe ! Il commençait par H comme Haine.
Référence aux archétypes, inconscient collectif manipulé. Les névrosés sont rassemblés, déchargés, relayés par un leader qui les déresponsabilise et de la pensée et de leurs actes de violence. En échange, il offre un cadre radical, ritualisation du meurtre du frère, parade, sons et lumière : armée, costume, série d' interdictions délirantes liberticides (les dernières en date : construire des châteaux de sable sur la plage, s'asseoir à plus de trois sur un banc public la nuit, pique-niquer sur les places publiques, fumer en plein air !)
La fraternité chrétienne devient fratricide, fréroce. Même si détruire, c'est s'autodétruire ! L'internaute qui mentionnait la psychiatrie n'a pas tort. La haine féroce est une pathologie. Espérons que les psychiatres s'inviteront à ce grand débat-combat pour la démocratie.

* Jean-Richard Freymann :"Frères humains qui…." Essai sur la frérocité

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Commentaires

A en croire les divers articles, les anglais attendent les rroms, les bras grands ouverts...que les empêche-t-ils, les rroms, d'aller faire un tour en Angleterre, pour s'en convaincre ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 13/08/2008

Voyons Victor soyons serieux,

En Angleterre la loi c'est la loi et elle est appliquée avec bien plus de rigueur qu'en Italie, rien de bon pour nos amis rroms.

C

Écrit par : Eastwood | 14/08/2008

Dommage, votre dernier article "Rroms nomades malgré eux" avait un aspect constructif , voir instructif. Malheureusement on retombe vite dans le psychodrame populiste et extrêmiste.

AF

Écrit par : Alain Fernal | 14/08/2008

Cher Eastwood,

Je me demande quel sentiment, fait que des nomades, restent à un endroit précis, tout en sachant qu'ils ne sont pas aimés et encore moins les bienvenus...
Aurait-ils des réponses ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/08/2008

"Lorsque le doigt montre la lune, le chien regarde le doigt", dit le proverbe. J'avais promis de ne plus perdre du temps avec des cas désespérés et je tiens ma promesse.
Je réagis donc juste à la remarque d'Alain Fernal: je ne trouve pas du tout que l'article soit extrémiste, ni du psychodrame. Il est connu en effet que les génocides sont l'aboutissement d'un long processus, qui consiste à manipuler psychologiquement un groupe contre un ou plusieurs autres, au point de le rendre complice d'un projet d'extermination, projet qui à l'origine est le fait d'une personne, ou d'une poignée de personnes. C'est ainsi que de jeunes allemands se sont trouver à jeter dans les crématoires d'Auschwitz des bébés, pour ne parler que de l'exemple le mieux connu. Personnellement, c'est dans cet esprit que je comprends l'article, comme un appel à la vigilance et à la réflexion, sans rien exagérer, ni rien négliger.
Le Secrétaire général du Conseil de l'Europe, qu'on ne peut tout de même pas soupçonner d'extrémisme, a dit que la politique italienne à l'égard des Rroms rappelait des des périodes de l'histoire tellement évidentes qu'il n'était pas nécessaire de les mentionner.

Écrit par : voxrromorum | 14/08/2008

Voxrromorum,

Il y a quelque temps, vous parliez d'Antonescu.
Savez vous que ce brave personnage a fait tuer 1 million de soldats roumains en 24 heures, pour traverser Prut et envahir la Transnistrie ?

Oh...1 million de roumains, vous vous en foutez pas mal...hein ?
Tant que ce n'est pas des rroms...tout va bien, non ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/08/2008

Excusez-moi mon cher Victor de devoir rajouter que Antonescu, pronazi, s'est rendu coupable de la déportation d'environ 25'000 Roms en Transnitrie, où plus de la moitié d'entre eux ont trouvé la mort. Donc, je ne crois pas que Voxrromorum puisse s'en foutre, contrairement à ce que vous prétendez.

Écrit par : duda | 14/08/2008

Duda, il n'était pas question des 25 milles, mais du million...vous savez...comme les billets de loterie...à gratter...c'est sur le million, que j'aurais attendu une réponse grattée...

Les philosophes juifs, disaient, des milliers d'années avant nous, que celui qui prend une vie, tue toute l'Humanité...alors 25 milles, ou 1 million...ou pire ... 100 millions ... nombre des victimes du communisme, selon le "Livre noir du communisme" ...

Je me suis toujours demandé, pourquoi, à la manière de créer des statistiques et tiens, plus que nous sommes en plein Jeux Olympiques...de classements et records...pourquoi donc...ne créée-t-on pas un classement des criminels les plus...

1. Staline 40 millions
2. Hitler 30 millions...

Antonescu 1 million en 24 heures...

Se serait amusant, n'est-ce pas ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/08/2008

Avez vous lu l'article Wikipédia sur Ion Victor Antonescu ?

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ion_Antonescu

On dit souvent qu'Antonescu était un «dictateur fasciste».
Sur la première partie de la qualification il n'y a pas de doute, mais bien qu'ayant rangé la Roumanie aux cotés des vassaux du Troisième Reich, son alignement sur le nazisme n'était pas total.

Il a toujours eu une attitude discutable d'après les milieux nazis :

* Antonescu a dit personnellement à Hitler qu'il «ne s'intéressait pas aux idéologies, mais seulement aux intérêt de sa patrie, qui sont supérieurs [aux idéologies]».
* Sa belle mère, Frida Cuperman, était juive, tout comme sa maîtresse Raşela Mendel, avec qui -suppose-t-on- il voulait se marier.
* En Roumanie, il n'y a pas eu de «solution finale» (extermination des juifs): d'une part les juifs qui se trouvaient sur le territoire roumain n'ont pas été massivement envoyés vers des camps de concentration, et de nombreux juifs étrangers ont eu la vie sauve en passant par la Roumanie, d'autre part, le sentiment anti-juif dans le gouvernement ne peut être nié (expropriations, déportations et exécutions dans les territoires occupés de Bessarabie et de Transnistrie).
* Joseph Goebbels lui-même rapporte dans son journal personnel: «Antonescu est au gouvernement avec l'aide des maçons et des ennemis de l'Allemagne. Nos minorités [allemandes en Transylvanie] ont la vie dure. Le Reich a fait un tel effort pour rien.» (19 février 1941).
* Jusqu'à 1942, Antonescu a permis et même encouragé l'émigration des juifs vers la Palestine mandataire, avec l'argument que de cette façon le «problème juif» pouvait se résoudre. Cette politique cessa ensuite à cause du refus britannique d'accepter de l'immigration en Palestine de Juifs roumains, et de la pression de plus en plus importante du gouvernement hitlérien.

La condamnation d'Antonescu pour «crimes contre la paix» a été révisée par la Cour d'Appel de Bucarest le 6 décembre 2006.
La Cour a apprécié que des documents inconnus lors du procès, notamment les annexes secrètes du Pacte germano-soviétique prévoyant une agression soviétique contre la Roumanie, justifiaient la guerre préventive contre l'URSS en 1941.

La Cour d’appel de Bucarest vient de laver (2007) le maréchal Ion Antonescu de l’accusation de «crimes contre la paix». 2 organisations juives de Roumanie ont contesté cette décision.

Le fait que les conditions objectives de 1940 justifiaient une guerre préventive contre l'Union Soviétique, si bien que l'article 3 de la Convention de 1933 définissant ce qu'est une agression ne s'applique pas dans son cas.
La cour a déclaré nulles certaines décisions du Tribunal du Peuple du 17 mai 1946 condamnant Antonescu et d'autres accusés.
En conséquence, Antonescu et 20 autres personnes ont été déclarés non coupables de «crimes contre la paix à l'encontre des peuples de la Russie soviétique» (texte de 1946) et non coupables également en ce qui concerne certains «crimes de guerre résultant de la collaboration militaire entre la Roumanie et l'Allemagne», sur la constatation que les éléments constitutifs de tels crimes étaient absents.
La cour a maintenu en revanche les conclusions de 1946 faisant référence à une participation dans l'Holocauste.

La cour a fondé sa décision sur la nullité du Protocole Secret contenu dans le Pacte germano-soviétique, déclarant que :
«[...] en établissant les sphères d'influence, il était à l'origine des graves agressions territoriales subies par la Roumanie en 1940. Il a attenté ainsi aux normes impératives de la loi internationale à cette date concernant l'intégrité territoriale des États, c'est-à-dire à l'article 10 du Pacte de la Société des Nations [...]»

La cour a également fondé sa décision sur le précédent de l' «agression légitime» dû au Tribunal de Tokyo, qui a décidé que la déclaration de guerre des Pays-Bas au Japon en 1941 était légitime du fait que, à la Conférence Impériale de novembre 1941, le Japon avait annoncé qu'il annexerait les territoires néerlandais de l'Océan Pacifique.

La cour a estimé légitime la guerre contre l'URSS pour libérer la Bessarabie et la Bucovine du Nord dans la mesure où il s'agissait d'écarter une menace militaire soviétique imminente, déclarant que, vue sous cet angle, la coopération militaire avec l'Allemagne n'était pas illégitime.

Elle a constaté cependant que la Roumanie, par l'intermédiaire du régime d'Antonescu, a collaboré militairement avec les pouvoirs de l'Axe mais sans traité militaire, ce qui lui laissait une autonomie relative dans ses décisions, établissant ainsi une responsabilité propre de la Roumanie parallèlement à celle de l'Axe.

En acceptant le 12 juin 1941 de participer dans le cadre du Plan Barbarossa à des opérations militaires et des conquêtes territoriales, la Roumanie s'est livrée avec l'Alliance du Pacte tripartite à une guerre d'agression contre l'Union soviétique et les Nations Unies, ce qui justifie les conclusions de la cour de 1946 qui avait condamné les 21 accusés sur ce point.

La cour a fondé sa décision sur les conclusions du Tribunal de Nuremberg (1946) selon lesquelles la guerre engagée par l'Allemagne nazie était une guerre d'agression.
Dans sa référence aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité, la cour a constaté que l'existence du Pacte germano-soviétique ne pouvait pas justifier de tels crimes et que par conséquent la demande de révision qui les concernait était sans fondements.

Pour encore + de détails...

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roumanie_pendant_la_Seconde_Guerre_mondiale

À la suite de la défaite des Empires centraux, en 1918, la Roumanie se retrouve dans le camp des vainqueurs.
Puis à la suite des traités de Saint-Germain-en-Laye, en 1919, et de Trianon, en 1920, la Bucovine, la Transylvanie, la Bessarabie, la moitié orientale du Banat ainsi que divers territoires de la Hongrie orientale sont rattachées à ce qu'on appelle la Grande Roumanie, dont la population est de 18 millions d'habitants contre 8 millions avant-guerre.

Après la guerre, l'exploitation du pétrole et un début d'industrialisation, la situation économique de la Roumanie est relativement florissante, ce qui n'empêche pas, à partir de 1922, la montée d'un mouvement nationaliste antisémite, la Garde de Fer dirigée par Corneliu Zelea Codreanu puis par Horia Sima.

(au sujet du pétrole, aujourd'hui, dès que vous entrez en Roumanie, il y a des puits de pétrole, qui sont exploités, vous y voyez les forages en cours).

La Roumanie essaye de maintenir un certain équilibre entre l'Allemagne dont l'influence dans la région ne cesse de progresser après l'Anschluss de mars 1938.
Elle signe un accord avec l'Allemagne nazie en mars 1939 qui garantissent à cette dernière la livraison du pétrole roumain, mais elle ne participe pas au dépeçage de la Tchécoslovaquie, ce qui lui vaut, le 13 avril 1939, la signature d'un accord par lequel la France et la Grande-Bretagne garantissent son indépendance.

Quelques mois plus tard, l'Allemagne nazie et l'URSS signent le Pacte germano-soviétique dont une disposition secrète souligne l'intérêt soviétique vis-à-vis de la Bessarabie qui avait été une possession de la Russie tsariste de 1812 à 1918.

8 jours après la signature du Pacte, les Allemands envahissent la Pologne.
Officiellement, la Roumanie reste neutre et garantit même le droit d'asile aux membres du gouvernement en fuite.
Le 21 septembre, le premier ministre Armand Călinescu qui avait décapité en mai 1939 la Garde de Fer en arrêtant plusieurs de ses dirigeants, est assassiné par des membres de la Garde aux ordres de Horia Sima.
Armand Călinescu était soupçonné de vouloir faire une alliance avec l'Angleterre.
Le roi Charles II s'efforce de maintenir encore la neutralité pendant quelques mois, mais la défaite militaire de la France et de la Grande-Bretagne rendent très théoriques les assurances que ces 2 pays avaient faites à la Roumanie.

Après la perte de la Transylvanie du nord, la Garde de Fer de Horia Sima et le général Ion Antonescu s'unissent pour prendre le pouvoir, forcer le roi Charles II à abdiquer au profit de son fils de 19 ans Michel Ier (Mihai) et gouverner ce qu'ils appellent l’État national légionnaire qui va inéluctablement pencher du coté de forces de l'Axe.

Une fois au pouvoir, la Garde de Fer renforce la législation antisémite et met également en place une autre législation dirigée contre les commerçants et hommes d'affaires grecs et arméniens qui sera surtout appliquée de façon à ce que les gens en place puissent continuer à toucher des pots-de-vin.

Le 8 octobre 1940, prétextant une demande de la Roumanie, les troupes allemandes franchissent la frontière roumaine.
De fait, pas 1 seul coup de feu ne sera tiré et quelques semaines plus tard, en novembre 1940, la Roumanie rejoint les Forces de l'Axe.
Quant aux effectifs de la Wehrmacht stationnés en Roumanie, ils seront bientôt plus de 500'000, qui contrôlent le pétrole de Roumanie et à pied d'œuvre pour attaquer l'URSS.

Antonescu est maintenu à son poste, et pour être en mesure de reconquérir la Bessarabie, il accepte d'engager son pays plus avant dans la collaboration avec le Reich.

Mais avant d'entrer en guerre contre l'URSS en juin 1941 aux cotés de l'Allemagne, c'est le temps des règlements de compte entre Roumains.

La Garde de Fer est toujours la faction dominante.
Le 27 novembre 1940, plus de 60 anciens dignitaires et dirigeants sont exécutés par les légionnaires à la prison Jilava pour se venger de l'assassinat de Codreanu 2 ans auparavant.
Parmi les victimes, l'historien et ancien premier ministre Nicolae Iorga et l'économiste Virgil Madgearu, ancien ministre.

La cohabitation entre la Garde de Fer et Antonescu n'est pas toujours facile. Après les évènements du 27 novembre, la police des légionnaires avait été dissoute et les assassins de Jorga avaient été exécutés.

Le 20 janvier 1941, la Garde de Fer tente de s'emparer du pouvoir par un coup d'état doublé d'un Pogrom à Bucarest, mais Antonescu résiste, et au bout de 4 jours, la Garde est contrainte de quitter le gouvernement.

Sima et beaucoup d'autres légionnaires trouvent l'asile en Allemagne alors que d'autres sont emprisonnés.
En mars, Antonescu se fait plébisciter et obtient 2 millions de oui contre 3360 non.
Les syndicats ont été interdits à la fin de l'année 1940.

Le président du conseil par intérim s'appelle aussi Antonescu, son prénom est Mihai.
Lorsqu'on parle du régime d'Antonescu, on fait à la fois référence à Ion et à Mihai.

Le 22 juin 1941, l'Allemagne attaque l'URSS sur un large front.
Le nom de code de cette offensive est "opération Barbarossa".
Dans cette offensive, la Roumanie est aux côtés de l'Allemagne.
Au total, 473'000 soldats roumains sont engagés au sein de la troisième et de la quatrième armée roumaine.
Parmi les forces de l'Axe, il s'agit du contingent le plus fourni, après celui de l'Allemagne, bien entendu.
Les troupes roumaines traversent la Prout et, aux côtés des Allemands, récupèrent la Bessarabie et prennent Odessa et Sébastopol.
Les Roumains prennent une part essentielle dans le siège d'Odessa qui se termine le 14 octobre 1941 par l'évacuation de la ville par l'Armée rouge.

La Roumanie annexe les terres soviétiques immédiatement à l'est du Dniestr, c'est-à-dire à l'est de la Moldavie, une région appelée la Transnistrie, et après la bataille d'Odessa, la ville d'Odessa est à son tour annexée.

Les armées roumaines s'enfoncent plus profondément en URSS au cours des années 1941 et 1942 avant de subir aux côtés des Allemands, le désastre de la Bataille de Stalingrad.

En novembre 1942, le général roumain le plus important de la période, Petre Dumitrescu, commandant de la Troisième Armée roumaine bénéficie un moment de la mise à disposition par les Allemands de leur sixième armée pour lui permettre de résister à une offensive soviétique.

Le gouvernement Antonescu considérait comme inévitable une guerre avec la Hongrie au sujet de la Transylvanie, mais en février 1943, l'armée roumaine est décimée à Stalingrad et doit se mettre en retraite aux côtés de son allié allemand.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/08/2008

Nous avons été frappés au cours de nos recherches et de nos combats pour la reconnaissance des expérimentations réalisées sur l’homme à Strasbourg et au Struthof en 1943 par la prise de conscience que ce sont les médecins qui participent dès 1933 à la rédaction des premières lois raciales nazies (dont la stérilisation des sourds-muets), que c’est la profession qui adhère dans la plus grande proportion au nazisme et que ce sont les médecins allemands qui cumulent le plus de prix Nobel de médecine jusqu’en 1933.
Pour moi les expériences de Struthof et d’Auschwitz ne sont pas l’œuvre de médecins fous ni la conséquence d’un accident de l’histoire, ce serait fautif de ne retenir de ces tragédies que ce constat qui nous permettrait de nous situer définitivement, à partir de Nuremberg, du côté du «bien», autorisés dès lors à dénoncer le «mal».
Les choses sont beaucoup plus nuancées et je ne peux m’empêcher de poser la question du lien existant entre «la meilleure médecine du monde» et la réalisation de ces forfaits.
Les 2 éléments ne pourraient-ils pas être liés?
Par ailleurs comment intégrer dans notre recherche de compréhension l’incarnation la plus accomplie de l’idéologie médicale nazie que je situe, personnellement, plus encore au Struthof qu’à Auschwitz.
Dans le cadre de notre travail nous nous sommes toujours attachés à associer tous les groupes sociaux, politiques ou religieux qui avaient été stigmatisés par les nazis : malades mentaux, sourds-muets, Témoins de Jéhovah, homosexuels notamment et nous sommes battus pour lutter contre le relatif déni du génocide des Roms (Samudaripen en romani)
Nous avons toujours travaillé à honoré la mémoire des victimes des autres génocides du 20 ème siècle dont celui de nos frères ARMENIENS, en 1915.
Est-il pertinent d’essayer de s’identifier aux victimes, non pas pour se réapproprier leur expérience et leur témoignage sacrés et se substituer à eux, mais pour sensibiliser les générations futures à ce qu’ont pu être les «appels» des Sonderkommandos, les Musulmans, le froid, la faim, la soif, le renoncement à la pudeur et à la solidarité, la puanteur….
Est-il pertinent de s’identifier aux bourreaux et notamment aux médecins à partir du principe que l’exercice de la médecine est universel et intemporel et de la proposition de Levi : «L’oppresseur reste tel, et la victime aussi : ils ne sont pas interchangeables, il faut punir et exécrer le premier (mais si possible, le comprendre), plaindre et aider la seconde, mais tous deux, devant le scandale du fait qui a été irrévocablement commis, ont besoin d’un refuge et d’une protection, et ils vont instinctivement à leur recherche. Pas tous, mais les plus nombreux, et souvent pendant toute leur vie» (In les naufragés et les rescapés, page 25)

Qu’aurions-nous faits nous-mêmes si nous avions été médecins en 1933 en Allemagne?.
Notre mémoire d’Auschwitz doit rester vivante.
Qui en sera dépositaire quand tous les rescapés auront disparu?
Comment la reconnaître, comme l’identifier, comment l’étudier, comment la transmettre?
Y-a-t-il une pédagogie de la Shoah, y-a-t-il une pédagogie du Samudaripen?
Cette mémoire doit nous inciter à améliorer son enseignement et cela passe nécessairement par celui du contenu et de l’essence du procès de Nuremberg dans les facultés de médecine et de sciences en Europe.
Il nous faut aussi espérer que l’on puisse remettre à chaque étudiant en première année de médecine en France le rapport d’autopsie des professeurs SIMONIN, FOURCADE et PIEDELIEVRE, daté du 15 janvier 46, qui décrit méticuleusement l’autopsie, réalisée à Strasbourg de 17 sujets entiers et de 166 segments de corps appartenant à 64 personnes au moins.
17 matricules étaient déjà identifiés.
Rapport d’autopsie, dont j’ai suggéré au Président SARKOZY il y a un mois à peine, de pouvoir le remettre à chaque étudiant en médecine de première année.
Doit-on considérer cet emblématique drame comme un évènement anachronique ou en rechercher, en permanence la modernité, en mettant de manière obsessionnelle la médecine au service des plus démunis et des traumatisés d’aujourd’hui?
Sommes-nous capables de rendre Médecins du Monde inutile en revendiquant d’accueillir l’ensemble des misères de notre pays dans nos cabinets?
Nous célébrerons Yom Hashoah ,dans quelques jours, le 4 mai 2008.
Ce sera l’occasion solennelle de lire le nom de tous les juifs Bas-Rhinois qui ne sont pas revenus de déportation.
Les noms seront lus l’un après l’autre en présence de Mr Terry DAVIS.

La particularité strasbourgeoise de cette cérémonie réside dans le fait que nous tenons à associer depuis 3 ans « le devoir de connaissance » concernant le génocide des Roms
dont on estime à 600 000 le nombre de disparus du fait du totalitarisme nazi.

Nous voulons travailler à faire reconnaître le préjudice subi par ces communautés dans toute l’ Europe et notamment par le régime de Vichy.
Rappelons que « nos » derniers manouches n’ont été libérés des camps d’internement de Vichy…qu’en juillet 1946 !

Nous tenons à associer la mémoire des premières victimes du nazisme qui durent subir à partir de 1934 les stérilisations forcées : nous voulons parler des sourds muets et malentendants.
Demandez-vous comment ils ont pu témoigner de leur persécution ?
Une traductrice en langue des signes sera avec nous pour « signer ».

Nous évoquerons la liste de 210 noms de résidants des trois départements annexés ( Bas-Rhin, Haut-Rhin et Moselle) arrêtées au titre du motif 175 (Homosexualité).
Le seul à avoir témoigné reste le Mulhousien Pierre SEEL qui nous a quittés en décembre 2005.
Nous évoquerons les 100 malades mentaux de Hoerdt et Stéphansfeld transférés le 5 janvier 1944 à Hadamar pour y être gazés dans le cadre du programme d’euthanasie T4.

Nous honorerons la mémoire des 86 victimes juives des expérimentations sur l’ Homme réalisées par le Professeur Hirt en 43.
Nous donnerons le noms des 4 victimes Sintis ,connues, des expérimentations sur le phosgène du professeur BICKENBACH.
Les médecins allemands ayant adhéré au nazisme étaient ,à Strasbourg, parmi les meilleurs du Monde.

Notre travail est certes « un travail de mémoire » mais il se veut avant tout « un travail de connaissance » qui marque un des aspects fondateurs de l’ Identité Européenne et qui nous montre l’aspect dépassé de toutes les aspirations et revendications nationalismes ainsi que de la tentation de redéfinition « d’une identité nationale » irrémédiablement archaïque, comme nous le montre bien l’œuvre de l’école d’ Aimé Césaire.

Honorer chaque nom , c'est faire honneur à la mémoire de l' Humanité entière.

Dr Georges Yoram Federmann

Écrit par : Georges Yoram FEDERMANN | 14/08/2008

votre texte qui montre un engagement considérable sur le travail de la mémoire est magnifique.
Vous rappellez le triste rôle joué par les médecins et les scientifiques qui pratiquaient des tests scientifiques sur les victimes et comment aujourd'hui, plus que jamais, avec la recul et la connaissance des drames passés, la vigilance est de mise. Les psychiatres, sociologues, anthropologues, philosophes doivent continuer à disséquer, analyser, expliquer les sources de nos pulsions les plus agressives. Le comportement de groupe, les phénomènes de société. Sortir des études et recherches académiques, sentir l'air du temps, investir le terrain pour le sentir vibrer, réagir, prévenir, expliquer, démonter des mécanismes primaires . Se comprendre, c'est se dépasser dans notre animalité et nos archaïsmes.

Écrit par : duda | 14/08/2008

Nous vivons, malheureusement une époque, dans laquelle beaucoup nient l'histoire.
L'Iran et son président, ne veulent rien savoir du nombre de juifs morts dans la Shoah, ni des criminels, qui, selon eux, serait les juifs eux-mêmes ...pour..."nettoyer la race juive"...des handicapés et autres "indésirables"...

Le père de Michel Drucker est ainsi pris pour un collabo, dénonçant des juifs, Yasser Arafat est "promu" juif, parce que voleur et corrompu.
Soha Arafat, s'est vu retirer la nationalité tunisienne...

Cher docteur Federmann,
Votre voeux, exprimé dans cette phrase :
"Honorer chaque nom, c'est faire honneur à la mémoire de l' Humanité entière."
n'a de valeur que dans les sociétés respectueueses de l'Histoire.

1917 et la déclaration de Balfour, est pour les musulmans, le point de départ du sionisme...tout en passant sous le silence le plus assourdisant le texte de napoléon, pourtant présenté par le Ministère Français des Affaires Étrnagères, dans une exposition, dans leur locaux.

http://victordumitrescu.blog.tdg.ch/archive/2008/05/24/napoleon-bonaparte-et-l-emancipation-juive.html


C'est aussi oublier les achats de terrains par la banque fondée par le baron de Rotschild...

Parler de "Palestine" c'est continuer dans la volonté romaine de faire oublier la présence juive en Eretz Israël, jusque dans le nom...
Parler de "palestiniens" c'est oublier les bédouins, les conquêtes musulmanes, la Porte Ottomane et son déclin, qui poussât les fellahs (paysans) aux confins de l'Empire Musulman Turc...


Mais ... on s'en fout royalement des juifs ... eux, ils peuvent crêver...

Lisez à ce sujet, je vous prie, mon article, sur la différence entre :

1 africain;
1 palestinien;
1 juif.

http://victordumitrescu.blog.tdg.ch/archive/2008/06/11/discrimination.html

Shalom à tous.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 14/08/2008

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