31/07/2008

S'attaquer à la pauvreté, pas aux pauvres !



Incendies de camps de Roms à Ponticelli près de Naples, Milan, Gênes.
Cocktails molotov jetés dans un camp à Rome et cela peu après le recensement de sa population effectué par la Croix-Rouge italienne. Les camps ont la vie dure et cela depuis les déclarations intempestives d’éradiction des camps, annoncée le 11 mai par Maroni, lors d’une conférence de presse spécifiant “ que tous les camps Roms devront être démantelés, et leurs habitants seront soit expulsés, soit incarcérés ». On en recense 700 en Italie.

Il est nécessaire de rappeler que la plupart des camps Rom sont d'abord des lieux d’habitation avec leur organisation propre et contrairement à l’appelation fausse de « camp nomade » , ce sont des personnes sédentarisées qui y vivent et ce depuis plusieurs générations.

Le seul effet pervers d’une politique à court terme - qui tient plutôt lieu d'effet d’annonce - engendrera une multiplication de nouveaux camps “sauvages” puisqu'à ce jour, le gouvernement n'a pas proposé d'autres alternatives.
Il serait préférable de réaliser l’aménagement des camps actuels et en faire des lieux de vie décents avec eau et électricité, passage obligé pour initier des programmes d’insertion, entre autre la scolarisation des enfants.
Un exemple intéressant est fourni par le groupe EveryOne. A Terralba (Oristano) – un camp de 52 Roms devait être évacué sans autre alternative de relogement. En partenariat avec la commune, un représentant dynamique et obstiné du groupe a réussi à convaincre en faveur d’une solution humaine et créer avec le soutien d’autres Amis dei Rom di Terralba un Village de la solidarité dans lequel seront investis 500 milles euros . Un exemple d’un programme de solidarité positif et réussi et qui mériterait d’être renouvelé ailleurs.

En sus, à voir les conditions de vie de certains quartiers pauvres à la périphérie des grandes villes italiennes, autres ghettos des laissés-pour-compte, il est encore préférable de rester dans un camp rom et par conséquent de l’aménager. Moins dangereux et moins coûteux.

Le gouvernement italien devrait davantage s’appliquer à éradiquer la pauvreté plutôt que de s’attaquer aux pauvres !


22:34 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

23/07/2008

Roms parties avec des rêves d'enfants italiennes

" Vous pouviez les sauver et vous ne l'avez pas fait. Vous pouviez respecter leur mort et vous ne l'avez pas fait. C'est vous qui êtes malades !"  scande Vera Carig, la grand-mère de Cristina e Violetta, les deux  soeurs roms du campo de Secondigliano.   Mortes, noyées  samedi passé , sur  la plage de Torregaveta, entre l'indifférence de tous et les tentatives de quelques uns pour les sauver. Mais si peu nombreux.

13 ans Cristina, 12 ans Violetta. Elles sont habillées de fête, avec un habit blanc,  plein de  dentelles et de voiles.  La plus jeune porte un diadème avec un papillon sur le front et sur ses petites mains  des  gants blancs,  rehaussés d'anneaux dorés. «Violetta se sentait italienne, comme toutes les jeunes de son âge, elle rêvait de devenir une star. Devant son miroir, elle dansait. Elle se sentait  italienne, mais elle est morte comme une rom " - sussurre la maman , Myriana Gergevic, 28 ans -

Ils sont tous nés en Italie, ce sont les grands-parents qui étaient originaires de Zagreb. Colère, mais solidarité aussi devant la pièce transformée en chapelle ardente. Les Italiens, amis de la famille viennent la soutenir.  Un  ami proche souligne :  "Ce sont des gens généreux, hospitaliers." Fleurs, bougies, chacun apporte quelque chose. En prévision des caméras et photos de presse,  les éboueurs ont récolté les déchets devant le camp. L'oncle se plaint "Nos enfants sont morts comme des chiens pendant que les gens se bronzaient et maintenant, ils se souviennent que nous vivions comme des chiens au milieu des déchets napolitains

La maman des petites, minuscule femme,  aux yeux  bleus,  raconte :" Il y a trois mois, devant le camp,  un accident de voiture toucha deux jeunes italiens. Nous sommes tous sortis de nos baraquements pour les aider. Nous les avons secourus et traités comme des fils, alors que nos enfants ont été abandonnés sous des serviettes éponges.

"Je ne les maudis pas avec la force de leur haine, mais avec la force de mon amour pour mes enfants."

(chronique napolitaine)

17:19 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

22/07/2008

Ma dai, Maroni, encore un effort !

 

Maroni , ministre de l' intérieur, se sent mal-aimé, incompris. Il hurle à l'injustice "on a dit des choses sur nous et sur moi terri-bi-li ! - Il sous-entend l'UE et la presse européenne en général.

Face aux critiques, il se radoucit et envisage la possibilité de délivrer la "citoyenneté aux enfants roms orphelins,  nés en Italie et à qui , en sus,  il précise bien , on désignera un nom et un prénom" -  Une personne très imaginative lui a soufflé , dans l'oreille,  qu'il pourrait même appliquer le "ius soli" - tout enfant né en Italie se verrait attribuer automatiquement la citoyenneté.

Virevolter, contenter les uns puis les autres, calmés les fâchés, les très très en colère. A cet exercice périlleux, Maroni s'y perd et certains plongent avec lui dans une confusion totale : hier les empreintes digitales, aujourd'hui la citoyenneté pour les orphelins, et demain ?

Et bien demain,  c'est simple, se poser la question est déjà y répondre. La citoyenneté pour tous ceux qui sont nés en Italie et qui y vivent depuis toujours !

17:49 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

21/07/2008

CHRONIQUE DE LA HAINE ORDINAIRE

1216487298041_torre4.jpgIl est 13h30 - Deux corps d'enfants sont allongés, côte à côte, sur la plage de Torregaveta à Naples.

La plage- à cette heure, est encore bondée de baigneurs qui observent le spectacle des corps inanimés et ramenés par les sauveteurs du 118. Aussitôt, on les recouvre d'un drap de bain éponge, à gros motifs, d'où seuls les petits pieds dépassent.

Violetta et Cristina avaient 12 et 13 ans, deux soeurs qui venaient du camp de Secondigliano. Elles avaient chaud. Elles pensaient se rafraîchir en se trempant dans l'eau, mais un fort courant devait les emporter. Elles ne savaient pas nager.

Dans l'indifférence la plus totale, les baigneurs continuent à se bronzer tournant le dos à la tragédie. Pas la moindre réaction, pas le moindre signe de compassion, pas le moindre frémissement. On s'enduit de crème à bronzer, on mange des glaces, on hausse les épaules.

Ce n'étaient que des enfants Roms !

Face à un tel mépris, à un tel dédain, on réalise une fois encore que le racisme et la xénophobie transforment les gens en bêtes de somme dont le lourd fardeau de la bêtise et de l'intolérance les éloignent de toute humanité.

Italiens, réveillez-vous ! Le discours anesthésiant du fascisme vous transformera en bêtes, en monstres, en machines !
Redevenez humains et cela pour votre propre survie !

10:16 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

18/07/2008

UN PETIT COUP D'POUCE SILVIO ?

IMG_0020.JPG

UN PETIT COUP DE POUCE SILVIO POUR LES DECHETS DE NAPLES ? MA COUR EST PROPRE, MON CAMP IMPECCABLE  !

22:21 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

TOUS FICHES AVEC LES ROMS

Le gouvernement italien pour sortir de l'impasse dans lequel il s'est engouffré sur l'affaire des empreintes digitales - prélevées uniquement sur les Roms - tente de s'en sortir avec une nouvelle pirouette. Etendre cela aux citoyens italiens.

Tous les Italiens dès 2010 posséderont,  sur la carte d'identité,  le relevé de leur  empreinte digitale. Alors pourquoi anticiper avec les Roms qui sont pour la plupart aussi citoyens italiens ?

 Sous prétexte de ne pas faire de discrimination tous les citoyens donc seront dorénavant :  contrôlés, surveillés, fichés par un Etat omniprésent et inquisiteur.

 La politique sécuritaire est une forme certaine  de fascisme !  Tous fichés, tous *fascisés, tous fâchés !

* participe passé : dans le sens de subir le fascisme

16:32 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

16/07/2008

Quel est le rôle exact de la Croix-Rouge? Fichage des Roms



Un précédent intéressant du rôle "d'observateur neutre" joué par la Croix-Rouge dans l'expulsion des Roms. Qui ne dit rien, consent ?
" On ne pourra jamais concevoir l’humanitaire dans la collaboration à une rafle et à une expulsion" et on peut rajouter au fichage des Roms.

CQFD N°009



Des Roms aidés par la Croix-Rouge à monter dans les cars de CRS

Mis à jour le :15 février 2004. .


Le 14 avril 2003, des familles roms de Montreuil (93) se faisaient expulser de leur logement et du pays par les forces de police. Présente sur les lieux, la Croix-Rouge semble avoir scrupuleusement observé son devoir de neutralité, si l’on en croit le témoignage de Hanlor Gabriel-Tardieu, membre du comité de soutien aux Roms de Montreuil : « A l’intérieur du cercle de policiers qui entouraient le bâtiment, la Croix-Rouge était présente pour veiller au bon déroulement de ce que la préfecture a qualifié d’“interpellation sur la voie publique”. La Croix-Rouge était là lorsque les familles défilaient mains au mur pour être fouillées, jusqu’aux enfants auxquels on demandait de retirer leurs chaussures et les bébés auxquels on retirait les couches. Elle était là aussi pour les installer dans les cars des CRS : les hommes d’une part, les femmes et les enfants de l’autre. Direction les centres de rétention. Le collectif auquel j’appartiens travaillait depuis un an à la scolarisation de ces enfants, à l’accès aux soins pour ces familles, etc. Un travail humanitaire au sein duquel la Croix-Rouge était alors absente. On ne pourra jamais concevoir l’humanitaire dans la collaboration à une rafle et à une expulsion. Surtout lorsqu’on sait que ce retour en Roumanie se solde par la prison, ou par une suppression du passeport pour ceux qui ont plus de chance, mais de toute façon par une mort lente, les Roms n’ayant accès à rien… »

Publié dans CQFD n°9, février 2004.

22:11 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (5) | |  Facebook | | | |

Croix-Rouge et fichage des Roms ?

 

Décidément Dunant doit se retourner dans sa tombe, trépigner, pester. Que fait donc la Croix-Rouge à se faire le relais de la politique berlusconienne dans le fichage des Roms ?

Lors de l'invasion de  Amérique Latine par les Espagnols et plus tard le massacre des Indiens, on envoyait  les porteurs de croix aussitôt suivis par  les porteurs d'armes.

Religion et fascisme font assez bon ménage. Hitler commandait de graver sur le ceinturon des soldats allemands qui allaient  massacrer femmes, enfants et hommes.

"Gott mit uns"

 

12:18 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

14/07/2008

Managgia alla miseria ! L'exception Rom

Chi è entrato clandestinamento in Italia è clandestino  !  dixit Maroni - C'est ce qu'on appelle l'art de la formule ou du brut de coffrage.

Deux poids, deux mesures - Maroni  beugle pour que les vieux l'entendent aussi et s'égosille:" il n'y aura plus  d'exception, c'est  la même justice pour tous ! "

Après ça, la  machine cérébrale se met en branle. Primo, les Roms  étant Européens et  soumis à la libre-circulation des personnes ne sont pas des clandestins.  Secundo, sans-papiers et non extracommunautaires ( clandestins touchés par le raccourci marron) il suffirait de régulariser les Roms. 

Première exception, le traitement des Roms par opposition aux autres groupes. Test ADN, empreintes digitales de tous y compris "i piccoli" ,  photographiés de biais, de face, fichés, enregistrés dans une base et tutti quanti.

Deuxième  exception et de taille touche les "badanti" - (de badare, s'occuper) originaires pour la plupart des Philippines et du Brésil  et qui gardent les petits vieux italiens 24H/24,   ceux-là mêmes  qui ont voté Berlusconi et qui maintenant ont peur de perdre leur béquille humaine. Ils seront vraisemblablement régularisés et pour cause, l'Italie vieillissante n'a juste pas le choix. (en 2002 ,  Berlusconi procédait à une régularisation de plus de 700'000 personnes)

Troisième exception l'immunité parlementaire de Berlusconi qui se met à l'abri durant son mandat et au-delà il y aura prescription - Pas d'exception, pas d'exception, la même justice pour tous. Taratata.........

" L'égalité entre les hommes est une règle qui ne compte que des exceptions."

 

17:10 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

13/07/2008

Empreintes digitales d'enfants Roms

IMG_0012[1].JPG            UNE EUROPE OUVERTE ET UTILE

Résolution sur les empreintes digitales d'enfants Roms : "La victoire d'une Europe ouverte et utile"


Strasbourg, le 10 juillet 2008 - Le PE vient d'approuver une résolution par 336 voix pour, 220 contre et 77
abstentions , une résolution qui exhorte les autorités italiennes à s'abstenir de collecter les empreintes digitales des
Roms, y compris les mineurs.
Voici ce que Monica Frassoni, Coprésidente du Groupe des Verts/ALE au Parlement européen, a déclaré à l'issue
du vote :
"Il s'agit d'une belle victoire, un signal important adressé au gouvernement italien et à tous ceux qui pensent pouvoir
revenir, au nom de la "sécurité", à des pratiques inacceptables et discriminantes. Le Parlement européen rappelle à
l'Italie et aux Etats membres que l'UE est avant tout une communauté de personnes, construite sur le partage de
valeurs communes, dont une particulièrement importante, le respect des droits de l'homme.
Mais il ne s'agit pas uniquement de cela. Le vote d'aujourd'hui correspond également à la prise de conscience de la
totale inefficacité dans le cadre de la lutte contre la criminalité, de toutes ces mesures qui contribuent à renforcer
l'exclusion.
Nous n'avons pas simplement voté une résolution, nous avons accompli un travail utile. Le Commissaire européen
M.Barrot, a fait des déclarations très claires dans ce sens, l'Italie est sous tutelle de l'UE. Le ton du gouvernement
italien est radicalement différent. Il est question qu'il fasse maintenant un rapport sur les mesures prises et il s'est
engagé à ne violer aucune norme internationale ou européenne, nous verrons. Pour l'instant nous prenons acte de
l'absolue nécessité d'un tel débat."

11:18 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

12/07/2008

Même un chien mérite mieux !


Dans un quartier tranquille de Milan à Monte Bisbino, cinquante familles d’origine serbe avec passeport croate - ce qui représente environ 350 personnes - vivent sur un terrain agricole acheté par eux.
Les maisons en bois ou en ciment peintes de couleurs vives sont alignées les unes à côté des autres. Terrasses et jardins sont fleuris, les cours bien balayées, les enfants jouent tandis que les jeunes chiots leur courent après, éclats de rire cristallins. La vie est là, joyeuse en apparence.

Mais les visages des adultes sont inquiets, les Roms installés dans ce quartier y sont depuis plus de 15 ans et craignent l’expropriation et l’expulsion. La plupart des enfants sont scolarisés, les jeunes en formation professionnelle et les adultes ont des emplois fixes dans des industries proches.


Jovan , l’ancien de cette communauté réside en Italie depuis plus de 37 ans, accordéoniste professionnel – il raconte être né en Croatie. Il y a vendu tous ses biens et a acheté le terrain agricole en question. Il est déjà arrière-grand-père et présente fièrement ses arrières petits –enfants, 27 en tout qui ne possèdent pas de document officiel attestant de leur nationalité. Seul le certificat de naissance atteste de leur identité. Il raconte que depuis les évènements à Naples et les camps brûlés, les enfants ne dorment plus, ils font des cauchemars, ils crient la nuit qu’on va leur brûler leur maison.
Vous comprenez, dit-il, ils parlent et comprennent mieux la langue que nous, alors ils savent ce qui se passe ailleurs.
Sa femme nous rejoints, lasse. Elle non plus ne dort pas. Mais où veulent-ils nous expulser ? On ne sait pas où aller, notre vie est ici, j’ai peur, dit-elle. Même nos propres amis italiens se détournent de nous et ne nous saluent plus comme avant.

Dans un autre camp proche de là, une dizaine de femmes sont assises autour d’une table devant un pavillon préfabriqué, les roulottes sont installées , juste à côté. Elles ont préparé le café à la turc. Une des femmes crie qu’elle vient de recevoir un ordre d’expulsion de son camp, bien qu’elle soit calabrese. “Le maire m’a donné trente jours pour partir” soupire-t-elle – Elle renchérit :” mon enfant est très malade et mon mari est à l’hôpital” - C’est un homicide ! U-mi-ci-dio ! insiste-t-elle en séparant bien les syllabes . Une autre femme lui répond :”même un chien malade on ne le jeterait pas dans la rue” . Quand je pense que j’ai voté pour Berlusconi, j’aurai tout aussi bien pu voter pour de la mortadella , ça n’aurait fait aucune différence ! lâche la Calabrese d’un air dégoûté.







10:11 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | | | |

11/07/2008

La Réserve d'Indiens de Berlusconi version Roms

Decima Malafede est la plus grande et précieuse réserve naturelle du Lazio. 600 Roms y ont été parqués, Italiens, originaires pour la plupart de Sararevo , autrefois ils vivaient à Ponte Decima . Pas âme qui vive à moins de cinq kilomètres, leurs seuls interlocuteurs : biches et poules d'eau. 6150 hectares à perte de vue. Remake de retour aux sources, Rousseau aurait adoré.

Situation provisoire mais qui perdure. Pas d'eau potable , pas de bus à proximité, taux de fréquentation scolaire en chute.


Peu importe, c'est le nouveau parc d'attraction prévu pour amuser les foules. Vente de pop-corn à gauche, boissons à droite, caisse centrale pour vente de billets d'entrée. Le gouvernement prévoit de fortes entrées d'argent afin de payer avocats et amendes si Il Cavaliere devait se faire attraper la main dans le sac pour corruption.

On l'a toujours soupçonné d'être un visionnaire et en matière de prévention, il est assez bon.


Pour conclure ce sont les Roms qui payeront la note.






02:34 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

09/07/2008

ROMS - Ce qui se passe en Italie fait froid dans le dos

Ce matin 6 juin à Milan , nous avons vu arriver la fourgonnette scientifique pour le fichage de mes parents dans leur camp à Milan. Mon père et ma mère ont été internés dans un camp de concentration, ils ont survécu. Mon grand-père est mort à Auschwitz-Birkenau. A nouveau fichés, ils tremblaient en répétant "c'est comme ça, exactement, que tout a commencé - d'abord nous recenser, nous ficher, puis finalement nous exterminer." tout recommence pareil à autrefois comme sous Hitler et Mussolini.


Giorgio Bezzecchi répète inlassablement, dénonce " ce qui se passe en Italie sous nos yeux fait froid dans le dos " . Giorgio Bezzecchi , leur fils est indigné. Il est vice-président de l'Association Opera Nomadi qui a pour but depuis des années de promouvoir l'intégration sociale, politique et culturelle des Roms à Milan.

Aujourd'hui, il porte plainte et demande en sus ce qu'il adviendra de ces fiches. Classées entre celles des assassins, des mafieux et des terroristes. Giorgio est Italien, il a mené des études supérieures. Il ne comprend pas où veut en venir le gouvernement italien, il constate seulement une politique de répression, d'exclusion et de xénophobie.


Il y a en Italie 160 '000 Roms et Sinti recensés, pour la plupart Italiens. Donc il s'agit uniquement d'un recensement sur base ethnique. Sur les fiches on peut lire par exemple, Serbe-Rom-Orthodoxe alors qu'il s'agit de citoyens italiens.







23:53 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

08/07/2008

Nous nous sentons si seuls

Mon nom est Jovic Juvica. Je suis accordéoniste, fils d'accordéoniste et petit-fils de violoniste, originaire de Belgrade. En Italie depuis 30 ans, j'ai eu huit enfants dont deux sont morts. Vous me demandez de quoi sont-ils morts ? Il hausse les épaules, il sont morts, c'est tout ce qu'il y à dire.
Moi-même, mes enfants, petit-enfants et arrières-petits enfants ne possédons aucun document officiel en Italie, malgré cela mes enfants ont suivi l'école obligatoire. Actuellement, ils travaillent tous. Nous vivons de notre musique depuis toujours et résidons dans un camp à Milan.

Aujourd'hui, et depuis l'ordonnance de Berlusconi, les temps sont devenus durs pour nous les Roms. Nous craignons d'être fichés, nos empreintes digitales relevées. Mêmes celles de nos enfants le seront comme pour les grands criminels, les maffieux, les terroristes.

Certains Roms sont déjà parqués dans des réserves pareils aux Indiens d'Amérique. Mais vous avez vu le résultat en Amérique ? Les Indiens souffrent. Ils ont accusé une jeune Rom roumaine d'avoir tenté de kidnapper un enfant à Naples, de toute évidence ce n'était pas une Rom. Qu'importe cela suffisait à stigmatiser un peuple entier. La presse n'a pas démenti.

Dites-le ! Vous la raconterez mon histoire. Expliquez à votre peuple combien nous nous sentons seuls face à cette politique de haine, de racisme et de xénophobie.

Laissez-moi moi vous jouer un air d'accordéon. Merci ! N'oubliez pas de raconter l'histoire des Roms d'Italie.

17:24 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (20) | |  Facebook | | | |