23/07/2008

Roms parties avec des rêves d'enfants italiennes

" Vous pouviez les sauver et vous ne l'avez pas fait. Vous pouviez respecter leur mort et vous ne l'avez pas fait. C'est vous qui êtes malades !"  scande Vera Carig, la grand-mère de Cristina e Violetta, les deux  soeurs roms du campo de Secondigliano.   Mortes, noyées  samedi passé , sur  la plage de Torregaveta, entre l'indifférence de tous et les tentatives de quelques uns pour les sauver. Mais si peu nombreux.

13 ans Cristina, 12 ans Violetta. Elles sont habillées de fête, avec un habit blanc,  plein de  dentelles et de voiles.  La plus jeune porte un diadème avec un papillon sur le front et sur ses petites mains  des  gants blancs,  rehaussés d'anneaux dorés. «Violetta se sentait italienne, comme toutes les jeunes de son âge, elle rêvait de devenir une star. Devant son miroir, elle dansait. Elle se sentait  italienne, mais elle est morte comme une rom " - sussurre la maman , Myriana Gergevic, 28 ans -

Ils sont tous nés en Italie, ce sont les grands-parents qui étaient originaires de Zagreb. Colère, mais solidarité aussi devant la pièce transformée en chapelle ardente. Les Italiens, amis de la famille viennent la soutenir.  Un  ami proche souligne :  "Ce sont des gens généreux, hospitaliers." Fleurs, bougies, chacun apporte quelque chose. En prévision des caméras et photos de presse,  les éboueurs ont récolté les déchets devant le camp. L'oncle se plaint "Nos enfants sont morts comme des chiens pendant que les gens se bronzaient et maintenant, ils se souviennent que nous vivions comme des chiens au milieu des déchets napolitains

La maman des petites, minuscule femme,  aux yeux  bleus,  raconte :" Il y a trois mois, devant le camp,  un accident de voiture toucha deux jeunes italiens. Nous sommes tous sortis de nos baraquements pour les aider. Nous les avons secourus et traités comme des fils, alors que nos enfants ont été abandonnés sous des serviettes éponges.

"Je ne les maudis pas avec la force de leur haine, mais avec la force de mon amour pour mes enfants."

(chronique napolitaine)

17:19 Publié dans Solidarité | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Comment transformer un accident (bien malheureux) en un drame raciste.
A quoi bon maudire quelqu'un d'autre, au lieu de leur avoir appris à nager ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 23/07/2008

Aujourd'hui, nous déplorons le décès d'un ami très cher qui se nommait "Bon Sens" et qui a vécu parmi nous depuis de longues années.

Personne ne connaît exactement son âge, car les registres de naissances ont été perdus il y a bien longtemps dans les méandres de la bureaucratie.

On se souvient de lui pour des leçons de vie, comme "La journée appartient à celui qui se lève tôt ", "Il ne faut pas tout attendre des autres" et "Ce qui arrive est peut-être de MA faute".

http://victordumitrescu.blog.tdg.ch/archive/2008/05/13/avis-mortuaire.html

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 23/07/2008

Il y a une quarantaine d'annpées, je devais avoir 12 ou 13 ans, j'ai entrepris avec mon cousin de 2 ans plus jeune de franchir en canot pneumatique les chutes de l'Areuse, à Cortaillod (NE). Nous nous y sommes rendus en sifflant le générique de "Les coulisses de l'Exploit", une émission de télé d'une des deux chaînes de l'époque. La suisse et la française.
Le dinghy s'est plié, nous sommes passés à la baille. Pris dans les remous chargés de bulles d'air sous la chute, j'ai mis quelques temps à sortir, car même en nageant vers le haut à la verticale, je n'avais pas de prise. Je m'en suis sorti en me hissant à la corde pendante du dinghy, resté bloqué sous la chute.
Mon jeune cousin, vêtu d'un blouson en peau de mouton avec la laine de dessus, a été projeté plus loin dans la rivière, mais plaqué au fond par le gilet chargé d'eau, il a du marcher sur le sol pour s'en sortir. Bref nous avons mis pas mal de temps à àmmerger, moi d'abord puis mon cousin, au moins une minute...
Il y avait sur les rives, dans un rayon de 50 mètres, une bonne demie-douzaine de pêcheurs, suisses et italiens, comme toujours à Neuchâtel à l'époque. Mon cousin et moi étions français, mais cela ne se voyait pas.
Le truc, en dehors du fait que nous avions pris un risque stupide, c'est que pas un pêcheur n'avait entrepris de plonger dans l'eau froide (c'était les vacances de Pâques)pour nous en sortir.
Alors certainement qu'il y a du racisme anti roms et peut-être que s'il s'était agi d'enfants clairement italiennes, les gens auraient réagi différemment. Mais je crois surtout que l'indifférence et le chacun pour soi atteignent des sommets dans nos sociétés. Et cela ne date pas d'hier.

Écrit par : Philippe Souaille | 01/08/2008

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