12/07/2008

Même un chien mérite mieux !


Dans un quartier tranquille de Milan à Monte Bisbino, cinquante familles d’origine serbe avec passeport croate - ce qui représente environ 350 personnes - vivent sur un terrain agricole acheté par eux.
Les maisons en bois ou en ciment peintes de couleurs vives sont alignées les unes à côté des autres. Terrasses et jardins sont fleuris, les cours bien balayées, les enfants jouent tandis que les jeunes chiots leur courent après, éclats de rire cristallins. La vie est là, joyeuse en apparence.

Mais les visages des adultes sont inquiets, les Roms installés dans ce quartier y sont depuis plus de 15 ans et craignent l’expropriation et l’expulsion. La plupart des enfants sont scolarisés, les jeunes en formation professionnelle et les adultes ont des emplois fixes dans des industries proches.


Jovan , l’ancien de cette communauté réside en Italie depuis plus de 37 ans, accordéoniste professionnel – il raconte être né en Croatie. Il y a vendu tous ses biens et a acheté le terrain agricole en question. Il est déjà arrière-grand-père et présente fièrement ses arrières petits –enfants, 27 en tout qui ne possèdent pas de document officiel attestant de leur nationalité. Seul le certificat de naissance atteste de leur identité. Il raconte que depuis les évènements à Naples et les camps brûlés, les enfants ne dorment plus, ils font des cauchemars, ils crient la nuit qu’on va leur brûler leur maison.
Vous comprenez, dit-il, ils parlent et comprennent mieux la langue que nous, alors ils savent ce qui se passe ailleurs.
Sa femme nous rejoints, lasse. Elle non plus ne dort pas. Mais où veulent-ils nous expulser ? On ne sait pas où aller, notre vie est ici, j’ai peur, dit-elle. Même nos propres amis italiens se détournent de nous et ne nous saluent plus comme avant.

Dans un autre camp proche de là, une dizaine de femmes sont assises autour d’une table devant un pavillon préfabriqué, les roulottes sont installées , juste à côté. Elles ont préparé le café à la turc. Une des femmes crie qu’elle vient de recevoir un ordre d’expulsion de son camp, bien qu’elle soit calabrese. “Le maire m’a donné trente jours pour partir” soupire-t-elle – Elle renchérit :” mon enfant est très malade et mon mari est à l’hôpital” - C’est un homicide ! U-mi-ci-dio ! insiste-t-elle en séparant bien les syllabes . Une autre femme lui répond :”même un chien malade on ne le jeterait pas dans la rue” . Quand je pense que j’ai voté pour Berlusconi, j’aurai tout aussi bien pu voter pour de la mortadella , ça n’aurait fait aucune différence ! lâche la Calabrese d’un air dégoûté.







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Commentaires

Cet exemple est triste si il est vrai, mais tous les roms d'italie ne sont pas aussi innocents et pacifiques que ceux décrits dans ce récit.
Viols, prostitution (y compris filles et garçons mineurs mis sur le trottoir par leur propres pères), crimes en tous genres, sans oublier des meurtres d'une extreme violence qui ont choqué l'opinion publique.

Les italiens n'ont pas l'habitude de se laisser faire. Si l'état n'agit pas ils prendront les choses en main, avec l'opinion publique de leur coté, car le bon sens (celui qui disparait un peu plus de jour en jour dans nos sociétés) à encore une signification pour certaines de ces personnes.

Dans bien des pays les excès du système légal dans le domaine de la défense et des droits des personnes à crée des injustices "légales" contre lesquelles l'état ne peut pas agir sans subir des vives critiques de défenseurs en tous genres.

L'italie à décidé d'agir et c'est tant mieux.

Écrit par : Boulet | 12/07/2008

Boulet, je voudrais vous dire deux ou trois mots:
- Les viols, prostitutions, crimes en tous genres, meurtres d'une extrême violence qui ont pu choquer "l'opinion publique" sont dans l'écrasante majorité des cas de purs montages. Aucun cas concret n'est présenté. Le cas Reggianni a mis le feu aux poudres, mais la personne arrêtée (Nicolae Romulus Mailat): (a) n'est pas un Rrom -regardez l'interview de son père ici: http://youtube.com/watch?v=EhYBxjn4ZDc et (b) nul n'est dit sur les tissus contenant l'ADN du meurtrier qui a du être trouvé sous les ongles de la victime, puisque celle-ci s'était défendue. Il en va de même pour le jeune fille qu'on a accusé d'avoir voulu voler un enfant. Elle n'est pas Rrom non plus et était baby-sitter dans l'immeuble, et rien ne prouve qu'elle ait voulu enlever l'enfant.

Quant à l'opinion publique, je pourrai me limiter à citer le grand sociologue Bourdieu, pour qui l'opinion publique n'existe pas. Ceci dit, je voudrais ajouter qu'elle aussi est une création et fruit de manipulations des plus diverses, comme le prouve le cas italien. Vous n'y avez pas échappé non plus d'ailleurs. Vous semblez cautionner l'action de la population, c'est-à-dire les pogroms. C'est une opinion purement fasciste, bien corroborée par vos propos sur les "injustices "légales"" dont vous parlez. Je ne sais pas quelles seraient ces fameux "excès du système légal dans le domaine de la défense et des droits des personnes", j'ai du mal à en voir en l'espèce. Apparemment, ce que vous voulez dire c'est que le système de défense des droits des personnes ne devrait pas s'appliquer aux Rroms, et en cela vous êtes en parfait accord avec tous les fascistes, anciens et nouveaux.

Écrit par : voxrromorum | 13/07/2008

Depuis notre enfance, les Roms ont été classé comme voleurs .. de poules etc.
Certains ont rendu service en confectionnant des corbeilles, en aiguisant des couteaux etc. Et maintenant, que pouvons leur offrir à ce peuple de nomades qui se déplace dans des régions plus habitables (lire aisés)? Rien ou presque rien. On les pousse à mendier, à voler, à se prostituer. A qui la faute? Aux roumains qui ne savent pas les intégrer? Aux Roms qui ne veulent pas se soumettre? Formez vous-mêmes votre opinion, en pensant qu'il y toujours une part de vérité!

Malheureusement, une majorité de bons paient pour une minorité de mauvais, comme c'est souvent le cas (Albanie, Kosovie, Serbie sans nommer tous les autres).
Et si on fichait tous les moutons, pas seulement les moutons gris ou noirs?

Écrit par : Bruno Mathis | 16/07/2008

Dans mon enfance, les roms ou gitans étaient des artisans, des rempailleurs, des aiguiseurs de couteaux aussi, des vitriers, des troubadours... aujourd'hui, certains se sont reconvertis dans la mendicité des rues beaucoup plus rentables usant de tous les artifices pour vous faire sortir votre porte-monnaie. Je suis sûre qu'il existe des associations d'entr'aide aux Roms qui agissent directement en Roumanie ? Qui sont-elle ? De plus, Madame C.R, notre ministre du DFAE devrait s'entretenir avec son homologue roumain pour dénoncer cela et trouver des solutions en Roumanie. C'est moins médiatique que la cause colombienne ou kosovarde mais c'est un sujet aussi important....

Écrit par : demain | 16/07/2008

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