14/05/2017

Les Gitans du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord

gawazi.jpgEn Afrique du Nord, il faut rappeler que ce ne sont ni des Juifs, ni des Berbères, ils ne parlent pas l’hébreu ni le tamazight bien qu’ils puissent avoir appris et l’un et l’autre et l’arabe, mais ce sont bien des Rroms qui appartiennent véritablement à ces descendants de castes indiennes parmi « les intouchables » aux métiers reconnus impurs par la société brahmanique et interdits de sédentarisation. Ils ont quitté les rives de l’Indus ou le Sindh au XVème siècle pour venir par la route du Nord, jusqu’en Espagne, soit ils appartiennent à la toute première vague antécédente qui dès le X et XIème siècle avec les troupes Mongols, arriveront  par l’Afghanistan et l’Iran et que l’on voit vivre encore aujourd’hui dans tout le Moyen-Orient et appelés Doms parlant le Domari, une langue du sous-continent indien ou Nawars par les Arabes, terme qui fait référence au feu parce qu'autrefois ils étaient  forgerons et maréchal-ferrants.

Surnommés, Beni Adass en Algérie et devenus un terme péjoratif pour décrire tout nomade, certains venaient de Tunisie en 1962 et dont les femmes mendiantes et voyantes étaient surnommées en Algérie guezenettes.

On a identifié très tôt, les célèbres Ghawazi d’Egypte qui faillirent mettre en déroute l’armée de Napoléon, les soldats hypnotisés par ces danses orientales que l’on appellera ensuite la danse du ventre et dansées par ces femmes magnifiques dans les harems puis dans les lieux publics par la suite et lors de mariages ou de rituels religieux soufis, étonnamment encore autorisés lors des moulids  Un proverbe égyptien fait référence à ces danseuses "la vie est comme les Ghawazee, elles ne dansent qu'un instant pour chacun." mais elles ne se possèdent pas. 

A l’époque des pharaons, des danseuses sont déjà dessinées nues et arborant une ceinture autour de la taille, les Rroms y auraient importé les premiers chevaux. On les croyait alors venus d’Egypte, ce qui leur vaut l'appellation de Gitans (qui vient de l’Egypte) , puis Bohémiens parce que venus de Bohème, mais à l'origine, ils sont  tous de l’Inde et ce sont bien ces danseuses-là qui amèneront les castagnettes utilisées déjà par les Ghawazi d’Egypte que l’on croira espagnoles et l’art du tatouage qui se répandra dans tout l’Orient.

Les Rroms ou Doms  du Moyen-Orientet de l' Afrique du Nord nous sont peu connus. Ils ont suivi les grands courants, chassés par les guerres, la faim, les génocides, ils gardent tous ceux issus de la route du Nord et ceux issus de la route du Sud , les mêmes traditions, une langue rromani ou Domari en arrière-fond, des langues indiennes venues autrefois du Punjab et du Rajasthan , le goût pour les arts et la musique, le spectacle de rue, la voyance.

Partis plus tôt que leurs frères rroms de la route du Nord, on voit dès le XIème siècle déjà des Droms en Iran, les musiciens y sont invités en masse. Al Firdusi, philosophe et historien perse mentionne dans son livre des Rois, l’arrivée en 1010, de 12'000 musiciens rrom dans la cour du roi Bahrâm Djour et à sa demande.

Les Beni Addas d’Algérie ont souvent été confondus avec des tribus berbères, on les trouve encore, mais très peu,  à Oran ou à Constantine, ils pratiquent la voyance et des tours de magie dans les parcs ou dans la rue.

Ibn Khâldoun, né à Tunis d’une famille originaire du Yémen et établie en Andalousie, comme Léon l’Africain décrivent déjà ces populations qui se distinguent par les arts et la musique et se différencient des autres tribus. Ibn Khâldoun premier sociologue de son temps et qui rédige « Une histoire des Berbères » réalise qu’un peuple proche mais différent existe proche des hilaliens et issus des Balkans.

Après la guerre d’Algérie, arrivés en nombre à Marseille, on les surnommera les gitans pied-noirs venus de Tunisie et d’Algérie. Dans le campement Fenouil, terrain qui accueillera de nombreux réfugiés, on réalise que certains Rroms venus d’Algérie parlaient encore l’espagnol et dansaient le flamenco, une lignée qui a quitté l’Espagne et l’Inquisition, un pont existait déjà entre l ‘Andalousie maure et les pays d’Afrique du Nord, il suffit de voir le parcours d’Ibn Khâldoun.

En Syrie, les Doms ont fui la guerre et se sont réfugiés dans les pays voisins, parfois ils se disent seulement syriens pour ne pas être stigmatisés, au Kurdistan, ils se disent Kurdes et son appelés Qurbat, Zott en Iran, Ghorbat en Irak,  un groupe actif de Dom s'est établi à Jérusalem, mais un fin observateur connaissant la langue rromani, ou domari reconnaîtra comme lieu de géographie et identitaire des Rroms, cette langue qui se mêlant à d’autres parvient à se transmettre et identifiable entre toutes car d’origine sanscrite et dont les dernières réminiscences pour certains groupes nous permettent de les identifier.

Les Rroms du Moyen-Orient est un volet encore peu connu, tant on les a confondus avec des peuples nomades ou bédouins, ou berbères ou que sais-je encore.

Mais comme partout, depuis toujours, depuis la nuit des temps, les Rroms ne se laissent pas dénombrer de manière précise, car quant on commence à les compter, ils savent qu’ils risquent de disparaître et que c'est le seul objectif du recensement. 

Combien de Gitans au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ? Seuls eux  peuvent y répondre. Un chiffre de cinq millions a été avancé au Moyen-Orient avec une majorité en Syrie.

Sujet peu renseigné par des sources écrites, nous avons toutefois beaucoup de traces orales en Afrique du Nord.  Donc continuez à témoigner de ce que vous savez selon la tradition orale. 

 

Pour ma part, j’ai croisé les voyantes alors que j’étais petite sans doute d’origine tsigane en Tunisie et on ignorait qu’elles l’étaient, les attribuant à un groupe berbère, elles allaient d’une maison à l’autre dire la bonne aventure en lisant les lignes de la main. Elles sortaient toujours d’un air mystérieux de leur sein un sachet rempli d’herbes magiques pour envoûter ou enlever le mal. Tous les matins, une « degezze » s’arrêtait devant mon portail et j’adorai la regarder, elle tenait pour moi du mystère et nourrissait tout mon imaginaire.

En Egypte, j’ai pu voir les Ghawazi danser dans des cabarets, je n’avais jamais vu un tel spectacle et ce fut la première et la dernière fois. Je pense que les Islamistes ont fait le reste du travail et les effacer du paysage égyptien.

En Italie, dans les camps rroms, j’ai identifié un groupe familial de gitans d’Algérie qui parlaient, le rromani ou le domari,   l’arabe, le français et l’italien, ils faisaient du café à l’oriental assis sur des tapis en écoutant Om Kalthoum. J'étais stupéfaite de découvrir des Rroms d'Algérie dans un camp italien, tous d’une beauté saisissante.

 

Les Banat Mazin de Luxor, les dernières Ghawazi (1967)


3u-Massin sisters, Luxor, Egypt--some of the last performing Ghawazee.jpg

 

 

THE ROMANI TRAIL  

https://www.youtube.com/watch?v=OqgjYybGllY


 

Nawar de Jordanie


 

El gitana del desierto 

 

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06/05/2017

Personne de chez nous ne doit voter pour cette femme !

"Mes bons Manouches et Voyageurs, Ma bonne famille, personne de chez nous ne doit voter pour cette femme !" Appel aux siens de Niki Lorier, 100 ans, survivant du Génocide !

En magnifique langue Manouche sous-titrée !

Ecoutez-le bien ! 

"Je ne veux plus que cela arrive

Vous êtes des gens d'honneur et nous restons des gens d'honneur. 

 


 

Ounen romené Sinté Kané miro dat o Niki ilo 100 berch pouro und bis kané nor ilo i tchatcho morch. Mer am a lota pal lesté. Katé an o valché und an i Europa o nazi kamélé glane té vel. Mer mouka men ga té krel und kouramen té djala poudega ! Kané chounen miro pral und mo dat ap kaï vidéo.

 

EDERLEZI de GORAN BREGOVIC pour la Saint-Georges le 6 mai, fête des Rroms des Balkans :
podcast

 

Sa me amala oro kelena
Oro kelena, dive cerna
Sa o Roma daje
Sa o Roma babo babo
Sa o Roma o daje
Sa o Roma babo babo
Ederlezi, Ederlezi
Sa o Roma daje

Sa o Roma babo, e bakren chinen
A me chorro, dural vesava
Romano dive, amaro dive
Amaro dive, Ederlezi

Ediwado babo, amenge bakro
Sa o Roma babo, e bakren chinen
Sa o Roma babo babo
Sa o Roma o daje
Sa o Roma babo babo
Ederlezi, Ederlezi
Sa o Roma daje

Tous mes amis dansent l'oro
Ils dansent l'oro, ils fêtent le jour
Tous les Roms, maman
Tous les Roms, papa, papa
Tous les Roms, ô maman
Tous les Roms, papa, papa
Ederlezi, Ederlezi
Tous les Roms, maman

Tous les Roms, papa, sacrifient l'agneau
Sauf moi, pauvre tambour, je reste à l'écart
Le jour des Roms, notre jour
Notre jour, Ederlezi

Ils nous donnent, Papa, un agneau
Tous les Roms, papa, sacrifient l'agneau
Tous les Roms, papa, papa
Tous les Roms, ô maman
Tous les Roms, papa, papa
Ederlezi, Ederlezi
Tous les Roms, maman

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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30/04/2017

Les Rroms de Colombie à l'épreuve de la paix

DSC00502.JPGBogota- Un Rrom représentant de sa Kumpania (patrigroupe familial), -  ils sont une dizaine venus de tous le pays - ,  se lève devant les membres du Ministère de l’intérieur colombien  et les interpelle, la séance qui se déroule dans une salle de réunion d'hôtel, a pour but d'écouter les revendications des Rroms dans le cadre du processus de paix signée à Cuba, à la Havane  avec les FARC et de sa mise en pratique. Une paix tirée au forceps et pour laquelle de nombreux Colombiens interrogés trouvent que les négociations ont été mauvaises, mais que mieux  vaut  mettre le poing dans sa poche pour les générations futures et offrir la paix à leurs enfants malgré la douleur des morts et des déplacés. 

Pour les Rroms, c'est la première opportunité historique  de sortir de l'ombre, les accords de paix prévoyant une place pour les indigènes dont les Rroms et leurs droits entiers, sans exclusion et sans discrimination avec une reconnaissance totale de leurs spécificités. Ils ne veulent pas manquer le train en marche. 

Le chef  interroge la délégation gouvernementale colombienne : 

"Que savez-vous de la culture rrom, que savez-vous de notre langue ?  Que savez-vous de nous, on n’a jamais existé à vos yeux. Combien sommes-nous, le savez-vous ? Pour vous,  nous sommes un peuple invisible, nous sommes le peuple de l'ombre" . En face, profond silence ! 

Avec les accords de paix et la mise en place d’un processus rapide d'implémentation des accords et  de leur mise en oeuvre gouvernementale appelée “Fast track” et qui met fin à plus d'un demi-siècle de conflit armé, les Rroms de Colombie ont décidé de sortir de leur statut d’invisibles et d’entrer dans l’Histoire par la grande porte. La tâche est grande tant ils sont peu connus. On en recense plus de 4'000 en Colombie, six millions en Amérique latine. 

Consultation politique, reconnaissance de leur statut de groupe ethnique par la création d’une circonscription qui leur serait propre, la 17ème sur les 16 autres qui regroupent des réalités territoriales spécifiques, le peuple itinérant ne veut pas rentrer dans cette logique administrative qui ne leur correspond en rien. Etre associés sans distinction aux autres groupes ethniques leur paraît impossible.

DSC00505.JPGDroit à l’éducation, droit à la santé, droit à la reconnaissance de leur identité propre, de leur langue, de leurs coutumes. Ils expliquent comment ils ont vécu le conflit armé, les déplacés, les assassinats, même invisibles, ils ont été frappés de plein fouet, et eux aussi, comptent  leurs morts et leurs disparus. L'homme qui est assis à côté de moi, raconte, la voix étranglée,  la disparition de son frère et de toute sa famille sauvagement assassinés dans leur finca. Quelles réparations jusque-là ?  L'Unité des Victimes, n'a même pas pris sa demande en considération.

Ils demandent aux representant du gouvernement de pouvoir participer aux discussions à la Havane qui se tiendront prochainement pour défendre la paix, eux qui ont toujours été un peuple de paix, ils veulent s’assurer d’être associés aux discussions et non plus rester les exclus, les rejetés, les laissés-pour compte.

A la commission nationale du dialogue du peuple Rrom, organe de consultation des Rroms, les femmes y sont très présentes, elles parlent tantôt en romanès,  tantôt en espagnol. 

Invisibles pour la Colombie mais aussi pour le reste du monde. Aujourd’hui, on dénombre plus de 6 millions de Rroms en Amérique latine. Les premiers débarqués en Colombie, sont arrivés lors du troisième voyage de Christoph Colomb vers le Nouveau Monde, en 1498. Embarqués de force, ou clandestins fuyant l’Espagne, interdits d’y mener leur mode de vie sous menace d’emprisonnement, fuyant l’esclavage en Valachie, fuyant le nazisme, les Rroms sont arrivés par vagues successives  au cours des siècles.

En Colombie, pour la première fois, ils veulent eux aussi participer à  la construction de cette nouvelle ère porteuse de paix, ils veulent devenir acteurs de leur vie et prendre ce tournant historique. Il leur aura fallu attendre six siècles pour passer de l’ombre à  la lumière. 

Baxt tai sastimos

Les femmes, intellectuelles engagées et Rroms prennent la parole 

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A lire

Les droits spécifiques des minorités ethniques et culturelles dans l’Accord de paix entre les FARC-EP et le Gouvernement colombien du 24 août 2016
Droits des minorités (Colombie)

https://revdh.revues.org/2526

27/04/2017

L'odyssée des Rroms de Colombie

5844329.image_.jpg"Sont passés et passent encore en Inde quelques gitans et vagabonds, qui utilisent leurs coutumes, leur langue, et continuent à vivre de manière déconcertante parmi les Indiens, qu'il est facile d'influencer par leur simplicité naturelle et qui dans ces royaumes de Castille (sur laquelle notre justice ne parvient pas à effacer les dégâts qu'ils causent) sont si préjudiciables qu'il est nécessaire qu'en Inde, à ces grandes distances, que ce soit ce peuple ou d'autres, qui parviennent à couvrir ou dissimuler des vols, d'appliquer le moyen le plus efficace pour combattre un contact si pernicieux avec des gens si mal inclinés. Envoyons aux vice-rois, présidents, gouverneurs et à nos juges et prévenons-les avec le plus grand soin que nous les informons que nous connaissons véritablement la présence dans les provinces, de Gitans, ou vagabonds paresseux et sans emploi, qui pratiquent leurs coutumes, parlent leur langue, professent leur art et leurs mauvais traitements, volent et font de la magie, puis envoyons ceci dans les royaumes, qu'on les ramène sur les premiers navires avec leur femme, enfants et domestiques et qu'ils n'aient plus aucune raison , sous aucun prétexte de revenir en Inde, ou dans les îles adjacentes."

Loi approuvée par Felipe II en Elvas, le 11 février 1581

Arrivés après maints exploits en Amérique latine lors du troisième voyage de Christoph Colomb, malgré les navires encalminés, après avoir échappés aux corsaires, à la faim, à la maladie, à la soif, les Rrom posent les pieds sur le sol sud-américain, un 13 juillet 1498.
Les conquistadores confondirent d'abord le Nouveau Monde avec l'Inde et ce continent qu'ils voulaient peupler à tout prix, les fit craindre que des Rroms puissent exercer une mauvaise influence sur ces Indiens en voie de conversion forcée et réduits à l'esclavage et leurs efforts d'imposer "leur civilisation" réduits à néant.

D'abord expulsés et emmenés vers le Nouveau Monde, les voilà donc interdits et menacés d'être ramenés en Espagne. Les Gitans s'enfoncent alors dans les terres pour échapper au décret qui menace de les ramener dans ce royaume où l'Inquisition continue à frapper les innocents. Ils deviennent par conséquent invisibles, une invisibilité qui a perduré tout au long des siècles et qui s'étend jusqu'à aujourd'hui sous d'autres formes.

Initialement venus de l'Inde au XVème siècle de la région du Pundjab et Sindh (Pakistan), ils fuyeront d'abord l'invasion violente de l'Islam en se déplaçant vers l'ouest du pays, - ce sont des castes d'artisans originaires depuis des milliers d'années de la rive orientale de l'Indus- , les conquêtes mongoles les pousseront à nouveau plus loin, vers l'Europe cette fois-çi où leur art et savoir-faire sont accueillis à bras ouverts dans une Europe encore moyenâgeuse.

Les Rroms de Colombie continuent à parler leur langue d'origine, le Romanès dont les racines sont le sanskrit et à notre plus grande surprise, on les voit continuer à fabriquer entre autres objets en cuivre, des samovars, un savoir-faire transmis de père en fils et ce depuis les rives orientales de l'Indus.

samovar.pngOn recense plus de 4'000 Rroms en Colombie, plus de 6 millions en Amérique latine, une majorité au Brésil. Les traditions sont restées bien ancrées, les enfants apprennent en plus de la langue du pays dans lequel ils vivent, la langue de leurs ancêtres et les artisans continuent à fabriquer ces objets en cuivre qui se vendent sur les marchés comme des objets d'art tant ils sont d'une facture parfaite. Un art transmis d'une génération à l'autre.

 

 

 

 

Le drapeau des Rrom proche de celui de l'Inde , une roue dans les deux cas.

DRAPEAU RROM

La roue rouge, chakra, avec 16 rayons

280px-Flag_of_the_Romani_people.svg.png

DRAPEAU INDIEN

Au centre Chakra d'Ashoka , une roue bleue avec  vingt-quatre rayons.

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A lire

Les droits spécifiques des minorités ethniques et culturelles dans l’Accord de paix entre les FARC-EP et le Gouvernement colombien du 24 août 2016
Droits des minorités (Colombie)

https://revdh.revues.org/2526

19:00 | Tags : rrom de colombie, gitans de colombie | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

19/08/2015

Samaritain de La Courneuve - Mieux vaut un bidonville que le néant !

bidonville-main.jpgLe projet de fermeture imminente du bidonville Samaritain de La Courneuve, où vivent 80 familles,  soit 300 habitants,  relance le débat de quel habitat pour les plus précaires. Comment loger des migrants qui ont tout laissé derrière eux.  Pour les moins imaginatifs, certains sont même allés à proposer d' enterrer vivants des réfugiés dans des abris de protection civile, comme à Genève. 

Férue de Hundertwasser, je soutiens que la question du logement doit rester au cœur du débat humaniste et d’autant plus lorsque ces abris de fortune construits au fur et à mesure des années finissent par créer un espace dans lequel chacun, tant bien que mal s’est reconstruit une vie; a établi un rapport de voisinage, et a vu naître des cours de jeux improvisées. Et on s’étonne de voir qu’une organisation sociale tissant des liens entre les uns et les autres a pris corps au milieu de cet enchêvetrement de tôle et de bois, de masures qui prennent des allures de pièces, puis de chambrettes, des pièces qui reconstituent tant bien que mal nos logements, avec cuisine et pièces communes.

Dans les années 1960, on voyait arriver des Algériens engagés pour leurs bras venir par milliers et entassés dans des baraquements, l’Etat s’est cru obligé de les confiner dans des immeubles gris, faits de ciment et de tristesse. Des bâtisses sombres de lignes droites  qu'avait en horreur l'artiste-architecte autrichien "  La ligne droite est un danger créé par l’homme car elle est étrangère à la nature de l’homme, de la vie, de toute création … "

Quelques décennies plus tard, on les explosera  à la dynamite, convaincus que faire vivre des personnes dans des cages à lapins les isolent, les destructurent, les  réduits à vivre dans des ghettos susceptibles de n’engendrer que de la violence et qui excluent  au lieu d’intégrer.

Pour ma part, je me souviens  dans les années 90, des bidonvilles, en Italie,   dans lesquels vivaient des Rroms ayant fui la guerre en Yougoslavie. Cabanes, roulottes, puis une organisation sociale qui émerge du chaos.  Des plantes devant les maisons, des chats, des chiens, des poussins, des enfants qui jouent. Chacune des familles avait l’impression de s’être reconstruite  grâce à une ingéniosité sans pareille , un lieu où il faisait presque bon vivre, où l’on se sentait  presque chez soi. Il fallait naturellement installer, l’électricité et l’eau courante pour que le bidonville devienne enfin vivable.

 

Détruire tout cela pour aller où, aujourd’hui ? Travailler avec acharnement sur l’exclusion et détisser les relations créées entre les familles qui vivent au Samaritain depuis des années, là où des enfants sont nés et ont grandi ?

 

Les architectes soucieux d’écologie pourraient s’inspirer des bidonvilles pour analyser et comprendre comment sur la base de rien, on recrée du lien à partir de peu, une convivialité  reconstituée au milieu du bric et du broc tissé de couleurs. 

Mieux vaut un bidonville aménagé  qui continuera à s’améliorer que de bousculer ce fragile équilibre pour finalement ne se soucier que d’une chose : cacher la misère ! La réduire en poussière à coups de pied rageurs.

 

Faire disparaître des bidonvilles, à défaut d’autre vision, n'est pas une solution car rien n’est vraiment proposé en contrepartie, si ce n’est une destruction radicale du peu qui existe et qui a pris timidement forme.

 

Manque de vision, manque d’humanisme. Hundertwasser, médecin de l'architecture   ! Au secours.

 

L'idée d'un concours d'architecture : quel habitat idéal pour des réfugiés et des personnes précaires ?

 

 

 

 

 

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18/08/2015

Non à l'expulsion du Samaritain à Courneuve - 300 familles menacées

cifeJEuhBmUazit-800x450-noPad.jpgUne pétition qui a réuni déjà plus de 36'000 signatures, il en faut 50'000 pour faire cesser cette absurdité qui consiste à vouloir fermer le plus vieux bidonville d'Île-de-France et  qui abrite 300 familles. 

C'est à Jozsef Farkas, 17 ans, volontaire en service civique à l'association "Les enfants du Canal" que l'on doit cette initiative.  Sélectionné pour la prochaine édition de "The Voice", il risque entretemps de devenir SDF avec toutes les autres familles.

La Fondation Abbé Pierre et l'ONG Médecins du Monde ont conçu un projet pour améliorer leurs conditions de vie en mettant en place l'eau courante, l'enlèvement des ordures et aussi un accompagnement social pour que ces personnes puissent quitter le bidonville, comme ils le souhaitent, et retrouver une vie normale. Bien qu'ayant rencontré le soutien de nombreux acteurs (la DIHAL, le préfet délégué à l'égalité des chances, la communauté Plaine Commune etc), le projet est mis en danger par la demande d'expulsion formulée par le maire de La Courneuve.

 Relayée par l'Association La Voix des Rroms, cet appel fait écho dans toute la France, pour permettre à des personnes de vivre dans la dignité. 

"Au nom des enfants, des femmes et des hommes de la « Place du Samaritain », je demande à tous les Courneuviens et à tous ceux qui croient au potentiel unique de chaque individu à qui on laisse sa chance de signer et partager cette pétition pour faire prendre conscience à Gilles Poux, aux membres de son conseil municipal et à son groupe politique du danger dans lequel il nous met tous malgré le fait que, pour une fois, toutes les conditions sont réunies pour nous permettre de nous en sortir."

Soutenons-les  en signant la pétition suivante  adressée au Maire de la Courneuve, Gilles Poux :

https://www.change.org/p/annuler-l-expulsion-des-résident...

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29/06/2014

Le lynchage de Darius : chronique d’un effondrement moral

Un arrêt sur image s’impose , photo insoutenable,  personne sensible s’abstenir, que vous pouvez trouver sur internet sous google/images/  Darius Lynchage. La photo dont la France a honte et qu’elle tente de cacher à tout prix, voire  à coups de menace du Parquet ! Il est devenu nécessaire de regarder la barbarie dans les yeux, y faire face avec courage pour ne pas la laisser ramper et agir dans l’ombre.

 Un rassemblement a eu lieu vendredi 27 juin, à Pierrefitte devant la mairie,  pour y dénoncer le racisme d’Etat.  L’information circule si rapidement, on aimerait vite passer à autre chose, un nouveau scoop, un nouveau drame. Je vous propose de ralentir le rythme et de réfléchir à ce qui s’est passé avec le lynchage du jeune Darius, on ne peut pas passer là-dessus comme chat sur braise.  C’est l’effondrement moral qui se profile et augure des périodes les plus sombres, lorsque l’empathie n’est plus qu’une figure de style vide de tout sens. Il est difficile de trouver les mots pour décrire un acte d’une telle  barbarie, signe d’une déshumanisation et d’un pas qui a été franchi dans le racisme. Un pas autorisé par le gouvernement qui a laissé dire et faire depuis des années,  et ce pas-là de trop ne concerne plus uniquement les Rroms mais peut toucher n’importe lequel d’entre nous.  Quand on songe que l’AFP a tenté misérablement de justifier le fait que la victime a été en quelque sorte responsable de son lynchage,  pour stigmatiser davantage un jeune sorti d’une clinique psychiatrique et tenter de  justifier un acte injustifiable.  Pour preuve qu’il n’y a plus de frontières, ni de filtres.  La France se lâche  et lâche ses démons sans complexes.  Elle a refusé de reproduire ou laisser diffuser  les clichés du jeune agonisant, en menaçant  le Daily Telegraph qui la floutera après l'avoir publiée sous le titre "The picture that wil shock France" et exigeant qu'elle retire ce qui est devenu sans doute le symbole d'une France à la dérive. Certes,  l’horreur est insupportable à montrer, mais on n’hésite à la laisser faire et ensuite à la cacher. 

Aujourd’hui,  c’est un Rrom qu’on a laissé carboniser, agonisant dans un caddie, demain qui sera le suivant ? 

 

Le  Groupement Justice et Paix pour tous les Darius des quartiers a  exposé aussi sa position à la presse  que voici :

 

Vendredi 13 juin, Georghe C., dit Darius, 16 ans, Rrom, de nationalité roumaine, a été sauvagement battu et laissé agonisant dans un chariot en bordure du quartier ruiné de la « cité des poètes » à Pierrefitte en Seine-Saint-Denis. Cette agression indique que la classe politique a fait franchir à l’ensemble de la société française un seuil supplémentaire vers sa désintégration.

La société civile consciente et active attend de la classe politique un sursaut et une remise en question radicale de l’exercice de sa fonction.  Sans quoi, le mal dont est pris le corps social progressera encore par ses deux extrémités suivant un processus d’auto -alimentation: d’une part croissance de la peur et banalisation de la violence dans la population et d’autre part croissance de l’idéologie raciste/fasciste dans les élites politiques, économiques et culturelles.  C’est au progrès de cette idée que servirait une guerre raciale où s’abîmerait la population.

Le maire socialiste de Pierrefitte, premier responsable de l’abandon des hommes, des femmes et des enfants, sur le territoire, dont élu, il est en charge, sans mot aucun pour la victime et sa famille,  appuie dans ses déclarations à la presse les soupçons de larcin pesant sur le jeune homme. Il prive donc d’ores et déjà son corps mourant de l’état de victime, excluant, - en conscience,  - que justice puisse lui être rendu, délivrant ainsi un véritable permis de tuer, et augmentant la violence à tous les niveaux.

Depuis dix ans, le discours public procède à la déshumanisation d’hommes, de femmes, et d’enfants, étrangers résidants, dans une extrême précarité sur le territoire de France, et publiquement identifiés comme « Rom ».  S’il est un motif raciste à l’acte atroce dont Darius est la victime il est à chercher dans cette déshumanisation, initiée et entretenue par les élites, au plus haut niveau de l’Etat.

La persécution par les pouvoirs publics des bidonvilles où vivent quelques milliers de Rroms roumains et Bulgares, est en réalité l’aspect le plus spectaculaire de la violence politique faite aux habitants de tous les quartiers populaires, parmi lesquels les habitants abandonnés de la « cité des poètes », privés d’emplois, de logements décents, de droit à l’éducation et à la culture, et stigmatisés comme « immigrés »,  « musulmans », « sauvageons ».

Au-delà du traumatisme et de l’immense tristesse, de la douleur qui revient à sa famille, et auquel doit se joindre, dans le plus grand respect, le plus grand nombre, la justice doit être impérativement rendue ! Ce drame doit servir d’ultime alerte ! Si la violence politique infligée à tous les habitants des bidonvilles comme des quartiers ne cesse immédiatement en actes et en mots, il se pourrait bien que l’image interdite du corps martyrisé du jeune Darius, meurtri dans un caddie en zone urbaine sensible, préfigure l’état où sera dans un avenir prochain l’ensemble de la République  en péril.

10:33 | Tags : darius, pierreffitte, rroms, afp, exclusion, pauvreté, déshumanisation | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

22/04/2014

République tchèque- Rassemblement néo-nazi pour le 1 er mai 2014 à Usti Nad Labem

neonacisti8.jpgLe parti extrémiste Justice social des travailleurs (DSSS- Dělnická strana sociální spravedlnosti) a  annoncé sa marche à travers la ville d'Usti Nad Labem, au Nord de la Bohème, au confluent de l'Elbe et de la Bilina,    et ce jusqu’au ghetto rrom de PŘEDLICE. 500 nazis venus du parti extrême droite NPD d’Allemagne, et Slovak Solidarité de Slovaquie (Slovenská pospolitost - SP) seront largement représentés pour cette journée de défilé, du 1 er mai 2014.  

Les membres de DSSS et son leader Tomans Vandas ont  aussi invité les néo-nazis ukrainiens qui s’excusent de ne pouvoir participer à cette marche de la peste brune  compte tenu de la situation tendue en Ukraine.

Un événement devenu dorénavant une  tradition;  celle   de  voir défiler dans le quartier défavorisé de PŘEDLICE, ghetto en partie habité par des Rroms, des hordes de néo-nazis. 

Des programmes d’encadrement par le clergé et des psychologues sont prévus à l’attention des enfants rrom pour les distraire pendant ces marches menaçantes et chargée de violence tandis que l'organisation Rrom antifasciste tchèque Konexe  se prépare à contrer ces mouvements néo-nazis. 

La police a de la peine a estimer le nombre exact des  membres de partis d’extrême-droite. Toutefois, elle reste sur ses gardes et interviendra si nécessaire.

Le rassemblement  néo-nazis s'est organisé principalement  via les réseaux sociaux,  toile très bien constituée et parfaitement relayée au niveau européen, principalement en  Europe centrale. 

Le ghetto de Predlice à Usti Nad Labem connaît chaque année ces marches qui s’arrêtent à 200 mètres de maisons des familles rrom terrorisant ainsi les habitants de ce quartier défavorisé, constitué  en partie  d'appartements sans eau courante et sans chauffage, dans lesquels les familles s’entassent,  à défaut de pouvoir de trouver de logements ailleurs. Une douzaine d’immeubles sont déjà condamnés et auraient dû être détruits depuis fort longtemps.

Pris entre la pauvreté et les manifestations de haine nazie, la population de PŘEDLICE  prise entre le marteau et l’enclume, craint des débordements dangereux lors de ces  manifestations. 

La peste brune s’exprime sans retenue et s’organise au niveau européen sans rencontrer aucun frein à son expansion : jusqu’où ira-t-elle ? Le zoo de Usti Nad Labem qui peine à faire venir des animaux sauvages, trouverait, là,  une occasion unique  et bon marché de remplir ses cages vides de fauves féroces.  

 "o racisto kamel y confùzia sar o ruv kamel i muxli"

 

16/03/2014

Genève - Marcher avec les Rroms

Pour lutter contre les préjugés, les stéréotypes, les discriminations et surtout lutter contre l'ignorance et tenter de comprendre :

Une exposition de Eric Roset, photographe engagé auprès des Rroms, lui-même parle le romani. A travers cette exposition, l'artiste  nous offre un autre regard et nous permet d'appréhender un peuple qui continue à échapper à la  compréhension d'un grand nombre. 


expo-1.jpg

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12/06/2013

Commémoration par les jeunes Européens du Génocide des Tsiganes

Appel aux jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms à participer à la

Commémoration par les jeunes Européens du Génocide des Tsiganes

du 30 juillet au 4 Août 2013 à Cracovie, Pologne

 

images.jpegLa Voix des Rroms veut offrir à 20 jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms la chance departiciper du 30 juillet au 4 Août 2013, à la « Commémoration  du génocide des Tsiganes par les jeunes Européens » qui aura lieu à Cracovie en Pologne.

L’événement, organisé avec nos partenaires du réseau « ternYpe » (jeunesse en langue rromani), se donne pour but de sensibiliser les consciences des jeunes Européens, ainsi que de la société civile et des responsables politiques, au souvenir du Génocide des Tsiganes et à la montée actuelle de l’antitsiganisme au sein des sociétés européennes. Plus globalement le réseau ternYpe auquel s’associeLa voix des Rroms se fixe pour objectif de renforcer la capacité de mobilisation des jeunes Rroms, Gitans, Manouches et Sintés, afin qu’ils participent de plain pied à la construction d’un avenir en France et en Europe basé sur le dialogue, le respect, les droits de l’Homme et l’égalité des chances.

300 jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms de tous les pays d’Europe sont attendus du 30 juillet au 4 Août jours à Cracovie pour cette rencontre internationale, faite d’échanges, de partage d’expérience et de témoignages. Le 2 Août, journée du Souvenir du Génocide des Tsiganes, ils se rendront à Auschwitz pour une commémoration solennelle en présence du président du parlement Européen, Martin Schulz.

Tout particulièrement en France, où l’antitsiganisme se renforce chaque jour, il nous parait indispensable que les jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés se mobilisent, avec leurs concitoyens, pour sensibiliser l’ensemble de la société civile et la classe politique au souvenir du « Génocide des Tsiganes » et pour apprendre à combattre les formes anciennes et nouvelles de l’antitsiganisme.

C’est pourquoi nous invitons tous les jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms, âgés de 16 à 30 ans, filles et garçons, qui veulent participer à l’évènement et qui souhaitent plus largement se mobiliser pour la défense et la reconnaissance de leurs droits, à nous retourner, dans les plus brefs délais, le formulaire simplifié de candidature à télécharger ICI.

L’équipe de La Voix des Rroms

19:28 | Tags : auschwitz, tsiganes, 4 août 2013 cracovie, pologne, rrom, rroms | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

12/10/2012

A pieds joints dans le poto-poto

3211461915.jpgMon invité Karl Grünberg

(son blog www.potopoto.blog.tdg.ch)

Pour contrer le racisme il ne faut pas hésiter à se mettre dans le poto-poto [1]

Calé au comptoir et glacé d’effroi le sot se lâche « Un coup de Rom, garçon ». Il croit retisser du lien social sur le dos des exclus.

En sommes-nous là ? Fustigeant les supposés méfaits des Gens du voyage les médias ont sonné cet été le retour de la Zigeunerfrage, de la Zigeunerplage[2] comme disaient « nos » autorités à nos arrière grands-parents.

A-ssez ! Ah la pile d’articles pleurant les malheurs d’un paysan dont le champ reçut un mariage gitan! Et les appels à l'action du bel Oskar flanqué de ses jeunes sympathisants! Entouré de 25 député-e-s de toutes les tendances de droite, il dépose le 12 septembre une motion urgente: « Motion 12.3700. Le Conseil fédéral est chargé de prendre les mesures nécessaires pour que les groupes de gens du voyage payent une caution substantielle dès le moment où ils s'installent sur un terrain en Suisse. En cas de refus de s'acquitter de cette caution, ils doivent être expulsés immédiatement ».

Essoufflés par le récit effarant des misères du paysan, les lecteurs et lectrices ont-ils vraiment vu ce qui pourtant était écrit partout: le paysan a reçu des Gitans 5500.- francs pour avoir mis un week end durant son champ à leur disposition.

Comment décoder cette « affaire » ? En lisant la tête froide l’information documentée qu’a publiée Le Matin le 30 juillet 2012 ? « Les déjections humaines laissées par les Gitans sur un champ destiné au fourrage du bétail à Collombey-Muraz (VS) peuvent provoquer une maladie bovine appelée la cysticercose. Sur les 1200 Gitans présents, «la probabilité que l’un d’entre eux soit porteur du ver solitaire est là», admet Jérôme Barras, le vétérinaire cantonal. Si le bétail est nourri avec ce fourrage, il risque d’être contaminé. Impuissant, Jérôme Barras ne peut toutefois agir. «Il est impossible de prélever toutes ces déjections. Et cette maladie ne se détecte qu’à l’abattage. Si une bête est contaminée, sa viande devra alors être congelée et perdra plus de la moitié de sa valeur marchande.»

Soit un champ de 17 hectares (170 000 mètres carrés). Tous les Gitans y auraient-ils fait caca ? Si par extraordinaire ce fut le cas et si un caca couvrait un carré de dix centimètres de côté, quelle surface couvriraient 1200 cacas ? Un carré de 3 mètres 50 de côté. Moins de la dix-millième partie du champ; dix sept hectares formant un carré de 412 mètres de côté.

Le vétérinaire cantonal vaudois est encore plus prudent. Selon Le Matin il a considéré la probabilité qu’un Gitan soit porteur du ver solitaire dit le ténia. Son caca couvrirait alors une surface beaucoup plus petite que la dix millionième partie du champ. Quelle est la probabilité qu’une vache broute cette herbe-là ? Et quand ce serait le cas, et si cette vache devait être mangée, sa carcasse étant congelée dix jours, sa valeur marchande diminuerait de moitié.

Quelle masse d'articles merdiques l’infime probabilité de cet incident ne nous a-t-elle pas valu!

Conclusion

Le conseiller fédéral et admirateur de Mussolini Giuseppe Motta, écrivait, le 19 avril 1920, ce qui inspire encore, apparemment, beaucoup trop d’esprits : «(L)'irruption toujours plus fréquente de Tziganes en Suisse et le danger de propagation de la fièvre aphteuse (...) qui pouvait en résulter, nous ont engagés à enjoindre aux cantons limitrophes, par circulaire du 23 décembre 1919, l'ordre de fermer aux Tziganes la frontière du pays aussi strictement que possible, et de refouler de leur propre chef à la frontière d'où ils viennent ceux d'entre eux qui envahissent le territoire frontière, cela d'ailleurs sans internement préalable»[3].

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[1] Poto-poto, nom masculin, Boue, gadoue, embrouille, cafouillis, du wolof , potopóto « boue ». d’abord utilisé par les coloniaux du Congo belge et du Congo français, ce terme est maintenant utilisé en Belgique, au Bénin, au Congo-Brazzavile, au Congo-Kinshasa, en Côte d’Ivoire, en Centrafrique, au Sénégal, au Tchad, et au Togo, (http://fr.wiktionary.org/wiki/poto-poto). Le suisse romand petchi le rend à merveille. Poto-poto lui sera pourtant préféré pour des raisons évidentes: ce synonyme venu d'ailleurs universalise sa signification et lui donne une nouvelle saveur. Petchi, nom masculin, désigne boue liquide ou neige fondante; fig. gros désordre, ennuis.

[2] Zigeunerfrage (question tzigane), Zigeunerplage (peste tzigane) appartenait au vocabulaire administratif du début du 20e siècle. Comme Judenfrage (question juive). Überfremdung, altération excessive de l’identité nationale se dit toujours.

[3] FF 1920, 2, pp. 566 ss in "Suisse 1900 -1942. Un essai sur le racisme d'Etat", Anne Weill-Lévy, KarI Grünberg, Joelle Isler, Editions CORA, collection "Des noms. Des faits. Des dates" 1999, Lausanne.

12:58 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

17/08/2012

Une grande débrouille pour une petite politique de « gribouille »

574456_433929533311847_1662508812_n.jpgLes expulsions des Rroms continuent « sans solutions alternatives » malgré les promesses de François Hollande lors de sa campagne présidentielle. Le fondateur du collectif Romeurope, Laurent El Ghozi,  ne mâche pas ses mots,  pour dénoncer cette « politque de gribouille » déjà mise en place par Nicolas Sarkozy .

On a vu les résultats de ce manque de vision.  Avec des milliers de reconduites à la frontières, une aide humanitaire, la création de villages d'insertion, des terrains évacués et toujours 15 à 20.000 Rroms sur le territoire, tout cela a coûté beaucoup d'argent sans aucun résultat sinon plus de misère et de discrimination.

Il faut traiter les Rroms, roumains et bulgares migrants, comme des citoyens européens à part entière : leur donner la possibilité comme aux Italiens, Belges, aux Espagnols de s'installer, de travailler, de s'intégrer en France. Engagé  depuis 20 ans sur ces questions, Laurent El Ghozi, confirme que chaque fois qu'ils ont pu trouver du travail, ils se sont intégrés, réussissaient à scolariser leurs enfants et à payer leurs impôts et cotisations sociales.

La politique menée depuis cinq ans fabrique les bidonvilles, la mendicité, l'exclusion et la stigmatisation. Il ne s'agit donc pas d'expulser les roms avec plus d'humanité, mais de permettre l'accès au travail à ceux qui le souhaitent et de favoriser l'intégration.

 

Opter pour de  vraies solutions. Les villages d'insertion ont coûté beaucoup.  Le bilan - en cours de réalisation - démontre en termes d'intégration de ces familles est quasi-nul, même après 5 ans, pour des coûts très élevés.

L'argument avancé par Manuel Valls selon lequel les solutions sont à trouver en Roumanie ou en Bulgarie est irrecevable et hypocrite car nous savons que ces deux pays n'ont ni les moyens, ni l'envie de traiter les Rroms comme des citoyens à part entière. La France n'a d'ailleurs pas de leçons à donner vu la manière dont elle traite ses propres "gens du voyage", pourtant citoyens français.

Il s'agit davantage  de trouver des solutions alternatives après les évacuations, et trouver l'alternative à la politique mise en place par Nicolas Sarkozy. Dont la première et la plus urgent serait de lever les mesures transitoires avec effet immédiat et permettre aux Roumains et Bulgares d'acccéder au marché du travail comme tout autre citoyen européen.

En attendant, chacun essaie de surivivre comme il peut, à l'aune de la  grande débrouille dans un pays où on pratique  la petite "politique de gribouille » et où on parle d'intégration sans vous offrir la chance de travailler.

 

Lire l'interview entière :  http://leplus.nouvelobs.com/contribution/610561-expulsion...

 

 

 

08:19 | Tags : rroms | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

12/08/2012

La boisson rafraîchissante de l'été : du Rrom et encore du Rrom

 

47073_1606769848439_5301332_n.jpgVous en prendrez bien encore un peu, sur les plages les journaux ouverts affichent les gros titres  tandis que les gens s'enduisent de la crème solaire, indice 50.  Au restaurant, en regardant les vongole s'embourber  dans la sauce tomate, on peut  lire par dessus l'épaule de son voisin :  « Roms : le gouvernement s'enlise ». Dans le train qui a un heure de retard par-dessus une autre épaule : « Evacuation des Roms : ».

En veux-tu, en voilà !  Rien de nouveau sous le soleil de l'été, les gouvernements changent et les polémiques se ressemblent et se suivent.

Un reportage dans le village d'insertion à Montreuil en Seine-Saint-Denis d'un journalise de Marianne2 met en évidence la fragilité de cette politique d'insertion à tout prix. Quand on sait que les Roumains sont soumis à une restriction au marché de l'emploi jusqu'en 2013, on met la sourdine.

Allez, qu'on cesse cette hypocrisie à répétition comme chaque été où on nous propose du Rrom à toutes les sauces pour occuper les esprits paresseux et qu'on propose de vraies solutions et surtout qu'on accepte que des gens puissent avoir envie de vivre autrement et cela sans discrimination.

Pour rassurer tout le monde on rappelle que tous les Rroms ne sont pas Roumains et que tous les Roumains ne sont pas Rroms. Rrom n'a rien à voir avec Roumain, c'est une confusion due à l'ignorance de celui qui ne veut pas savoir.

 

 

11:30 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

05/12/2011

Des millions de francs pour stigmatiser la misère ?

faim.jpgA la veille de la journée internationale des droits de l'homme qui aura lieu le 10 décembre, un collectif d'associations et de partis politiques * lance une pétition visant à abroger la loi interdisant la mendicité à Genève. A  cet effet, vous êtes cordialement invités à une conférence de presse : cette conférence lancera officiellement une pétition visant à abroger la loi anti-mendicité (LPG 11 A).

Dans notre canton, mendier pour survivre constitue une infraction et peut être puni par une amende. Si celle-ci n'est pas payée, elle est alors convertible en peine privative de liberté. Ainsi, à Genève, on peut être amendé et jeté en prison, lorsque l'on ose solliciter la générosité des passants en mendiant. Une société respectueuse des droits fondamentaux ne devrait pas punir une personne parce qu'elle est pauvre et obligée de demander l'aumône.

D'autre part, cette loi répressive touche principalement les Roms, déjà exclus de toutes prestations sociales, contribuant ainsi à renforcer leur stigmatisation. Preuve de son inutilité, aucune baisse du nombre de mendiants n'a été observée depuis l'entrée en vigueur de cette disposition légale tandis que l'existence de groupes criminels organisant la mendicité à Genève a été également infirmée par un rapport de police datédu 15 octobre 2007.

Comble de son absurdité, l'application de cette loi se révèle très onéreuse : selon le Conseil d'état, la criminalisation de la mendicité a coûté trois millions de francs au cours de la période examinée de seulement 18 mois, sans compter les frais de justice et de fonctionnement de la police. En réalité, l'ensemble des coûts engendrés à la charge des contribuables pourrait avoisiner les 20 millions de francs suisses ! Cet argent devrait être utilisé de manière bien plus constructive et appropriée.

 

Mendier n'est pas un choix, mais une question de survie.

Le JEUDi 8 DECEMBRE 2011

à 11h - MAison DES ASSOCIATIONS

15 rue des savoises, 1205 Genève, salle Steve Biko

 

En présence de :

- Alain Bolle, Directeur du Centre

social protestant

- Dina Bazarbachi, avocate et membre

de l'association Mesemrom

- Bernard Rordorf, pasteur et professeur

à la Faculté de théologie de Genève

- Olivia Le Fort, avocate et consultante juridique

 

Alain Bolle, Dina Bazarbachi, Bernard Rordorf

et Olivia Le Fort expliqueront les motivations

qui les ont conduits à s'organiser en collectif

afin de lancer une pétition visant à abroger la loi

interdisant la mendicité à Genève.

Cette disposition légale 11 A LPG, adoptée en

novembre 2007 par le Grand Conseil genevois,

criminalise la mendicité et viole les droits de

l'homme. Une loi, qui en plus d'être profondément

inhumaine, discriminatoire et stigmatisante envers

les personnes précarisées, se révèle complètement

inefficace et coûteuse pour le contribuable.

 

* Membres du collectif : AGORA, ALCIP, Aspasie,

ATD Quart Monde, Caritas Genève, Carrefour-Rue,

CETIM, CODAP, Collectif sans papiers, COTMEC, CSP,

Espace Solidaire Pâquis, FAGE - Fédération associative

genevoise, FIAN, Mesemrom, Les Verts genevois,

LSDH - section Genève, OPP, Opre Rrom, Parti Socialiste

genevois, Quakers Genève, SolidaritéS, StopEx.

 

Pour toute information : Thibaut Lorin 077/405.18.26

et contact@mesemrom.org

 

 

 

 

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07/11/2011

Les gangs néo-nazis en Hongrie - une cartographie de la terreur

images.jpegPour Kristof Domina, directeur et chercheur à  Athena Institute qui est un  observatoire des mouvements extrémistes en Hongrie, on dénombre aujourd'hui  16 groupes actifs, organisés en groupes sociaux. Pour la plupart, ils se revendiquent d'un héritage nazi et se nourrissent au répertoire du mouvement fasciste. Pour d'autres, ce sont des nostalgiques de la suprématie hongroise, ils jouent sur le racisme extrême alimenté par la haine des minorités, avec dans le viseur la haine des Rroms, des Juifs et  des homosexuels. Rien de nouveau sous la bannière haineuse de ces groupuscules parfois armés.

Pour l'instant, la plupart d'entre eux jouent sur la peur des Roms pour obtenir des voix électorales.  On observe depuis quatre et cinq ans une radicalisation du discours et des passages à l'acte, avec entre autres l'assassinat commis sur des dizaines de Rroms un peu partout dans le pays, des menaces sont aussi faites à l'égard des Juifs lors de rassemblements populistes. Des personnalités sont représentées sur des affichettes et collées sur des réverbères en mentionnant qu'elles seront pendues.

Après la chute du régime communiste et la liberté d'expression enfin retrouvée et restreinte jusque là, ces groupuscules ont profité de se constituer en réseaux organisés, actifs sur les réseaux internet via des serveurs américains pour la plupart et qu'il a été impossible d'interdire.  Difficile de dire si les partis extrémistes les soutiennent financièrement, les financements occultes sont difficilement traçables. Mais ils recrutent avec des outils de communication efficaces, multilingues, et trouvent leurs recrues aussi bien auprès des jeunes issus du monde rural et au chômage qu'auprès  des skinheads et des hooligans, ils se connectent avec d'autres groupes ailleurs à l'étranger notamment en Norvège où le tireur,  Anders Behring Breivik, est aussi entré en contact avec certaines de ces milices.

La fin de l'ère communiste a engendré un vide de cadre récupéré par ces mouvements radicaux qui profitent de cela pour mener leur campagne haineuse contre la mondialisation, l'Union Européenne, l'immigration. Un repli nationaliste face à l'inconnu, des peurs alimentées sur le dos des groupes minoritaires qui font office de point de ralliement pour cette idéologie fasciste qui a besoin de se nourrir de victimes pour exister.

Kristof Domina précise que le fil rouge n'est pas toujours clair, qu'il n'y a pas de ligne bien définie, ni de programme spécifique si ce n'est l'extermination pure et simple des Rroms associés à des maladies, tout le répertoire médical des maladies infectieuses a été utilisé par ces néo-nazis. Toutefois, il constate avec étonnement que face aux discours haineux, la population ne s'en scandalise même plus, comme si les menaces avaient été intégrées comme un élément normal de la pensée courante, assimilée comme un fait évident, ce en quoi réside peut-être le grand danger induite par la passivité de ceux qui par leur silence ne se révoltent même plus comme si ils adhéraient de façon passive à l'horreur qui se prépare sous leurs yeux.

Le processus de radicalisation est bien entamé et avance à grands pas, difficile de contrer ces extrémistes, ils sont en concurrence entre eux et c'est à qui osera le plus passer à l'acter et compter avec fierté les morts. Les Rroms ont déjà fait les frais de cette concurrence acharnée de à qui sera le plus haineux pour ensuite  se targuer d'avoir cassé du Rrom, même des enfants ont été tués par ces miliciens.

Le gouvernement hongrois peine à avoir une attitude claire face à l' émergence de ces groupes xénophobes et dangereux, serait-il tout simplement dépassé ?  Le fait est qu'il  ne les interdits pas ou avec une telle mollesse juste ce qu'il faut pour calmer la pression internationale. Le groupe extrémiste Jobbik a obtenu des sièges dans ce gouvernement et entend bien s'imposer même par la force le réduisant au silence.

 

eszestamas.jpg

 

Jeudi passé, à Gyöngyöspata, Tamás Eszes, chef de la milice paramilitaire  "Véderő"de laquelle il avait démissionné le 16 octobre,  s'est suicidé par pendaison. Il s'était présenté comme maire de cette ville avant d'être écarté par Jobbik, le parti d'extrême-droite, durant les élections de juillet.

Tamás Eszes s'est notamment fait remarquer en mars lorsqu'il scandait avec ses miliciens que la police ne pouvait plus défendre le village contre les "crimes tsiganes". Il a frappé le  candidat Jobbik vainqueur, Oszkár Juhász et sur ces faits, a été arrêté par la police.

Intéressant d'analyser que Jobbik s'appuie et utilise les bras armés pour les évincer dès que ses membres parviennent au pouvoir.  Ceci expliquerait le suicide de Tamás Eszes,  manipulé et utilisé comme marche-pied. Les haineux ne se font pas de cadeaux, les loups s'entredévorent  !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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