19/08/2015

Samaritain de La Courneuve - Mieux vaut un bidonville que le néant !

bidonville-main.jpgLe projet de fermeture imminente du bidonville Samaritain de La Courneuve, où vivent 80 familles,  soit 300 habitants,  relance le débat de quel habitat pour les plus précaires. Comment loger des migrants qui ont tout laissé derrière eux.  Pour les moins imaginatifs, certains sont même allés à proposer d' enterrer vivants des réfugiés dans des abris de protection civile, comme à Genève. 

Férue de Hundertwasser, je soutiens que la question du logement doit rester au cœur du débat humaniste et d’autant plus lorsque ces abris de fortune construits au fur et à mesure des années finissent par créer un espace dans lequel chacun, tant bien que mal s’est reconstruit une vie; a établi un rapport de voisinage, et a vu naître des cours de jeux improvisées. Et on s’étonne de voir qu’une organisation sociale tissant des liens entre les uns et les autres a pris corps au milieu de cet enchêvetrement de tôle et de bois, de masures qui prennent des allures de pièces, puis de chambrettes, des pièces qui reconstituent tant bien que mal nos logements, avec cuisine et pièces communes.

Dans les années 1960, on voyait arriver des Algériens engagés pour leurs bras venir par milliers et entassés dans des baraquements, l’Etat s’est cru obligé de les confiner dans des immeubles gris, faits de ciment et de tristesse. Des bâtisses sombres de lignes droites  qu'avait en horreur l'artiste-architecte autrichien "  La ligne droite est un danger créé par l’homme car elle est étrangère à la nature de l’homme, de la vie, de toute création … "

Quelques décennies plus tard, on les explosera  à la dynamite, convaincus que faire vivre des personnes dans des cages à lapins les isolent, les destructurent, les  réduits à vivre dans des ghettos susceptibles de n’engendrer que de la violence et qui excluent  au lieu d’intégrer.

Pour ma part, je me souviens  dans les années 90, des bidonvilles, en Italie,   dans lesquels vivaient des Rroms ayant fui la guerre en Yougoslavie. Cabanes, roulottes, puis une organisation sociale qui émerge du chaos.  Des plantes devant les maisons, des chats, des chiens, des poussins, des enfants qui jouent. Chacune des familles avait l’impression de s’être reconstruite  grâce à une ingéniosité sans pareille , un lieu où il faisait presque bon vivre, où l’on se sentait  presque chez soi. Il fallait naturellement installer, l’électricité et l’eau courante pour que le bidonville devienne enfin vivable.

 

Détruire tout cela pour aller où, aujourd’hui ? Travailler avec acharnement sur l’exclusion et détisser les relations créées entre les familles qui vivent au Samaritain depuis des années, là où des enfants sont nés et ont grandi ?

 

Les architectes soucieux d’écologie pourraient s’inspirer des bidonvilles pour analyser et comprendre comment sur la base de rien, on recrée du lien à partir de peu, une convivialité  reconstituée au milieu du bric et du broc tissé de couleurs. 

Mieux vaut un bidonville aménagé  qui continuera à s’améliorer que de bousculer ce fragile équilibre pour finalement ne se soucier que d’une chose : cacher la misère ! La réduire en poussière à coups de pied rageurs.

 

Faire disparaître des bidonvilles, à défaut d’autre vision, n'est pas une solution car rien n’est vraiment proposé en contrepartie, si ce n’est une destruction radicale du peu qui existe et qui a pris timidement forme.

 

Manque de vision, manque d’humanisme. Hundertwasser, médecin de l'architecture   ! Au secours.

 

L'idée d'un concours d'architecture : quel habitat idéal pour des réfugiés et des personnes précaires ?

 

 

 

 

 

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18/08/2015

Non à l'expulsion du Samaritain à Courneuve - 300 familles menacées

cifeJEuhBmUazit-800x450-noPad.jpgUne pétition qui a réuni déjà plus de 36'000 signatures, il en faut 50'000 pour faire cesser cette absurdité qui consiste à vouloir fermer le plus vieux bidonville d'Île-de-France et  qui abrite 300 familles. 

C'est à Jozsef Farkas, 17 ans, volontaire en service civique à l'association "Les enfants du Canal" que l'on doit cette initiative.  Sélectionné pour la prochaine édition de "The Voice", il risque entretemps de devenir SDF avec toutes les autres familles.

La Fondation Abbé Pierre et l'ONG Médecins du Monde ont conçu un projet pour améliorer leurs conditions de vie en mettant en place l'eau courante, l'enlèvement des ordures et aussi un accompagnement social pour que ces personnes puissent quitter le bidonville, comme ils le souhaitent, et retrouver une vie normale. Bien qu'ayant rencontré le soutien de nombreux acteurs (la DIHAL, le préfet délégué à l'égalité des chances, la communauté Plaine Commune etc), le projet est mis en danger par la demande d'expulsion formulée par le maire de La Courneuve.

 Relayée par l'Association La Voix des Rroms, cet appel fait écho dans toute la France, pour permettre à des personnes de vivre dans la dignité. 

"Au nom des enfants, des femmes et des hommes de la « Place du Samaritain », je demande à tous les Courneuviens et à tous ceux qui croient au potentiel unique de chaque individu à qui on laisse sa chance de signer et partager cette pétition pour faire prendre conscience à Gilles Poux, aux membres de son conseil municipal et à son groupe politique du danger dans lequel il nous met tous malgré le fait que, pour une fois, toutes les conditions sont réunies pour nous permettre de nous en sortir."

Soutenons-les  en signant la pétition suivante  adressée au Maire de la Courneuve, Gilles Poux :

https://www.change.org/p/annuler-l-expulsion-des-résident...

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29/06/2014

Le lynchage de Darius : chronique d’un effondrement moral

Un arrêt sur image s’impose , photo insoutenable,  personne sensible s’abstenir, que vous pouvez trouver sur internet sous google/images/  Darius Lynchage. La photo dont la France a honte et qu’elle tente de cacher à tout prix, voire  à coups de menace du Parquet ! Il est devenu nécessaire de regarder la barbarie dans les yeux, y faire face avec courage pour ne pas la laisser ramper et agir dans l’ombre.

 Un rassemblement a eu lieu vendredi 27 juin, à Pierrefitte devant la mairie,  pour y dénoncer le racisme d’Etat.  L’information circule si rapidement, on aimerait vite passer à autre chose, un nouveau scoop, un nouveau drame. Je vous propose de ralentir le rythme et de réfléchir à ce qui s’est passé avec le lynchage du jeune Darius, on ne peut pas passer là-dessus comme chat sur braise.  C’est l’effondrement moral qui se profile et augure des périodes les plus sombres, lorsque l’empathie n’est plus qu’une figure de style vide de tout sens. Il est difficile de trouver les mots pour décrire un acte d’une telle  barbarie, signe d’une déshumanisation et d’un pas qui a été franchi dans le racisme. Un pas autorisé par le gouvernement qui a laissé dire et faire depuis des années,  et ce pas-là de trop ne concerne plus uniquement les Rroms mais peut toucher n’importe lequel d’entre nous.  Quand on songe que l’AFP a tenté misérablement de justifier le fait que la victime a été en quelque sorte responsable de son lynchage,  pour stigmatiser davantage un jeune sorti d’une clinique psychiatrique et tenter de  justifier un acte injustifiable.  Pour preuve qu’il n’y a plus de frontières, ni de filtres.  La France se lâche  et lâche ses démons sans complexes.  Elle a refusé de reproduire ou laisser diffuser  les clichés du jeune agonisant, en menaçant  le Daily Telegraph qui la floutera après l'avoir publiée sous le titre "The picture that wil shock France" et exigeant qu'elle retire ce qui est devenu sans doute le symbole d'une France à la dérive. Certes,  l’horreur est insupportable à montrer, mais on n’hésite à la laisser faire et ensuite à la cacher. 

Aujourd’hui,  c’est un Rrom qu’on a laissé carboniser, agonisant dans un caddie, demain qui sera le suivant ? 

 

Le  Groupement Justice et Paix pour tous les Darius des quartiers a  exposé aussi sa position à la presse  que voici :

 

Vendredi 13 juin, Georghe C., dit Darius, 16 ans, Rrom, de nationalité roumaine, a été sauvagement battu et laissé agonisant dans un chariot en bordure du quartier ruiné de la « cité des poètes » à Pierrefitte en Seine-Saint-Denis. Cette agression indique que la classe politique a fait franchir à l’ensemble de la société française un seuil supplémentaire vers sa désintégration.

La société civile consciente et active attend de la classe politique un sursaut et une remise en question radicale de l’exercice de sa fonction.  Sans quoi, le mal dont est pris le corps social progressera encore par ses deux extrémités suivant un processus d’auto -alimentation: d’une part croissance de la peur et banalisation de la violence dans la population et d’autre part croissance de l’idéologie raciste/fasciste dans les élites politiques, économiques et culturelles.  C’est au progrès de cette idée que servirait une guerre raciale où s’abîmerait la population.

Le maire socialiste de Pierrefitte, premier responsable de l’abandon des hommes, des femmes et des enfants, sur le territoire, dont élu, il est en charge, sans mot aucun pour la victime et sa famille,  appuie dans ses déclarations à la presse les soupçons de larcin pesant sur le jeune homme. Il prive donc d’ores et déjà son corps mourant de l’état de victime, excluant, - en conscience,  - que justice puisse lui être rendu, délivrant ainsi un véritable permis de tuer, et augmentant la violence à tous les niveaux.

Depuis dix ans, le discours public procède à la déshumanisation d’hommes, de femmes, et d’enfants, étrangers résidants, dans une extrême précarité sur le territoire de France, et publiquement identifiés comme « Rom ».  S’il est un motif raciste à l’acte atroce dont Darius est la victime il est à chercher dans cette déshumanisation, initiée et entretenue par les élites, au plus haut niveau de l’Etat.

La persécution par les pouvoirs publics des bidonvilles où vivent quelques milliers de Rroms roumains et Bulgares, est en réalité l’aspect le plus spectaculaire de la violence politique faite aux habitants de tous les quartiers populaires, parmi lesquels les habitants abandonnés de la « cité des poètes », privés d’emplois, de logements décents, de droit à l’éducation et à la culture, et stigmatisés comme « immigrés »,  « musulmans », « sauvageons ».

Au-delà du traumatisme et de l’immense tristesse, de la douleur qui revient à sa famille, et auquel doit se joindre, dans le plus grand respect, le plus grand nombre, la justice doit être impérativement rendue ! Ce drame doit servir d’ultime alerte ! Si la violence politique infligée à tous les habitants des bidonvilles comme des quartiers ne cesse immédiatement en actes et en mots, il se pourrait bien que l’image interdite du corps martyrisé du jeune Darius, meurtri dans un caddie en zone urbaine sensible, préfigure l’état où sera dans un avenir prochain l’ensemble de la République  en péril.

10:33 | Tags : darius, pierreffitte, rroms, afp, exclusion, pauvreté, déshumanisation | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook | | | |

22/04/2014

République tchèque- Rassemblement néo-nazi pour le 1 er mai 2014 à Usti Nad Labem

neonacisti8.jpgLe parti extrémiste Justice social des travailleurs (DSSS- Dělnická strana sociální spravedlnosti) a  annoncé sa marche à travers la ville d'Usti Nad Labem, au Nord de la Bohème, au confluent de l'Elbe et de la Bilina,    et ce jusqu’au ghetto rrom de PŘEDLICE. 500 nazis venus du parti extrême droite NPD d’Allemagne, et Slovak Solidarité de Slovaquie (Slovenská pospolitost - SP) seront largement représentés pour cette journée de défilé, du 1 er mai 2014.  

Les membres de DSSS et son leader Tomans Vandas ont  aussi invité les néo-nazis ukrainiens qui s’excusent de ne pouvoir participer à cette marche de la peste brune  compte tenu de la situation tendue en Ukraine.

Un événement devenu dorénavant une  tradition;  celle   de  voir défiler dans le quartier défavorisé de PŘEDLICE, ghetto en partie habité par des Rroms, des hordes de néo-nazis. 

Des programmes d’encadrement par le clergé et des psychologues sont prévus à l’attention des enfants rrom pour les distraire pendant ces marches menaçantes et chargée de violence tandis que l'organisation Rrom antifasciste tchèque Konexe  se prépare à contrer ces mouvements néo-nazis. 

La police a de la peine a estimer le nombre exact des  membres de partis d’extrême-droite. Toutefois, elle reste sur ses gardes et interviendra si nécessaire.

Le rassemblement  néo-nazis s'est organisé principalement  via les réseaux sociaux,  toile très bien constituée et parfaitement relayée au niveau européen, principalement en  Europe centrale. 

Le ghetto de Predlice à Usti Nad Labem connaît chaque année ces marches qui s’arrêtent à 200 mètres de maisons des familles rrom terrorisant ainsi les habitants de ce quartier défavorisé, constitué  en partie  d'appartements sans eau courante et sans chauffage, dans lesquels les familles s’entassent,  à défaut de pouvoir de trouver de logements ailleurs. Une douzaine d’immeubles sont déjà condamnés et auraient dû être détruits depuis fort longtemps.

Pris entre la pauvreté et les manifestations de haine nazie, la population de PŘEDLICE  prise entre le marteau et l’enclume, craint des débordements dangereux lors de ces  manifestations. 

La peste brune s’exprime sans retenue et s’organise au niveau européen sans rencontrer aucun frein à son expansion : jusqu’où ira-t-elle ? Le zoo de Usti Nad Labem qui peine à faire venir des animaux sauvages, trouverait, là,  une occasion unique  et bon marché de remplir ses cages vides de fauves féroces.  

 "o racisto kamel y confùzia sar o ruv kamel i muxli"

 

16/03/2014

Genève - Marcher avec les Rroms

Pour lutter contre les préjugés, les stéréotypes, les discriminations et surtout lutter contre l'ignorance et tenter de comprendre :

Une exposition de Eric Roset, photographe engagé auprès des Rroms, lui-même parle le romani. A travers cette exposition, l'artiste  nous offre un autre regard et nous permet d'appréhender un peuple qui continue à échapper à la  compréhension d'un grand nombre. 


expo-1.jpg

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12/06/2013

Commémoration par les jeunes Européens du Génocide des Tsiganes

Appel aux jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms à participer à la

Commémoration par les jeunes Européens du Génocide des Tsiganes

du 30 juillet au 4 Août 2013 à Cracovie, Pologne

 

images.jpegLa Voix des Rroms veut offrir à 20 jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms la chance departiciper du 30 juillet au 4 Août 2013, à la « Commémoration  du génocide des Tsiganes par les jeunes Européens » qui aura lieu à Cracovie en Pologne.

L’événement, organisé avec nos partenaires du réseau « ternYpe » (jeunesse en langue rromani), se donne pour but de sensibiliser les consciences des jeunes Européens, ainsi que de la société civile et des responsables politiques, au souvenir du Génocide des Tsiganes et à la montée actuelle de l’antitsiganisme au sein des sociétés européennes. Plus globalement le réseau ternYpe auquel s’associeLa voix des Rroms se fixe pour objectif de renforcer la capacité de mobilisation des jeunes Rroms, Gitans, Manouches et Sintés, afin qu’ils participent de plain pied à la construction d’un avenir en France et en Europe basé sur le dialogue, le respect, les droits de l’Homme et l’égalité des chances.

300 jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms de tous les pays d’Europe sont attendus du 30 juillet au 4 Août jours à Cracovie pour cette rencontre internationale, faite d’échanges, de partage d’expérience et de témoignages. Le 2 Août, journée du Souvenir du Génocide des Tsiganes, ils se rendront à Auschwitz pour une commémoration solennelle en présence du président du parlement Européen, Martin Schulz.

Tout particulièrement en France, où l’antitsiganisme se renforce chaque jour, il nous parait indispensable que les jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés se mobilisent, avec leurs concitoyens, pour sensibiliser l’ensemble de la société civile et la classe politique au souvenir du « Génocide des Tsiganes » et pour apprendre à combattre les formes anciennes et nouvelles de l’antitsiganisme.

C’est pourquoi nous invitons tous les jeunes Rroms, Gitans, Manouches, Sintés et non-Rroms, âgés de 16 à 30 ans, filles et garçons, qui veulent participer à l’évènement et qui souhaitent plus largement se mobiliser pour la défense et la reconnaissance de leurs droits, à nous retourner, dans les plus brefs délais, le formulaire simplifié de candidature à télécharger ICI.

L’équipe de La Voix des Rroms

19:28 | Tags : auschwitz, tsiganes, 4 août 2013 cracovie, pologne, rrom, rroms | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

12/10/2012

A pieds joints dans le poto-poto

3211461915.jpgMon invité Karl Grünberg

(son blog www.potopoto.blog.tdg.ch)

Pour contrer le racisme il ne faut pas hésiter à se mettre dans le poto-poto [1]

Calé au comptoir et glacé d’effroi le sot se lâche « Un coup de Rom, garçon ». Il croit retisser du lien social sur le dos des exclus.

En sommes-nous là ? Fustigeant les supposés méfaits des Gens du voyage les médias ont sonné cet été le retour de la Zigeunerfrage, de la Zigeunerplage[2] comme disaient « nos » autorités à nos arrière grands-parents.

A-ssez ! Ah la pile d’articles pleurant les malheurs d’un paysan dont le champ reçut un mariage gitan! Et les appels à l'action du bel Oskar flanqué de ses jeunes sympathisants! Entouré de 25 député-e-s de toutes les tendances de droite, il dépose le 12 septembre une motion urgente: « Motion 12.3700. Le Conseil fédéral est chargé de prendre les mesures nécessaires pour que les groupes de gens du voyage payent une caution substantielle dès le moment où ils s'installent sur un terrain en Suisse. En cas de refus de s'acquitter de cette caution, ils doivent être expulsés immédiatement ».

Essoufflés par le récit effarant des misères du paysan, les lecteurs et lectrices ont-ils vraiment vu ce qui pourtant était écrit partout: le paysan a reçu des Gitans 5500.- francs pour avoir mis un week end durant son champ à leur disposition.

Comment décoder cette « affaire » ? En lisant la tête froide l’information documentée qu’a publiée Le Matin le 30 juillet 2012 ? « Les déjections humaines laissées par les Gitans sur un champ destiné au fourrage du bétail à Collombey-Muraz (VS) peuvent provoquer une maladie bovine appelée la cysticercose. Sur les 1200 Gitans présents, «la probabilité que l’un d’entre eux soit porteur du ver solitaire est là», admet Jérôme Barras, le vétérinaire cantonal. Si le bétail est nourri avec ce fourrage, il risque d’être contaminé. Impuissant, Jérôme Barras ne peut toutefois agir. «Il est impossible de prélever toutes ces déjections. Et cette maladie ne se détecte qu’à l’abattage. Si une bête est contaminée, sa viande devra alors être congelée et perdra plus de la moitié de sa valeur marchande.»

Soit un champ de 17 hectares (170 000 mètres carrés). Tous les Gitans y auraient-ils fait caca ? Si par extraordinaire ce fut le cas et si un caca couvrait un carré de dix centimètres de côté, quelle surface couvriraient 1200 cacas ? Un carré de 3 mètres 50 de côté. Moins de la dix-millième partie du champ; dix sept hectares formant un carré de 412 mètres de côté.

Le vétérinaire cantonal vaudois est encore plus prudent. Selon Le Matin il a considéré la probabilité qu’un Gitan soit porteur du ver solitaire dit le ténia. Son caca couvrirait alors une surface beaucoup plus petite que la dix millionième partie du champ. Quelle est la probabilité qu’une vache broute cette herbe-là ? Et quand ce serait le cas, et si cette vache devait être mangée, sa carcasse étant congelée dix jours, sa valeur marchande diminuerait de moitié.

Quelle masse d'articles merdiques l’infime probabilité de cet incident ne nous a-t-elle pas valu!

Conclusion

Le conseiller fédéral et admirateur de Mussolini Giuseppe Motta, écrivait, le 19 avril 1920, ce qui inspire encore, apparemment, beaucoup trop d’esprits : «(L)'irruption toujours plus fréquente de Tziganes en Suisse et le danger de propagation de la fièvre aphteuse (...) qui pouvait en résulter, nous ont engagés à enjoindre aux cantons limitrophes, par circulaire du 23 décembre 1919, l'ordre de fermer aux Tziganes la frontière du pays aussi strictement que possible, et de refouler de leur propre chef à la frontière d'où ils viennent ceux d'entre eux qui envahissent le territoire frontière, cela d'ailleurs sans internement préalable»[3].

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[1] Poto-poto, nom masculin, Boue, gadoue, embrouille, cafouillis, du wolof , potopóto « boue ». d’abord utilisé par les coloniaux du Congo belge et du Congo français, ce terme est maintenant utilisé en Belgique, au Bénin, au Congo-Brazzavile, au Congo-Kinshasa, en Côte d’Ivoire, en Centrafrique, au Sénégal, au Tchad, et au Togo, (http://fr.wiktionary.org/wiki/poto-poto). Le suisse romand petchi le rend à merveille. Poto-poto lui sera pourtant préféré pour des raisons évidentes: ce synonyme venu d'ailleurs universalise sa signification et lui donne une nouvelle saveur. Petchi, nom masculin, désigne boue liquide ou neige fondante; fig. gros désordre, ennuis.

[2] Zigeunerfrage (question tzigane), Zigeunerplage (peste tzigane) appartenait au vocabulaire administratif du début du 20e siècle. Comme Judenfrage (question juive). Überfremdung, altération excessive de l’identité nationale se dit toujours.

[3] FF 1920, 2, pp. 566 ss in "Suisse 1900 -1942. Un essai sur le racisme d'Etat", Anne Weill-Lévy, KarI Grünberg, Joelle Isler, Editions CORA, collection "Des noms. Des faits. Des dates" 1999, Lausanne.

12:58 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |

17/08/2012

Une grande débrouille pour une petite politique de « gribouille »

574456_433929533311847_1662508812_n.jpgLes expulsions des Rroms continuent « sans solutions alternatives » malgré les promesses de François Hollande lors de sa campagne présidentielle. Le fondateur du collectif Romeurope, Laurent El Ghozi,  ne mâche pas ses mots,  pour dénoncer cette « politque de gribouille » déjà mise en place par Nicolas Sarkozy .

On a vu les résultats de ce manque de vision.  Avec des milliers de reconduites à la frontières, une aide humanitaire, la création de villages d'insertion, des terrains évacués et toujours 15 à 20.000 Rroms sur le territoire, tout cela a coûté beaucoup d'argent sans aucun résultat sinon plus de misère et de discrimination.

Il faut traiter les Rroms, roumains et bulgares migrants, comme des citoyens européens à part entière : leur donner la possibilité comme aux Italiens, Belges, aux Espagnols de s'installer, de travailler, de s'intégrer en France. Engagé  depuis 20 ans sur ces questions, Laurent El Ghozi, confirme que chaque fois qu'ils ont pu trouver du travail, ils se sont intégrés, réussissaient à scolariser leurs enfants et à payer leurs impôts et cotisations sociales.

La politique menée depuis cinq ans fabrique les bidonvilles, la mendicité, l'exclusion et la stigmatisation. Il ne s'agit donc pas d'expulser les roms avec plus d'humanité, mais de permettre l'accès au travail à ceux qui le souhaitent et de favoriser l'intégration.

 

Opter pour de  vraies solutions. Les villages d'insertion ont coûté beaucoup.  Le bilan - en cours de réalisation - démontre en termes d'intégration de ces familles est quasi-nul, même après 5 ans, pour des coûts très élevés.

L'argument avancé par Manuel Valls selon lequel les solutions sont à trouver en Roumanie ou en Bulgarie est irrecevable et hypocrite car nous savons que ces deux pays n'ont ni les moyens, ni l'envie de traiter les Rroms comme des citoyens à part entière. La France n'a d'ailleurs pas de leçons à donner vu la manière dont elle traite ses propres "gens du voyage", pourtant citoyens français.

Il s'agit davantage  de trouver des solutions alternatives après les évacuations, et trouver l'alternative à la politique mise en place par Nicolas Sarkozy. Dont la première et la plus urgent serait de lever les mesures transitoires avec effet immédiat et permettre aux Roumains et Bulgares d'acccéder au marché du travail comme tout autre citoyen européen.

En attendant, chacun essaie de surivivre comme il peut, à l'aune de la  grande débrouille dans un pays où on pratique  la petite "politique de gribouille » et où on parle d'intégration sans vous offrir la chance de travailler.

 

Lire l'interview entière :  http://leplus.nouvelobs.com/contribution/610561-expulsion...

 

 

 

08:19 | Tags : rroms | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

12/08/2012

La boisson rafraîchissante de l'été : du Rrom et encore du Rrom

 

47073_1606769848439_5301332_n.jpgVous en prendrez bien encore un peu, sur les plages les journaux ouverts affichent les gros titres  tandis que les gens s'enduisent de la crème solaire, indice 50.  Au restaurant, en regardant les vongole s'embourber  dans la sauce tomate, on peut  lire par dessus l'épaule de son voisin :  « Roms : le gouvernement s'enlise ». Dans le train qui a un heure de retard par-dessus une autre épaule : « Evacuation des Roms : ».

En veux-tu, en voilà !  Rien de nouveau sous le soleil de l'été, les gouvernements changent et les polémiques se ressemblent et se suivent.

Un reportage dans le village d'insertion à Montreuil en Seine-Saint-Denis d'un journalise de Marianne2 met en évidence la fragilité de cette politique d'insertion à tout prix. Quand on sait que les Roumains sont soumis à une restriction au marché de l'emploi jusqu'en 2013, on met la sourdine.

Allez, qu'on cesse cette hypocrisie à répétition comme chaque été où on nous propose du Rrom à toutes les sauces pour occuper les esprits paresseux et qu'on propose de vraies solutions et surtout qu'on accepte que des gens puissent avoir envie de vivre autrement et cela sans discrimination.

Pour rassurer tout le monde on rappelle que tous les Rroms ne sont pas Roumains et que tous les Roumains ne sont pas Rroms. Rrom n'a rien à voir avec Roumain, c'est une confusion due à l'ignorance de celui qui ne veut pas savoir.

 

 

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05/12/2011

Des millions de francs pour stigmatiser la misère ?

faim.jpgA la veille de la journée internationale des droits de l'homme qui aura lieu le 10 décembre, un collectif d'associations et de partis politiques * lance une pétition visant à abroger la loi interdisant la mendicité à Genève. A  cet effet, vous êtes cordialement invités à une conférence de presse : cette conférence lancera officiellement une pétition visant à abroger la loi anti-mendicité (LPG 11 A).

Dans notre canton, mendier pour survivre constitue une infraction et peut être puni par une amende. Si celle-ci n'est pas payée, elle est alors convertible en peine privative de liberté. Ainsi, à Genève, on peut être amendé et jeté en prison, lorsque l'on ose solliciter la générosité des passants en mendiant. Une société respectueuse des droits fondamentaux ne devrait pas punir une personne parce qu'elle est pauvre et obligée de demander l'aumône.

D'autre part, cette loi répressive touche principalement les Roms, déjà exclus de toutes prestations sociales, contribuant ainsi à renforcer leur stigmatisation. Preuve de son inutilité, aucune baisse du nombre de mendiants n'a été observée depuis l'entrée en vigueur de cette disposition légale tandis que l'existence de groupes criminels organisant la mendicité à Genève a été également infirmée par un rapport de police datédu 15 octobre 2007.

Comble de son absurdité, l'application de cette loi se révèle très onéreuse : selon le Conseil d'état, la criminalisation de la mendicité a coûté trois millions de francs au cours de la période examinée de seulement 18 mois, sans compter les frais de justice et de fonctionnement de la police. En réalité, l'ensemble des coûts engendrés à la charge des contribuables pourrait avoisiner les 20 millions de francs suisses ! Cet argent devrait être utilisé de manière bien plus constructive et appropriée.

 

Mendier n'est pas un choix, mais une question de survie.

Le JEUDi 8 DECEMBRE 2011

à 11h - MAison DES ASSOCIATIONS

15 rue des savoises, 1205 Genève, salle Steve Biko

 

En présence de :

- Alain Bolle, Directeur du Centre

social protestant

- Dina Bazarbachi, avocate et membre

de l'association Mesemrom

- Bernard Rordorf, pasteur et professeur

à la Faculté de théologie de Genève

- Olivia Le Fort, avocate et consultante juridique

 

Alain Bolle, Dina Bazarbachi, Bernard Rordorf

et Olivia Le Fort expliqueront les motivations

qui les ont conduits à s'organiser en collectif

afin de lancer une pétition visant à abroger la loi

interdisant la mendicité à Genève.

Cette disposition légale 11 A LPG, adoptée en

novembre 2007 par le Grand Conseil genevois,

criminalise la mendicité et viole les droits de

l'homme. Une loi, qui en plus d'être profondément

inhumaine, discriminatoire et stigmatisante envers

les personnes précarisées, se révèle complètement

inefficace et coûteuse pour le contribuable.

 

* Membres du collectif : AGORA, ALCIP, Aspasie,

ATD Quart Monde, Caritas Genève, Carrefour-Rue,

CETIM, CODAP, Collectif sans papiers, COTMEC, CSP,

Espace Solidaire Pâquis, FAGE - Fédération associative

genevoise, FIAN, Mesemrom, Les Verts genevois,

LSDH - section Genève, OPP, Opre Rrom, Parti Socialiste

genevois, Quakers Genève, SolidaritéS, StopEx.

 

Pour toute information : Thibaut Lorin 077/405.18.26

et contact@mesemrom.org

 

 

 

 

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07/11/2011

Les gangs néo-nazis en Hongrie - une cartographie de la terreur

images.jpegPour Kristof Domina, directeur et chercheur à  Athena Institute qui est un  observatoire des mouvements extrémistes en Hongrie, on dénombre aujourd'hui  16 groupes actifs, organisés en groupes sociaux. Pour la plupart, ils se revendiquent d'un héritage nazi et se nourrissent au répertoire du mouvement fasciste. Pour d'autres, ce sont des nostalgiques de la suprématie hongroise, ils jouent sur le racisme extrême alimenté par la haine des minorités, avec dans le viseur la haine des Rroms, des Juifs et  des homosexuels. Rien de nouveau sous la bannière haineuse de ces groupuscules parfois armés.

Pour l'instant, la plupart d'entre eux jouent sur la peur des Roms pour obtenir des voix électorales.  On observe depuis quatre et cinq ans une radicalisation du discours et des passages à l'acte, avec entre autres l'assassinat commis sur des dizaines de Rroms un peu partout dans le pays, des menaces sont aussi faites à l'égard des Juifs lors de rassemblements populistes. Des personnalités sont représentées sur des affichettes et collées sur des réverbères en mentionnant qu'elles seront pendues.

Après la chute du régime communiste et la liberté d'expression enfin retrouvée et restreinte jusque là, ces groupuscules ont profité de se constituer en réseaux organisés, actifs sur les réseaux internet via des serveurs américains pour la plupart et qu'il a été impossible d'interdire.  Difficile de dire si les partis extrémistes les soutiennent financièrement, les financements occultes sont difficilement traçables. Mais ils recrutent avec des outils de communication efficaces, multilingues, et trouvent leurs recrues aussi bien auprès des jeunes issus du monde rural et au chômage qu'auprès  des skinheads et des hooligans, ils se connectent avec d'autres groupes ailleurs à l'étranger notamment en Norvège où le tireur,  Anders Behring Breivik, est aussi entré en contact avec certaines de ces milices.

La fin de l'ère communiste a engendré un vide de cadre récupéré par ces mouvements radicaux qui profitent de cela pour mener leur campagne haineuse contre la mondialisation, l'Union Européenne, l'immigration. Un repli nationaliste face à l'inconnu, des peurs alimentées sur le dos des groupes minoritaires qui font office de point de ralliement pour cette idéologie fasciste qui a besoin de se nourrir de victimes pour exister.

Kristof Domina précise que le fil rouge n'est pas toujours clair, qu'il n'y a pas de ligne bien définie, ni de programme spécifique si ce n'est l'extermination pure et simple des Rroms associés à des maladies, tout le répertoire médical des maladies infectieuses a été utilisé par ces néo-nazis. Toutefois, il constate avec étonnement que face aux discours haineux, la population ne s'en scandalise même plus, comme si les menaces avaient été intégrées comme un élément normal de la pensée courante, assimilée comme un fait évident, ce en quoi réside peut-être le grand danger induite par la passivité de ceux qui par leur silence ne se révoltent même plus comme si ils adhéraient de façon passive à l'horreur qui se prépare sous leurs yeux.

Le processus de radicalisation est bien entamé et avance à grands pas, difficile de contrer ces extrémistes, ils sont en concurrence entre eux et c'est à qui osera le plus passer à l'acter et compter avec fierté les morts. Les Rroms ont déjà fait les frais de cette concurrence acharnée de à qui sera le plus haineux pour ensuite  se targuer d'avoir cassé du Rrom, même des enfants ont été tués par ces miliciens.

Le gouvernement hongrois peine à avoir une attitude claire face à l' émergence de ces groupes xénophobes et dangereux, serait-il tout simplement dépassé ?  Le fait est qu'il  ne les interdits pas ou avec une telle mollesse juste ce qu'il faut pour calmer la pression internationale. Le groupe extrémiste Jobbik a obtenu des sièges dans ce gouvernement et entend bien s'imposer même par la force le réduisant au silence.

 

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Jeudi passé, à Gyöngyöspata, Tamás Eszes, chef de la milice paramilitaire  "Véderő"de laquelle il avait démissionné le 16 octobre,  s'est suicidé par pendaison. Il s'était présenté comme maire de cette ville avant d'être écarté par Jobbik, le parti d'extrême-droite, durant les élections de juillet.

Tamás Eszes s'est notamment fait remarquer en mars lorsqu'il scandait avec ses miliciens que la police ne pouvait plus défendre le village contre les "crimes tsiganes". Il a frappé le  candidat Jobbik vainqueur, Oszkár Juhász et sur ces faits, a été arrêté par la police.

Intéressant d'analyser que Jobbik s'appuie et utilise les bras armés pour les évincer dès que ses membres parviennent au pouvoir.  Ceci expliquerait le suicide de Tamás Eszes,  manipulé et utilisé comme marche-pied. Les haineux ne se font pas de cadeaux, les loups s'entredévorent  !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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31/10/2011

HONGRIE - Les larmes du ghetto de Gyöngyöspata

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Jeudi 13h- Tout est calme dans ce village de 2'800 habitants, trou du cul de Judas, dont personne n'aurait dû en entendre parler . Gyöngyöspata est rarement mentionné sur les cartes routières et pourtant ce petit village est devenu le centre de tous les regards depuis que les milices Véderö au printemps y ont installé leur camp d'entraînement avec laser, berger allemand, matraque et surtout toute leur haine. Par la suite Jobbik, le mouvement d'extrême-droite néo-fascisant s'est imposé par la force à la tête de la mairie et a décidé de lancer son programme en transformant le ghetto - un parmi les 1'100 répertoriés en Hongrie-  où habitent 450 Rroms en laboratoire-test et en forçant les Rroms aux travaux obligatoires.

 

 

P1040390.JPGUn calme étrange après la tempête médiatique , les rues sont désertes, même chats et chiens semblent faire profil bas, un silence qui plane et qui en dit long.  Une voiture de police ralentit , il paraît que nous venons de croiser de peu la  visite de Gábor Vona, chef du parti Jobbik, là,  5 minutes plus tôt et qui a  fait un passage-éclair dans le ghetto certainement pour apprécier l'avancée de son programme-pilote. Le ghetto se situe en bas du village, il faut emprunter une pente raide et méchante de terre battue pour parvenir au milieu des quelques maisons délabrées. Ce sont 126 familles vivant sur trois générations qui se répartissent dans une vingtaine de maison. Les routes,  des chemins de terre sont à peine dessinées. Les  maisons du ghetto se situent à proximité d'une rivière dont chaque crue fait des ravages et peut  se targuer d'avoir déja noyé bien des gens.

 

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Janush, nous attend, à notre arrivée,  il surgit précipitamment de chez lui et nous montre la caméra de surveillance installée sur le poteau électrique,  droit sous ses fenêtres. Les policiers tournent autour de notre voiture.  Notre hôte nous happe littéralement à l'intérieur de la maison. Les deux uniformes s'éloignent un peu hésitants mais ne peuvent guère intervenir, nous sommes en visite privée chez un particulier.

Janush Farkas senior est  vice-président du Mouvement national Rrom des droits civils.  Comme il se plaît à le souligner, il est  un paysan investi depuis 21 ans dans la vie politique pour sa communauté et personne ne pourra lui enlever cette expérience.  Le Martin Luther King de Gyöngyöspata, il crie à la révolte depuis que les milices ont débarqué dans son village devenu le fief de l'extrême-droite.  Leur vie déjá si précaire ne ressemble dorénavant à plus rien, du moins, on ne peut plus appeler cela une vie. Sa femme, ses enfants et le reste du village  restent traumatisés par le défilé de ce terrible mois d'avril, où une nuit, 7'500 hooligans hongrois supporters du Újpest scandaient d'une voie sombre et caverneuse, à  faire trembler les murs, "Ria- Ria-Hungaria!", en tenant des torches et en marchant au pas militaire le bras tendu à la façon des hitlériens.   Ils venaient provoquer ce ghetto de pauvres, le commissaire affolé a du donner ordre aux Rroms de tous rester cachés chez eux et surtout de ne pas sortir sous peine d'être battus, voire tués. Il montre son coeur qui depuis cette nuit,  va mal, s'emballe pour un rien,  sa femme, Clara,  doit prendre des anti-dépresseurs. Des dizaines d'autres familles, se sont enfuies pour le Canada. C'est devenu un lager ce ghetto, sur le modèle de ceux qui se trouvaient être en Pologne selon le témoignage des  proches de Janush qui ont vécu dans les  camps.

Mais lui, Janush ne partira jamais : "la Hongrie, c'est mon pays, je suis Hongrois, cela fait 600 ans que nous sommes là. Ni  les crues  de la rivière, premier fléau, ni Jobbik , le second, ne nous feront quitter ce pays et ce village. Malgré la terreur physique, psychique, spirituelle, nous ne renoncerons pas à la Hongrie.

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Ils utilisent une méthode de harcèlement constant auprès des Rroms du ghetto. 4 policiers sont engagés à plein temps pour nous contrôler et nous amender de facon arbitraire. Pour exemples, une femme pousse la poussette de son enfants au bord de la route parce que les trottoirs sont quasi inexistants ou troués de nids-de poule et inaccessibles pour un véhicule á roulettes. Les policiers lui infligent une amende pour n'avoir pas utilisé le trottoir. Un enfant de 5 ans fait pipi au bord du chemin de terre, et encore une autre amende, elles pleuvent comme la septième plaie d' Egypte.  On nous reprend d'un côté,  ce que l'on vous donne de l'autre. Ici, c'est l'apartheid. des amendes de 10'000 (environ 33 euros) , 35'000 forint Hongrois à donner, alors qu'on n'a même plus de quoi manger.

Concernant les enfants, on nous envoie des psychologues qui après des tests concluent  qu'ils sont  sont arriérés mentaux et qu'ils doivent aller dans les classes spéciales, tout ceci parce que dans les classes hongroises normales, ils ne veulent pas de nos enfants. D'autres psychologues de Budapest, totalement neutres,  viennent et disent tout le contraire, que nos enfants sont vifs et intelligents.

Il y a un racisme, une ségrégation insidieuse qui empoisonne la vie des gens.  Et ce sont toujours quoiqu'il arrive les Rroms qui ont tort, il n'y a pas de justice. Depuis la chute du régime communiste, nous sommes plus seuls que jamais, discriminés et abandonnés à notre sort. Au moins avant nous pouvions tous travailler, emprunter de l'argent à la banque, nous avions des petits salaires, mais des emplois fixes, c'était un vrai système plus démocratique que celui actuellement mis en place.

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Après les dernières crues, trois familles ont du être relogées ,  la Croix-Rouge avait réuni de l'argent pour la construction de maisons ailleurs dans un autre quartier avec des Hongrois. Ceux-ci se sont farouchement opposés à leur arrivée. Et la campagne de haine de racisme via sa chaîne TV  Barikad (Barricade) Jobbik sa campagne haineuse et destructrice n'a rien arrangé.  Ils ont profité de la mort de Josef Toth, un villageois,  qu'on a retrouvé pendu chez lui pour nous faire porter le chapeau. Mais Josef, un vieux retraité qui s'entendait bien avec nous, même il nous rendait des services en nous véhiculant sur ses machines agricoles contre quelques pièces,  n'a jamais eu le moindre problème. Jobbik a déclaré qu'il s'est pendu parce qu'on l'avait torturé. Heureusement, l'enquête de police a conclu aux vraie raisons de son   suicide entraîné, en réalité,  par un cancer déjá trés avancé et que Josef ne le supportait plus et c'est ainsi que nous tous , à notre étonnement, nous avons appris qu'il était très malade, qui l'aurait soupçonné, cet homme, cet ami qui n'a pas pu partir avec son secret  ?

Nous quittons Janush pour nous rendre auprès des travailleurs Rroms recrutés pour le nouveau programme de travaux forcés.

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C'est l'heure de la pause des travailleurs, à  grandes enjambées on parcourt les 5 kilomètres qui nous mènent au sommet de la colline là ou travaillent une quarantaine des Rroms. Cette colline si riante aux dégradés chauds et chatoyants d' un automne encore joyeux, si généreux en lumière et en éclat doré.  Le carillon léger des cloches de l'église du petit village fend l'air et parvient jusqu'à nous comme un triste glas. Lugubre tocsin annonciateur des libertés bientôt enterrées. Un carillon léger enseveli sous le bruit de bottes lourdes et écrasantes, témoins de l'omniprésence d'un extrémisme assourdissant et qui transforme tout en fureur épouvantable.

 

 

 

 

P1040480.JPGOn arrive essouflés, les travailleurs prennent leur pause, ils sont assis entrain de discuter et de fumer. Lorsqu'on leur demande ce qu'ils en pensent de ce travail forcé,  les Rroms eux haussent les épaules, impossible de savoir ce qu'il faut en penser.De toutes les façons, ils n'ont pas le choix.  Pour 8-10 heures par jour, ils gagnent environ 150 euros par mois, le salaire miminum est d'environ 350 euros . Ils sont répartis en deux groupes, un premier groupe qui défriche le chemin de terre avec de vieux outils et avec leurs mains au sommet de la colline, il paraît que des milices y installeront une base militaire pour observer et surveiller en bas de la colline le ghetto confiné avec aussi des caméras de surveillance. Ces  travailleurs rroms  ont aussi travaillé pour le compte de propriétaires  pour débroussailler les chemins privatifs. Un second groupe est chargé de participer á la rénovation du poste de police de Gyöngyöspata.

 

 

 

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Une dame âgée de 57 ans est assise et discute de ses  conditions de travail, de toutes les facons, elle sait qu'elle n' a pas le choix, elle est grand-mère de six petits-enfants et il faut bien les nourrir. Mais, elle espère vraiment tenir jusquà la retraite, en espérant réussir à continuer à   travailler dans ces conditions difficiles.

Une Hongroise du village faisait remarquer que ce programme établit par le Jobbik n'a aucun sens. On occupe bêtement les Rroms avec l'argent du contribuable pour leur faire faire des travaux dont on verra les résultats que dans dix ans (il est aussi prévu de leur faire planter des arbres ). Alors que Jobbik  s'il prétend trouver des solutions et bien qu'il relance un vrai programme économique comme réouvrir les usines de la région, la raffinerie de sucre et de proposer du travail á tout le monde, pas seulement aux Rroms mais aussi aux Hongrois. Aujourd'hui, nous avons tous besoin de travailler, au lieu de cela, avec leur idée bête,  ils arrivent encore á jeter l'argent de nos taxes par la fenêtre.  Elle soupire un peu lasse :"Ce travail qu'on leur fait faire est un non-sens."

 

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Pour un autre Rrom de Budapest, c'est comme obliger un condamné à creuser sa propre tombe pour ensuite le flinguer et le pousser dans la fosse, ces travaux en vue de la préparation du camp des milices ou des militaires allez savoir et de la rénovation du commissariat de police se résument á cette image. Les Rroms sont des condamnés qui creusent leur propre tombe !

Il est l'heure de repartir, nous redescendons quasiment en courant parmi les hautes herbes pour nous diriger droit sur le ghetto.

Un fait troublant qui me dérange, je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Dans la cuisine quelque chose qui dérange, qui titille ma conscience, qui perturbe l'âme. Je tâtonne, repasse tout en revue; l'horloge, les photos de mariage, le vieux frigo qui hoquette à force d'être vide, le formica grenat de la table, les  peintures jaunes du mur, la lampe suspendue, les expressions sur les visages tantôt souriants tantôt tristes.  De mémoire je revois tous les détails, les  après les autres. Et ça y est, enfin, ça remonte à la surface  ! Lorsque Janush, aussi grand-père  est allé chercher ses petits-enfants á la sortie de l'école et qu'il les a ramenés á la cuisine, il n'y a rien qui  cuisait, ni réchauffait, ni grillait, ni mijotait, ni bouillait sur le gaz. Ces enfants de retour de l'école allaient juste devoir se contenter d'un morceau de pain. Il faut bien se serrer encore davantage la ceinture pour les payer les amendes arbitraires.

 

Suite á venir ,  interviews: avec Agnes Osztolykan, parlementaire Rrom. Jeno Zsigó, sociologue, musicien et éditeur du site  Andodrom.

Kristof Domina, chercheur à  l'Athena Institute de Budapest, qui est un observatoire  des mouvements extrémistes

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Crédit photos D. Chraïti

Cet article et les photos sont soumis au droit d'auteur et  ne peuvent  être utilisés qu'après approbation de l'auteur dchraiti@infomaniak.ch

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13/10/2011

Gyöngyöspata - Le laboratoire-test du néo-fascisme

thimage.aspx.jpegLe village Hongrois de 2'800 âmes se trouve à moins de 100 km de Budapest au Nord du pays, bourgade qui  donne froid dans le dos. Il est devenu un laboratoire-test  des méthodes fascistes du Jobbik qui a gagné l' élection municipale  partielle grâce au coup de force des milices qui ont tout simplement installé, Oszkár Juhász, en poussant l'ancien maire à démissionner.

Ce village aux allures de carte postale revêt un manteau d'un brun douteux, après les défilés des milices fascistes de Magyar Garda et des Véderö (Forces de défense pour un avenir meilleur ) issus de l'ancienne faction interdite Magyar Garda,  après l'installation d'un camp d'entraînement en mars  de ces  milices en bottes noires qui défilent en chantant des chants militaires, voilà revenu le temps du "STO", Service du travail obligatoire qui vise principalement les Rroms contraints de travailler et qui rappelle les pires heures de l'histoire.

Ce petit village est devenu le symbole de la montée de l'extrême-droite qui a su imposer ses méthodes. Le travail par la coercition des Rroms tenus de travailler sous la menace de ne plus toucher les allocations sociales durant trois ans. Ces mêmes rroms exclus qui vivent dans des maisons délabrées au milieu des chemins de terre battue qui à la moindre pluie se transforment en torrent de boue.

Des "camps de protection de l'ordre public" sont prévus. Les Rroms seront tenus d'y présenter un laisser-passer pour entrer et sortir du camp sous menace de ne plus en sortir à vie en cas de non-respect de ces règles.

Crânes rasés, uniformes noirs, insignes fascistes, des milices provoquent les villageois Rroms, urinent  devant leur maison sous le regard amusé des policiers complices. Ces milices sont,  aujourd'hui, parties et de nombreux rroms aussi.

Il est urgent de se poser la question : Qui pourra arrêter ces manoeuvres d'intimidation et de violence à l'encontre des Rroms ? Le Jobbik fait oeuvre de rouleau compresseur que plus personne ne peut arrêter et qui ne craint plus personne.

 

L'exemple de Gyöngyöspata pourrait s'étendre aux 700'000 rroms de Hongrie et faire taches d'huile sur le reste de l'Europe.

Nous sommes en droit de nous poser la question : la Hongrie est-elle encore un pays civilisé ? Où sont donc les voix qui s'élèvent face à cette situation, ou alors plus fort, s'il vous plaît,  car on ne les entend plus sous ce bruit de bottes. Comment les Hongrois peuvent-ils accepter qu'un groupe d'extrême-droite offre au regard du monde un tel paysage de désastre et de monstruosité à l'égard d'une minorité ? Faudra-t-il après les presque camps de travail, attendre les camps de la mort pour qu'enfin cette nation se réveille et les autres Européens avec, eux,  qui semblent profondément assoupis face à une situation d'urgence qui ne fait qu'empirer tous les jours ?

Il est temps de se révolter et de s'indigner:  ce qui se passe en Hongrie est inacceptable, odieux et inadmissible !

"Quand ils sont venus chercher les Rroms, je n'ai pas protesté , parce que je ne suis par Rrom"..........vous connaissez la suite............

 

En savoir plus sur Jobbik avec l'article suivant : Jobbik un parti "pornopolitique" qui donne des leçons de citoyenneté :   http://www.hu-lala.org/2011/10/13/jobbik-un-parti-pornoli...

"Le parti d’extrême droite Jobbik a déposé mardi au Parlement un projet de loi électorale inédit. Il s’agirait de restreindre le droit de vote à ceux qui ont un niveau minimum d’éducation, comme l’a annoncé son leader Gabor Vona, lors d’une conférence de presse." Devinez qui est dans le viseur ?

 

 

 

 

 

 

 

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12/10/2011

AU BONHEUR DES DAMES

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une magnifique photo signée ERIC ROSET photographe RP et un grand merci pour ce moment de joie
photo publiée avec accord du photographe

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01/10/2011

LA HONGRIE MET LES RROMS AU TRAVAIL OBLIGATOIRE

                                                              

                                                             Article rédigé et signé par http://fr.myeurop.info  images.jpeg- Depuis le 1er septembre, en Hongrie,  le gouvernement nationaliste de Viktor Orbán oblige un millier de bénéficiaires d'allocations chômage, en majorité des Rroms, à travailler sur des chantiers publics. A terme, ce dispositif est censé toucher 300 000 personnes.

"Outils du XIXème siècle"

Sandor Szöke, à la tête du "Mouvement des droits civiques hongrois", s'est rendu sur le site de Gyönggyöspata: il décrit des conditions de travail indignes, l'absurdité de ces chantiers et l'absence de réaction de la population.

Il témoigne:

"Avant d'arriver sur le lieu de travail, les personnes doivent parcourir environ 7,5 km. Elles enchaînent dix heures de travail sur la journée. Elles nettoient un terrain boisé en vue de la construction de résidences pour la classe aisée. Les outils semblent tout droit sortis du XIXème siècle: on travaille à la faucille ! Il n'y a rien à disposition : pas d'eau, pas de toilettes, pas d'abri contre le soleil, pas de protection contre les guêpes... C'est humiliant. Le dirigeant du chantier, du parti d'extrême-droite Jobbik, n'a pas hésité à brusquer une dame de 58 ans à demi-paralysée pour qu'elle aille plus vite. La paye est de 180 euros bruts mensuels, pour un travail qui aurait pu être fini en une après-midi par des tracteurs."

Camps de travail pour Rroms?

Si le lieu de travail est à plus de 35 km, les travailleurs pourraient, alors, être obligés de dormir sur place dans des containers transformant alors, bel et bien, les chantiers en camps de travail.

 

Retour des grands travaux

Principale cible de ce programme : les Roms dont le taux de chômage avoisine les 50 % - faiblement qualifiés et victimes de discrimination à l'embauche, pousse de nombreuses  de familles à vivre  de l'aide sociale.

Mille chômeurs sont pour l'instant réquisitionnés pour participer à des travaux d'aménagement, sous peine d'être privés de leurs allocations. Ils sont répartis sur six lieux, de véritables "labos-test" avant l'extension du dispositif à des centaines de milliers de personnes dans les prochains mois. La Commission européenne a déclaré le 20 septembre ignorer l'existence de tels travaux.

Ce projet de travail obligatoire qui figurait dans le programme du parti Jobbik (extrème droite) a été repris par la droite nationaliste. Pire encore: le plan présenté par le gouvernement prévoit la construction de centres de logements collectifs, pouvant être dans certains cas des containers aménagés pour les personnes dont le lieu de résidence serait trop éloigné des chantiers.

Et pour surveiller ces camps, Viktor Orban, le premier ministre hongrois, a eu une très bonne idée : des policiers fraîchement partis à la retraite pourraient assurer la sécurité...",

Main-d'œuvre bon marché pour investisseurs chinois

Si certains sites d'extrême gauche ne se privent pas de comparer ce plan avec les méthodes fascistes - les camps de travail obligatoires gardés par des policiers ramènent aux pires heures de l'Histoire européenne - le Tageszeitung souligne, quant à lui, que "ce n'est pas un hasard si l'annonce de ces mesures intervient après la visite du Premier ministre chinois, Web Jiabao à Budapest.  La grande puissance asiatique veut racheter la dette hongroise mais aussi investir dans l'industrie et les projets d'infrastructures du pays". Et la possibilité de bénéficier d'une main-d'œuvre bon marché ne serait pas pour lui déplaire.

Le spectre du "camp de travail obligatoire" justifie les propos lancés par Daniel Cohn-Bendit, qui début juillet, aux termes d'une présidence hongroise ponctuée de polémiques, s'en était pris directement à Viktor Orban l'accusant de "dégrader l'Europe".

Je défendrai toujours la Hongrie contre les remarques et critiques, de Bruxelles ou d'ailleurs. La Hongrie n'est pas subordonnée à Bruxelles, Bruxelles n'est pas le centre de commandement de la Hongrie",

avait alors répliqué le dirigeant hongrois. Sauf qu'il est parfois de sinistres références qui devraient, on l'espére, obliger Bruxelles à taper du poing sur la table...

A l'annonce du programme en juillet, le quotidien allemand Die Tageszeitung estimait :

Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour comprendre que cette mesure vise principalement les Roms".

Szandor Szöke a pu le vérifier à Gyönggyöspata:

Sur les quarante travailleurs du chantier, 39 sont des Roms. En réalité, les Hongrois 'de souche' ont trouvé des justificatifs pour échapper à ce travail forcé. Ce que ne peuvent évidemment pas faire les Roms."

Ce n'est pas un hasard si le village de Gyönggyöspata est en pointe de la nouvelle politique. En avril dernier, une milice formée par le parti d'extrême-droite Jobbik avait défilé pour intimider les Roms et affirmer sa politique sécuritaire. Une démonstration de force qui a manifestement plu à la population puisque le Jobbik a gagné les élections municipales il y a un mois et demi.

Le peuple hongrois sans réaction

La dernière fois qu'un programme visait un groupe racial, c'était dans le début des années 1940 !",

s'insurge Sandor Szöke. Des propos qui peuvent sembler alarmistes, mais qui trouvent un écho dans certains détails du programme. En effet, le gouvernement  projette à terme d'encadrer les travaux forcés par des anciens de la Police et de l'Armée. A Gyönggyöspata, le parti Jobbik met peu à peu en place une gendarmerie,  un corps disparu en 1945 qui traîne une sinistre réputation... C'est cette gendarmerie qui mettait les juifs dans les wagons en partance pour les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale ; elle encore qui sévissait lors de la dictature communiste. Mais le plus étonnant de l'affaire reste l'absence de réaction du peuple hongrois. Sandor Szöke explique:

Le populisme du gouvernement se nourrit de l'ignorance de la population, et inversement. La Hongrie n'a pas suffisamment travaillé sur son Histoire, donc celle-ci se répète. De 5 000 à 25 000 militants, tout au plus, s'affichent ouvertement contre ce programme. Le problème principal tient au fait qu'il n'y a pas d'opposition, pas d'alternative politique valable. Le Parti socialiste hongrois, le MSZDP, est vieillissant. Ses membres ne proposent plus rien, ils s'entredéchirent dans des luttes internes. De l'autre côté de l'échiquier, on trouve le Jobbik, crypto-fasciste et antiparlementaire... Enfin,la presse est muselé par les lois récentes instituant une pseudo-déontologie que doivent respecter les médias sous peine d'être sanctionnés financièrement."

Sources  : http://fr.myeurop.info/2011/09/26/le-travail-obligatoire-...

 

Lundi 19 septembre, le dossier du 20h de France 2 était  consacré aux travaux d'intérêt général des chômeurs -

 

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